Embrasure

  • Un homme, une part de sa vie accomplie, revient en plein hiver au lieu de son enfance dans un chalet demontagne à Argentière près de Chamonix. On est en 1999. D'où monte en lui une profonde lassitude ? Le voilà seul dans les neiges d'hiver anxieux de savoir si oui ou non un roman qu'il a écrit va être retenu par l'éditeur auquel il s'est adressé.
    Musique, Ecriture, Prière, Nature, Amitié : Tout n'était qu'offrande... L'écrivain adulte découvre ainsi que le seul Personnage du roman qu'il a tenté de circonscrire est Dieu lui-même,mais que Dieu échappe toujours au point de venir « vestige ». Et ce Dieu, loin d'être une entité si présente qu'elle devient idolâtrique, ne peut exister que d'être toujours à distance, jusqu'à parfois se voir occulté, rejeté. Dieu vestige de Dieu, au coeur des Ténèbres.

  • Exultet

    Denys Coutagne

    Matthieu a vécu une expérience radicale en 1964 au couvent des dominicains de l'Arbresle. Il a reçu une "révélation". Il a reconnu comme étant une seule et même chose la Beauté, la Modernité, le Grégorien, le rappel de la Mort et Résurrection d'un homme survenue près de vingt siècles plutôt. Cette "révélation" s'accompagnait d'une certitude nouvelle : aucune oeuvre d'art ne peut atteindre la profondeur de ce qui lui fut donné de vivre lors de la semaine sainte.
    Matthieu a saisi que la beauté de ces journées n'est pas tant la splendeur des offices liturgiques que leur adéquation avec le sens d'une beauté étrange, celle d'un homme crucifié. Le supplice même n'est pas beauté, mais l'attitude d'un homme innocent devenu croix pour exprimer la gloire de son père : voilà une beauté encore jamais exprimée. Les Grecs ont "inventé" la beauté du corps et ont jeté dans l'humanité ce rêve fou d'une beauté physique dont tous les hommes se voudront l'imitation. Le Christ n'est pas Apollon. Le Christ est "beau" du fait de mourir sur une Croix, sachant que cette mort ignominieuse est l'expression la plus aboutie de l'Amour de Dieu pour les hommes.

  • LA VIE EST UNE LIGNE DEMÉTRO À DEUX CHIFFRES. LE PREMIER CHIFFRE ON L'A TOUS EN COMMUN, COMME LE CERCEUIL, ET DE 0 À 4, IL Y A PLUSIEURS VITESSES POUR ARRIVER AU PÈRE LACHAISE : la 10, Auteuil à Gare d'Austerlitz, Gare d'Austerlitz à République, République à Père Lachaise, trois changements ; la 11, Belleville à Père Lachaise, c'est direct pour les chanceux ; la 12, Poissonniers à Pigalle, Pigalle à Père Lachaise, deux changements ; la 13, Pasteur à Montparnasse, Montparnasse à Châtelet, Châtelet à République, République à Père Lachaise, quatre changements ; et la 14, Saint- Lazare à Père Lachaise, un changement. Pour chacun de ces trajets, on peut choisir « le plus rapide », « lemoins de correspondance » ou « lemoins demarche à pieds ».

    Ces nouvelles se développent autour du métro parisien. Histoires croisées, personnages intéressants et complètement différents l'un de l'autre. Nouvelles vivaces, pleines d'énergie et créativité.

  • Les recherches croisées de Victor Barski, baroudeur sur le retour et spécialiste des Garamantes, un peuple saharien disparu, et de Claire Dumas, une auteure très rive gauche. Ces récits, qui s'emboîtent les uns dans les autres, tiennent à la fois du roman d'aventure et du conte philosophique et sont une ode à la splendeur du désert.

  • Vivre sa passion

    Marius Vaucher

    Ce roman met en scène trois personnages: Lilo, une femme divorcée, galeriste, un ami, Vincent, aîné à l'esprit vif et ouvert, et la fille de Lilo, Jane, quatorze ans, dont la précocité s'affirme en provocation et talent de comédienne. Elle incarne les générations d'adolescents auxquels notre époque accorde les meilleures chances d'en tirer tous les privilèges, à leurs risques et périls. Chez les trois protagonistes, une flamme brûle et les pousse à une course éperdue pour gagner le pari de leurs existence, celui de ne pas faillir à vivre pleinement les passions qui les habitent. Vincent illustre les nouvelles générations d'aînés par sa vocation de témoin lucide. Il devient le mentor, le guide compassionné, dans les tribulations de Lilo et de Jane


  • "A 63 ans, et après un certain parcours, la nécessité s'impose donc à moi de faire le point de ma quête spirituelle. J'ai fait plusiurs fois le tour du monde, des mondes devrais-je dire : géographique, historique, culturel, religieux, et puis politique et économique, et encore réel et virtuel, global et mondial ! J'ai vécu en terres de judaïsme et d'Islam, d'hindouisme, de boudhisme et de shintoïsme. J'ai traversé toutes les facettes des christianismes européens et américains du nord et du sud... Je me livrai à une recension systématique de tous mes " états d'âmes(s)", au fur et à mesure que se déroulaient les "épreuves " auxquelles je me soumis délibérément : celles des exercices ignaciens, et celles du zen. De ces périodes naquirent deux rapports sur
    " l'état de mon être", deux rapports d'expérience spirituelle..."


  • Y a-t­il un mystère des Tuileries ? La malédiction a­t­elle frappé l'ancien palais des rois de France, incendié par les communards de 1871 ? Dernière impératrice de France, Eugénie de Montijo semble vaincre la fatalité. Six fois, son époux, Napoléon III échappe aux attentats. Aux Tuileries, la Montijo mène le bal d'une cour brillante, au sein d'une assourdissante galerie des personnages. Fascinée par le souvenir de Marie­Antoinette, elle s'abandonne au spiritisme et croise dans ses rêves le fantôme de la reine guillotinée. Elle prendra le chemin de l'exil au lendemain du désastre de Sedan. Six ans après, elle affronte le drame : le fils qu'elle chérissait meurt au combat sous l'uniforme anglais. La disparition du palais des Tuileries est ressentie aujourd'hui comme une mutilation de l'histoire, un vide entre les bras du Louvre.

  • Une commissaire de police, mélange de Barbarella et de James Bond pour le physique et l'action, de Géo Paquet et des héros de Léo Malet pour le côté franchouille et rabelaisien, la Donzelle est spécialisée dans les affaires visant des personnages intou chables. Quand elle glisse un bâton de rouge dans le chargeur de son braquemard vif-argent, c'est que le temps se couvre pour le malfaisant. Je serais ambassadeur de X-landes à Paris, nabot notoire, homme de turpitudes au scalpel compulsif et au rêve de clonage virginal, je m'inquièterais. Pas lui. Il a tort. Grand tort. La Donzelle va débouler dans sa vie.

  • Ce livre est un livre de fierté. La fierté de ma famille, excepté mes parents, qui m'ont tant fait souffrir. La fiété de la manière dont j'ai cherché à être libre depuis tout petit garçon.

  • Louise a sept ans, est en classe de CE1, et vit seule avec sa mère Stéphanie. Jusqu'au mois de juin, quand sa mère vient la chercher à l'école accompagnée d'un certain Edmond. Au premier regard, Louise n'éprouve que gêne et déplaisir face à ce « monsieur », dont sa mère lui a pourtant déjà parlé en termes élogieux comme de son amoureux.
    Edmond commence cependant par se présenter sous son meilleur jour, alimentant de prévenance et d'attentions sa relation sentimentale avec Stéphanie. Il les entraîne dans un tourbillon de moments inconnus d'elles jusqu'alors, faute d'argent : belle et confortable maison, magasins, vacances au bord de la mer... La fillette sent bien qu'Edmond agit en pur calculateur, parfois incapable de retenir des propos méchants ou excédés, ou de cacher une radinerie maladive. Isolée de tout et de tous par cet étranger (qui va jusqu'à lui interdire de fréquenter sa meilleure amie, Chloé), Louise ne trouve de consolation qu'auprès de ses héros préférés de dessins animés ou de lectures. Pervers et manipulateur, cet homme rustre et violent va peu à peu briser le lien qui unissait la fillette à sa mère. Pour finir par la séquestrer et en faire son jouet érotique. En dépit de son angoisse et de son désarroi, Louise puisera dans la fiction et les rêves la force nécessaire pour ne pas s'effondrer malgré l'absence de sa mère. Pour résister à son bourreau, aidée en cela par son jouet musical, souvenir des jours heureux...

  • Ahmed

    Pierre Mathias

    Ahmed, condamné pour trafic de drogue, vient de sortir de prison. La justice a été clémente avec lui, parce qu'il a dénoncé ses complices. A Marseille, il replonge dans le trafic de drogues, mais la police lui offre un marché : s'il réussit à s'introduire dans le milieu islamique, et à donner des informations, elle passera l'éponge. Il parvient à pénétrer les milieux fondamentalistes qu'il méprise, mais qui lui offrent peu à peu de travailler pour eux...

  • La cendre du jour

    Denys Coutagne

    Matthieu Maulnois, ébloui dans son adolescence par un Dieu présent immédiatement autant dans les montagnes que dans l'Eucharistie subit un choc violent, son meilleur ami se tuant accidentellement un jour d'orage. Matthieu Maulnois croit donner une dimension religieuse à cette expérience en rentrant chez les dominicains du couvent Sainte Marie de la Tourette construit par le Corbusier en 1964. Il attend de la nuit pascale (du fait du chant de l'Exultet) une illumination qui sera autant lumineuse qu'obscure.
    Il fera bien vite l'expérience d'une communauté (Studium) que événements de mai 68 disperseront. Matthieu fait alors le choix d'être objecteur de conscience, non par idéologie antimilitariste mais par conviction marquée d'une non-violence certaine, afin d'affronter la réalité du monde, la sienne comme celle des autres dans leur déréliction sociale et économique. Aller au bout de soi dans ce lieu qui n'est plus une ville mais un « bidon-ville ».
    Imaginer sauver le monde en ce point de déchéance humaine... La lumière du jour n'atteint plus ce non-lieu, seulement la cendre du jour : expérience du quart monde, des immigrés nord maghrébins et africains en quête de travail dans le Port du Havre, tentation d'une position politique extrême ( en un temps où l'économie du pays reste en pleine croissance) jusqu'à s'imposer une grève de la faim : Matthieu Maulnois n'était pas prêt à cet enfouissement. Il découvre l'épaisseur humaine, perd ses illusions lyriques.Il en oublie sa capacité d'écrire. Plus que jamais Dieu s'obscurcit au point de se voir ruiné tant théologiquement que spirituellement. Matthieu croise des personnages au bout d'eux-mêmes confrontés à la prostitution, au désespoir pouvant conduire au suicide. La « petite espérance » n'est pas éteinte, mais il faudra un long chemin pour qu'elle ouvre de nouveaux chemins dont la suite romanesque « La Leçon des Beaux-arts » explorera les tournants...

  • Un randonneur partage le repas d'un ermite, un berger cueille dans un ruisseau le regard de sa femme, un ver à soie tombe en amour d'une étoile, un adolescent dérange un farfadet, un enfant dort près d'une rivière la tête pleine de rêves, un enfant découvre la source du soleil.
    Les nouvelles touchent à la douceur, au merveilleux ou à l'imaginaire, nous révélant les couleurs, les bruits et les odeurs de la nature, le chant de l'eau, l'humour.

  • Terre promise

    Stéphane Chasteller

    « Un homme, Solénoir, trentenaire, promenant un coeur plein dans un monde vide, croise la route de trois femmes, chacune à la recherche d'un je-nesais- quoi qui semble introuvable. Il rencontre d'abord Louise, sévère lolita, dont il s'amourache d'autant plus qu'elle lui résiste; puis Marina, grande romantique devant l'éternel, possessive et indépendante, qui s'entiche de lui mais sans pouvoir se résoudre à enterrer sa vie de célibataire... ; enfin Juliette, adepte de bandage SM, qui lui propose d'être le maître de sa vie par intermittences...
    Va-t-il assumer ou décliner un de ces emplois et surtout saura-t-il empoigner le rôle de sa vie et croire à une destinée ? »

  • Le narrateur s'attache à comprendre Berthe, un être névrosé, qui ne sait pas assembler les mots de façon cohérente jusqu'au jour où il découvre une lettre écrite à l'encre rouge.

  • Les orphelins

    Pierre Micheletti

    Le fait divers de l'Arche de Zoë a inspiré à Pierre Micheletti ce roman situé dans le Sud Darfour...Loin d'un plaidoyer ou d'une démarche à thèse, il plonge dans les contradictions de l'action humanitaire sous ses dimensions les plus quotidiennes. A partir d'une histoire d'enlèvement d'enfants qu'une association veut maquiller sous les apparences d'un sauvetage d'urgence, pour permettre ensuite des adoptions par des familles, « Les Orphelins » dénonce les ambiguïtés d'initiatives qui jouent sur l'affectivité et la générosité de l'opinion occidentale. Mais une fois la réalité du « sauvetage » découverte, comment se sortir du problème humain et diplomatique ? Dans ce récit bien maîtrisé, on voit se déployer le jeu, presque le puzzle entre différents acteurs mis en cause : dictateurs africains, rebelles, diplomates français, militants de l'humanitaire, associations à la dérive... Dans ce choc des grandes causes et des histoires individuelles, de la générosité et du cynisme, de l'idéal et du politique, la force gagne souvent, pour le malheur des peuples...

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