• Nous partons d'un fait divers : un soir de 2017, à Paris, un tigre échappé de sa cage est abattu dans la rue, près du pont du Garigliano. Deux ans plus tard, le narrateur, lecteur de Modiano et de Sebald, recherche les passages des tigres dans la capitale et retrouve leurs traces pour écrire cette Constellation, à travers la peinture de Monory, du Douanier Rousseau, ou de Delacroix, les musées qui exhibent leurs trophées, comme cette tigresse sur le dos d'un éléphant au fond d'une galerie du Muséum du Jardin des Plantes.

    En relisant les récits des chasses coloniales de Rousselet, des princes d'Orléans ou de Clemenceau, en cheminant à l'écoute des rugissements du tigre, Yannick Le Marec porte un regard nouveau sur le grand massacre des animaux, qui résonne avec l'actualité des luttes contre l'enfermement des animaux sauvages et la disparition des grands mammifères. Il apporte sa pierre aux débats sur l'héritage colonial. Le tout avec une grâce singulière qui est celle des écrivains.

  • Au début du XIXe siècle, la première génération Voruz, venue de Suisse au siècle précédent, dirige à Nantes différents ateliers de fonderie.
    En 1830, l'édification près du port, dans le nouveau quartier de Launay, d'une " fonderie en grand " confère à l'entreprise familiale son caractère industriel. L'élan décisif est donné. Dans le même temps, Jean Simon Voruz (1810-1896) prend seul la direction des affaires, qu'il poursuit avec succès. Encore vingt-cinq années et sera construite une imposante usine sur la Prairie-au-Duc, nouvel espace du développement industrialo-portuaire de la cité ligérienne.
    Cloches, espingoles et bouches à feu, artilleries, outillages pour la marine et les îles sucrières, escalier du passage Pommeraye, statues de bronze ou de fer, tabliers de pont, puis, dès le milieu du siècle, matériel fixe pour les besoins du chemin de fer, locomotives et grues à vapeur témoignent du savoir-faire et de la production des établissements J. Voruz aîné. La réussite industrielle et l'ascension de la famille Voruz racontent ce " siècle du fer ".
    Génie de la fabrique et innovations se mêlent au goût pour le débat et les responsabilités publiques. En 1859, Jean Simon Voruz est élu député et, en 1864, il est le premier industriel à présider la chambre de Commerce. Ces prises de fonction marquent, dans une ville jusqu'alors administrée par les négociants et les armateurs, un important changement.

  • Vivre sa ville, c'est comprendre d'où elle vient.
    Au XIXe siècle, Nantes s'étend et se morcelle socialement. De nouvelles activités apparaissent. L'industrie transforme la ville et la vie des gens. La cheminée d'usine devient la marque d'un nouveau territoire. Mais Nantes au XIXe siècle, c'est surtout son fleuve, la Loire, avec ses îles et son port. Les activités maritimes sont en pleine expansion. La cale du chantier de construction s'inscrit pour longtemps dans l'identité de la cité.

  • Dans la première moitié du XIXe siècle, les diplômés nantais mobilisent leurs compétences et leurs réseaux pour augmenter leurs ressources, gagner des positions de pouvoir dans la ville et s'intégrer aux élites locales.
    Pour la première fois, une histoire sociale des diplômés (magistrats, avocats, médecins, pharmaciens, architectes, ingénieurs, professeurs et journalistes) met en évidence leur rôle conjoint pour investir le débat public. Depuis les revues et les sociétés savantes qu'ils dirigent ces " capacités " proposent des solutions aux problèmes urbains et participent pleinement à l'effort d'industrialisation.
    Yannick Le Marec met en lumière le poids croissant accordé à l'expertise dans l'administration de la cité.
    Il étudie l'évolution des commissions administratives à Nantes entre 1815 et 1848. En quelques décennies, s'appuyant sur un mouvement de professionnalisation, les diplômés y deviennent majoritaires. Cette situation leur permet de contester les positions dominantes des anciennes élites (nobles, propriétaires et négociants). En 1848, les diplômés occupent des fonctions importantes dans la vie administrative et politique de Nantes, menant des carrières municipales, véritables voies d'intégration et de renouveau des élites locales.
    Leur action montre ainsi que le modèle méritocratique de la fin du siècle se construit au coeur de la monarchie censitaire.

  • Cet ouvrage retrace, avec toute la légèreté de la forme épistolaire, un échange passionnant entre un historien et un photographe autour d'une oeuvre photographique exigeante qui questionne incessamment la problématique du paysage.

  • A partir de la fin du XVIII° siècle, l'afflux des populations dans l'espace urbain et l'accroissement des villes ont accompagné le développement de la société industrielle. La préoccupation constante des responsables municipaux a été d'organiser cet espace afin de prévenir les désordres. La ville est considérée comme criminogène et il faut éviter que des populations échappent tout contrôle social. L'insalubrité de l'habitat et ses conséquences ont mobilisé les équipes municipales . Y a-t-il un lien de causalité entre insalubrité de l'habitat et criminalité ? Face à ces questions les politiques hygiénistes ont tenté d'apporter des réponsesqui ont tenté de répondre par des programmes sociaux. A travers l'analyse de la gestion municipale de villes de France métropolitaine et d'ailleurs (territoires d'outre-mer, Belgique, Espagne, Italie, Allemagne, Canada, Inde), les diverses contributions montrent comment la sensibilité politique a inscrit ses spécificités idéologiques dans les politiques municipales. Sont ainsi évoqués entre autres, le radicalisme d'Edouard Herriot à Lyon, ou le socialisme de Vienne-la-Rouge, l'inspiration démocrate-chrétienne des municipalités MRP (Mouvement républicain populaire). Et quelles sont les politiques urbaines contemporaines ? Peut-on parler de " villes en crise " ? En quoi le regard des historiens peut-il contribuer aux choix des politiques publiques actuelles ?
    Cet ouvrage, épuisé à ce jour, est recensé dans la bibliographie annexée au programme 2008 de l'agrégation de sciences sociales. Il est réédité ici dans une version allégée, et reste un ouvrage de fonds pour la réflexion sur le devenir des politiques urbaines aujourd'hui.

  • Plus qu'une histoire de l'argent en France durant la période contemporaine, cet ouvrage explore l'histoire des relations des Français avec l'argent. S'inscrivant dans une perspective interdisciplinaire, il part de l'idée que l'argent est à la fois facteur, signe et conséquence de la valeur sociale des biens et des personnes. À la croisée de l'histoire économique, sociale, politique et culturelle, les approches proposées sont autant de contributions à une histoire totale de l'argent, cette réalité protéiforme des sociétés contemporaines.

  • Aboutissement de plusieurs décennies de recherche, l'ouvrage envisage divers cheminements de la « République sociale ». Son sous-titre « Culture politique, patrimoine et protection sociale aux 19e et 20e siècles » donne l'orientation générale des études qui sont à l'origine de ce livre abondamment illustré.
    Il est d'abord porté une attention particulière à la diffusion de la quantification comme critère de modernité. Les rapports entre culture et politique sont envisagés à partir d'exemples tirés de l'édition et de la littérature, de la correspondance égyptologique de Paul Guieysse et de l'approche historiographique du constituant Jacques-Guillaume Thouret. Les enjeux de la protection sociale sont évoqués par le biais de l'étude de quelques acteurs individuels (Wilfred Monod, Jules Siegfried, Richard Waddington...) et collectifs (la franc-maçonnerie, les médecins normands). L'approche historique du patrimoine de la protection sociale, effectuée sous différents angles, permet de relier les traces du passé aux questions d'actualité.

  • L'image traditionnelle de la Normandie, celle des herbages, de la vache normande, du camembert, du cidre et du calvados, voir celle de l'élevage des chevaux de course, s'est largement construite au XIXe siècle. En réalité, les éléments de cette image convenue sont plutôt une traduction de la modernité normande. Si le XIXe siècle est, presque partout, le siècle des Révolutions, la Normandie est précocement touchée : révolution agricole, révolution des transports, révolution industrielle, au moins celle des mécaniques textiles.
    Faut-il y voir l'influence de la proximité anglaise, c'est-à-dire de facteurs exogènes, ou l'émergence de facteurs endogènes ? Mais la Normandie est aussi une terre d'élection des sociétés savantes, du tourisme balnéaire et de l'impressionnisme, une terre connaissant une reconstruction et un essor du religieux avant l'anticléricalisme de la Troisième République,un pays qui a donné naissance ou abrité des penseurs et des acteurs politiques qui ont marqué le siècle et au-delà.
    Au total, cette synthèse illustrée ne néglige ni la diversité des "pays" normands, ni la profonde identité provinciale.

  • La pauvreté et sa prise en charge en France : 1848 - 1988 Nouv.

    Tout ce dont le candidat a besoin pour le sujet 2022-2023 d'Histoire et géographie du monde contemporain de l'agrégation externe de Sciences économiques et sociales. Comme tous les Clefsconcours, l'ouvrage est structuré en trois parties :
    - Repères : un rappel des concepts et de leur histoire, - Thèmes : comprendre les enjeux du programme, - Outils : pour retrouver rapidement une définition, une date, une référence.

  • Souvent premiers employeurs des villes où ils sont installés, objets de débats politiques et de mobilisations citoyennes, en particulier au moment des regroupements, fusions et désaffections d'établissements ou encore en période de crise sanitaire, les hôpitaux sont au centre de la vie économique, sociale et politique mais aussi culturelle des cités.Cet ouvrage cherche précisément à mettre en évidence l'ancienneté de l'emprise urbaine des hôpitaux ainsi que celle des liens entretenus entre ces espaces d'assistance et, de plus en plus, de soins, avec les sociétés urbaines du Moyen Âge à nos jours et souligne le rôle important joué, à travers les siècles, par l'hôpital dans la vie de la cité.

  • « Près de trois siècles de vieillesse observée, analysée, située. Trois siècles qui ont vu émerger les grands parents, au XVIIIe avec Greuze qui les peint, et au XIXe, avec Hugo qui les magnifie, pour, de nos jours, les faire osciller entre ceux qui aident et ceux qui sont aidés. Trois siècles qui ont regardé la pauvreté des vieux devenus incapables de travailler et tombés à charge de leurs proches et, à défaut, de la charité publique puis de l'assistance et en fin de la solidarité. Trois siècles qui ont vu la naissance des seniors, retraités actifs et, dit l'année 2012, solidaires des autres générations : l´entraide équitable et symétrique va-t-elle supplanter la relation nécessaire mais asymétrique de l´aide ? [. . .] Le très grand intérêt et l´originalité [de ce volume] consistent à savoir osciller harmonieusement entre le local et le global, entre l´enracinement régional et la vision nationale, voire internationale. Ces travaux viennent de disciplines, de spécialités diverses, comme est diverse la société elle-même. L´accent est mis sur l´apport de la société à l´accompagnement de la vieillesse, grâce à des politiques sociales qui traversent les républiques et les gouvernements. De la généralisation des pensions de retraite qui fait reculer la pauvreté des vieillards, au développement de la gériatrie qui apprend à les soigner, à la modernisation de la gérontologie qui permet de mieux accueillir et accompagner, l´ouvrage met en valeur ce que la société fait pour ses anciens, même si, encore et toujours il y a plus et mieux à faire. » Extrait de la préface de Geneviève Laroque (+), présidente de la Fondation nationale de gérontologie.

  • Durant des siècles, les hôpitaux ont été principalement des centres d'accueil et d'hébergement pour pèlerins et malades indigents. Cependant, progressivement, ils se sont affirmés comme des centres de soins, devenant même des points d'ancrage essentiels des nouvelles avancées thérapeutiques. L'histoire pluriséculaire des hôpitaux contribue également à leur donner une dimension patrimoniale qui les met au coeur des démarches identitaires propres à notre époque. En même temps, l'hospitalo-centrisme en matière de soins peut donner lieu à de fortes critiques qui ont suscité, depuis longtemps, l'apparition d'alternatives ou de complémentarités à l'hospitalisation.
    Cet ouvrage, aux approches pluridisciplinaires, cherche à en donner des traductions diversifiées à partir des contributions présentées lors d'une rencontre organisée à Fécamp en janvier 2006. À l'occasion du transfert de l'hôpital de cette cité, qui fut le siège d'une abbaye renommée, ont ainsi été abordés les liens étroits qui existent depuis le Moyen Âge entre les hôpitaux, la médecine et la société environnante.

  • Villes en crises

    Yannick Marec

    • Creaphis
    • 19 Juillet 2005

    L'afflux des populations dans l'espace urbain et l'accroissement des villes ont accompagné le développement de la société industrielle. Tout au long du XIXe siècle, la préoccupation des responsables municipaux a été d'organiser cet espace, afin de prévenir les désordres. La ville est considérée comme criminogène et il faut éviter que des populations échappent à tout contrôle social. L'insalubrité de l'habitat et ses conséquences ont toujours été une des préoccupations majeures. Y a-t-il un lien de causalité entre habitat urbain et criminalité ? Face à ces questions, les politiques hygiénistes ont tenté d'apporter une réponse, et au cours des premières décennies du XXe siècle, la bienfaisance privée fait place aux politiques publiques. Le radicalisme d'Edouard Herriot à Lyon, le socialisme de Vienne la Rouge (en Isère), l'inspiration démocrate-chrétienne des municipalités MRP (Mouvement républicain populaire) montrent comment la sensibilité politique a inscrit ses spécificités idéologiques dans les programmes sociaux. Et quelles sont les politiques urbaines contemporaines ? Peut-on parler de " villes en crise " ? En quoi le regard des historiens peut-il contribuer aux choix des politiques publiques actuelles ?

    Ce livre est issu d'un colloque tenu à l'université de Rouen fin décembre 2002, qui a réuni des historiens de plusieurs pays : des interventions ont présenté des villes d'Italie (Bologne, Turin), Berlin en Allemagne, l'Espagne mais aussi Montréal et des villes hindoues. Des interventions d'élus de Rouen et de sa région ont clôturé les débats et replacé la question de la gestion municipale dans les enjeux d'aujourd'hui.



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