• Une plongée passionnante dans la réalité historique des premiers siècles du christianisme : une enquête historique qui éclaire l´actualité confrontée au combat contre les fanatismes religieux. L´auteur nous permet de mieux comprendre ce phénomène qui touche toutes les religions, en prenant en compte la complexité des faits et en mettant l´accent sur la force équilibrante que représente l´Évangile.

  • Mourir par amour

    Philippe Henne

    Trois semaines ou trois mois, c'est tout ce qu'il vous reste à vivre » : voilà ce que des patients incurables s'entendent dire par leur médecin. C'est le choc. C'est le même choc qu'Ignace a dû éprouver en entendant sa condamnation à être livré aux lions dans un cirque à Rome. Et pourtant, le long de sa route depuis Antioche jusqu'à son lieu de supplice, il réconforte les chrétiens en désarroi qui viennent le consulter. Lui, le condamné, il les encourage. Il leur envoie des lettres brûlantes de charité. Car Ignace est un pasteur qui, dans sa vie personnelle de foi, a trouvé le modèle de sa vie : le Christ vraiment mort et vraiment ressuscité. Il l'aime tellement, son Sauveur, qu'il veut vivre et surtout mourir comme lui. Pour devenir, comme lui, enfant de Dieu. Cette belle histoire vraie nourit le coeur et transforme l'âme.

  • Qui a scellé la rencontre de la philosophie avec l'Évangile ? Qui a lu les leçons de Platon à la lumière de la Croix ? Qui a fondé l'hellénisme chrétien ? Clément d'Alexandrie (†220) est celui qui a élevé l'héritage des Grecs au rang de testament naturel.
    Ce Père de l'Église est le premier à avoir établi la compatibilité entre la foi et la raison. Et c'est le portrait d'un véritable missionnaire de l'intelligence, qui n'eut de cesse d'initier les chrétiens à la sagesse antique, qu'il dessine. Ce livre est aussi la fresque culturelle d'un Empire qui, à peine un siècle avant la conversion de Constantin Ier, subit guerre et chaos : crise du culte païen, tyrannie de l'empereur Septime Sévère et persécutions auxquelles Clément échappa.
    Alors que les racines du Vieux continent sont invoquées par tous, voici un ouvrage salutaire où l'on comprend, enfin, ce que « Europe », « Antiquité » et « chrétienté » veulent dire.

  • Le soldat chrétien a-t-il toujours été le chevalier sans peur et sans reproche qui protège la veuve et l'orphelin, comme Ivanhoé, ou qui défend sa patrie, comme Bayard et du Guesclin ? Non, nous dit Philippe Henne.
    Des guerres dans l'Ancien Testament aux soldats chrétiens qui servirent l'empereur Constantin Ier, en passant par la façon dont se battaient les premiers martyrs et les scrupules des évêques à défendre militairement l'empire romain, l'historien démontre que l'Église et la Violence n'avaient, à l'origine, rien à se dire. Et ce, même quand il s'agissait de défendre leur foi. Loin des images d'Épinal où des milliers de soldats partaient, hache à la main, reprendre le tombeau de Jésus, loin du culte de la guerre sainte, voici un ouvrage qui rappelle le fondement de la chrétienté : le refus de la brutalité et la paix comme priorité.

  • Cet ouvrage montre, à travers les Pères de l'Église, comment les chrétiens de l'Empire romain ont accueilli les « barbares », ces migrants de l'Antiquité qui sont arrivés en Occident par vagues du Ve au VIIe siècle. Malgré leur foi, ils ont commencé par avoir de l'aversion pour les nouveaux venus, en raison de leur différence de culture.
    Puis, à leur contact, ils ont finalement éprouvé plus de compréhension pour ces païens que pour leurs compatriotes hérétiques. Ils ont su voir en eux un défi, un appel à de grandes conversions. Et c'est ainsi qu'est née l'Europe chrétienne.
    En revenant sur une des époques fondatrices de notre civilisation, Philippe Henne évoque la rencontre de l'Autre, la confrontation des cultures, la tentation du rejet, le devoir d'accueil. Il montre comment la fin présumée du monde n'est jamais que la gestation d'un monde nouveau.

  • Basile le grand

    Philippe Henne

    • Cerf
    • 23 Mai 2012

    La divinité du Fils et de l'Esprit ;
    Tous les exégètes remercient Basile pour avoir conservé les meilleurs commentaires d'Origène : tous les croyants méditent le mystère de la création et de la destinée humaine grâce à son commentaire sur le début de la Genèse.
    Basile est un homme complet et pourtant il vécut à peine cinquante ans. Il naquit après le concile de Nicée (325) et mourut avant celui de Constantinople (381). Il connut et affronta toutes les grandes querelles théologiques de son temps, sans en connaître l'heureux dénouement. Promis à une brillante carrière, Basile, sans être un ermite, préféra l'ascèse et la vie en communauté dans un lieu retiré.
    C'est un homme de combat, qui ne refuse pas l'affrontement, qui le cherche même parfois. Intransigeant avec ses frères, il se fait conciliant avec les païens ou les érudits attachés au paganisme. Pragmatique, il allie les élans mystiques avec un bon sens pratique. Autour de ses monastères, il développe des Basiliades, des auberges pour voyageurs et commerçants où les mendiants de longue date étaient invités à travailler.
    Une riche personnalité d'une grande actualité.

  • Saint Jérôme

    Philippe Henne

    • Cerf
    • 8 Octobre 2009

    Le visage est émacié, la bouche crispée, le corps décharné ; les yeux sont brûlants de passion, brûlants d'amour.
    De son regard, Jérôme scrute les Écritures, il les creuse, il les griffe, il les laboure pour trouver le vrai visage de Dieu. Rien n'est épargné dans cette recherche, ni l'étude des Lieux saints, ni l'apprentissage de l'hébreu, ni les longues nuits de réflexion. Tout l'agite, sa passion pour Dieu, mais aussi son amour des belles lettres et les ardeurs de la chair. Tout l'inquiète. Le moindre soupçon sur son attachement à la doctrine de la foi le pousse à trahir même ses amis, s'il le faut.
    Rien ne l'apaise. Depuis le cadre austère de ses communautés à Bethléem, il perçoit les erreurs doctrinales et les mensonges proférés sur la vie consacrée. Il ne peut réagir qu'avec violence. Misanthrope, il adore la communauté religieuse. Attaquer celle-ci, c'est l'atteindre personnellement. Non seulement il traduit la Bible, mais il la commente aussi. Il commence par de petits textes prophétiques, comme celui d'Abdias, pour terminer par celui d'Isaïe, un chef-d'oeuvre.
    Toute cette science ne fut pas seulement acquise dans les livres, elle mûrit dans l'ascèse personnelle. Elle fut le fruit d'une véritable vie de prières. Ce fut un grand maître spirituel. Jérôme, c'est plus qu'un saint, c'est un empire, bouleversé, torturé, mais triomphant. Le découvrir ne laisse pas indifférent.

  • Tertullien partage avec sa ville natale la même agitation fébrile, la même extravagance intellectuelle et la même violence fanatique. Carthage, détruite par les Romains, fut reconstruite par ses nouveaux maîtres. Ville portuaire indispensable pour l'Afrique, elle était sans cesse animée et les bateaux venaient de partout. Tertullien déploiera une activité tout aussi impressionnante. Ses traités furent tellement nombreux qu'on ne put tous les recopier. Ils abordaient les questions les plus diverses, mais toujours dans l'urgence. Le chrétien fraîchement converti lança ses apologies contre les païens et croisa le fer avec les hérétiques. La morale - en particulier la vie conjugale - devint un sujet de plus en plus préoccupant pour lui. C'est dans ce domaine qu'il fit preuve d'une rigueur étroite et intransigeante. Mais il ne négligea pas la pratique sacramentaire : il est le premier à offrir un véritable traité sur le baptême et sur la pénitence. Il restera à tout jamais le fondateur de la dogmatique latine : c'est lui qui fixa le concept de personne pour désigner le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Comment un esprit aussi brillant a-t-il pu être aussi sévère dans ses jugements, insultant avec ses adversaires ? À nous de le découvrir.

  • Initiateur de la grande théologie latine par ses études et la profondeur de sa pensée.
    Hilaire arracha le monde occidental aux balbutiements des premières réflexions. Il établit une base assez large et solide pour qu'éclose génies comme Augustin. Ambroise et Jérôme laissent s'épanouir leurs dons sacrés. Rien ne préparait cependant une telle aurore. La Gaule était dévastée par les incursions régulières des tribus germaniques. Le pays était bouleversé par les insurrections militaires qui plongeaient l'empire tout entier dans des guerres civiles ruineuses en vies humaines.
    Il fallait un homme doué d'une bonne formation classique et surtout empreint d'une forte idée de son devoir et des responsabilités. Hilaire allia cette capacité de constituer de vastes dossiers bien documentés, avec l'audace d'établir de solides traités théoriques. Il innova dans de multiples domaines : l'explication de la Bible et du dogme de la Trinité. la création liturgique avec des hymnes nouvelles.
    II accueillit même Martin de Tours et lui permit de foncier le monastère de Ligugé. d'où surgit un mouvement monastique désormais séculaire. La plus grande qualité qui suscite l'admiration chez Hilaire n'est cependant pas cette capacité de créer, d'inventer et d'innover en théologie comme en pastorale. C'est bien plutôt la grandeur de son âme. Serviteur de l'Eglise, il se sent tenu à de réelles obligations.
    Les évêques gaulois suivaient les directives impériales avec une servilité déshonorante. Ils provoqueront la condamnation d'Hilaire à l'exil. L'évêque de Poitiers rendra à ses collègues traîtres et couards la dignité et l'imité. La charge de l'Église demande de dépasser les considérations personnelles pour s'élever vers les grandes décisions salutaires pour tores. La Gaule gémissait, torturée dans les ténèbres d'un empire finissant.
    Hilaire lui apponte la lumière et l'exemple qui lui permettront d'entrer clans une ère nouvelle : celle d'un Occident rayonnant de culture et centre d'une foi bientôt universelle.

  • Sans Origène, il n'y aurait pas de théologie.
    Tout commence avec lui parce que, grâce à lui, la réflexion pénètre dans le christianisme. La grande innovation apportée par Origène est d'avoir structuré la pensée théologique en un système logique et cohérent. À partir de la foi transmise dans l'Église, le théologien pouvait aborder les grands problèmes de l'existence humaine et y apporter des éléments de réponse en lien avec une vaste vision du monde.
    Son influence fut décisive, aussi bien dans la théologie grecque que latine. Elle marqua aussi la dogmatique, l'exégèse et la spiritualité. Dans le discours de Dieu, il apporta de nouvelles formules et de nouvelles images ; l'étude de la Bible devint grâce à lui une véritable science. Ses commentaires et ses homélies furent lus, recopiés et abondamment utilisés, même par ses détracteurs, Jérôme, Ambroise de Milan, Augustin, ces grands exégètes de l'Antiquité qui reprirent de nombreuses idées de leur lointain prédécesseur.
    La vie mystique elle-même n'échappa pas à sa sagacité. Le commentaire et les homélies sur le Cantique des cantiques sont l'oeuvre d'un homme mûri par la réflexion et par l'épreuve. Et pourtant, cet auteur fécond est inconnu du grand public. Ce qui explique cette méconnaissance, c'est certainement le soupçon d'hérésie qui accable le maître d'Alexandrie. Il est important de reprendre le dossier, de développer ses idées et de montrer ses erreurs.
    Alors sans doute seront rendus à la lecture et à l'étude les meilleurs passages de sa pensée chrétienne.

  • Grégoire le grand

    Philippe Henne

    • Cerf
    • 16 Mai 2007

    L'Europe est envahie par les peuples étrangers qui n'ont ni la même culture, ni les mêmes valeurs, ni la même religion que les gens déjà installés. Grégoire le Grand sera le premier pape (de 590 à 604) à faire preuve de réalisme, à accepter leur présence et à négocier avec eux. Eux, ce sont les Francs, descendants de Clovis, ascendants de Charlemagne. Le peuple chrétien sombre dans le désespoir et l'indifférence. Il ne croit plus en une âme immortelle, doute même d'un Dieu sauveur. Grégoire lui parlera, dans ses sermons comme dans ses écrits, non pas comme un savant mais comme un pasteur, proche des soucis matériels de chaque jour, et simple dans son immense confiance en Jésus-Christ. Fidèle à ses profondes convictions de croyant, il se libéra des contraintes politiques devenues archaïques, pour lancer l'Église dans un monde agité et lui donner sa véritable dimension : universelle c'est-à-dire catholique.

  • De Clément de Rome à Bernard de Clairvaux, une trentaine de Pères de l'Église sont regroupés en sept périodes distinctes par leur relation à la Bible. De la citation dans un débat polémique à la méditation mystique, du commentaire allégorique à l'analyse historico-critique, tous les Pères, à leur époque respective, partagent la même passion : scruter le mystère infini d'un Dieu qui parle dans l'histoire du salut.

  • Léon le grand

    Philippe Henne

    • Cerf
    • 15 Mai 2008

    Seul face à Attila, Léon se dresse, armé d'une simple croix. Cette vision simpliste du grand pape met pourtant en lumière plusieurs de ses qualités. Il est seul. L'Empire romain d'Occident est non seulement balayé par des hordes barbares, mais celles-ci peu à peu s'installent et créent leur propre royaume. L'empereur est faible, il ne reste que la force morale des évêques pour veiller sur le peuple terrorisé. Léon défend Rome, non pas simplement la capitale d'un empire disloqué, mais la tête de l'Église. C'est Pierre, le prince des apôtres, qui parle dans cette ville par ses évêques, ses indignes successeurs. Cette parole porte sur la foi comme sur la discipline. Malheur à cet évêque d'Arles qui, par son zèle intempestif, risque de détacher le sud de la Gaule de l'union avec l'Église universelle. Face à l'Orient déchiré par de subtiles querelles dogmatiques, Léon rappelle la foi en la divinité et l'humanité du Christ dans un document reconnu par tous, le Tome à Flavien. Seul face à l'adversité, Léon veille sur le peuple, rétablit la vérité de la foi, affermit l'autorité pontificale. Ce fut un grand pape. Ce fut un grand saint.

  • Le pasteur d hermas

    Henne Philippe

    Comment devenir chrétien dans un monde païen, plein de séductions et d'attraits ? Telle devait être la question cruciale que se posaient les prêtres et les diacres à Rome lorsqu'ils rencontraient un homme intéressé par le christianisme. Le Pasteur, rédigé au IIe siècle de notre ère par un certain Hermas, offre alors une catéchèse adaptée, car il utilise les différents styles de la prédication. Il commence par raconter plusieurs visions de l'Église et de la communauté chrétienne. Cela séduit l'imagination. Il poursuit par un enseignement moral et humain plein de bon sens. Il satisfait alors la recherche intellectuelle. Il finit par une vaste liturgie où les grands mystères sont à nouveau approfondis. Le but est d'aider à la conversion, mais les moyens et le ton sont pleins de bienveillance et d'espoir. La joie elle-même est sans cesse recommandée, car la colère aveugle et obscurcit l'entendement. Les grandes vérités de la foi ne sont pas oubliées : la foi en un Dieu créateur plein de sollicitude, en un Fils présent dans l'oeuvre d'édification de la communauté, en un Esprit présent dans le coeur de l'homme. Le Pasteur, le plus long des ouvrages rangés parmi les écrits des Pères apostoliques, est aussi le plus curieux. C'est un livre d'initiation qui séduit par la qualité de sa prédication et la profondeur de ses convictions, et qui garde toute son actualité.

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