• Karl

    Marie Ottavi

    Roi de l'autofiction, Karl Lagerfeld était le premier narrateur de sa propre vie. Le personnage ambivalent, qu'il a savamment élaboré, a passé quatre-vingt-cinq ans à se réinventer pour ne jamais regarder en arrière, vers un passé trop terrifiant à contempler. Créateur inspiré, doté d'une culture immense, dépensier jusqu'à frôler la ruine, outrancier dans ses manières, insatiable dans le travail, asexué et hygiéniste, roi des piques et des bons mots, ultra-sensible et arrogant, solitaire rarement seul, bête médiatique toujours à la lisière du borderline, Karl Lagerfeld a eu plusieurs vies. Il a rajeuni, grossi, maigri, noyé sa mélancolie dans le travail après la mort de son seul amour, Jacques de Bascher, dandy désinvolte et strict opposé, qui suscita aussi la passion dévorante d'Yves Saint Laurent et brisa la longue amitié des deux couturiers.

    Cette biographie raconte les multiples existences de cet homme hors norme et, à travers elles, une histoire de la mode, qu'il a contribué à révolutionner. Elle est le fruit d'une longue enquête commencée avec deux entretiens exclusifs accordés à l'auteure par Karl Lagerfeld lui-même et enrichie par les témoignages de ses proches et de nombreuses personnalités : la princesse de Hanovre, Bernard et Hélène Arnault, Silvia Fendi, Bruno Pavlovsky, Tom Ford, Alessandro Michele, Valentino, Carine Roitfeld, Claudia Schiff er, Inès de La Fressange, Linda Evangelista, Tadao Ando, Fran Lebowitz...

  • « Chaque jour, Jacques de Bascher déjeune aux Deux Magots ou chez Lipp, toujours à la même table. Il retrouve dans ce minuscule triangle germanopratin l'ensemble de la faune qu'il recroisera le soir venu. Ses journées suivent un rituel immuable. Lorsqu'il rentre chez lui après le déjeuner, il fait une sieste puis se rend chez Carita, où Monsieur Guy, coiffeur de feu Gérard Philipe, se charge de sa nuque. Quand il ne prend pas soin de son apparence, il va au cinéma, fait du shopping, prend le thé chez une comtesse ou reçoit un amant. Vers dix-sept heures, il repart vers l'Odéon et s'installe au Dauphin, rue de Buci. Il y joue au flipper et y achète les substances nécessaires à la prochaine nuit. Puis il se rend chez Karl Lagerfeld avant de rentrer se préparer pour sa soirée et de filer vers le Flore, l'antichambre de la nuit, à quatre minutes de chez lui. » L'allure d'aristocrate, le goût très sûr et la beauté viscontienne de Jacques de Bascher feront de lui la muse de Karl Lagerfeld et l'amant terrible d'Yves Saint Laurent. Ce livre, fruit d'une enquête auprès de ceux qui l'ont côtoyé, admiré ou mal aimé, est une plongée dans les années 1970 et 1980, ces années folles qui consumèrent Paris et ses troupes, et dont il fut l'une des figures les plus singulières.

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  • Apprendre, qu'est-ce que cela veut dire ? Qu'est-ce que cela suppose ? Par quelles voies cela passe-t-il ? À ces questions, l'école contemporaine apporte une réponse catégorique : l'école traditionnelle s'est trompée, elle a voulu transmettre des connaissances détenues par un maître en les inculquant à des élèves passifs. Cette pédagogie de l'imposition ne marche pas. Il faut lui substituer une pédagogie active faisant de l'enfant l'acteur de la construction de ses savoirs.
    Nous sommes au moment où cette réponse se révèle aussi fausse, dans sa demi-vérité, que la philosophie antérieure. Tout est à reprendre. C'est le problème fondamental de l'école d'aujourd'hui, ignorante des mutations qu'elle doit opérer. Pour le résoudre, dégageons les origines historiques de ce nouveau modèle pédagogique, observons ses limites et réfléchissons à cette expérience primordiale dont les adultes refoulent le souvenir : la difficulté d'apprendre, qui ne se sépare pas de la nécessité d'une transmission.
      Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi sont philosophes. 

  • Ce livre propose une réflexion sur la signification politique de l'éducation dans les sociétés démocratiques, articulée sur plusieurs thèmes : le statut de l'enfant, la nature de l'égalité, la place de la culture, la fonction du civisme. Sans dogmatisme, il propose d'abord de clarifier ces questions et les dilemmes auxquelles elles donnent lieu : faut-il centrer l'enseignement sur l'élève ou sur les savoirs ? Comment développer le respect des cultures singulières dans le souci de forger une culture commune ? Le civisme peut-il s'enseigner ? L'école peut-elle être à la fois égalitaire et exercer une fonction de classement, etc.
    C'est sans doute parce que l'école concentre ainsi les plus vifs paradoxes de la démocratie contemporaine qu'elle est à ce point un sujet sensible.

  • Le bonheur est-il un phénomène unique ou l'enchaînement d'humeurs contrastées ? Un état de tranquillité et de sérénité ou le fait d'une vie vécue intensément ? Faut-il être averti de son bonheur pour le vivre ? Comment régler le dilemme entre affects et cognition ? Le bonheur est, pour le moins, un concept dont la principale caractéristique est de ne pas donner prise à une interprétation unique. Or, si le malheur a été abondamment étudié par les sciences humaines et sociales, le bonheur jusqu'ici ne semble pas avoir été un objet bon à penser par et pour l'anthropologie, au contraire de la psychologie ou de l'économie. Initié afin de réduire cet écart, cet ouvrage collectif s'attache à montrer de quelles façons, au-delà du constat de la variabilité culturelle et individuelle de ses manifestations, le bonheur peut être saisi dans ses formes élémentaires.
    Les auteurs rassemblés dans Ethnologie des gens heureux proposent ainsi des pistes de réflexion à la fois méthodologiques et théoriques qui, tout en se réclamant d'orientations de recherche personnelles, offrent au lecteur un ensemble de matériaux ethnographiques attachés à rendre plus compréhensible ce qui fait le bonheur des êtres humains.

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