• L'histoire de Suzanne Lenglen commence en 1910. À 11 ans, elle reçoit de son père une raquette de tennis. Grande sportive, elle s'entraîne comme un homme et développe un jeu unique grâce à la pratique de la gymnastique et de la danse.
    Quatre ans plus tard, elle remporte son premier titre de champion du monde. C'est le début de la gloire.
    Entre 1919 et 1926, elle s'impose six fois aux Internationaux de France, six fois à Wimbledon, et décrochera trois médailles olympiques. Ses apparitions déchaînent les foules.
    Qui mieux que Gianni Clerici, journaliste italien, romancier, essayiste et spécialiste reconnu du tennis, aurait pu mieux retracer la vie exceptionnelle de Suzanne Lenglen, qui changea en quelques années seulement l'image du tennis et la place des femmes au sein de celui-ci ?

  • Alassio, sur la côte ligure, 1939. Giovannino a huit ans et coule une enfance heureuse dans la villa Géranium protégé par l'affection de sa mère et de sa grand-mère, et ce malgré l'absence de son père. L'oncle Pino, la tante Marta, les petits Garibaldi, les fils du gardien, Mr. Sweet, le professeur de tennis, Maître Riedl achève de composer son petit monde.

    Le gamin a une passion pour le tennis, et lorsqu'il n'est pas assis sur les bancs de sa classe, il s'entraîne sans relâche. Cette passion le tient si fort, qu'un jour, pour gagner du temps, il décide d'aller directement à l'école avec sa tenue de tennis " chemise et pantalon blanc, pull-over blanc à torsades bordé de bleu ". Ce grave manquement au règlement scolaire, qui impose la chemise noire, symbole de la révolution fasciste, va lui valoir d'être renvoyé comme " élément préjudiciable à la santé morale de ses camarades ", et parce qu'il révèle " une préoccupante attitude subversive à l'égard des institutions de la patrie ".

    En fait, c'est grâce au sport, au tennis, et aux leçons et conversations d'une vieille princesse russe exilée que Giovannino va percevoir d'une manière floue, encore très naïve, qu'un monde est en train de disparaître, que la haine va remplacer les échanges entre les hommes et les peuples, et qu'il est indispensable de forger les fondements d'une morale, à l'heure où son pays glisse de plus en plus dans l'horreur. et y bascule avec la déclaration de la guerre.

    Cette prise de conscience progressive se manifeste par le rythme des chapitres, très courts, par la succession des anecdotes où Giovannino " affronte " et " analyse " les différents protagonistes de cette histoire (sa mère trop frivole, sa grand-mère trop mesquine, les enfants du gardien, le professeur de tennis, le colonel allemand.), et par l'omniprésence du court de tennis, lieu d'initiation par excellence, loin de l'embrigadement de la villa et de l'école.

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