Unicite Francois Mocaer

  • Moteur! / prenez votre ticket / installez-vous dans un fauteuil de lecture / ouvrez les yeux sur nos pages-écrans / où passe 35 fois un certain rêve de cinéma / au millimètre près / en VOP / (version originale poétique) / refusant l'explication de texte / mais composant avec l'inspiration des images / dont le montage donne leur chance aux jeunes premiers comme aux vieux routiers / encadre les pouvoirs hypnotiques de la série / envisage & dévisage des visages / ... / + d'exquis & vivants bonus / un long métrage de collures au final / que sectionne ce maître coup de ciseaux oral?: / coupez?! H.F.

    L'un cherche des affinités entre des mots ; l'autre, des affinités entre des images (comme un écrivain le ferait avec des mots). Pour que quelque chose se produise. Pareils à de la pâte (dans un moule à gaufres) ils se répondent librement, dans une forme de narration plastique.A.C.

  • « Le vrai miracle est de marcher sur la terre », Houeï-Neng, en exergue à La Chine intérieure « Mes mains palpent le sol ancien, les hommes des millénaires Ont peu à peu creusé cette forme intérieure,ce lieu où je me tiens pour mon temps d'ignorance. » Henry Bauchau, extrait de La Chine intérieure.

  • Nous retrouvons ici la fine écoute de Jean-Pierre Rousseau, ce poète du recueillement et de l'attention accordée à l'autre est également un traducteur amoureux, spécialiste des langues portugaise et finnoise. Il partage sa vie entre la France et le Brésil et a choisi de porter jusqu'à nous, par ses traductions, ces grandes figures : professeurs, voyageurs, diplomates, magistrats, mais aussi citoyens atypiques qui ont passé leur vie une oreille collée contre la terre pour capter le sens même de ce Brésil secret. Pays dont la carte nous emporte tant elle représente à elle seule, par sa forme, le souffle vital de ses habitants et de ses poètes, tous proches des choses les plus simples. Une mystique de l'humilité, ici, relie chaque mouvement d'horlogerie de notre quotidien à une étoile... Francis COFFINET

  • Langage(s)

    Eric Dubois

    Les bruits du monde sont le paravent des habitudes Comme un bruit respire par le sésame porte porte porte nombre de pensées nombre établir le plan Joinville le pont litanie tremper ses pieds dans l'eau bruissante d'une rivière monotone dans le soleil miroir de face hiver grinçant saison des revenants des morts mis en abyme.

  • Un chant fait être ici ce qui est sous la voûte de nulle église et sa voix silencieuse était toujours là dans l'écoute des mondes appelant notre vie et notre regard au-delà des apparences et des douleurs et ses airs de forêts d'étoiles de landes nous peuplaient constamment de beauté son langage muet et vivant faisait notre amour et notre mystère éternellement.

  • Saute !

    Marine Fieyre

    Saute ! elle est là rêveuse elle a tout largué les amants les passants les papiers la mêlée elle a tout largué contre vents et marées et se laisse dériver au fil des courants concomitants elle savait déjà que même au plus bas y'avait toujours un endroit où déposer ses pas mais ce qu'elle ne savait pas c'est que tout la haut c'est bien plus rigolo

  • Que peut-il y avoir de commun entre un vigneron, un professeur émérite, une jeune féministe, un chanteur occitan, une femme au foyer, un zadiste, un gendarme, un travailleur immigré, un « nez » et deux ex-soixante-huitardes ? Une chanson de Johnny et une réflexion sur la grammaire de Vaugelas ? À quel moment et de quelle façon leurs vies se croisent-elles ? Au fur et à mesure de la lecture, les histoires s'imbriquent les unes dans les autres telles les pièces d'un puzzle que le lecteur reconstitue. Dans le premier tome de cette saga, une trentaine de personnages de pro-fessions, langues, opinions et orientations sexuelles différentes se rencontrent, se perdent de vue, se quittent sans savoir qu'ils ont tous un point commun. Au fil d'une fresque romanesque qui se déroule sur trois générations de Paris à la Provence en passant par Londres et Katmandou, du Qué-bec au Kurdistan, de mai 68 à mai 2018, sur des airs de Leonard Cohen, Jimmy Hendrix, Johnny Hallyday, Indochine ou Jacques Higelin, sans oublier les comptines pour enfants ni les chants occitans, l'auteure à l'écriture concise, vive et imaginative nous entraîne dans un ballet fascinant et intrigant, rapide et turbulent comme un vol de libellules. En refermant ce livre, on n'a qu'une hâte : lire la suite !

  • Muse au

    Marine Fieyre

    Avec ce deuxième recueil, Marine Fieyre use une fois de plus d'un langage à part, entre réalité brute et lyrisme, qui utilise tous les pouvoirs suggestifs de la langue pour nous offrir là des poèmes aussi surprenants que subversifs. Cette poète se laisse guider par des intuitions et la musique des mots qui font partie de son moi intérieur, et c'est peut-être là qu'est l'intérêt primordial de sa poésie qui détonne dans le paysage poétique actuel.

  • Avec ce texte, Axelle Guilmault endosse la peau de sa chienne, If, qui nous parle de sentiments, d'émotions. Le lecteur, surpris de prime abord, tombe ensuite sous le charme du récit qui, malgré les apparences, est loin de tout anthropomorphisme. Plein d'humour ce livre nous enseigne, à nous humains, que les animaux ont droit à tout notre respect, à toute notre attention. L'auteure nous transmet ce que sa chienne a sur le coeur, comme un double langage, à savoir que c'est elle peut-être qui se sent animal et non l'inverse. Les joies et les agacements de la chienne If ne sont que les prolongements de nos attentes envers les autres humains. Mais plus simple-ment, If nous fait savoir parfois par des stratagèmes toute l'affection quelle porte à «ses humains». Tout comme nous, elle a ses humeurs, ses préférences et n'hésite pas à montrer les dents s'il le faut. Elle aime la bonne cuisine, se lie d'amitié et adore poursuivre les chats... Un livre à mettre entre toutes les mains. Il se lit avec bonheur car ce sont les animaux qui se racontent et nous le font bien savoir. Les dessins d'un trait laissent l'imagination vagabonder. Ils peuvent être coloriés au gré des pages.

  • Le recueil d'Hélène Révay est un recueil initiatique qui ne cède rien à « La quête infinie du vrai ». Il parle de la naissance même de l'écriture, interrogeant ses affres et ses embellies, l'invoquant comme on implore la pluie les jours de sécheresse. Ni les émotions superflues ni les modes éphémères n'ont eu raison de cet engagement visionnaire dans l'acte poétique. Le vide n'existe pas. Les poèmes d'Hélène Révay l'attestent. Il n'est qu'une figure de l'absence qui sourit au poète. La source du vivant et la finitude qui battent au coeur du poème comme le pouls dans les veines du penseur interrogeant sa présence au monde. Il n'est plus un vertige mais la condition d'émergence du beau. Hélène Révay nous invite à une traversée qui tient tête aux évidences et aux faux semblants. Elle creuse et enracine la conscience sur le bord de l'angoisse existentielle sans jamais s'y résoudre. Entre philosophie et spiritualité, l'auteure nous fraye ici le chemin qui mène au vrai lieu de la parole poétique. Poèmes sous-vide est le premier recueil de cette collection qui en mémoire d'Yves Bonnefoy a été baptisée « Le Vrai Lieu ». Il donne le La et le Là de la partition des recueils à venir.

  • Arnaud Delcorte déploie une poésie intense où amours et sentiments se délient pour mieux se renouer. Poésie du corps en attente de l'autre. Poésie-béatitude et poésie-cataplasme opèrent dans une fusion entre pulsion érotique et recherche de plénitude. Le poète creuse en lui, va chercher l'intime dans ses tripes. Des poèmes qui donnent à sentir ce que l'amour a de plus exponentiel, amour des corps, amour regard. Le poète ici est dans cette présence qui cherche les signes de l'amour aux confins de lui-même, entre désirs, quête de sens, joies, douleurs.

  • Le mot japonais haïga n'a pas d'équivalent en français, pas plus que le mot haïku. Ce ne sont pas les premiers mots étrangers a entrer dans la langue française. Algèbre venu de l'arabe al-jabr, pantalon de la Comedia dell'arte, albatros du portugais, blues du noir américain sont français depuis longtemps. Haïga désigne un travail d'art qui met en page un haïku et un dessin ; il réunit donc un poète et un artiste. Cette rencontre est courante dans l'art occidental ou l'artiste vient illustrer, « colorer » un texte ou, a l'inverse, le texte apporte du sens a la création artistique. Chacun se tient a sa place, les genres ne se mélangent pas. Le haïga a une autre ambition : réaliser un objet artistique unique avec un poème et un dessin.

  • Tenere

    Fabien Marquet

    Tenere, c'est l'infinitif en latin du verbe Tenir. Tenir c'est garder à la main, être en possession de. La question de l'objet que l'on voudrait tenir et qui n'est jamais donné nous place au coeur de la poésie. Certes, écrire, c'est tenir, vigoureusement, son crayon (ce dont on est sûr). Mais au-delà ? Il y a l'espace de la page blanche... Et au-delà, le lieu où l'on écrit. Le poète entre dans le poème dans un état de cécité. Il a perdu le sens de l'évidence. La nuit s'est refermée sur lui. Sa main qui tâtonne doit toucher ce point où l'oeuvre n'est plus qu'affaire de perspective et fait sentir son poids. Et le poète se libère de son poids et entre dans son lieu par le nommer. Pour ne plus peser, l'oeuvre se tient à ce point où Sujet et Monde, Intériorité et Extériorité, Nuit et Jour s'équilibrent et communiquent dans le jeu du nommer.

  • Il faudrait porter chaque poème de Francis Coffinet comme une pierre précieuse, fragile et sincère, qu'il est nécessaire d'ajouter aux paroles dont on retient la profonde vérité. On ne peut qu'aimer la précision du propos et la quête de pureté que la simplicité des mots cisèle pas à pas. Le dire du poète n'use ni de la thématique ni du procédé. Il s'apparente à une marche, à une méditation qui ne dévoile pas son mystère et incite le lecteur à le suivre.
    Je me suis embarqué à bord d'un voilier qui se glisse derrière ton oreille- J'ai cloué l'alphabet par les ailes et, avec le peu de gestes qui me restent, je te parle Je suis de la maison du songe est le quatrième recueil de la collection Le Vrai Lieu.

  • Marina Poydenot sait que l'essentiel, c'est d'être là. Sa poésie lorsqu'on l'a rencontrée ne nous quitte plus, elle marche, elle nous devance parfois un peu, elle est à nos côtés, ou nous suit de quelques pas. Ses poèmes sont de petites feuilles qui traversent le coeur des hommes et des villes pour remonter ensuite lentement vers la cime des arbres. Lire Marina Poydenot c'est comme observer au microscope, et jusqu'à l'efflorescence, les cellules mêmes de l'écriture.
    On se remémore, on aime chaque flux, on fait bloc avec les vivants et les évadés, on devient...
    « ... le coeur, ce massif de silence tourné vers le ciel. » Francis Coffinet Soeur consacrée dans la Communauté du Chemin Neuf, Marina Poydenot est poète, musicienne et bibliste.

  • L'histoire d'Alban D.., enseignant en littérature, la quarantaine, célibataire séducteur sur les sites de rencontres, qui voit sa vie basculer après un fait divers, alors qu'il cultive un projet d'écriture. Sous la pression des évènements qui se succèdent en cascade dévastatrice, il optera, l'orage passé, pour un voyage insolite... Comment redonner du sens à une existence brutalisée ? Il y a une solution, peut-être... « Et face au soleil du jour où elle s'était postée, hasard de l'exposition, ou étais-ce elle qui avait attiré cette brillance, je vis, étonné et troublé, la déclinaison dans ses yeux de toute la gamme du vert au bleu : pers, turquin, outremer, turquoise, qui défilait selon les oscillations de la lumière oblitérée par le passage, fugace, des nuages. » (Extrait) Originaire du Maine-et-Loire Jean-François Forestier, marié, quatre enfants, exerce la profession de médecin en périphérie du Mans à Coulaines. Observer le monde, le dire à sa façon, le partager en poésie et, par la littérature, tenter d'adoucir les maux des autres ...c'est ce qu'il tente de faire. Il a reçu le prix d'édition poétique de la ville de Dijon en 2012 et collabore régulièrement à la revue le Portulan bleu des éditions Voix Tissées Illustration de couverture : Élisabeth Forestier

  • Comment ne pas lire les poèmes de Marie-José Salas de Ballesteros sans se rendre compte qu'ils sont traversés par un don impérieux de nous apprendre, à nous lecteurs, la transgression des modes de langages.
    Incessante coulées de sève poétique et métaphysique, inspiration trouvant sa justification jusque dans cet insolite qui nous fait sentir cette part d'insondable que cette poétesse porte en elle comme un secret ouvert.

  • Avec ce premier roman, William Polsens entre dans la cour des grands. Coup de maître parce que son style perce la lumière des faits en leur essence. Quelque chose de nouveau vient de jaillir, aussi cruel que jubilatoire, dans cette fiction de guerre mais dans des lieux que l'on imagine bien réels. Écriture en forme d'énergie libératrice, parce que pleine d'ecchymoses et amorale, qui, de toute façon, fera sens chez le lecteur. « Je pensai d'emblée que c'était sur mon malheur qu'il pleurait, le gars. J'ai remué mes membres, à travers une contraction reconnaissante des nerfs. Me les suis tâtées, mes guiboles... Aucune nuance aiguë de la moindre douleur ! Partiellement à moi, j'envisageais le gars dans son jus engourdi, ou anesthésié - je me l'imaginais semblable au mien d'état d'estropié, tactique fraternelle d'un double. J'ai retourné mon regard vers lui. Il avait fermé les yeux... Aussitôt, une jeune femme en infirmière classique s'est approchée de lui. Et, d'un doigt ferme, elle appuie sur la tempe du mec, quand sitôt l'autre main s'est élevée au plafond. Elle avait dû lancer son pronostic. Trois hommes s'approchent. Il devait y avoir le médecin avec. C'est lui qui d'une main experte a tiré une paupière du pauvre gars, celui-ci ne devait plus souffrir, pou

  • Mylène Vignon a rencontré Olivier Debré au début des années quatre-vingt-dix, en Touraine.
    Elle a fortuitement, lors d'une visite à Vernou-sur-Brenne, accepté de poser pour le peintre. L'orage, le jardin, l'atelier_ une situation propice à soulever un coin de voile sur les secrets de la peinture du maître de l'abstraction fervente.
    Dix ans après la disparition du peintre et à la demande de nombreux amis, elle se sent investie d'un devoir de mémoire et accepte la publication de ses notes, accompagnées de poèmes ligériens.
    En 1997, Mylène Vignon avait rédigé un article sur Olivier Debré dans le magazine Art in Korea.

  • Dans ce recueil de renku, les deux auteurs, Minh-Triet Pham et Christiane Haen-Ranieri, nous invitent à voyager d'un paysage à l'autre jusqu'au coeur de leurs passions communes : le renku, la photographie et le tourisme culturel. Le lecteur est alors très vite captivé par une conversation des plus surprenantes. Viêt-Nam et Alsace se répondent dans une joute poétique entre un pays d'Asie du Sud-Est et une région française qui, à priori, ne se ressemblent pas du tout. Et pourtant, la magie opère, et les deux poètes qui portent cet ouvrage en traduisent les mêmes regards, émotions et sentiments. Parfois on ne sait plus si c'est Christiane Haen-Ranieri qui écrit sur l'Alsace ou si c'est Minh-Triet Pham qui écrit sur le Viêt-Nam, ou inversement. Peu importe, ce sont les découvertes et les impressions qu'ils nous transmettent comme autant de clins d'oeil sensibles. Les deux auteurs ne font qu'un dans ce dialogue qui scelle leur amitié et amène le lecteur là où il ne pouvait s'y attendre. Histoire, civilisations, monuments, plats traditionnels diffèrent certes, mais les auteurs, eux, partagent la même approche de la démarche, de la perspective et de l'esprit.

  • Le vide

    Eric Katz

    « Ça prévient pas quand ça arrive, ça vient de loin. Ça s'est traîné de rive en rive, la gueule en coin. Et puis, un matin au réveil, c'est presque rien, mais c'est là ça vous ensommeille au creux de reins. Le mal de vivre. Le mal de vivre ! ». Comme des larmes aux paupières au jour qui meurt, au jour qui vient, la longue dame brune aux yeux en amande. La longue ténébreuse entonnant, comme une berceuse, son mal de vivre au fil de mes nuits. La gueule en dérive de coin en coin qu'il faut bien vivre, vaille que vivre. Emmitouflé jusqu'au col dans ce long manteau de tristesse et de mélancolie, mon mal de vivre comme un cancer intérieur. Virgule, point-virgule, point, comme les étapes d'une lente agonie. Où sont-ils donc passés tous ceux qui n'en sont pas revenus du mal de vivre. Au fil de mes respirations, tout seul dans le silence d'une nuit discontinue, virgule, point-virgule, point, comme les stigmates d'un vide qui n'en finit plus. »

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