Tallandier

  • Andrée Putman (1925-2013) s'impose dès la fin des années 1970 comme l'ordonnatrice hors pair des intérieurs, la fée des logis chics.
    Consacrée « grande prêtresse de la décoration », elle érige sa silhouette hiératique en image de marque d'un métier, architecte d'intérieur, qu'elle s'invente à 53 ans. On vante la folle allure de sa mèche crantée et de ses tailleurs cintrés autant que son apologie du noir, du blanc, des beiges et des gris, de l'épure domestique et des lignes sobres d'un mobilier Art déco revisité. Connue dans le monde entier, elle est l'incarnation d'un minimalisme élégant, à la française.
    Mais qui était vraiment cette grande bourgeoise piquée de rébellion, ex-jeune fille mutique muée en night-clubbeuse senior, musicienne défroquée intronisée « Coco Chanel du design » ?
    À la lumière de minutieuses recherches et de nombreux témoignages, cette première biographie d'Andrée Putman révise l'histoire officielle d'une styliste de sa propre vie. Elle donne chair à une icône.

  • Edmond et Jules de Goncourt sont comme écrasés par leur nom. Si nul n'ignore le prix qu'ils ont fondé, l'oubli a frappé la vie et l'oeuvre de ces deux frères qui se sont attaqués pendant près d'un demi-siècle à tous les genres littéraires, et plus encore au genre humain.
    Suivre les Goncourt, c'est courtiser la princesse Mathilde, dîner avec Zola, survivre à la Commune, passer des salons des Rothschild aux soupentes sordides et recevoir toute l'avant-garde artistique dans leur Grenier de la Villa Montmorency.
    Pamphlétaires incisifs, romanciers fondateurs du naturalisme, dramaturges à scandale, collectionneurs impénitents , ces langues de vipère ont légué à la postérité un cadeau empoisonné : un Journal secret qui fait d'eux les meilleurs chroniqueurs du XIXe siècle.
    Seule la méchanceté est gratuite , aussi les deux écrivains la dépensent-ils sans compter. Chaque page laisse éclater leur détestation des femmes, des parvenus, des Juifs, des artistes et de leurs familiers. On découvre Baudelaire ouvrant sa porte pour offrir aux voisins le spectacle du génie au travail, Flaubert invitant ses amis à déguster des « cervelles de bourgeois », les demi-mondaines étalant un luxe tapageur ou Napoléon III entouré d'une cour servile qui met en bouteilles l'eau de son bain...
    Réactionnaires ne jurant que par la révolution en art, aristocrates se piquant de faire entrer le bas peuple dans la littérature, les Goncourt offrent un regard aiguisé sur un monde en plein bouleversement, où, de guerres en révolutions, le paysan fait place à l'ouvrier, la bougie à l'ampoule et le cheval à l'automobile.

  • De 1926 à 1961, Joseph Kessel a pu suivre par trois fois Israël dans son essor. Depuis les premières colonies dans le désert, jusqu'à l'âge de sa souveraineté, en passant par la guerre qui a accompagné sa naissance officielle. Terre d'amour et de feu est le témoignage irremplaçable d'un grand reporter doublé d'un poète, et le cri du coeur d'un homme que ses origines plongent dans l'aventure israélienne.

  • Qui est Mohammed VI ? Est-ce le roi qui dirige ? L'islam marocain est-il un garde-fou contre l'islamisme ? Les Marocaines sont-elles libres ou soumises ? À quoi aspire la jeunesse marocaine ? Pourquoi la France envoie-t-elle ses imams se former au Maroc ? Le Maroc est-il un modèle pour le monde arabe ?
    Royaume arabo-berbère à la longue histoire islamique, dynastique et impériale, le Maroc se voit comme le plus occidental des pays arabes et africains. Jouant au maximum de son soft power, il est au mieux avec tous les États du monde, exceptés l'Algérie et l'Iran. S'il aspire à devenir une démocratie, le Maroc veut aussi être une grande puissance islamique, avec à sa tête le chef le plus prestigieux de l'islam politique. Ami de tous, protégé par ses alliés, dominant ses opposants et affichant un nationalisme décomplexé, le roi Mohammed VI a-t-il remporté la partie après vingt ans de règne ? Restent néanmoins plusieurs ombres au tableau : misère du monde rural, manque de formation, lutte contre le radicalisme religieux et le terrorisme, repli du pays dans ses frontières. En fin connaisseur, Pierre Vermeren décrypte les paradoxes d'un royaume qui se rêve en pays d'exception.

  • L'ambition redoutable d'une mère. Un empereur devenu symbole de cruauté. Voici le récit de la jeunesse de Néron, pleine de fureur et de tragédie.
    Ier siècle après J.-C. Dans l'Empire romain, nul n'est à l'abri de la trahison : homme, femme ou enfant. Et encore moins Néron, dont l'héritage royal attise toutes les convoitises. Son oncle, l'empereur fou Caligula, essaye de le noyer alors qu'il a trois ans. Depuis cet épisode funeste, le jeune prince, sensible et cultivé, doit chaque jour déjouer les tentatives d'assassinats et les complots. Mais le pire danger vient de sa propre mère, l'incestueuse Agrippine, qui a empoisonné son époux, l'empereur Claude, et veut désormais contrôler l'empire. Néron en tire alors une terrible leçon : mieux vaut être craint que mort...

  • Charles Darwin connaissait par coeur ses romans, Winston Churchill la lisait pendant le Blitz et Virginia Woolf la comparaît à Shakespeare. Aujourd'hui encore, Jane Austen (1775-1817) suscite dans le monde entier une véritable passion. Quel est son secret ?
    Il y a dans ses romans beaucoup de la vie qui a été la sienne : la campagne du Hampshire, le monde corseté de la gentry, les bals dans les manoirs, les jeunes filles promises au mariage, la domination des hommes, ces héritiers qui ont tous les droits. Quand Jane Austen commence à écrire, ses manuscrits essuient refus sur refus. Mais la jeune fille n'abandonne pas et se consacre corps et âme à la littérature, quitte à renoncer à fonder un foyer. Tout plutôt qu'un mariage sans amour. De 1811 à 1818, elle écrit six romans, dont les chefs-d'oeuvre Raison et Sentiments et Orgueil et Préjugés. Emportée par une maladie soudaine, elle n'assistera pas au succès de son oeuvre.
    Ce portrait vivant et délicat plaira à tous les inconditionnels de la romancière et convaincra ceux qui ne la connaissent pas encore de la découvrir.

  • 1682. À Paris, non loin du Louvre, l'hôtel de Guiffray abrite un bordel élégant tenu par la mystérieuse Marie Lesage, marquée à la hanche de la fleur de lys des criminelles. Vingt ans auparavant, elle a adopté Judith, trouvée bébé sur les marches d'une église. Mais le commerce du crime est devenu général dans la capitale et Marie est empoisonnée. Agonisante, elle demande à sa fille adoptive de mettre à l'abri un coffret. Il contiendrait des secrets d'État sur l'ex surintendant Fouquet et des lettres compromettantes d'Anne d'Autriche, la défunte mère du roi, au cardinal Mazarin. Qui a peur de ces documents ? Louis XIV en personne ? Colbert, l'ennemi mortel de Fouquet, étrangement abouché avec Aetius de Vigan, chef de l'Ordre du Temple de la Nouvelle Jérusalem, qui veut détruire la monarchie ? Cernée par le danger, la jeune Judith est prête à tout affronter pour accomplir sa quête de vengeance et de vérité...
    Avec l'exceptionnel talent de conteur qu'on lui connaît, Éric Le Nabour tisse une histoire captivante où il plonge les personnages dans le siècle de Louis XIV qui réunit si étroitement la grandeur, le mystère et l'effroi.

  • Que sait-on des lectures des présidents de la Ve République ?
    Quels livres gardent-ils à leur chevet, quels autres emportent-ils en campagne électorale ou en visite officielle ?
    Quels sont les ouvrages dont ils ne se séparent jamais, ceux qu'ils annotent et citent dans leurs discours ?
    De Pompidou qui collectionne les éditions anciennes à Chirac qui ne se déplace pas sans une « Série noire » dans la poche de son pardessus, de Mitterrand dont les rayonnages débordent d'écrivains de droite à Sarkozy qui dévore les classiques, en passant par Macron, grand amateur de Gide et de Rimbaud, tous entretiennent un rapport intime à la lecture.
    Grâce à l'enquête originale d'Étienne de Montety et de sept autres auteurs, journalistes et historiens, on pénètre pour la première fois dans le jardin secret de nos présidents.

  • Colette et les bêtes

    Gérard Bonal

    « S'il est, hors de la durée humaine, une heure qui réglera les comptes de chacun, j'aurai, à cette heure-là, l'écureuil sur l'épaule, la couleuvre au cou, le lézard et la tortue, les deux hirondelles d'octobre, les chiens, les chats et les chats et les chats. Je ne plaiderai pas longtemps, mais je montrerai mon cortège, et je dirai : «Je n'ai trahi aucun de ceux-là». » Colette et les bêtes : une évidence trop souvent traitée à la légère. On connaît son amour pour les chats, mais le bestiaire de Colette est cent fois plus vaste. Pitiriki l'écureuil, Toby-chien, l'once Bâ-Tou et même l'araignée des armoires : elle les aime tous, sans distinction aucune. Car « il n'y a qu'une bête », comme elle le clame haut et fort, devançant de plus d'un demi-siècle la défense de la cause animale.
    On la voit souvent accompagnée d'un chat, d'un chien. Et même, à l'occasion, d'un guépard... La passion des bêtes imprègne ses écrits, inspire ses choix amoureux, marque sa pensée. Photographies à l'appui, Gérard Bonal nous entraîne dans l'univers poétique de Colette.
    « Sans bêtes, je m'appauvris. » Colette

  • Chaque policier porte au fond de lui une histoire secrète. Une enquête jamais élucidée des scènes qui l'ont touché, des souffrances qui l'ont marqué. Pour la première fois, 22 patrons de la PJ racontent "l'Affaire" de leur vie, celle qui leur reste sur le coeur.
    Flirtant constamment avec la violence et les drames, ces hommes et ces femmes de la police judiciaire disent leur émotion, leur colère ou leur regret face à l'affaire qui les hante encore souvent, qu'elle soit criminelle, politique, liée au grand banditisme ou au terrorisme : enquête glaçante pour démasquer un notable prédateur d'enfants, récit haletant de l'assaut de l'appartement de Mohammed Merah, rage de devoir laisser un serial-killer en liberté, multiples rebondissements autour de la disparition de la petite Estelle Mouzin ou encore témoignage émouvant sur la découverte du corps de Robert Boulin.
    Dans un style alerte, Jean-Marie Pontaut nous fait entendre la voix de ces grands flics habités par leur mission. De Belleville à Nice en passant par Toulouse, Marseille ou le Bataclan, leurs récits captivants nous font ressentir et comprendre la réalité de ce métier exceptionnel.

  • Juliette

    Patrick Tudoret

    « Je suis née dans la nuit du 16 au 17 février 1833 à Paris... à l'âge de vingt-six ans. Toutes les années écoulées n'avaient pas compté, ne pouvaient pas compter. Je ne puis, en y repensant, réprimer un ébranlement de tout mon être, un frémissement de chaque parcelle de ma peau comme en ce temps béni où il la caressait de ses mains. ».
    Un roman bouleversant, palpitant, celui d'un amour fou, de deux destins hors normes - Victor Hugo et Juliette Drouet - où, dans un style flamboyant, l'auteur épouse la plume de Juliette et rend un fervent hommage à sa liberté d'esprit.

  • Philosophe de formation, Christine Cayol vit en Chine depuis quinze ans. Chaque jour, elle découvre un peu plus de la façon dont les Chinois s'expriment d'une manière diamétralement opposée à la nôtre.

    En Chine, sentiments, valeurs, aspirations, intérêts ne sont jamais exprimés directement. C'est l'inverse de la France où le point de vue personnel et « original » est valorisé. Les Chinois depuis leur plus jeune âge ont l'habitude de s'exprimer sans mettre en lumière leur « égo », et en utilisant des proverbes appris à l'école.
    Dans ce nouveau livre, elle a choisi dix proverbes issues de la morale traditionnelle chinoise qui exprimentet condensentun certain esprit chinoisd'aujourd'hui.
    Les dix proverbes proposés dans ce livre sont puisés dans la vie quotidienne de la Chine actuelle. Ils nous orientent vers des questions essentielles, celle de la mort, ils parlent du bonheur/malheur, de l'importance de la patience. Ils rappellent les bienfaits de la justesse et alertent sur la volonté d'en faire toujours plus. Ils invitent à avancer dans la vie comme on le fait dans la rivière en ne cessant d'apprécier la solidité des points d'appui. Ils concilient la vitesse et la patience, l'élan et l'arrêt. Ce sont des proverbes précieux pour chacun et pour aujourd'hui.

  • La règle que je me fixe, en rassemblant ces souvenirs, est de ne pas relire les livres dont je parle, puisque je cherche, non à en faire une présentation systématique et objective, mais à retrouver la trace qu'ils ont laissée dans ma mémoire.
    Une trace que je mesure aux passages, aux détails, aux citations que j'y retrouve, comme aux lacunes et aux oublis. je triche rarement, soit pour vérifier la date et l'édition, soit, exceptionnellement, pour retrouver un passage que j'ai en tête. bien souvent, d'ailleurs, je ne peux le faire, quand même je le voudrais, car ces livres, je ne les ai plus. mais je dois avouer que je viens de relire l'enfant et la rivière.
    J'ai eu tort.

  • La réédition, en un volume poche, de deux petits ouvrages, aujourd'hui épuisés, du célèbre philosophe-historien Lucien Jerphagnon, décédé en 2011 :
    Laudator Temporis Acti (c'était mieux avant) :
    Paru en 2007. Solde des ventes : 10 150 exemplaires, épuisé depuis février 2012.
    Dans ce petit traité contre le pessimisme, Lucien Jerphagnon s'est amusé à collecter, depuis les philosophes grecs jusqu'à la littérature contemporaine, toutes ces réflexions négatives et défaitistes sur le bonheur, la famille, la politique, l'amour...

    Le Petit livre des citations latines :
    Paru en 2004. Solde des ventes : 27 100 exemplaires, épuisé depuis fin 2011.
    Dans cet ouvrage que Lucien Jerphagnon avait dédié, non pas comme on aurait pu s'y attendre à Saint Augustin, mais à son autre idole, Pierre Dac, il nous fait revisiter notre latin avec à chaque page une citation, sa traduction, et un commentaire toujours savant mais jamais sérieux.

  • Voltaire

    Raymond Trousson

    Si le XVII e siècle fut le siècle de Louis XIV, le XVIII e appartient au « roi Voltaire ».
    Philosophe déiste, dès les Lettres philosophiques, il a lutté contre ce qu'il nommait « l'Infâme » - le fanatisme, les superstitions et les préjugés de toute sorte - et prêché inlassablement la tolérance. Aujourd'hui encore, son Traité sur la tolérance, publié en 1763, n'a rien perdu de son actualité.

    Champion de la réforme judiciaire, adversaire de la torture et de la peine de mort, défenseur de la liberté de penser, ses combats pour les Calas, les Sirven, les La Barre et autres, ont fait de lui le symbole de la résistance à toutes les oppressions, le dénonciateur infatigable des crimes contre l'humanité et la pensée, celui qui, contre toutes les résistances, n'a cessé de pousser « le cri du sang innocent ».
    Seigneur de Ferney, il a transformé, en quelques années, une bourgade misérable en une petite ville florissante où cohabitaient paisiblement catholiques et protestants.
    Tel est l'homme que la foule acclame en 1778 à Paris, où il vient mourir après vingt- huit années d'exil, et celui que la Révolution, le 11 juillet 1791, porte au Panthéon.
    Deux siècles plus tard, il demeure une référence universelle et l'ancêtre des intellectuels engagés, l'un de ceux qui ont contribué à édifier le monde moderne.
    Admiré ou exécré, Voltaire l'insoumis ne laisse personne indifférent, et sa gloire demeure à la mesure des passions qu'elle éveille et des haines qu'elle nourrit. Sa longue carrière a été un incessant combat et nous sommes les héritiers de ses victoires.

  • Cinq femmes, Anne-Claire Coudray, Marine Jacquemin, Patricia Allémonière, Liseron Boudoul, Anne Barrier, reportères de guerre à TF1 dans les endroits les plus dangereux de la planète, se racontent. A plusieurs reprises, elles ont risqué leur vie.

    Anne-Claire Coudray, avant de remplacer Claire Chazal au journal télévisé, a baroudé au Mali ou en Haiti pendant le tremblementde terre.
    Marine Jacquemin a marqué les mémoires avec ses cheveux blonds cachés sous son voile dans l'Afghanistandes talibans.
    Patricia Allémonière, opérée trois fois au visage, garde les stigmates de ses blessures lors d'une embuscadetendue à l'armée française par des Islamistes.
    Liseron Boudoulet la camerawomanAnne Barrier ont plusieurs fois risqué leur vie en Libye.

    Dans le récit qu'elles font de leur vie, aucune ne cherche à apparaître en héroïne. Sans masque, elles parlent de la violence, de la peur, du sexisme de certains confrères, de la difficulté d'être une femme dans la guerre, de la solitude du retour, et de l'horreur absolue à laquelle elles ont été confrontées.
    Elles évoquent aussi la loi des médias, où une information chasse l'autre, où mille morts au Pakistan ne « valent » pas un fait divers en banlieue bordelaise. Ces « soldates de l'information » prennent des risques inouïs et méconnuspour livrer à tempsun reportage de 2 minutes pour le 13H ou le 20H.

  • Une promenade intérieure et littéraire dans le jardin secret d'un écrivain qui évoque sa foi à travers ses souvenirs d'enfance, la pierre et le vent qui habitent sa Bretagne, les déambulations dans Rome et les rencontres parisiennes.

    Dans ce livre profondément enraciné dans sa Bretagne natale, celle des églises de granit et du souffle des embruns, illuminé par la beauté luxuriante des architectures romaines, ancré dans le coeur de Paris à l'ombre de la majestueuse église Saint-Eustache, se déploie le récit d'un écrivain qui évoque sa foi profondément incarnée au rythme de ses souvenirs, dans une chronique intérieure servie par une langue altière et charnelle d'une rare tenue.

  • « Septembre 2012. Dans ma voiture pour me rendre à la polyclinique de Nancy où j'exerce, je tourne le bouton de l'autoradio et je n'imagine pas que ce geste va changer ma vie. Sur France Culture, un médecin franco-syrien raconte avec émotion les bombardements, les combats de rue, la guérilla entre les différentes factions et les tortures exercées par le régime de Bachar el-Assad sur les civils syriens et les professionnels de santé. Je ressens au fond de ma chair chacun de ses mots et j'entends son appel à l'aide.
    J'ai été médecin militaire sur des zones de combat. Aller soigner là-bas s'impose comme une évidence. Soigner mais aussi témoigner, dénoncer ce qui me révolte : voilà ce qui me porte depuis toujours. C'est surtout une manière de dire non à l'indifférence, à la cécité ambiante devant le malheur des autres, à l'inertie face à la tragédie. Seule l'action vaut engagement, même si cela s'accompagne d'une prise de risque. Et me voici embarqué pour un étonnant voyage... » Raphaël Pitti raconte l'urgence qui le porte à soigner et à s'engager auprès de ses confrères en Syrie. Au fil des pages, il évoque son enfance à Oran pendant la guerre d'Algérie, sa vocation, ses missions en Afrique ou chez lui à Metz, porté par sa foi qui le pousse vers le soulagement de la souffrance de l'autre. Un témoignage inspirant, un éloge de l'espérance.

  • 2010, Irène-Josianne Ngouhada, jeune Camerounaise, décide de partir vers l'Europe. Seule, sans soutien, son voyage durera six ans, pendant lesquels elle a traversé toutes les épreuves et tous les combats des femmes migrantes. Voici aujourd'hui son témoignage sans concession.

    Orpheline de mère, en conflit avec son père et sans espoir de trouver un travail à la hauteur de ses capacités, Irène-Josiane décide de quitter son pays, en quête d'une « vie meilleure ». Aujourd'hui, à 40 ans, après avoir affronté de nombreuses épreuves - le danger, le vol, la violence, l'emprise - elle a décidé, par le récit de sa « route » à travers le Nigéria, le Niger puis l'Algérie, de témoignerde la réalité de la migration.
    Au fil des pages se dessine alors le portrait d'une jeune femme à la fois battante et lucide, à l'énergie contagieuse, qui souhaite aujourd'hui venir en aide à celles qui veulent prendre la même route. Son message s'adresse aussi à tous ceux qui vivent dans les pays de transit ou d'arrivée des migrants. Irène-Josianne veut leur faire comprendrela complexité de cette expérience, leur rappeler qu'il est importantde tendre la main.
    Enfin, elle s'adresse aussi à tous ceux qui ont une responsabilité politique : quitter son pays n'est jamais facile, la solution n'est pas le rejet mais la collaboration avec les pays d'origine. Plus que tout il faut trouver des solutions humaines à ce drame humain.

  • Le dormant d'Ephèse

    Xavier Accart

    Une fresque historique mélancolique et spirituelle, des landes bretonnes au désert de Libye.

    Tréguier, Bretagne, 1903. Alors que le gouvernement a décidé d'expulser les congrégations catholiques, le jeune et impétueux Renaud tue accidentellement un gendarme dans une échauffourée. Contraint de s'exiler, il laisse derrière lui Mari, l'amour de sa vie, enceinte de leur enfant, Malques.
    Pendant près de quarante ans, Renaud est en quête d'une rédemption qui le conduit à se consacrer à Dieu, tandis que son fils Malques, malheureux et révolté, tente de se construire entre la fréquentation des surréalistes dans le Paris littéraire des années vingt et la recherche de l'âme soeur. Les deux hommes vont se retrouver dramatiquement sur le champ de bataille de la Seconde Guerre mondiale, à Bir Hakeim.
    De la Bretagne à la Turquie, en passant par Paris, le Maroc, l'Égypte et le désert de Libye, ce roman, tour à tour épique et intime, entrecroise la Grande Histoire et une délicate chronique familiale. Dans un récit plein de rebondissements, Xavier Accart explore les méandres de la passion amoureuse et de la filiation, ainsi que le surgissement inattendu du sacré.

  • Un vade mecum par celui qui a été pressenti par Emmanuel Macron au ministère de l'intérieur après le départ de GérardCollomb.

    « Transmettre. J'aime ce verbe avec tout ce qu'il suppose de partage. Jeunes, nous avons tous rêvé de rencontrer cet "ancien" qui nous aiderait à défricher la route. J'ai eu cette chance, il y a près de quarante ans, et à mon tour, j'aimeraisjouer ce rôle. » Pour écrire ce livre, Frédéric Péchenard a puisé dans son expérience et a rencontré la jeune génération sur le terrain. Il évoque ici les notions essentielles pour exercer le métier de policier: l'envie de servir son pays, la capacité à travailler en équipe, l'honnêteté rigoureuse dans sa vie professionnelle et privée, le courage à tous les niveaux.
    Des valeurs que l'ex grand flic transmetavec justesseaux jeunes recrues qui viennent lui demander conseil.
    Autant être averti à l'avance et s'y préparer, il faut un caractère bien trempé pour supporter les contraintes de la vie de policier : « Se connaître soi-même est donc essentiel, cela permet de se forger, de grandir ». Car il n'y a pas de faux-semblant dans ce métier fatigant moralement, physiquement, où l'on côtoie la peur et le stress, où l'on est confronté à la violence, à la mort et au malheur. Pas de langue de bois non plus chez ce super-flic amoureux d'un métier peu ordinaire pour une implicationquotidienneau sein de la communauté.
    Il décrypte également le contexte actuel, à l'heure des manifestations continues des Gilets jaunes, de la montée des violences, du risque de burn-out, de la déconsidération, voire de la montée des suicides... Un vade mecum d'une personnalitéincontournablede la police autantqu'une prise directe avec le mondedes flics d'aujourd'hui.

  • Magicienne des lettres italiennes, Elsa Morante (1912-1985) est considérée dans son pays comme la plus grande romancière du XXe siècle. Quel a été le mystérieux chemin suivi par cette enfant, née dans un quartier populaire de Rome et marquée par un secret de naissance, pour devenir un écrivain prodige ?
    Mariée au plus célèbre écrivain italien, elle détestait qu'on la présente comme la femme d'Alberto Moravia. Avec quatre romans - dont L'Île d'Arturo, prix Strega, le Goncourt italien, en 1957, et La Storia, adaptée au cinéma par Luigi Comencini avec Claudia Cardinale -, elle devient de son vivant une icône de la littérature libre, imaginative, intransigeante. Les plus grands artistes de son temps - Pier Paolo Pasolini, Luchino Visconti, Leonor Fini, Anna Magnani - l'admirent sans réserve. Figure de l'intelligentsia de l'Italie de l'après-guerre jusqu'aux années 1980, invitée dans le monde entier, elle s'isole pourtant peu à peu, tombe malade, tente de se suicider et meurt le 25 novembre 1985.
    Grâce à des archives inédites et aux témoignages de proches - amis, parents, poètes, acteurs, militants de l'extrême gauche italienne -, René de Ceccatty nous donne à lire la première biographie en français d'Elsa Morante, dessinant le magnifique portrait d'un écrivain qui ne voyait la réalité que dans la littérature.

  • Aldous Huxley a apporté au célèbre récit de la « possession » des Ursulines de Loudun, la puissance de son intelligence, une érudition immense, un humour très personnel. Il s'inspire d'événements réels et de personnages historiques. En 1634, l'abbé Urbain Grandier, chef politique et religieux de la ville fortifiée de Loudun, est accusé par les soeurs d'un couvent d'Ursulines de les avoir ensorcelées. Il sera condamné à être brulé vif. On trouve, dans ce livre, des réflexions attachantes sur la sorcellerie au XVIIe siècle, sur la psychologie occidentale avant Descartes, sur la nature de la « possession » diabolique, sur la pratique de la vie spirituelle. Les Diables de Loudun narre aussi, en même temps que le procès et le supplice d'Urbain Grandier, le destin du père Surin, élève du renommé père Lallemant, qui prônait alors aux jeunes jésuites une nouvelle spiritualité très austère, orientée sur le renoncement et la docilité au Saint-Esprit. Désigné comme exorciseur de la soeur Jeanne des Anges, il devint la victime du diable alors qu'il aurait dû en être le bourreau. Trop fragile, le père Surin ne supportera pas les séances d'exorcismes spectaculaires, ces cérémonies publiques qui durent des heures, où les curieux se pressent pour voir ces religieuses se laisser docilement attacher puis se livrer brusquement aux folles contorsions que leur inspire le diable. Il finit à son tour « possédé » par le Malin et côtoya vingt ans durant la folie. On y apprend aussi comment le père Surin passa les dernières années de sa vie en état de grâce, dans une véritable communion avec Dieu.

  • Comment fait-on pour grandir, se construire, devenir mère lorsque l'on trouve un vide abyssal face à son origine ? Née en 1982 d'une mère ayant accouché sous X, Domitilla a été adoptée à 5 mois.
    Sa vie sera une longue quête pour retrouver celle qui l'a mise au monde. Voici son témoignage poignant.
    Pas un seul soir, Domitilla ne s'est endormie sans une pensée pour cette mère espérée, rêvée, rejetée, haïe autant qu'adulée. Un abandon qui l'obsède : à 10 ans, elle placarde sur la porte de sa chambre l'écriteau « Née sous X », et à 15 ans, frappe pour la première fois à la porte de la DDASS pour demander l'ouverture de son dossier. Un dossier vide naturellement. À ce néant, l'adolescente puis la jeune femme répond en noircissant des pages de doutes, de questions, de coups de gueule.
    Ses lettres inspirées et déchirantes reflètent l'absolue nécessité d'une longue quête. Celle-ci durera 18 ans, avec ses momentsde désespoir,de fausses joieset de détresse qui faillirent lui être fatals.
    À 33 ans, Domitilla a enfin retrouvé « Victoire ». Elles racontent alors chacune leur version de l'histoire, comme pour mieux confier à l'autre sa douleur. C'est un récit à deux voix, deux souffrances qui témoignent, se complètent et se rejoignent dans une fin heureuse. Contrairement à la plupart des nés sous X. Car chaque année environ 600 enfants naissent sans filiation, avec une chance quasi nulle de retrouver leurs géniteurs, donc de se construire en donnant un sens à leur existence. Domitilla et Victoire militent toutes deux dans une association, la CADCO, qui se bat pour faire évoluer la loi française.

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