Seghers

  • Jours de travail

    John Steinbeck

    • Seghers
    • 3 Janvier 2019

    John Steinbeck a écrit Les Raisins de la colère entre juin et octobre 1938, dans un moment de bouillonnement et de tension extraordinaire. Tout au long de cette période, il a tenu un journal qui retrace scrupuleusement son expérience et le révèle dans les affres de la création. Face à la page blanche, aux doutes, aux obstacles qui le ralentissent, l'empêchent de penser, l'écrivain tient avec obstination le fil de l'écriture. Il défend ses personnages, son intrigue, guette le miracle qui pourrait lui offrir ce chef-d'oeuvre dont il est le premier à questionner la possibilité... En 1941, après le succès colossal du roman, après les controverses et les menaces, tandis que la guerre fait rage et que l'argent afflue, John Steinbeck reprend la plume. Seul son journal pourra le guider vers le nouveau livre d'une vie nouvelle.

  • Les yeux d'Elsa

    Louis Aragon

    • Seghers
    • 17 Septembre 2012

    À la gloire de la femme aimée, Aragon, le dernier poète courtois, a composé ses plus merveilleux poèmes.
    « Ma place de l'étoile, à moi, est dans mon coeur, et si vous voulez connaître le nom de l'étoile, mes poèmes suffisamment le livrent. » Pétrarque a chanté Laure, Ronsard Hélène, Lamartine Elvire, c'est à Elsa qu'Aragon donne ses poèmes qui sont au nombre des plus beaux chants d'amour qu'un poète ait écrits.

    La présente édition intègre la préface que Louis Aragon rédigea en février 1942, ainsi que trois textes en prose particulièrement éclairants : « La Leçon de Ribérac », « La Rime en 1940 » et « Sur une définition de la poésie. » Enrichie d'une postface de Lionel Ray et de documents iconographiques rarement publiés, elle est une invitation à lire, ou relire, l'une des oeuvres majeures de la poésie française.

  • Publié clandestinement en 1942, traduit en dix langues et parachuté par la RAF sur l'Europe occupée, « Liberté » de Paul Eluard est un poème mythique : avec ses vingt et un quatrains, il a la ferveur d'une déclaration d'amour et la force d'un mot d'ordre. En novembre 2016, « Liberté j'écris ton nom », le poème de Paul Eluard illustré par Fernand Léger, reparaît chez Seghers à l'identique de l'édition originale, datée de 1953.
    Tandis que nous nous apprêtons à rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, la « liberté » scandée par Eluard apparaît plus que jamais comme un leitmotiv, un mot de rassemblement généreux, optimiste, qui va bien au-delà des clivages politiques, sociaux et religieux. Celui qui clame « Liberté, j'écris ton nom » invoque toute une histoire de luttes et de sacrifices - celle de nos aînés -, mais affirme aussi le désir de se sentir vivant, humain, aspirant au bonheur. Dans ce contexte troublé, il nous a semblé important que cette oeuvre soit de nouveau disponible, dans une belle édition, soignée et accessible au plus grand nombre.

  • Abandonnée le jour de sa naissance parmi les brebis, un beau matin d'automne de 1901, la petite Marie est recueillie par Johannès, le pâtre de Maslafon qui la baptise aussitôt " Marie des brebis ".
    Toute sa vie, elle la passera sur le rude Causse du Quercy à garder les bêtes et à construire son destin de femme riche d'espérance et de courage. Elle rencontrera la tendresse avec Alexis et Augustine qui seront pour elle père et mère, l'amour et l'angoisse avec le départ pour la guerre de Florentin, son bien-aimé... A son retour, elle se mariera derrière le pifraïre, et ils construiront ensemble maison et famille.
    La guerre n'épargnera pas les enfants, la maladie n'épargnera pas Marie la bergère, qui ne perdra pourtant jamais espoir, et la vie coulera au rythme des saisons et d'un monde où le temps est celui du soleil. Christian Signol a rencontré Marie à la fin de sa vie. Il a su l'écouter et patiemment transcrire le récit de son existence. Il nous donne là un livre chaud, plein de lumière et de sincérité, à l'image d'une époque bénie sur la terre du Causse.

  • " ma grand-mère adeline, nous dit christian signol, était une petite femme aux gestes délicats et précis, si menue, si fragile qu'on avait peur, en l'embrassant, de la casser.
    Son visage étroit et fin s'illuminait de deux yeux gris qui avaient la transparence secrète des fontaines. [...] elle avait la peau si fine que sa chair paraissait à vif sur le monde... " adeline, simple paysanne tout illuminée de modestie et de bonté, gravit la pente de son destin : le travail, parfois si dur, les guerres, tellement cruelles, mais aussi la magie du rythme des saisons, les joies qu'apportent l'amour, les enfants...
    Adeline, une femme modeste, dont son petit-fils nous fait un portrait sensible et attachant, merveilleusement tendre, adeline dont le témoignage nous restitue dans toute sa grandeur " les valeurs essentielles sur lesquelles ont vécu nos campagnes pendant des milliers d'années ".

  • La belle hortense

    Jacques Roubaud

    • Seghers
    • 27 Mars 1990

    La belle hortense est un roman.
    En effet, on y trouve une héroïne, hortense, qui est belle. un criminel, la terreur des quincailliers. un détective de génie, l'inspecteur blognard. un jeune homme amoureux de l'héroïne. un épicier philosophe, eusèbe, et le père sinouls, organiste. et surtout, surtout il y a un chat, alexandre vladimirovitch.
    Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que des aventures se mettent à arriver, oú un pays mystérieux, la poldévie, joue un rôle qui ne l'est pas moins.

  • Ce volume rassemble la totalité des poèmes écrits par René Guy Cadou dans sa courte vie : il est mort en 1951 à l'âge de trente et un ans. Sa notoriété est attestée aujourd'hui par sa présence dans la plupart de la poésie française du XXe siècle ainsi que par les des anthologies travaux universitaires consacrés à son oeuvre, qui ne cessent de se multiplier.
    " Son oeuvre, écrivait Claude Roy à l'occasion de la première édition de ce volume, doit réconcilier avec la poésie un très vaste public. Elle est robuste et familière, ancrée dans la vie quotidienne la plus simple et la plus humainement banale - radieuse et altière cependant. René Guy Cadou donne dans chacun de ses poèmes une grande leçon, qu'on croit connaître et qu'il faut pourtant réapprendre : la poésie est la lumière de chaque jour pour qui sait ouvrir les yeux sur la vie réelle. "

  • Découvert à l'occasion d'un minutieux travail de catalogage des manuscrits et tapuscrits originaux, ces poèmes ont d'ores et déjà créé l'événement : avant même qu'ils soient traduits en France, la nouvelle de leur publication en espagnol puis en anglais a été relayée par la presse internationale. Pourquoi cette ferveur, plus de quarante ans après la mort du poète ? Parce que Pablo Neruda demeure l'une des voix les plus populaires de langue latino-américaine et qu'il incarne, aux yeux de chacun, une figure immuable de la poésie de combat. Écrits entre 1956 et 1973, période de maturité du poète, et contemporains de La Centaine d'amour et du Mémorial de l'île noire, ces textes se présentent de façon modeste, comme des fragments, souvent griffonnés à l'encre verte sur des brochures, des menus, des prospectus (reproduits en fin de recueil dans un carnet de fac-similés de trente pages en couleurs).
    Les motifs que développe ici Neruda sont ceux qui composent son oeuvre depuis Résidence sur la terre : l'amour pour les femmes (« De pain, de feu, de sang et de vin / est le terrestre amour qui nous embrase ») ; le voyage (« J'ai roulé sous les sabots, les chevaux / sont passés sur moi comme les cyclones ») ; le pays natal livré aux séismes (« Je dis bonjour au ciel / Plus de terre. Elle s'est détachée / hier et cette nuit du navire. / Derrière est resté le Chili »), à l'incertitude politique (« Cordillères / enneigées,/ Andes / blanches / parois de ma patrie, / que de silence / tout autour de la volonté, des luttes / de mon peuple. ») ; la poésie (« je dois écrire des lignes / que je ne lis pas, / je dois chanter pour quelqu'un/ que je ne connaîtrai / même pas un jour ») ; les forces telluriques et enfin la nature, toujours féconde et luxuriante (« Alors traversant l'incitation de ta cime son éclair parcourt / sables, coroles, volcans, jasmins, déserts, racines / et porte ton essence aux oeufs de la forêt, à la rose furieuse / des hannetons. ») Les lecteurs, nombreux, de Pablo Neruda ne seront pas déçus par cette dernière moisson de poèmes. Ils sauront y lire cette foi étonnante dans l'amour humain.

  • 6 novembre 1939, Cracovie.
    Un million de soldats en marche et mille chiens aboyeurs, un endroit de peur et de froid où il ne fait pas bon grandir.
    Anna a sept ans quand son père, professeur à la faculté, se rend à une convocation des autorités allemandes, puis disparaît.
    Seule et à la rue, Anna rencontre alors l'Homme-Hirondelle, un grand et étrange personnage qui parle toutes les langues - même l'oiseau. D'instinct, elle est prête à lui confier sa vie.
    Avec des mots et des images simples, il lui explique la guerre. Comment y survivre. Un long voyage va commencer pour eux, à travers champs et forêts, pour échapper aux forces nazies et soviétiques.
    Mais dans un monde devenu fou, tout peut se révéler dangereux. Et l'Homme-Hirondelle aussi...

  • « La grande liberté de la poésie de Cadou ne s'enferme pas dans ses propres mots. Ses dialogues de poète avec l'esprit du trobar, du romantisme allemand (Schubert, Hölderlin, Novalis), de Whitman, de ses frères en poésie, de Max Jacob surtout, ont permis une grande oeuvre lyrique [...].
    Hélène ou le Règne végétal, livre lumineux, devient ainsi une cathédrale végétale ».
    Luc Vidal (extrait de la postface).

    Chant d'amour à une femme et exaltation de la nature, ce recueil de René Guy Cadou (1920-1951), parfaitement emblématique de l'École de Rochefort, apparaît aujourd'hui comme l'un des plus poignants de notre littérature.

  • Arthaud louait sa « liberté poétique extrême », Max Jacob le saluait comme « un grand ingénieur du rêve », Claudel qualifiait son style de « jet de cocasserie splendide », Proust affirmait son « admirable talent » et Rilke le considérait comme l'un des plus grands poètes de son époque. Mais c'est Jean Paulhan qui définissait le mieux l'homme en évoquant « une sorte de tendresse humaine, une humanité humble, insistante. ». Léon-Paul Fargue était à la fois aristocrate et artisan, individualiste et humaniste, vagabond ami du confort mais farouchement anti-bourgeois ; il se trouvait aussi bien dans les cercles les plus mondains, autour de quelque princesse ou académicien, que sur le zinc d'un bar de la Villette. Les articles qu'il fit paraître dans la presse, rassemblés dans le désormais culte Piéton de Paris, l'ont consacré en 1939 comme l'amoureux attitré de la ville, le poète du macadam et l'un des maîtres de l'art de la chronique. Au plus sombre des années noires, il ne cède en rien au défaitisme. Au contraire, il en appelle à la confiance et poursuit son travail de mémorialiste de la fantaisie et du rêve. Ici, avec sa lanterne magique, il projette ses souvenirs : l'exposition universelle de 1900, les causeries chez Mallarmé, les peintres impressionnistes, Hugo le précurseur, l'actrice Réjane. Il parle de ses goûts, musique et création, raconte les fiacres des boulevards, la mode féminine, la tendresse des soirs de printemps. Mêlant réflexions littéraires, anecdotes érudites et scènes de la vie quotidienne, il s'interroge également sur l'actualité de son temps, en prenant soin de se ménager des désagréments de la censure. Grâce à la fulgurance de ses images, l'acrobatie de ses inventions, le saugrenu de ses comparaisons, Fargue nous entraîne dans une véritable fête où la songerie intime se confond avec la vie réelle, où les souvenirs d'amour sont le reflet doux-amer des souvenirs d'enfance.

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