Plume De Carotte

  • Il fut un temps où l'écologie était joyeuse, légère, pleine d'optimisme et de fraîcheur. Elle a lentement glissé dans un sommeil profond. Elle s'est réveillée avec une gueule de bois même pas issue de forêts gérées durablement. Quelques dizaines d'années plus tard, l'écologie est même devenue obligatoire, moralisatrice et culpabilisante, avançant bien souvent avec le faux-nez du greenwashing.
    Il était temps de la tourner en dérision pour contribuer à la rendre plus humaine. En cette époque où il faut être plus bio que bio, où l'on se sent pris pour un terroriste parce qu'on n'a pas de compost chez soi, ce livre est un vrai pastiche pour souffler un peu face à l'écologiquement correct?!

    Un peu d'humour et de recul pour au final mieux faire passer le message, ça se tente, non??

  • a mi-chemin entre la science et la poésie, histoire d'un ruisseau a été écrit en 1869 par le géographe et anarchiste français élisée reclus.
    ce texte n'est pas une simple description de paysages le long de la course de l'eau, il est surtout, par son écriture étonnante et poétique, un hymne à la vie et à l'une de ses ressources les plus précieuses... présent au fil des pages comme au bord de la rive d'un fleuve, le dessin d'eloar guazzelli, artiste brésilien, a su enrichir le texte d'élysée reclus en y ajoutant une part de rêve et une nouvelle modernité.

  • Jack London (1876-1916) voit le jour à San Francisco. En 1890, faute de moyens financiers, il doit quitter l'école et intégre une conserverie d'Oakland. Mais il a eu le temps de se passionner pour la lecture et rêve en lisant Herman Melville, de mer et de bout du monde. Il tente très vite de devenir écrivain, accumule les métiers, et surtout, voyage.
    À 17 ans, il devient chasseur de phoque au Japon, découvrant l'univers marin de ses lectures. Puis, quatre ans plus tard, il se tourne vers le Nord, attiré par l'or du Klondike en Alaska. Mais la vie est rude dans « ce pays où le whisky gèle et peut servir de presse-papiers durant une bonne partie de l'année ». Entre deux ascensions de cols impossibles, il côtoie de frustes trappeurs et éleveurs de chien, observant un concentré de comédie humaine. Revenu sans or, il est cependant riche de ses histoires où hommes et bêtes luttent pour la vie dans une nature impitoyable avec son sol gelé en profondeur et ses tempêtes de neige fréquentes.
    Dans ce cadre hostile et dur, ses romans sont des récits d'aventure teintés d'humanisme et d'entraide face à un capitalisme sans âme et des éléments déchaînés. La dernière partie de sa vie est plus paisible. Il achète un ranch dans la vallée de la Lune, une région de vignes et de séquoias qu'il découvre lors de longues promenades à cheval, appréciant une nature accueillante et des bonheurs simples.

  • De Rudyard Kipling (1865-1936), le public a retenu Mowgli, Kaa, Baloo et Bagheera, ses personnages de fable, mais aussi son colonialisme et son goût pour les valeurs martiales. Ses contes, ses poèmes, ses lettres racontent pourtant un homme tiraillé entre deux cultures, entre des désirs tout à la fois d'ordre et de liberté, d'obéissance et de transgression, comme un enfant qui n'aurait pas grandi. De cet esprit d'enfance, il a gardé l'enthousiasme sans réserve et les sens en éveil.

    Dans ses contes, Kipling fait de l'enfance un temps d'initiation au coeur d'une nature sauvage. Ainsi, Mowgli, l'enfant indien, grandit avec les loups. Il doit faire preuve de courage pour devenir un homme, respecter les lois de la forêt pour survivre, et entendre ses voix multiples. L'enfance est magique au contact des animaux, le monde des adultes est violent et mesquin dans le village indien; mais Mowgli rejoindra, pour l'amour d'une jeune fille, cet univers agricole où la nature est domestiquée. Ainsi Kipling referme-t-il les portes de l'enfance.

    En plus des parfums de l'enfance, la nature prend aussi des visages multiples dans l'oeuvre énigmatique de Kipling. Elle recèle les mystères de la vie, son chaos, sa noirceur et toutes les questions sans réponses.

  • Robert Louis Stevenson (1850-1894) est quasiment né malade, en Écosse, et mort en Polynésie, après avoir arpenté le monde. Accablé d'affections pulmonaires, il a voyagé sur les chemins caillouteux, sous les ciels étoilés, dans les embruns, au coeur des forêts tropicales, pour fuir la maladie et trouver la paix, et vivre intensément avant qu'il ne soit trop tard.

    Il prend la route des Cévennes en 1879. Le voyage et la vie avec l'ânesse Modestine sont rudes et ponctués d'orages, mais Stevenson aime marcher, vivre au rythme de son estomac, et dormir dehors. Il pense aussi à la femme qu'il vient de rencontrer, Fanny Osbourne, qu'il rejoint bientôt aux États-Unis. Il traverse les grandes plaines, découvre l'Ouest et le vent du désert, arrive efflanqué et couvert d'eczéma à Monterey, mais s'enthousiasme du Pacifique qui gronde. Fin 1880, il écrit L'Île au trésor pour le fils de Fanny âgé de 12 ans, premier ouvrage d'une longue série de romans d'aventure à succès qui racontent l'optimisme et le courage, mais aussi la nature peinte en ombre et lumière, mélange contrasté qui ne quittera plus l'oeuvre de Stevenson.

    En 1888, il part pour la dernière fois, en famille et à la voile jusqu'aux Marquises, Tahiti, Hawaï, puis s'installe aux Samoa. L'écrivain exilé défriche ses terres et poursuit son oeuvre. Il décrit avec justesse et réalisme la vie dans les mers du Sud, plaçant son lecteur entre deux mondes, en équilibre instable. Et toujours, Stevenson raconte des histoires, dont certains personnages se perdent dans une nature insaisissable.

    « Que s'abattent les coups qui me sont destinés, advienne ce qui devra ; Mais donnez-moi la face de la terre et la route qui m'attend. »

  • François-René de Chateaubriand (1768-1848) a passé sa vie à écrire sur la nature et la mort. Né à Saint-Malo, il passe une partie de son enfance dans les forêts de Combourg, qui marqueront sa vie. Mer, tempêtes, danger et plaisir de son imaginaire deviennent réels pour ce jeune homme exalté quand il fuit vers l'Amérique en 1791.
    D'abord confronté à la force sauvage de l'océan qu'il décrit avec ferveur, il écrira ensuite des oeuvres majeures sur le nouveau monde en rencontrant des familles indiennes. Il revient en France en 1800 et y mène une carrière politique ambitieuse avant de se retirer pour un temps dans la vallée aux Loups où il découvre les joies de cultiver son jardin en tentant de reconstituer les paysages de ses voyages.
    En 1806, il parcourt la Grèce, la Palestine, l'Égypte et l'Asie mineure, enrichissant sa passion de naturaliste. Durant ce début de siècle, il mène une habile carrière diplomatique tout en publiant des textes sur le christianisme, l'Histoire, la critique artistique, mais aussi la nature. Face à une époque agitée, de monarchie finissante en république balbutiante, l'écrivain s'est projeté dans une nature divine, ouverte sur le passé et le monde.

  • Octave Mirbeau (1848-1917) a gardé, sa vie durant, à la fois une forte relation à la nature, une haine des pouvoirs oppressants et un rapport complexe à la sexualité. C'est d'ailleurs pour s'éloigner d'une femme qu'il se réfugie en Bretagne, à Audierne, en 1884 et fait l'expérience d'une retraite salutaire sur une côte sauvage et frustre. Il voulait y écrire un roman dédié à la terre, à cette nature qui sauve, qu'il aurait titré Rédemption. Il n'aboutira pas, mais remplira ses textes de sève et de fleurs vénéneuses, d'arbres solidement enracinés et de paysans à leur image, d'animaux dont il dira la vulnérabilité et la force des instincts.
    Mirbeau se prend aussi de passion pour l'horticulture. Il s'installe en 1889 près de Giverny, où Monet a créé un jardin saturé de fleurs. Les deux hommes échangent graines, plants et bulbes...
    Inquiet pour la faune sauvage, à une époque qui a vu l'avènement des théories de Darwin, Mirbeau renvoie l'homme à ses origines. Comme s'il avait voulu redire, d'une plume trempée dans l'humour noir, son impuissance d'artiste quand la nature sait, de la pourriture, faire jaillir les plus belles fleurs.

    « Je vous dirai que j'aime les fleurs d'une passion presque monomaniaque. [...] Mais je n'aime pas les fleurs bêtes car, si blasphématoire que cela paraisse, il y a des fleurs bêtes, ou plutôt des fleurs, des pauvres fleurs à qui les horticulteurs ont communiqué leur bêtise contagieuse ».
    Le concombre fugitif.

  • La nature est généreuse. Dès le premier regard, elle nous offre une multitude de paysages aussi différents les uns que les autres. Certains nous sont familiers, d'autres moins, mais tous portent en eux une abondance d'anecdotes et de légendes. Celles-ci composent leur histoire, et racontent aussi celle des hommes qui les ont imaginées. Ce livre vous invite à plonger dans notre environnement proche, qu'il soit aérien avec les nuages ou les étoiles, terrestre avec les montagnes ou les prairies, souterrain avec les grottes ou les gouffres, aquatique avec les vagues ou la rosée ; il peut aussi être chaud comme le sable, froid comme le givre, violent comme une tornade, doux comme la brume ou simplement émouvant comme un arc-en-ciel. Guidés par les histoires de paysages et les " boîtes à images " rassemblées dans ce livre, vous ne vous promènerez plus jamais de la même façon !

  • Bien plus qu'à la littérature, Henri Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814) a voué sa vie à l'étude de la nature. Elle fut pour lui une oeuvre de Dieu dédiée au bien-être de l'homme, où rien n'est dû au hasard. Il décrivit ainsi un univers où l'écume blanche contraste avec les rochers noirs pour prévenir les marins du danger...
    L'attention qu'il porta aux liens entre les animaux, les végétaux et leur milieu lui permit de noter que les insectes détruisent les cultures parce que leurs prédateurs ont été eux-mêmes détruits, posant ainsi l'un des principes fondateurs d'une agriculture dite aujourd'hui « biologique »...
    Promu par Louis XVI intendant du Jardin des Plantes de Paris à la veille de la Révolution française, il créa l'actuelle ménagerie pour faire entrer le vivant dans l'institution royale. C'est aussi lui qui évoqua la nature comme personne ne l'avait jamais fait et inspira, de Chateaubriand à Lamartine, les plus lyriques des Romantiques.

    « Cette manière de décrire la nature par des images et des sensations communes [...] je la regarde comme la seule qui puisse faire des tableaux ressemblants, et comme le vrai caractère du génie ».
    Études de la nature.

  • George Sand (1804-1876) a développé dans son enfance ce qui a fait sa force d'écrivaine : un amour sensuel de la nature, une connaissance concrète de la vie paysanne et une capacité à s'imprégner de ce qui l'entoure et à le transformer en conte.
    Dans ses ouvrages évoquant ses souvenirs, ses réflexions et ses voyages (réels ou imaginaires), on peut lire de très belles évocations de sa vie, de son enfance à la campagne, de lectures dans les prés, de sa liberté, de son lien avec les plantes et les animaux, d'une spiritualité originale qu'elle a mis très tôt dans son lien avec la nature.
    Elle parle aussi de botanique, de jardin, d'entomologie, avec précision, style et humour. La narration de certains de ses rêves, surprenants, drôles, fantastiques, en lien avec la nature, révèlent une George Sand peu connue.
    Enfin, nombre de ses écrits proposent une vision très moderne, sur les précieuses mauvaises herbes, sur la nécessité de préserver la nature pour les générations futures, par exemple.

  • Embarquement immédiat pour la dernière expédition du Club des Chasseurs de l'Étrange !
    Nous sommes en 1908, ce cercle étonnant, rassemblant scientifiques, explorateurs, et journalistes est le grand spécialiste de la faune étrange. En un mot, ce groupe est le maître de ce que l'on nomme la cryptozoologie...
    Ses membres ont décidé de monter une grande expédition maritime autour du monde pour débusquer les monstres des eaux profondes, des grands lacs écossais aux abysses du Pacifique. Leur objectif : chercher les traces - et si possible prouver l'existence - du monstre du Loch Ness, des requins géants, des sirènes, du Kraken et autres calamars ou poulpes géants...
    Porté par des prises de vue et des illustrations travaillées " à la façon " des grandes explorations scientifiques de la fin du XIXe siècle, ce carnet de bord nous entraîne dans un voyage fantastique, ancré dans une véritable réflexion scientifique...
    Un univers fantastique et étrange un fonds scientifique solide des mises en scènes dignes du tournage d'un film historique !
    De nombreuses et belles illustrations originales

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