Paradigme

  • Né en 1921, fils d'un pasteur anglican, John Bradburne a longtemps cherché la voie qui était la sienne, ne la trouvant ni dans l'enseignement, ni dans l'armée, ni dans le mariage, bien qu'il y ait souvent pensé, ni dans les ordres, bien qu'il fait de nombreuses tentatives dans ce sens. En 1947 il devient catholique. Depuis 1956, disciple laïc de saint François, il entre en 1969, comme directeur et homme à tout faire, à la léproserie de Mtemwa, en Rhodésie du Sud, le futur Zimbabwe. En 1979, lors des conflits pour l'indépendance du pays, il est assassiné par un groupe de rebelles. Il laisse une oeuvre poétique immense, peut-être 200 000 vers.
    On verra, dans le choix ici présenté, que, lyriques ou cocasses, inspirés ou plus terre-à-terre, savants ou naïfs, ces vers témoignent d'abord d'une immense tendresse pour la beauté de la vie.

  • Sueños isleños/Rêves insulaires est la première anthologie poétique bilingue espagnol/français de Basilio Belliard ; elle aspire à ouvrir une nouvelle fenêtre sur la République Dominicaine grâce à cet artiste qui a remporté en 2002 le Prix national de Poésie.
    « Nul n'est plus solitaire qu'un insulaire » écrit ce poète avant d'ajouter : « L'insulaire se nourrit d'espace : il a soif de voyages et d'envols. Il naît avec des ailes et porte en son coeur une barque. » (« Isla al aire » / « Île en l'air »). Ces réflexions peuvent sans nul doute s'appliquer à leur auteur. Ses poèmes sont de petits tableaux dans lesquels s'invite souvent la mer des Caraïbes, silencieuse, déchaînée, lieu de naufrages ou métaphore de la femme désirée.
    Son oeuvre explore l'espace clos de l'île, sa beauté, ses sens, son rythme tout en dépassant constamment ses limites et en construisant des ponts vers d'autres territoires rêvés. Les textes sont simples, humbles, sensuels. Les poèmes en prose placés, sous l'égide de Baudelaire : « Sois toujours poète, même en prose » troublent les frontières des genres. Certains ont de clairs échos autobiographiques. Basilio Belliard y revient sur sa vocation de poète qu'il relie à l'enfance, au rêve, au doute, à l'angoisse, à un labeur peut-être vain mais sans cesse renouvelé, à un métier de sable, selon sa propre expression.

  • Le premier tome des oeuvres poétiques d'André Chénier avait été inscrit dès sa parution au programme de l'agrégation 2006, au titre d'édition de référence. Cinq ans après cette publication profondément remaniée des Élégies et de L'Art d'aimer, voici le deuxième volume, contenant les Bucoliques, les Épîtres et L'Invention.
    C'est ainsi la majeure partie de la production du poète qui est maintenant lisible dans sa pleine intégrité. Il a d'abord fallu la dégager de manipulations souvent hasardeuses ; car, restée inachevée, puis démembrée dans des liasses qui n'ont jamais été facilement disponibles et où manquent les meilleurs manuscrits publiés, elle a posé mille problèmes à ses éditeurs.
    C'est après avoir soumis toutes les données accessibles à une minutieuse enquête que Georges Buisson a établi le texte dans tous ses états selon les règles suivies pour l'édition rigoureusement scientifique du tome I. Un appareil critique considérable justifie et éclaire cette édition renouvelée ; il offre, outre le repérage des influences antiques et modernes, une riche étude du texte.

    Deux siècles après la mort du poète, Georges Buisson réussit la gageure de restituer son oeuvre poétique dans le meilleur état qu'elle ait jamais connu.

  • Cent poèmes, soixante-seize auteurs : ce florilège bilingue embrasse près d'un millénaire de création poétique occitane.
    Il présente précisément auteurs et traducteurs, dans des textes soigneusement établis selon les normes actuelles et traduits avec la précision et la richesse de Pierre Bec.
    Ces poésies sont exemplaires d'un poète, d'un genre, d'un style, d'une époque, allant du Poitevin Guillaume IX (xie s.) au Provençal Philippe Gardy (xxe s.), de la chanson d'amour à la tenso et au sonnet. Elles montrent une aventure poétique en marche, des deux côtés du Rhône, et qui n'est pas près de s'achever.

  • L'Anthologie grecque est un recueil d'inscriptions rassemblées au cours des siècles par des épigraphistes soucieux du patrimoine. La dernière date du début du Xe siècle de notre ère. Perdue, elle fut découverte par un humaniste français, Claude Saumaise, en 1606, à Heidelberg, dans la bibliothèque du comte Palatin. Elle fut éditée en 13 livres, classés par thèmes. Certains sont connus : poèmes amoureux, épitaphes. Le livre VI l'est moins. Il comporte les inscriptions qui accompagnaient les offrandes faites aux dieux en différentes circonstances de la vie. Des ex-voto. À travers la description de ces offrandes, les sentiments qui les inspirent, les dieux et les déesses auxquels elles s'adressent, on peut entrevoir une vie familiale et professionnelle plus rare dans les grands textes. La qualité littéraire fait de ces épigrammes des poèmes dignes d'entrer dans Passerelles en Poésie.
    Agrégé de lettres classiques, professeur en khâgne, Bernard Plessy fut aussi rédacteur en chef du Bulletin des lettres. Parmi les livres qu'il a publiés, on note trois titres de la collection La Vie quotidienne chez Hachette. Cette même curiosité l'a poussé à rechercher dans l'Anthologie palatine les travaux et les jours du peuple grec pendant un millénaire.

  • L'oeuvre de Chénier n'a été divulguée que longtemps après la mort du poète. Les manuscrits ont connu un destin tourmenté : partages, refus de communication, incendie partiel en 1871... C'est sur un texte demeuré inachevé, fragmentaire, que les éditeurs successifs se sont penchés : aucun n'est parvenu à un résultat satisfaisant. Fallait-il renoncer à disposer d'une édition qui rende justice au " fier André " ? La voici, complète et fidèle. MM. Buisson et Guitton ont réalisé la réorganisation que les connaisseurs savaient nécessaire. Spécialistes de la poésie du XVIIIe siècle, ils ont enquêté, scruté toutes les sources, chaque fragment a été daté, puis ils ont procédé au remembrement des textes selon des critères chronologiques, structurels et esthétiques. Pour les besoins de ce chantier complexe, ils ont forgé leurs méthodes et leurs outils - dont une chronologie entièrement neuve - selon les principes exposés dans les " Remarques sur cette édition ". On a veillé à ce que les vers du poète occupent seuls la page : l'amateur pourra les écouter en toute liberté, a capella.

  • Relecture de romans et nouvelles français du XIXe siècle qui explore les représentations de la gastronomie dans les oeuvres de Balzac, Flaubert, Hugo ou Zola : art culinaire, aspects sociaux de l'alimentation, étiquette, corps du mangeur ou encore de relation entre gourmandise et érotisme. Interroge les rapports entre morale bourgeoise et alimentation.

  • « Mon père était linguiste, ma mère physiologiste, voici dans quelle famille de travailleurs scientifiques, comme on disait alors, je vins au monde » en 1947 à Leningrad. Dès sa petite enfance la création fut pour Natalia le moyen « de surmonter l'insurmontable ». Elle le fit, comme elle le pouvait et autant qu'on le lui permettait, par le dessin et par la poésie.

    À 14 ans un professeur de littérature lui révèle sa vocation d'écrivain. Natalia publie sa poésie et ses nouvelles dans des revues en samizdat. En 1979 Tatiana Goritcheva lui propose de participer à un almanach « des femmes pour les femmes » : Maria. Cet almanach, d'un féminisme délibérément chrétien, connaît immédiatement un grand succès. L'année suivante, on leur donne le choix entre la prison ou l'exil. Natalia quitte la Russie pour l'Autriche. Une nouvelle carrière s'ouvre à elle :

    Spécialisée depuis quelques années dans l'étude des contes de fée et en particulier du personnage de Baba Yaga, elle entre en 1992 à l'université de Salzbourg, écrit vers, nouvelles et romans, publie de nombreux articles et, revenue à la peinture, présente au public ses oeuvres dans des expositions.

  • Cette anthologie contribue à la mise en lumière de la relation aussi bien émotionnelle qu'intellectuelle construite par le poète Guillermo Carnero (né en 1947 à Valence) avec la France et de l'imprégnation de sa culture littéraire et artistique ainsi que de sa langue apprise au lycée français de Valence (Espagne). Remarquable critique littéraire, ce dix huitièmiste de formation est l'auteur de onze recueils de poésie récompensés par de nombreux prix littéraires. Les poèmes sélectionnés dans cette anthologie rendent manifeste le dialogue des cultures cher à l'auteur, cultivant une poésie hybride à la fois émouvante - mais distanciée - expression du rapport avec le référent culturel étranger, et la réflexion sur l'écriture. Le poète, entraînant avec lui son lecteur, fait disparaître les barrières culturelles par sa relecture des oeuvres de Watteau, de la peinture rococo, signe de son goût pour le tragique luxueux et l'érotisme du xviiie siècle, J.-P. Rameau, Rodin, Yves Tanguy, Marcel Duchamp, Stendhal, Baudelaire, Verlaine, Paul Valery, Tristan Tzara. On y ressent la présence de lieux comme le Musée du Louvre ou encore le jardin du Luxembourg, au croisement du mythe de Polyphème et de la culture française et épicentre d'un dialogue avec la statue de Galatée, en une tragique mise à nue de la condition mortelle de l'Humain. Par le mouvement de la traduction et depuis l'hommage français, les poèmes de Guillermo Carnero présentés ici revisitent la culture française, la culture de l'Autre, en une vertigineuse valse des « Charmes de la vie ».

  • Jorge Tufic est né en 1930, au fin fond de l'Amazonie, de parents d'origine libanaise. Il a passé la seconde partie de sa vie dans le Nordeste, région voisine de l'Amazonie, côtière et aride, à Fortaleza. Son oeuvre couvre les thèmes les plus divers et adopte différents genres, en particulier le sonnet, où il excelle en maître. Son art possède les caractéristiques dont peut s'enorgueillir le meilleur de la poésie brésilienne : le don de parler directement au coeur, doublé d'une technique magistrale. Jorge Tufic est décédé le 14 février 2018 à São Paulo. Qu'adviendra-t-il de toi, Amazonie ? a pour objectif d'offrir au lecteur un choix représentatif de ses poèmes.

    Jean-Pierre Rousseau est poète et traducteur. Il a traduit notamment de la poésie finnoise (Eino Leino, chantre de la Finlande, 2004) et brésilienne (Poésie du Nordeste du Brésil, 2002, et Grandes Voix de la poésie brésilienne du xxe siècle, 2011). Il est un des sept administrateurs de la Maison de Poésie Fondation Émile Blémont (Paris). L'Âme partagée (2015) est son plus récent ouvrage de poésie personnelle. Deux de ses recueils ont été traduits en russe.

    Luciano Maia est poète, traducteur et essayiste. Membre titulaire de l'Académie céarense de lettres (le Ceará étant un État du Brésil), il a publié plus de vingt ouvrages. Il est consul honoraire de Roumanie à Fortaleza. Un choix de ses poèmes a été traduit en français par Jean-Pierre Rousseau (De lune et d'eaux, 2013).

  • On a rassemblé ici des poèmes représentatifs de différents recueils publiés depuis 1919. L'Amour cosaque est un de ces poèmes : souvenir de la jeunesse ukrainienne de Jaros(...)aw Iwaszkiewicz sans aucun doute, et qui reflète assez bien la sensibilité du poète, sensibilité tourmentée, capricieuse, insoumise, humble seulement devant le mystère.

  • Voltaire épistolier : toute une aventure.
    Ce ne sont pas moins de soixante-dix-huit lettres pour la plupart inédites qui sont ici proposées au lecteur. Ces lettres, adressées à Voltaire ou par lui envoyées, sont majoritairement issues du fonds de l'Institut et Musée Voltaire de Genève.
    S'étendant sur plus de cinquante ans (1723-1778), cette correspondance permet de pénétrer dans le cabinet du philosophe, de voir à l'oeuvre la « fabrique » voltairienne.

  • Voici le «Roman comique moderne» que George Sand présentait à Flaubert en lui demandant « un titre qui résumât cette idée ». Pierre qui roule parut en deux volumes, le second intitulé Le Beau Laurence. Revenu au pays natal, un comédien se confie à un étranger et lui raconte sa vie et les tribulations d'une troupe de théâtre avec laquelle il a traversé les provinces françaises, est allé en Italie et jusqu'en Dalmatie. La compagnie de Bellamare incarne un idéal égalitaire et fraternel, la « bohème intellectuelle » chère à George Sand.
    Le lecteur partagera le jugement d'Henry James qui reconnaissait aux « romans de mystère, d'intrigue et d'aventure » de George Sand, « toute l'inventivité spontanée des histoires d'Alexandre Dumas, tout son souffle, son goût du récit pour le récit, mais avec un raffinement intellectuel, une saveur philosophique, un parfum de choses spirituelles... » Ce roman devenu introuvable est présenté ici en un seul volume dans le texte de l'édition Lévy originale. Fourni par Olivier Bara, l'appareil critique éclaire ce qui est aussi un document sur le théâtre au XIXe siècle.

  • Pour célébrer la mémoire des poètes du groupe littéraire espagnol, la Génération de 27, une anthologie présentant les textes de dix-sept poètes.

  • Le Roman de Renart est un vaste chantier sur lequel plus de vingt auteurs ont travaillé entre 1175 et 1250. C'est une oeuvre mouvante qui célèbre la joie physique et la ruse. Elle s'élabore autour du goupil, dans une constante interaction du langage, de l'imaginaire et de la réalité, dans un va-et-vient permanent entre l'instinct animal et l'intelligence humaine.
    Jean Dufournet étudie d'abord diverses branches et figures marquantes du roman ; il s'intéresse ensuite à ses continuations, du XIIIe siècle à nos jours : dernières branches, refontes du vieux roman, ouvrages pour la jeunesse et bandes dessinées, qu'elles soient destinées aux enfants ou violemment politiques...

  • Bien des cansós, baladas, pastorèlas, dansas, albas, resteront à jamais perdues. Or l'importance reconnue à tel ou tel troubadour dépend beaucoup du nombre de pièces et de mélodies arrivées jusqu'à nous. C'est ainsi que les auteurs ici présentés sont réputés "mineurs", parce qu'un petit nombre de leurs oeuvres a franchi les aléas de la transmission manuscrite. Pourtant la qualité de leurs compositions amène le lecteur à l'admiration et à la reconnaissance. Troubadours "mineurs" des XIIe et XIIIe siècles, chantres du XIVe et poètes des Jeux Floraux toulousains, tous ont illustré une littérature prestigieuse qui nous parle encore aujourd'hui. Les revoici, dans soixante compositions que Pierre Bec arrache à l'oubli. De ces merveilles de poésie occitane, chaque morceau sera savouré deux fois : dans la langue des créateurs et, ensuite, dans l'agile traduction de Pierre Bec.
    Notice bio-bibliographique; index des incipit; index des noms propres.

  • Ces « Écrits » sur les troubadours s'échelonnent sur quelque trente ans de recherche et de réflexion sur la lyrique occitane du Moyen Âge et les lyriques parallèles. Ils groupent divers articles publiés essentiellement dans des revues et excluent, à l'exception de deux cas (les n°s 1 et 9), des contributions que j'ai plus ou moins reprises dans mes différents livres et qui sont de ce fait aisément accessibles. De plus, pour mettre un peu d'ordre dans une production qui pourrait paraître disparate, j'ai classé ces 19 articles indépendemment de leur date de parution en cinq centres d'intérêt, correspondant à des approches assez différenciées, mais toutes bien axées sur un seul et même phénomène socio-culturel, dont les exégèses les plus diverses sont encore loin, me semble-t-il, d'avoir épuisé la passionnante complexité.

  • William Butler Yeats est un poète hermétique, allusif, d'accès souvent difficile. Ses poèmes sont néanmoins d'une grande beauté, qu'une compréhension plus approfondie de leurs significations peut encore rehausser.
    Le présent ouvrage se propose d'amener le nouveau lecteur à une familiarité éclairée avec cette poésie. Il fournit des clés, il apporte les connaissances contextuelles indispensables. Mythologie celtique, hermétisme rosicrucien, philosophie néoplatonicienne, occultismes divers, histoire d'Irlande, circonstances de la vie du poète, symbolisme et cosmologie propres à W. B. Yeats, sont autant de domaines dont les grandes lignes nous sont succinctement et utilement rappelées. Cette étude s'attache à l'analyse de poèmes choisis dans l'édition de J. M. Dent, en restant au plus près des textes afin de suivre l'évolution de l'oeuvre de Yeats.

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