P.i.e. Peter Lang

  • Ce livre réexamine la représentation de la famille dans des romans, albums ou pièces de théâtre pour la jeunesse relevant de différentes aires géographiques, culturelles et linguistiques. Bienveillants ou aliénants, les liens tissés entre générations ou au sein de la fratrie conditionnent la construction des jeunes protagonistes. La littérature de jeunesse reflète la diversité de la famille et sa capacité à évoluer, voire à se réinventer (familles monoparentales ou homoparentales, recomposées, adoptives...). En proposant des modèles parfois éloignés des réalités connues des lecteurs, elle les invite à réévaluer leur propre expérience mais témoigne aussi d'une certaine constance des attentes et des interrogations que l'institution suscite.This book re-examines the representation of the family in novels, picture books or theatre plays for young people, belonging to various geographical, cultural and linguistic areas.The bonds between generations or among siblings, whether benevolent or destructive, play a decisive part in the young protagonists' development. Children's literature is shown to reflect the diversity of the family as an institution and its ability to change or even to reinvent itself (single-parent, same-sex-parent, blended or adoptive families...). Its fictional representations of the family may differ from the realities experienced by the readers, and invites them to reconsider their own experiences, yet show expectations and questions related to family life to remain fairly constant.

  • A l'heure où les médias font connaître et créent parfois l'événement, quelle capacité la littérature possède-t-elle de l'intégrer et de le faire advenir elle-même ? Créer l'événement, c'est d'abord insérer l'accident dans une continuité historique, idéologique, socioculturelle. Réfléchir sur un tel objet, c'est donc tenter de comprendre comment les faits se lestent de signification ou non, à travers une écriture narrative, poétique ou essayiste. Une telle opération confère nécessairement à l'événement une fonction sémiotique. Il peut n'être alors qu'un cadre relevant d'une esthétique du pittoresque ou du morceau de bravoure. Mais, il peut aussi porter en lui une leçon qu'il revient à l'écrivain de dégager. Dans cette hypothèse, l'événement prend un sens historique, mais il est en général un objet herméneutique complexe, dont la signification allégorique ou symbolique dépasse l'époque où il s'est produit. A partir d'exemples empruntés à des genres et des auteurs variés, les études composant ce volume, de Balzac à Claude Simon ou de Baudelaire à Michaux, se proposent d'analyser divers modes de construction de l'événement en littérature. Ce sont notamment les déplacements opérés dans les représentations entre le XIXe et le XXe siècle qui ont retenu l'attention, ainsi que leur sens éthique, religieux ou politique pour l'homme moderne.

  • Pratique constante et rPratique constante et récurrente de la création littéraire et, plus généralement, culturelle, la réécriture a, paradoxalement, été peu étudiée en tant que phénomène autonome. Gérard Genette, avec Palimpsestes (1982), est l'un des rares théoriciens contemporains à s'être spécifiquement penché sur les variétés et les fonctionnements des relations transtextuelles que peut entretenir un texte. Cet ouvrage se propose de cerner les enjeux critiques suscités par les oeuvres littéraires dès lors qu'elles s'élaborent comme de nouvelles versions d'oeuvres, de mythes ou de discours préexistants. Une perspective ouverte, élargie à une diversité d'auteurs francophones, d'époques variées, offre une contribution significative et novatrice au champ des études littéraires actuelles, tout en faisant le lien entre les théories genettiennes, d'autres méthodologies et les oeuvres des écrivains. C'est donc sous l'appellation de « réécrivains » que ce livre propose de réunir un certain nombre d'auteurs francophones chez qui la pratique de la réécriture joue, momentanément ou itérativement, un rôle décisif qu'il est instructif d'élucider.

  • L'espace européen de l'enseignement supérieur a bouleversé la manière de penser, d'envisager l'enseignement des langues et des cultures étrangères. En Espagne et au Portugal, la tradition de l'enseignement du français s'en est donc trouvée reformulée. La réflexion des enseignants, constante et attentive aux nouvelles situations sociopolitiques, a entraîné de nouveaux débats et lancé d'autres défis dans une réalité en construction qui s'avère commune à tous les pays européens.Ce volume rassemble divers travaux portant sur les différents enjeux de l'enseignement et l'apprentissage du français langue étrangère, de la traduction et de l'évolution des représentations véhiculées dans la transmission de la culture française et francophone. Ces contributions non seulement confirment l'apport des nouvelles technologies pour l'enseignant mais aussi, au-delà des savoirs des domaines impliqués (FLE/S, FOS, traduction, culture et littérature), soulignent le besoin d'une compréhension de la dimension identitaire en même temps que la nécessité de l'acquisition de la culture de l'Autre afin de faciliter le transfert de connaissances entre les différentes langues et cultures.

  • Les présences réciproques, mais aussi les interférences, entre la culture française et les cultures ibériques, notamment espagnole et portugaise, s'avèrent abondantes et constantes dans le temps, avec une insistance toute particulière à l'époque moderne. Les nombreuses études contenues dans ce volume soulignent les aspects différents des phénomènes signalés et contribuent à une plus profonde connaissance des mécanismes et résultats de ces présences et de ces interférences. Les études sont regroupées en trois parties dont la première concerne la présence de la langue française et son enseignement ; la deuxième insiste sur les textes littéraires, avec de nouveaux regards et de nouvelles perspectives d'analyse ; et la troisième - la plus volumineuse - reprend d'une manière plus spécifique les réseaux d'interférences qui se sont établis entre les littératures francophones et les cultures ibériques.

  • Au printemps 1930 Henri de Régnier visita l'Espagne pour la première fois, plus particulièrement Madrid, Tolède, Avila, L'Escurial, Burgos. Cette même année, entre la mi-octobre et la mi-novembre, un deuxième voyage allait suivre : l'écrivain parcourut cette fois-ci la Catalogne et Majorque. Un troisième tour dans la péninsule, à l'automne 1932, mettait fin au périple espagnol de l'auteur : de Barcelone il descendit jusqu'en Andalousie pour s'arrêter à nouveau à Madrid avant de rejoindre Paris. Sous le titre général En Espagne les récits de ces voyages furent publiés par la Revue des Deux Mondes (quatre livraisons entre novembre 1933 et octobre 1935). Nous présentons aujourd'hui au public un voyage qui n'a jamais été publié en livre et dont le dernier chapitre, « Tarragone - Saragosse - Valence », conservé parmi les papiers de Mme Tremblot-Bougeneaux, qui aurait accompagné l'écrivain au cours de ces voyages, est inédit. Ces pages découvrent aux lecteurs un voyageur raffiné qui savait jouir de chaque moment du voyage, un grand amateur d'antiquités et d'art particulièrement épris du Gréco, un écrivain toujours en quête du mot juste, d'un lyrisme simple et sans artifice.

  • Le thème de la subjectivité a ceci de singulier qu'il travaille l'histoire de la pensée et des arts, au moins en Occident, de façon constante, en y introduisant des continuités et des ruptures qui sont des jalons permettant de s'y orienter. Le sujet s'absente ou au contraire fait retour, en proie à de drôles d'intermittences qui signalent en creux les grandes articulations de la vie intellectuelle au xxème siècle, tout particulièrement en France, cartésianisme oblige. Mais il ressort aujourd'hui de ces « étonnantes oscillations » qu'avaient déjà pointées P. Ricoeur que la subjectivité n'est plus sujet et qu'elle a perdu tout ou partie de ses ambitions fondationnelles. C'est à la littérature qu'il revient notamment de rendre compte, par-delà la définition obsolète d'un sujet transparent et identique à lui-même, de la cohésion de subjectivités singulières qui s'éprouve à travers le récit de soi. Ce sont ces formes de subjectivités, comme autant de rejetons du Sujet, que le présent volume entreprend d'examiner en cherchant à savoir pourquoi, en bien des occasions, la philosophie y appelle la littérature à la rescousse. El tema de la subjetividad se caracteriza porque perfila la historia del pensamiento y de las artes, al menos en Occidente, de manera constante, introduciendo en ella continuidades y rupturas que se convierten en hitos orientadores. El sujeto se ausenta o reaparece, presa de caprichosas intermitencias que señalan las grandes articulaciones de la vida intelectual del siglo xx, especialmente, cartesianismo obliga, en Francia. Pero hoy resurge de esas sorprendentes oscilaciones que ya había apuntado P. Ricoeur y que establecen que la subjetividad ya no es sujeto y ha perdido toda o parte de sus ambiciones fundacionales. Compete sobre todo a la literatura dar cuenta, más allá de la definición obsoleta de un sujeto transparente e idéntico a sí mismo, de la cohesión de subjetividades singulares que se experimenta a través de la narración de sí. El presente volumen examina estas formas de subjetividad, como otros tantos rebrotes del Sujeto, buscando saber por qué, en muchas ocasiones, la filosofía llama a la literatura al rescate.

  • Julie K. Allen, Eugene L. Arva, Jean Bessière, Helena Carvalho Buescu, Vanessa Byrnes, Chloé Chaudet, Yves Clavaron, Christophe Den Tandt, Catherine Depretto., Theo D'haen, Caius Dobrescu, Dong Yang, Brahim El Guabli, Nikki Fogle, Gerald Gillespie, Kathleen Gyssels, Oliver Harris, Sandor Hites, Michelle Keown, S Satish Kumar, Jacques Marx, Jessica Maufort, Marc Maufort, Jopi Nyman, David O'Donnell, Liedeke Plate, Judith Rauscher, Haun Saussy, Karen-Margrethe Simonsen, Chris Thurman, Anne Williams, Janet M. Wilson, Chantal Zabus, Gang Zhou

  • Ce volume rassemble les actes d'un colloque qui s'est tenu à l'université de Bretagne occidentale (Brest). La publication des lettres adressées par Nathalie Sarraute, lors de son premier séjour en Amérique du nord, à son mari Raymond, du 1er février au 14 mars 1964, a fourni l'occasion de s'interroger sur le succès que remportèrent outre-Atlantique des romanciers ayant pour point commun de se détourner des modes traditionnels de narration.Les États-Unis ont en effet souvent reconnu avant la France les écrivains du « Nouveau Roman ». Ils y ont rapidement été traduits, on les y a invités, leur oeuvre y a rayonné alors qu'elle restait marginale dans leur pays d'origine.Des spécialistes de renommée internationale analysent les séjours que firent aux États-Unis dans les années 60 Michel Butor, Claude Simon, Alain Robbe-Grillet, Samuel Beckett, Claude Ollier, Marguerite Duras et Robert Pinget, ainsi que la diffusion et la traduction de leurs romans en Amérique du nord. Ils démontrent aussi la façon dont fonctionnaient les réseaux américains. La réactivité des universitaires, traducteurs, attachés d'ambassade, dans le domaine culturel, leur a permis d'être les premiers à détecter les avant-gardes.

  • La présence des femmes dans le champ de l'Histoire littéraire belge francophone est déjà le fait d'écrivaines du XIXe siècle (Robertsart, Gravière, Bervoets, Nizet, Van Rysselberghe, etc.). Il faut cependant attendre l'entre-deux-guerres pour que des noms - rares encore - s'affirment à l'égal de leurs confrères masculins (Doff, Gevers, Bourdouxhe, Ley, etc.).Après 1945, le processus s'accélère pour atteindre, au début du XXIe siècle, un rythme de croisière qui tend à rendre peu à peu superflue la question des comparaisons et des positionnements. Ce rééquilibrage salutaire, parallèle aux évolutions de la société, a été préparé par des vagues successives d'écrivaines dont le nom a compté, et qui ont investi des genres ou des univers bien différents et bien différemment (Lilar et Collin, Lejeune et Feyder, Fabien et Lalande, Malinconi et Harpman, Lamarche et Nothomb). Chacune de ces auteures contribue aux avancées du combat des femmes pour la reconnaissance de leurs droits et de leur qualité intrinsèque. Le volume met en valeur une vingtaine de ces trajectoires. Il porte la focale sur des écrivaines souvent commentées comme sur d'autres, presque oubliées (Watteau), voire méconnues comme auteures de fiction (Delcourt), ou point encore suffisamment entrées dans le corpus des commentaires (Nys-Mazure, Brune, Houari, Hoex, Heuffel). Il témoigne en outre d'une facette peu connue de l'immigration (Nguyên).Ces parcours individuels, comme ceux des auteures du panoramique qui ouvre ce livre, relèvent tous d'esthétiques singulières, et d'une Histoire. Le livre ne cherche pas à produire, à partir d'elles, un discours essentialiste. Il donne à (re)lire et à faire découvrir des écritures de femmes. On y perçoit souvent clairement différences ou nuances par rapport aux textes contemporains de leurs collègues masculins.

  • Second volet du diptyque consacré à des écritures féminines dans cette collection, ce volume s'attache à des auteures francophones venues d'horizons géographiques divers - Maghreb, Liban,Argentine, Canada, Guadeloupe -, et qui écrivent à la lisière des langues et des frontières. L'infatigable voyageuse et orientaliste Alexandra David-Néel (1868-1969) ouvre ce livre, que clôt Laura Alcoba (1968). Un siècle donc. Établies pour la plupart dans des territoires d'un entre-deux inconfortable, les écrivaines étudiées dans ce riche panorama de silhouettes féminines ont été amenées à cerner leur propre espace linguistique, littéraire et intime. Les approches critiques de ce volume se veulent également sans frontières. Stratégies d'écriture, liens méta- et intertextuels, affirmations identitaires, rapport à la langue comme à la sexualité ou aux origines structurent les différentes contributions de ce livre. Au niveau identitaire, les frontières sont franchies et dépassées. Alexandra David-Néel, Assia Djebar, Maryse Condé, Vénus Khoury-Ghata, Leila Sebbar, Latifa Ben Mansour, Maïssa Bey, Nancy Huston, Yasmina Reza, Laura Alcoba, auteures au regard distancié, liées par des parentés d'écriture et de fi liation, tissent dans la langue française de fabuleux métissages. En transgressant les frontières du dire, ces écrivaines ont peut-être déplacé certaines bornes littéraires et dessiné de nouvelles poétiques de la littérature.

  • Cet ouvrage s'attache à comprendre ce qui caractérise l'espace méditerranéen actuellement à travers le roman policier méditerranéen. Le traitement de l'articulation espace-temps investit et remet en question les frontières entre Occident et Orient, entre Nord et Sud. Des chronotopies ainsi qu'une nouvelle topographie de la Méditerranée se dessinent sous la plume des auteurs des deux rives et nous permettent de saisir la portée des échanges, des héritages, des traits culturels communs ainsi que des divergences. Dans ce voyage au coeur de la mer du « Milieu », la dimension géographique est inséparable de l'historique. À cet effet, l'usage de la « géocritique » a été fécond dans l'analyse de la portée culturelle et symbolique de la Méditerranée.La capacité du noir méditerranéen à dévoiler des vérités incommodes, occultées ou bien difficiles à saisir montre que le réel investit la fiction et l'enquête policière se mue en enquête politique, historique, sociale. Yasmina Khadra, Andreu Martin et Giorgio Todde articulent ainsi, chacun à sa manière, la relation intrinsèque qui relie le détective à l'historien et à l'écrivain. L'approche comparée de ces trois auteurs appartenant à des cultures et à des langues différentes nous permet d'observer les multiples facettes de cette Méditerranée, ses traditions et ses usages, ses ports et ses multiples couleurs. Elle est bleue mais également blanche, elle baigne dans la lumière mais son tragique sombre dans la noirceur et entraîne le lecteur dans ces couplets oxymoriques. La « portée attestatrice » du genre, qui voile pour ensuite mieux dévoiler les engrenages internes du système sociétal en question, permet à l'histoire de révéler la vérité. C'est enfin la possibilité d'entrevoir les traits d'un idéal méditerranéen qui nous entraîne dans ce voyage à la découverte des mystères de la Méditerranée : pour une véritable compréhension des peuples méditerranéens, comment conjuguer un savoir ancien avec un présent en mouvement ?

  • Daniel Acke, Mark Anderson, Eugene L. Arva, Franca Bellarsi, Valérie-Anne Belleflamme, Thomas Buffet, Ipshita Chanda, Mateusz Chmurski, Wiebke Denecke, Christophe Den Tandt, Lieven D'hulst, César Dominguez, Manfred Engel, Dorothy Figueira, John B. Forster, Massimo Fusillo, Gerald Gillespie, Marie Herbillon, S. Satish Kumar, François Lecercle, Ursula Lindqvist, Jocelyn Martin, Jessica Maufort, Marc Maufort, Sam McCracken, Isabelle Meuret, Delphine Munos, Daniel-Henri Pageaux, Danielle Perrot-Corpet, Frank Schulze-Engler, Monica Spiridon, Jüri Talvet, Daria Tunca, Cyril Vettorato, Hein Viljoen, Jenny Webb

  • L'influence du Baroque en Espagne dans les années 1920 et 1930 a souvent été débattue sans que soit entreprise une étude sur l'écriture d'avant-garde définie ici dans une fourchette chronologique large et comprise comme un ensemble de procédés stylistiques convergents. L'énumération chaotique, caractéristique du surréalisme espagnol selon Léo Spitzer, est ici revue comme étant par tie prenante d'une nouvelle forme d'iconicité verbale, c'est-à-dire de construction d'une image qui n'existe que par les mots. La redécouver te du baroque littéraire et pictural durant le premier tiers du vingtième siècle espagnol conduit à réfléchir à une analogie négative, susceptible de fonder l'image sur le contrefactuel, signe d'une organisation artistique du sens et compatible avec un rejet de la mimésis. La première par tie, « De la fleur de couteau » est une approche historique et comparée de l'oxymore en espagnol et dans d'autres langues romanes, suivie d'un chapitre théorique sur la figure, abordée dans une perspective linguistique. La deuxième par tie, « Au soleil noir du sens », est consacrée à l'étude de l'oxymore dans trente recueils et deux pièces de théâtre d'Alber ti, Aleixandre, Cernuda, Diego, Garcia Lorca, Guillén, Hernandez et Salinas. L'originalité de ce travail réside dans la figure étudiée -qui n'a pas encore fait l'objet d'une monographie étayée sur des centaines d'exemples-, et dans l'approche d'une histoire littéraire comparée des formes, préconisée dans ce livre.

  • Le 15 août 1947, au moment où l'Inde obtenait son indépendance, l'Asie du Sud donnait naissance à un nouvel État, le Pakistan, disloqué entre l'extrême ouest et l'extrême est du Sous-continent. Cette partition à grande échelle s'accompagna d'un exode massif des deux côtés des nouvelles frontières, donnant lieu entre communautés hindoue, musulmane et sikhe, à des massacres d'une violence inouïe perpétrés par des populations paniquées et désorientées. On parle de près d'un million de morts et de dix à douze millions de personnes déplacées, sans parler des viols, des incendies, des pillages et des dizaines de milliers de femmes kidnappées, qui entachèrent durablement l'histoire du sous-continent indien.Il ne s'agit pas dans cet ouvrage de s'interroger sur les causes des événements tragiques de la Partition, mais plutôt d'en examiner les conséquences à long terme et de percevoir, à travers la production littéraire et artistique massive qui a suivi les années 1947-1948 et continue à la documenter et à la discuter, l'impact majeur suscité par cette fracture historique, culturelle et sociale. Cet ouvrage, composé d'articles critiques, d'entretiens et de textes littéraires en traductions inédites, propose ainsi d'examiner la Partition comme « paradigme esthétique », en identifiant tant les récurrences de sa représentation, de ses conséquences et de sa mémoire, que la variété des genres et des modes dans laquelle cette mémoire se formule. Enfin, il s'agit d'examiner les enjeux de ces représentations, tant au niveau de la culture qu'au niveau de l'Histoire et de son écriture.Cet ouvrage, de nature inédite en France, fait écho à de nombreux travaux entrepris ces dernières décennies en Inde et dans les universités anglophones, qui visent à reconstruire l'Histoire de l'Inde au regard d'une histoire sociale et culturelle restée longtemps inexplorée.

  • Cet ouvrage réunit un ensemble de textes sur l'oeuvre de Marguerite Duras et ses relations avec les arts : cinéma, théâtre, sculpture, musique et peinture. Il aborde les problématiques liées à l'intermédialité de l'oeuvre et met en lumière ses entrelacs avec les arts majeurs et mineurs, ainsi que son influence sur les vidéastes, metteurs en scène et écrivains des xxe et xxie siècles.Inspiré par le colloque « Marguerite Duras et les arts », organisé à l'occasion du vingtième anniversaire de la mort de l'auteur à l'Université de Sydney (Australie), du 29 juin au 1er juillet 2016, il expose notamment le rôle majeur qu'ont joué les arts comme source d'inspiration d'une oeuvre qui se nourrit du dialogue entre les pratiques artistiques. La première partie du livre soulève la question du statut des entretiens menés par Duras avec les artistes de son temps : font-ils partie de son oeuvre littéraire, forment-ils un véritable discours sur la vérité de l'art ? Elle est suivie d'une réflexion sur l'art figural (pictural et filmique) et interroge la façon dont l'oeuvre agit avec et sur les sens du lecteur/spectateur. La troisième section, elle, porte sur le sensible à l'oeuvre dans l'imaginaire pictural, sculptural et musical de Duras. La quatrième partie du livre traite des arts du spectacle en tant qu'axe cardinal auquel le travail de Duras se confronte sans relâche. La dernière partie veille à prendre la mesure de l'influence de Duras sur des productions artistiques récentes. Le livre se clôt sur un entretien avec l'artiste Thu Van Tran, co-commissaire de l'exposition Duras song, Portrait d'une écriture (Centre Georges Pompidou, 2014), qui réfléchit l'oeuvre au prisme de l'art contemporain et souligne la pertinence de l'entreprise durassienne pour les sociétés du xxie siècle.

  • Dans l'histoire de l'art et dans la littérature du XIXe siècle, la thématique de l'esclave occupe une place prépondérante. Que ce soit l'exploitation des jeunes au travail ou une forme plus moderne de l'abus des opprimés, on retrouve régulièrement une réflexion sur la position des enfants dans la peinture et les romans. Dans ce contexte, Hector Malot occupe une place à part dans la littérature française, dans la mesure où la figure de l'enfant esclave présente dans son oeuvre de multiples formes d'exploitation à l'époque de l'industrialisation. Considéré par de nombreux confrères comme un auteur secondaire par rapport aux noms célèbres tels que Flaubert ou Zola, le père de Sans Famille recherche surtout la « probité », selon l'expression de la journaliste Séverine. En tant qu'ancien juriste, il estime en effet que le roman populaire doit présenter une réflexion historique sur les moeurs de son époque, tout en restant fidèle à l'esthétique réaliste-naturaliste. Pompon représente par exemple l'ambition des gens de lettres à analyser le colonialisme, l'esclavage des Noirs et la quête d'indépendance des adolescents. Après les travaux de Montesquieu et d'Arthur de Gobineau sur la diversité des races humaines, l'auteur propose un discours sociologique sur la discrimination des Africains et la situation des marginaux. En attribuant une mission salutaire à l'art, à la musique et à la sculpture, les romans de Malot dévoilent ainsi une poétique ambivalente, basée sur l'objectivité des faits réels et la subjectivité du créateur. En reproduisant en miroir l'antithèse même de l'existence, les récits invitent le lecteur à la compassion. Cet ouvrage met en lumière la spécificité d'un écrivain célèbre en son temps et tombé dans l'oubli de nos jours. En se fondant sur une approche comparative, historique et poétique, ce livre réhabilite une personnalité, dont la modernité inspire encore aujourd'hui la littérature de jeunesse.

  • Dans une perspective critique et comparatiste, ce livre prétend explorer la place de la littérature écrite par les femmes dans le canon littéraire en France et en Espagne dans l'actualité. Il cherche ainsi à analyser dans quelle mesure les instances de légitimation littéraire continuent à créer des modèles de lecture et d'analyse binaires de genre, en discriminant - ou pas - les écrits de femmes. Les contributions offrent aussi bien des réflexions générales sur les rapports entre le genre et la littérature que des lectures critiques sur des oeuvres représentatives de cette période. Sont inclus, également, des entretiens à trois autrices contemporaines où elles donnent leur point de vue sur le champ littéraire et le canon. En dernière instance, ce livre prétend promouvoir la diffusion et la reconnaissance de la littérature écrite par des femmes dans les deux pays._____________________________________________________________________Desde una perspectiva critica y comparatista, este libro pretende explorar la situación que ocupa la literatura escrita por mujeres dentro del canon literario en Francia y en Espana en la actualidad. Busca asi analizar en qué medida las instancias de legitimación literaria continúan creando modelos de lectura y de analisis binarios de género, discriminando -o no- los escritos de mujeres. Los distintos capitulos ofrecen tanto reflexiones generales sobre la relación entre género y literatura en la actualidad como lecturas criticas sobre obras representativas de este periodo. Incluye, asimismo, entrevistas a tres autoras contemporaneas en las que reflexionan sobre el campo literario y el canon. En última instancia, esta obra pretende promover la difusión y el reconocimiento critico de la literatura escrita por mujeres en ambos paises.

  • L'oeuvre de l'écrivain et artiste Dany Laferrière est jubilation d'être et revisitation du monde. Il en ressort une vision sur l'origine physique de la pensée et un vitalisme dont la présente étude s'attache à relever les sources et les singularités. L'écrivain qui exhumait le Code Noir en exergue à Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer a fait de son style le lieu privilégié où situer sa vérité avec les inattendus qui en dérivent. Dont cet hommage appuyé rendu lors de son intronisation à l'Académie française à l'auteur de L'Esprit des lois, à qui maints critiques ont pourtant cessé de reconnaître une position antiesclavagiste à l'endroit de la Traite atlantique. Deux motifs convoquent psychanalyse et comparatisme. La semblance renvoyant à la division du sujet parlant et la revenance relative aux fantômes trangénérationnels issus des morts sans sépulture qui se sont multipliés, du commerce triangulaire à la zombification duvaliériste. S'y superposent les voix des écrivains avec lesquels Dany Laferrière a tissé de solides liens de parentés - Diderot, Bash , Lawrence, Faulkner, Roumain, Whitman, Carroll, Miller, Bukowski, Tanizaki, Mishima, Charles, etc. Attentif aussi aux enjeux politiques, dont celui qui touche la dolosive dette de l'indépendance, cet ouvrage original rend compte de l'esthétique et de l'hontologie que l'écrivain a mises en oeuvre à partir du Québec où il s'est réfugié à 23 ans, ainsi que de sa préférence pour l'élégance de la considération partagée.L'analyse est suivie d'un riche entretien où l'écrivain évoque, au-delà de l'exil et de son travail sur les mythes, les atermoiements du désir qui ont accompagné son adolescence à Port-au-Prince.

  • En France, 2009 aura été « l'année Koltès ». Une année pour rappeler la vitalité et l'actualité d'une oeuvre, la fascination qu'elle exerce toujours sur les lecteurs et les metteurs en scène. Les colloques de Caen (Bernard-Marie Koltès : Démons, Chimères et autres métamorphoses, octobre 2009) et de Paris 7 (Koltès, maintenant, novembre 2009) ont ainsi été des moments d'échanges et de réflexions sur un théâtre qui n'en finit pas d'interpeller les universitaires, les chercheurs, les praticiens, les acteurs... Revenant sur les textes et leur mise en scène, sur les traductions, sur la correspondance et sur les enjeux que soulève cette écriture poétique et cinématographique, les contributions qui sont rassemblées dans ce livre témoignent de la pluralité des lectures qu'offre l'oeuvre de Bernard-Marie Koltès. Regards parfois nouveaux où l'oeuvre esthétique et poétique est articulée au mouvement de l'Histoire, à celle aussi que connut Bernard-Marie Koltès.

  • Ce volume réunit les communications présentées au colloque « La Nouvelle au XIXe siècle : auteurs mineurs », célébré à l'Université de Murcia, Espagne, en octobre 2010. Il a pour but d'approfondir les connaissances sur le récit court en langue française au XIXe siècle. La perspective, peu explorée encore, est celle des auteurs qui, du romantisme à la fin du siècle, ont cultivé le genre bref, mais que le temps et l'oubli ont relégués à un second plan. Gozlan, Janin, Forneret et tant d'autres ne sont que quelques-uns des écrivains qui, pratiquant un genre souvent injustement sous-estimé, ont contribué à l'épanouissement culturel et littéraire de ce siècle-là. En conséquence, le livre ouvre la réflexion à tous ces auteurs méconnus ou inconnus et à leurs textes. Il fait partie du projet de recherche sur la nouvelle en langue française au XIXe siècle, financé par le Ministère de Science et Innovation du gouvernement espagnol. Este volumen reúne las comunicaciones presentadas en el coloquio «La 'Nouvelle' en el siglo XIX: autores secundarios», celebrado en la Universidad de Murcia, España, en octubre de 2010. El propósito es profundizar en el conocimiento del relato corto del siglo XIX en lengua francesa. La perspectiva, poco explorada todavía, es la de aquellos autores que, del romanticismo al fin de siglo, cultivaron el género breve, pero que el tiempo y el olvido han relegado a un segundo plano. Gozlan, Janin, Forneret y tantos otros son sólo algunos de los escritores que, habiendo practicado un género con frecuencia injustamente subestimado, han contribuido al desarrollo cultural y literario del siglo. En consecuencia, el libro abre la reflexión a todos esos autores ignorados o desconocidos y a sus textos. Forma parte del proyecto de investigación sobre la 'nouvelle' del siglo XIX en lengua francesa, financiado por el Ministerio de Ciencia e Innovación del gobierno español.

  • Le style de Dino Buzzati est-il, comme l'a considéré longtemps la critique, linéaire, sans effets, trop journalistique ? Son apparente simplicité est-elle manque d'épaisseur, de relief ? Par l'analyse minutieuse d'un large corpus d'oeuvres buzzatiennes et de leurs traductions françaises respectives, embrassant toute la production romanesque de l'écrivain et la plupart de ses recueils de nouvelles, l'auteur de cette étude montre au contraire toute la subtilité de l'écriture d'un des grands prosateurs italiens du XXème siècle. Les résultats de cette enquête mettent en lumière des mécanismes stylistiques insoupçonnés dans la création des atmosphères de mystère, de vague inquiétude ou de tourment qui caractérisent l'oeuvre de Buzzati. L'envoûtement des hauteurs dans Bàrnabo delle montagne, le charme hypnotique du Deserto dei Tartari ou les affres de la passion dans Un amore apparaissent alors sous un jour nouveau.

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