Nouvel Athanor

  • "Je rêve donc je vis J'espère donc je suis Je sens donc je dis"

  • Patience après patience, recueil après recueil, Évelyne Morin a su creuser son chemin poétique chez des "grands-petits"éditeurs (P-J Oswald, Caractères de Bruno Durocher, Jacques Brémond, pour ne citer qu'eux) et imposer sa 'voie/voix des sobriété et de force grave et signifiante. Sans conteste, Évelyne Morin a désormais une profondeur, une légitimité, une âme. Tout en étant globalement pessimiste quant au futur de l'humanité menacée de pollution spirituelle et physique, sans envolée spectaculaire, avec la précision d'une artiste sensible et précise, elle invente des images capables de bousculer sainement la mémoire collective. Elle a ainsi gagné sa place d'utilité publique parmi le camp lumineux de nos poètes insurgés et rebelles face a tout ce qui abêtit ou pollue la nature humaine. Il y a là dans ses poèmes de combat un ton original et un entêtement d'espérance dont notre monde a un besoin vital. Ne l'oublions pas : Évelyne Morin est l'une des pierres angulaires de nos cathédrales laïques en lente construction pour sauver toute la mise de no planète malade de nous mêmes.

  • Les yeux perdent la trace / de la lumière du jour / Seuls les souvenirs/ à l'haleine des heures / bercent les écritures/ empreintes de ta voix

  • Frédérique Kerbellec qui publia deux recueils de poèmes au Nouvel Athanor demeure une auteure l'originalité profonde. Née en 1958 à Lorient, elle partage son temps entre La région parisienne ou elle enseigne depuis longtemps la littérature, La Bretagne, son pays d'origine et La Grèce son pays d'adoption. Dans un accident d 'apnée sans retour, le père de ses deux filles, Chloé et Dafné, succomba. Ce drame grec, dans sa soudaine cruauté, explique toute sa sensibilité d'écorchée vive comma sa sourde et tenace souffrance de poète qui ne cessera sans doute jamais de savoir qua « La pierre crie au soleil », pour elle, jusqu'à la fin des temps. Frédérique Kerbellec n'est jamais mièvre dans ses aveux essentiels. Son art poétique est déchirant de sincérité et de pleine conscience de l'extrême précarité des destins. Elle rejoint l'universalité dans sa douleur même. En cela, elle est unique, inimitable, précieuse dans sa lucidité rare. Son mystère est peut-être impossible a décrypter, l'interrogation majeure qu'elle pose avec ses mots se situant en permanence au carrefour énigmatique de la vie et de la mort.

  • Tout est dit ?

    Jean-Luc Maxence

    Mon coeur craque de partout ce soir ;
    Et je ne sais plus parler ;
    Je ne peux que t'envoyer la feuille blanche et secrète ;
    Où nous écrirons tous les deux ;
    Notre histoire quoi qu'il advienne ;
    Notre fabuleuse histoire de filigrane ;
    Et d'éternelle poésie ;
    Jean-Luc Maxence,né a Paris, en 1946, Jean-Luc Maxence est reconnu comme l'un des poètes contemporains les plus influents de son temps. Soleils au poing, Le Castors, Astral, et Regard critique sur la poésie française contemporaine (Seghers). Écrivain, auteur notamment d'un best-seller La prophétie de Malachie (Jean-Claude Lattès) et, dans la Collection « Bouquins », chez Robert Laffont, de La Franc-Maconnerie, Histoire et Dictionnaire. Avec Danny-Marc, son épouse, il travailla au Centre Didro, comme directeur thérapeutique durant près de vingt ans. (L'anti-psychiatre et le toxicomane) (Fleurus). Auparavant, il fut un éditeur de découvertes (Editions de l'Athanor), puis avec Danny-Marc également, il créa le Nouvel Athanor et en tant que journaliste, le magazine bimestriel Rebelle(s). Durant de nombreuses années, Jean-Luc Maxence fut un psychanalyste d'inspiration jungienne, analyse par Xavier Audouard, ami de Jacques Lacan.

  • "Un visage est de passage au joli mois de mai. J'irai donc désormais marcher sans chaussures jusqu'à ma blessure. J'irai les pieds nus jusqu'à l'inconnu.
    "

  • Le silence t.30

    Collectif

    Par une commune volonté de ses fondateurs, le couple Danny-Marc et Jean-Luc Maxence, ce trentième numéro des Cahiers du sens que vous avez entre les mains sera le dernier à paraître !
    La série pourra alors prendre sa juste place dans la riche épopée des revues de poésie. D-M et JLM s'accorderont enfin le droit de préparer la fin de leurs deux existences d'éditeurs passionnés et de poètes militants. Dès lors, ils pourront fixer, les yeux dans les yeux « la mort aux yeux crevés » à qui Maxence fit un jour allusion dans un texte !
    Le silence est paradoxalement le thème choisi pour cette année 2020 qui nous a rappelé, par la pandémie du « coronavirus », que nous sommes tous mortels comme les civilisations évoquées par le poète.
    Au fond, les Cahiers du sens ont été, au fil des thèmes traités, l'éphéméride varié des dernières années d'une vivante Histoire de la poésie contemporaine. Loin des Académies pompeuses et des snobismes étroits, le seul orgueil que nous revendiquons au bout du chemin est celui d'avoir assumé jusqu'au bout la liberté de nos choix et la joie de nos découvertes mystiques. Tout le reste est casuistique pour les jaloux et bavardages pour les sots. Lisez et rêvez au silence, il devrait faire beaucoup de bruit désormais !

  • Christian Moncelet est né en Algérie, d'une mère auvergnate et d'un père bas Breton. Il a vu le jour un 29 février 1944, gagnant ainsi sur le temps un an tous les quatre ans. Il vit toujours à l'ombre des moustaches de Vercingétorix et des années bissextiles. Marié à une Marguerite, il est aujourd'hui, avec ses trois filles, entouré de fleurs. Agrégé de Lettres Modernes en 1967, Docteur du Troisième Cycle en 1972, Docteur d'État grâce à une thèse consacrée à René Guy Cadou, soutenue en 1988 et qui fera un beau livre édité. Moncelet fonda dès 1976 la revue ARPA. Durant plusieurs décennies, il publia d'ailleurs des poèmes dans cette publication talentueuse animée de longue date par Gérard Bocholier et Jean-Pierre Siméon. La poésie de Christian Moncelet est toujours lisible par tous, même les enfants ! Moncelet a été acteur et metteur en scène. C'est un bateleur infatigable qui s'est produit dans des fêtes du Livre, pour des médiathèques, en milieu carcéral. Il demeure « main tendue », « au boulier du bonheur » (sic). Avec feu Michel Baglin, il ne retient pas ses mots dans sa poche fraternelle. Il avoue aimer trinquer « en buvant cul sec l'alcool des vents ». Cette ébriété est rare, elle est rebelle et ne peut que nous plaire.

  • À tous ceux qui ont / touché le ciel en / tombant à terre / Emmanuelle Soni-Dessaigne est née en 1985 à Pabu et a grandi sous le ciel de Bretagne où, inspirée par les muses de la Poésie depuis son enfance, les mots coulent de son coeur à sa plume. Écrivain et conférencière, elle partage son temps entre l'Europe et l'Inde où elle a fondé avec son époux un Centre de Médecine Traditionnelle. Au service de l'humain, elle est à l'initiative de « l'Amour Médecin » : l'espérance d'un autre regard sur la maladie, la santé, la vie. Elle publie ici son premier recueil.

  • À nos yeux, Marc Rombaut est une grande figure de la poésie francophone contemporaine.

  • D'abord un portrait de Jean-Marie Berthier par Jean-Luc Maxence. Ensuite, une bibliographie exhaustive des oeuvres du poète. Enfin, une anthologie superbe formant un florilège inspiré de l'ensemble de l'oeuvre de Berthier éditée par Rougerie, Edelweiss, Fanlac et MLD.
    Voilà la reconnaissance méritée d'un poète à l'écriture faite de maîtrise et de sensibilité juste. Une poésie désirante, charnelle, lyrique, qui chante une recherche spirituelle ininterrompue, une poésie qui dit le coeur de tous les hommes luttant contre l'abêtissement des foules.

    Né à Marseille en 1940, a enseigné le français sur les 5 continents, voyageur, a creusé son sillon d'humaniste actif, pourfendeur infatigable des fascismes polymorphes.
    Compagnon des plus grands poètes d'aujourd'hui, encouragé par Pierre Seghers notamment, il propose un chant engagé et lisible toujours du côté du coeur !

  • A toi, l'alphabet créateur de mondes. A toi, l'alphabet, celui qui aime. A toi, l'alphabet, celui qui fonde, je lègue ce vaisseau épointé - ce poème.

  • « La poésie parfois sérieuse,mais pas toujours, de Jean-François Pluviaud fait songer parfois à Jacques Prévert, parfois à Pierre Dac, tout en restant originale, directe et étonnante dans sa sagesse ».

    Après CLINS D'oeIL I (2008) et CLINS D'oeIL II (2009),ce poète quinquagénaire résume avec l'humour et le recul des initiés un itinéraire exceptionnel d'individuation.

  • C'est la fin de la route.
    Feuillage arraché à la lumière.
    Dans le sillon des paroles.
    Le matin ouvre l'oeil.
    Pour arrêter la nuit.

  • "Ceux là marchent par hasard Moi je cours Hors d'atteinte Une trouée signale La clarté décisive On doit tous y aller Il restera de nous La transparence du soir"

  • Il s'appelle Jean Yves Vallat, il a été édité la première fois par Colette Seghers, il obtient le Prix Ivan Goll en 2000, il sait que toute transcendance est hypothétique, il chante l'âme des arbres, les découvertes héréditaires du sourcier, la terre, à l'heure où elle ne sait plus que faire de son bois mort.
    Parfois, son propos peut sembler pessimiste, mais Jean Yves Vallat donne, avec ses mots inspirés, de l'eau aux fleurs écarlates du jardin. Il porte en lui de la lumière secrète comme son poète de prédilection René Char. Voilà bien un poète de l'humilité fière, de la fraternité directe, un marcheur au couvert du silence. Le reconnaître et le lire ou le relire est une joie, mieux : un acte de justice tout simplement.

  • A la fin du siècle dernier, la poésie et la philosophie faisaient bon ménage. Le " Panorama " de Serge Brindeau était un peu notre évangile incontournable, j'avais à peine plus de trente ans et Marc Rombaut, Serge Brindeau, Maurice Bourg, Max Alhau, Jean Laude, Gil Jouanard, Gerard Engelbach et quelques autres furent, un temps, des modèles identificatoires. Depuis, le sablier a fait son oeuvre implacable de discernement. Les peurs de Van 2000 ont été dépassées et négociées et la poésie de Marc Rombaut resurgit en 2017, tel un éloquent mirage revenu du fond de nos enfances. Marc Rombaut n'a cessé d'être un pèlerin de I' introspection métaphysique née d'une fine observation des nombreux pays traverses au fil de son parcours de vie. Il sait les ambiguïtés de l'Ombre et de la Lumière. Il porte sur elles un regard sauvage et qu'il voudrait détacher de tout abattement inutile, de tout enthousiasme trop pressé. Écrire est chez lui comme un souffle inné et naturel. C'est son " regard d'amitié " sur le monde. Un regard perçant, certes, détaché de tout lyrisme trop facile, mais ne cédant jamais tout a fait a une angoisse chronique, toujours présente. La poésie de Rombaut est aussi visionnaire. Elle ne renie jamais le rôle essentiel de l'amour et de la fraternité tout en sachant que tout amour est toujours en extrême péril de mort.

  • Fasciné par l'oeuvre terrienne et magique de Jean Giono, mais aussi par celle de René-Guy Cadou et par l'École de Rochefort (notamment Jean Follain et Luc Bérimont), Jacques Viallebesset est un veilleur de haut vol, intransigeant, lyrique tout entier engagé dans le labyrinthe incendié de Louis Aragon, de Paul Éluard et de leurs héritiers. Il est issu, pour le meilleur, de ce siècle des Lumières, qui n'en finit jamais de s'éteindre. Il reste obsédé de fraternité, toujours à la croisée d'une conscience postmoderne emblématique. « Je rêve donc je vis / J'espère donc je suis / Je sens donc je dis ?» pourrait être la devise de ce poète au ?« lyrisme initiatique » (dixit Alexis lacroix) qui n'abandonne jamais une « vision cosmique » selon Michel Baglin. Jacques Viallebesset prouve que le romantisme est éternel, l'Art Royal également. Ce poète marche en toute discrétion ?« à la rencontre du soleil levant ?». Son métier d'éditeur fait parler de lui, mais son art poétique s'est toujours bâti dans une discrétion permanente qui explique son entrée dans notre collection« les poètes trop éffacés ».

  • "Poétiser les mots plus que les rendre purs, comme le souhaitait Mallarmé, tel est le privilège du vrai poète On peut penser, avec Giovanni Dotoli, qui le montre en rythme et en sensations vives, que l'onomatopée est un puissant moteur pour vivifier, rajeunir, faire chanter les mots du quotidien Le chant du monde caché-montré dans le chant d'une langue.". Alain Rey

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