Mazeto Square

  • En novembre 1888, Octave Mirbeau fait paraître dans le Figaro, La grève des électeurs, véritable pamphlet contre le leurre que représente, selon lui, le suffrage universel dans le système républicain. A cette époque, cela fait quelques années déjà qu'Octave Mirbeau pointe les dérives de la IIIe République, en y dénonçant de sa plume acerbe de nombreux scandales ; souvent, pour le plus grand bonheur de certains journaux bonapartistes ou monarchistes. Mais si certains conservateurs se retrouvent dans ses articles teintés d'anticapitalisme, que l'on ne s'y méprenne, Octave Mirbeau exprime avant tout une pensée qui prend sa source dans l'individualisme libertaire. En effet, si Octave Mirbeau se moque de cet « animal irrationnel, inorganique, hallucinant » qu'est l'électeur, allant d'ailleurs dans le sens de Pierre-Joseph Proudhon, quand celui-ci écrivait cinquante ans avant lui : « Alors que la Révolution française devait accoucher d'une société nouvelle, le peuple n'aura été que "le singe des rois." » (Qu'est-ce que la propriété ? 1840), c'est pour mieux affirmer la duperie de la démocratie représentative : les classes dominantes arrivent à se faire élire et à se maintenir au pouvoir par ceux-là mêmes qu'elles exploitent davantage chaque jour. Et sous un certain pessimisme de l'auteur, se manifeste alors clairement la volonté d'inviter chacun à prendre part directement à la vie politique, en citoyen libre. © Mazeto Square.

  • A la fin de l'année 1897, soit quelques mois avant sa mort, Stéphane Mallarmé publia dans la revue Cosmopolis (fondée par Fernand Ortmans) Un coup de dés jamais n'abolira le hasard. Après des années de vie parisienne, ayant côtoyé la crème artistique, et avant-gardiste de la capitale, Mallarmé s'était retiré dans la vallée de la Seine pour se dédier à une grande oeuvre. Lui, qui avait su se libérer de cette nostalgie des êtres chéris perdus, qui submergeaient ses premiers poèmes ; lui, qui avait su libérer les mots de leur fonction primaire, les laissant désormais simplement se suggérer au gré du chant ; voici qu'il s'attelait à les libérer de ces pages trop étroites. Ainsi, Stéphane Mallarmé libéra la typographie des contraintes. Comme en musique - car c'est bien une partition qui s'offre à nous -, le poète a alterné les césures, les suspensions, et les blancs pour laisser place aux images naissantes. Dorénavant, le poète fera sien du cercueil où seront renfermés ses vers vivants. Telle une longue phrase lancinante, qui s'épanouit au gré des pages offertes à elle, et où les mots s'exhibent comme des dessins, imprégnant le blanc du papier de leurs pattes anthracite, Un coup de dés jamais n'abolira le hasard annonçait une régénération de l'oeuvre du poète, dont le parfum nous embaume toujours. © Mazeto Square.

  • Au mois de septembre 1866, Prosper Mérimée - intime de la famille de Napoléon III - accompagne l'impératrice Eugénie en excursion dans le Sud-Ouest. Le voyage est long et ennuyeux, alors Mérimée s'amuse à écrire une petite nouvelle sans prétention : La Chambre bleue. L'intrigue évoque les amours clandestines de deux jeunes amants qui se retrouvent dans une pension pour passer la nuit. Si le début du récit emprunte à la comédie, le ton mystérieux de l'auteur lui donne peu à peu des accents d'intrigue policière, pour finalement aboutir à une farce tragi-comique. Composée à l'intention d'Eugénie, cette « petite chose » - comme l'a qualifiée Mérimée lui-même - n'était pas destinée à être rendue publique ; mais lorsque l'on vida les appartements de la famille Bonaparte au lendemain de la débâcle de Sedan, en 1870, on retrouva un exemplaire de la Chambre bleue dédicacée à l'impératrice. Dès lors, cette nouvelle d'une frivolité bourgeoise devint comme un symbole antinapoléonien, et c'est ainsi qu'elle gagna clandestinement Bruxelles où elle fut publiée dans un journal républicain. Si les qualités d'écritures de La Chambre bleue peinent à être soulignées, eu égard à l'oeuvre de son auteur, cette nouvelle n'en demeure pas moins une « petite chose » concise, et bien amusante à lire. © Mazeto Square.

  • Des écrits publiés d'Isabelle Rimbaud, celui-ci se distingue particulièrement. Il ne s'agit pas d'une succession de lettres choisies de sa correspondance échangée avec sa mère au sujet de son frère (Rimbaud mourant, 1891), ni des ultimes souvenirs de la fin de vie du poète, couchés sur le papier, qui s'appliquaient à l'évoquer avec une nécessaire précision biographique (Le dernier voyage de Rimbaud, 1897). Ecrites seulement quelques mois après le décès de son frère Arthur, les pages qui suivent font état de la grande profondeur des sentiments qui ont traversé la vie d'Isabelle Rimbaud. Le chagrin, la nostalgie de l'être chéri perdu et le dévouement à l'autre, chaque phrase semble en être imprégnée. Il y a également la grande espérance en la foi, qui grandira sans cesse en elle ; quelques années plus tard, elle évoquera d'ailleurs celle qu'elle crût percevoir chez son frère mourant (Rimbaud catholique, 1914). Ce sont en quelque sorte les premières réflexions, survenues dans le temps du deuil, qu'Isabelle Rimbaud nous livre ici. Dans un ressenti intact, elle nous parle d'une salvatrice expérience d'amour fraternel, et nous rappelle, qu'au-delà du poète qu'était Arthur Rimbaud, il fut aussi ce frère. © Mazeto Square.

  • Epître de la modération en tout, dans l'étude, dans l'ambition, dans les plaisirs, est un petit ouvrage, composé en vers, et publié pour la première fois à Paris, en 1738, chez la maison Prault & Fils. A cette époque, Voltaire vit en Suisse depuis plusieurs années, en compagnie de sa jeune maîtresse, Emilie du Châtelet, une des premières femmes de sciences dont les études sont parvenues jusqu'à nous. Leur liaison repose pour beaucoup sur les travaux qu'ils mènent ensemble au sujet de ce qui n'est pas encore appelé la physique. Une véritable émulsion intellectuelle naît entre les deux amants. Voltaire, qui est à cette époque, avant tout, un homme de lettres - écrivain à succès de pièces de théâtre notamment -, sera initié par Emilie du Châtelet aux mathématiques, puis aux théories d'Isaac Newton, dont elle traduira, en français : Principes mathématiques de la philosophie naturelle, quelques années plus tard. C'est dans ce contexte que paraît ce court traité, d'un Voltaire en prise avec le questionnement de notre univers, s'affirmant de plus en plus comme un philosophe, conceptualisant peu à peu sa pensée. Passée presqu'inaperçue à sa parution, cette épître accessible à tous est à redécouvrir. © Mazeto Square.

  • Ces deux artistes, complices depuis de nombreuses années, ont décidés en 2009 de se réunir pour développer au sein de ce duo, une démarche alliant création spontanée, rencontre artistique et pédagogie. C'est à la suite d'un spectacle auquel ils participaient, Les métamorphoses de Koyuki, qu'il choisissent le nom de Métamorphoses pour leur projet. C'est d'ailleurs durant ce spectacle enregistré, que le CD Métamorphoses verra le jour. Le duo « Métamorphoses », fort d'une expérience artistique, partage régulièrement des aventures avec des artistes d'autres disciplines artistiques : Gilles Danroc (voix, textes), Rosa Paris (danse, voix), Marie Ange Amiand (danse), Christiane Ildevert (contrebasse), Jean-Marie Frédéric (guitare), Jean-Pierre Jullian (percussions), Henri Herteman (piano, trombone), Claude Abad (peinture), Sophie Laporte (marionnette), Caroline Baumert (masque larvaire)... Ce duo a participé au spectacle nommé « Métamorphoses de Koyuki » avec Jean Pierre Lenté, sous la direction artistique de Françoise Ditucci. Il est important de préciser que ces rencontres entre artistes, sont axées sur une expression spontanée et de l'instant. Ces instants dégageant une écriture et non l'inverse. Ce qui est privilégié ici est le partage, l'écoute, le regard, le ressenti, l'adaptation, donnant ainsi une interprétation du moment.

  • Quand Le Figaro, alors journal parisien et littéraire, publie dans ses colonnes, en décembre 1859, Le Roman du Chaperon-Rouge, Alphonse Daudet n'a pas 20 ans, mais déjà s'affirme-t-il comme un esprit vif, et fin. Si l'auteur a pris soin de préciser sous le titre qu'il s'agit de scènes et fantaisies, c'est parce que Le Roman du Chapeau-Rouge, n'est pas un roman, mais plutôt un conte fantaisiste, écrit sous la forme d'une pièce de théâtre, en un acte. Fantaisiste, car Alphonse Daudet se permet de nous présenter un Chaperon-Rouge bien différent de celui de Charles Perrault - elle nous apparaît comme un sacré bout de femme ! -, en lui faisant croiser le chemin de personnages empruntés à d'autres univers (Polonius d'Hamlet, le jeune Picou, les amoureux, etc.). Tout en respectant la trame de Perrault, Alphonse Daudet livre une pièce de théâtre pleine de vitalité, et qui a gardé son authentique fraîcheur juvénile. © Mazeto Square.

  • Poèmes

    Bonnie Parker

    Bonnie Parker et Clyde Barrow sont sans aucun doute les criminels américains les plus célèbres du XXe siècle. Déjà de leur vivant, les deux amants avaient su passionner la presse par leurs exploits meurtriers. Sans foi ni loi, ils étaient jeunes et beaux, et leur mise à mort sans pitié par la police fédérale, lors d'une embuscade, n'a fait que précipiter leur destin tragique : la légende Bonnie & Clyde était née. Ce que l'on sait moins, c'est que Bonnie Parker était également une femme passionnée par la littérature. Bonne élève, elle avait reçu de nombreux prix en orthographe et en écriture durant sa scolarité : la jeune Bonnie avait un réel talent pour la rédaction de poésie. Les quatre poèmes présentés ci-après, attribués à Bonnie Parker, ont été composés entre 1930 et 1934, alors qu'elle forme avec Clyde, le gang Barrow. Ils ont été écrits, soit en cavale, soit en prison, comme The Story of « Suicide Sal » que Bonnie a rédigé en 1932, à la prison de la ville de Kaufman (Texas). Dans ses poèmes, Bonnie Parker évoque avec une certaine lucidité la dure vie qui s'offre à ceux qui ont choisi de vivre hors la loi : la cavale, la prison, la solitude, et la mort tout autour qui rôde sans cesse. Mais dans cette dure vie, qu'elle nous décrit sans chichi, une lueur d'espoir s'esquisse entre chaque vers : son amour fou pour son homme, le beau et ténébreux Clyde, dépeint sous les traits d'un gangster au grand coeur, dans la lignée de Billy the Kid ou Jesse James. © Mazeto Square.

  • Il était une fois, un endroit dont chacun rêvait mais qui était bien difficile à trouver. Un endroit, où l'on pouvait sentir son coeur battre à tout rompre ou bien se briser en mille éclats. Un endroit où les arnacoeurs côtoient souvent les rêveurs. Un endroit où l'on pouvait trouver l'amour ou le perdre pour toujours... Avec Lucie Dalle et Olivier Tassëel.

  • Perdus dans un jardin public, deux jeunes enfants se rencontrent : ils vont partager leurs imaginaires et partir à l'aventure, faire l'expérience de la peur, de la solitude et grandir. A bord d'un vieux carton reconverti en Eva-et-Léo-Mobile, ils décident de voyager. Ils s'envoleront alors en montgolfière pour rejoindre le lac Titicaca, traverseront l'océan à bord d'un sous-marin, et accosteront sur une plage pour devenir les nouveaux explorateurs du désert des Tropiques ! Mais réussiront-ils à échapper à Hector le dinosaure? Avec Emmanuelle Bunel et Eric Donnot.

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