Le Temps Des Cerises

  • Ce roman, introuvable depuis des années, est un chef d'oeuvre. C'est l'un des livres fondateurs de la littérature haïtienne. Un village pauvre, en proie à la sécheresse, des rivalités entre habitants, des désirs de vengeance, constituent le cadre de ce drame de l'amour et du courage. Une belle leçon de dignité humaine et un chant d'amour pour le peuple de Haïti, écrit dans une langue d'une saveur sans pareille. « Jacques Roumain a écrit un livre qui est peut-être unique dans la littérature mondiale parce qu'il est sans réserve le livre de l'amour. » J. Stephen Alexi. Jacques Roumain est l'une des grandes voix d'Haïti.

  • Ce roman violemment « érotique » d'Apollinaire est paru en 1907, signé simplement de ses initiales, G. A. La paternité de ce texte ne fait aujourd'hui aucun doute. Les Onze mille verges relatent les tribulations du prince roumain Mony Vibescu, à travers l'Europe, de Bucarest à Paris, et jusqu'en Chine, à Port-Arthur, où il meurt flagellé par un corps d'armée, pour avoir failli à son serment : « Si je vous tenais dans un lit, vingt fois de suite je vous prouverais ma passion. Que les onze mille vierges ou même les onze mille verges me châtient si je mens ! » Sous-titré Les amours d'un hospodar, ce roman fait preuve d'une fantaisie débridée et délirante dans le passage en revue de toutes les formes possibles et imaginables de pratiques sexuelles, sadisme, masochisme, zoophilie, scatologie etc.
    Bravant ainsi tous les interdits de la censure. En poète à l'humour ici volontiers noir, Apollinaire s'y livre avec virtuosité à une orgie verbale qui manifeste son goût hors du commun pour la langue française.
    L'originalité de cette édition tient à la préface retrouvée qu'écrivit Aragon pour une édition des Onze mille verges parue à Monte-Carlo en 1930, à l'initiative de René Bonnel qui avait publié en 1928 Le Con d'Irène, d'Aragon, sous le pseudonyme d'Albert de Routisie. Dans cette préface, Aragon exprime son attitude envers Apollinaire, mêlée d'agacement pour ses élans patriotiques et d'admiration pour sa poésie, l'inlassable esprit de curiosité qu'il manifeste ici aussi. « Il reste à faire de la liberté, écrit Aragon, des abus divers, et précieux. »

  • Jack London est aujourd'hui universellement connu pour ses récits d'aventures et ses romans destinés à la jeunesse. Mais il fut aussi un écrivain révolutionnaire d'une vigueur et d'une ampleur de vue rares. Son roman Le Talon de fer (!e Iron Heel) a été un livre de formation essentiel pour des générations d'hommes et de femmes, en Amérique et ailleurs. Dans ce roman d'anticipation, écrit en &*+/, Jack London imagine qu'une révolution collectiviste se produit aux États-Unis, qu'elle avorte et qu'au terme d'une impitoyable répression, l'oligarchie capitaliste impose au monde, pour une période de trois cent ans, le règne du Talon de fer. Le récit des événements est écrit au féminin. C'est le témoignage, retrouvé beaucoup plus tard (à une époque où a triomphé la Fraternité), écrit par la compagne de l'un des chefs de la révolution, Avis Everhard. Les lecteurs d'aujourd'hui qui découvriront ce livre seront sans doute frappés par la force visionnaire de son auteur et le message de courage et de lucidité qu'il nous lègue.
    Bien des passages surprendront le lecteur d'aujourd'hui par la préscience de la mondialisation capitaliste, le règne totalitaire de la surveillance ou par exemple la mise en avant et la manipulation de la protection de la nature par l'oligarchie.
    Roman d'action, le Talon de fer est aussi un roman initiatique de la lutte des classes qui dévoile les arcanes du système avec la volonté de donner au mouvement ouvrier américain les armes intellectuelles de son combat. On y trouve notamment, sous une forme vivante et littéraire, une explication d'une rare et étonnante clarté sur la crise économique et les lois du capitalisme.
    Nous reprenons ici la traduction « historique » du Talon de fer, celle de Louis Postif, de &*=>. Cette traduction sur laquelle s'appuient tous ceux qui ont abordé cette oeuvre, porte bien sûr la marque de son époque et de la conception qu'on se faisait alors de la traduction, laquelle autorisait le traducteur a quelques libertés a?n de mieux servir l'auteur qu'il traduisait. Elle est bien sûr datée mais elle conserve à nos yeux sa qualité littéraire et la force qu'ont ressentie ses premiers lecteurs qui ont découvert par elle ce texte essentiel.
    Cette année marquera le centième anniversaire de la disparition de Jack London (== novembre &*&G).

  • Les récits fantastiques d'Efim Zozoulia (1891- 1941) ont été composés à Petrograd et à Moscou entre 1918 et 1919.
    Le recueil présenté aujourd'hui par le Temps des Cerises réunit les cinq textes constituant le cycle complet des nouvelles fantastiques d'Efim Zozoulia : La Chute de la Ville Principale(1918), L'Institut de l'amour de l'Homme(1918), Un Conte sur Ak et l'humanité(1919), Le Mobilier humain(1919) et Le Gramophone des siècles(1919). Ils abordent la domination, la révolution, les purges ou le positivisme politique. Malgré la gravité des thèmes, l'humour est chez Zozoulia, avant tout satirique, une composante constante.

  • Cette nouvelle édition de C'est un dur métier que l'exilde Nâzim Hikmet reprend, outre les poèmes déjà contenus dans l'édition précédente, plusieurs poèmes qu'avait adaptés en français le poète Charles Dobzynski et qui figuraient dans l'Anthologie poétique publiée par les Editeurs français réunis, puis par les éditions Messidor.
    Figureront aussi dans cette édition nouvelle deux préfaces écrites pour les premières éditions d'Hikmet en français, une par Tristan Tzara, l'autre par Philippe Soupault. Ainsi qu'un entretien qu'avait eu Charles Dobzynski avec Nâzim Hikmet en 1958, à Paris.
    Cette anthologie est la seule dont les textes français aient fait l'objet d'une révision par Nâzim Hikmet.

  • Jacquou est un paysan qui vit dans les bois. Il chasse et braconne comme son père. Avec sa mère, il a vu briller dans l'obscurité les yeux du loup, qu'il tient à distance en frappant ses sabots. Son père, métayer du comte de Nansac, est injustement condamné aux travaux forcés pour le meurtre du régisseur. Seule et désespérée, sa mère finit par mourir. Orphelin, il est recueilli par le curé Bonal qui lui donne une éducation.
    Sa famille est détruite, Jacquou cherche à se venger et prend le chemin de la rébellion. Mais il se révèle vite capable de guider les autres. Le mouvement culmine avec l'incendie du Château de l'Herm, mais les autorités ne pourront pas réprimer les insurgés car au même moment à Paris, le peuple renverse le trône. La voie semble ouverte à la république et à la démocratie...

  • Le chef d'oeuvre de Gorki montre l'évolution d'une femme du peuple, Pélagie Vlassova, confrontée à l'engagement de son fils dans l'action du mouvement ouvrier socialiste, sous le tsarisme, quelques années avant la révolution. Elle commence par se montrer inquiète et réticente, puis finit par y jouer un rôle. La prise de conscience de l'héroïne de Gorki n'a rien de simple ni d'automatique. L'auteur montre avec beaucoup de vérité et de psychologie, les obstacles à ce qu'une femme du peuple, à cette époque, prenne part au mouvement social. Roman féministe, il offre un superbe portrait de femme.
    Il a donné lieu à diverses adaptations et interprétations, comme le film de Poudovkine, dès 1928, ou la pièce de Brecht.

  • Contrairement à l'habitude qui veut qu'une anthologie soit le fait d'un homme de lettres, seul, qui impose ses choix au public, ce recueil de poèmes de Paul Éluard, grand poète de l'amour et de la liberté, a été établi collectivement par le poète Jacques Gaucheron et par des personnalités connues à des titres divers :
    Lucien Bonnafé, Roger Bordier, Fanny Cottençon, Antoine Duhamel, Cécile Éluard, Pierre Gibert, Eugène Guillevic, Jean Hugues, Albert Jacquard, Henri Krasucki, Roland Leroy, LN, Boris Taslitzky, Michel Tourlière, Christian Viguié, Claude Vinci.

  • Avril a couru en hâte vers la caserne Avril le simplet a couru en hâte - joyeux vers la caserne Et là-haut, très haut Il a ouvert son parapluie bleu foncé Et sur le corps sale de la place occidentale Imaginez-vous Il a étalé sa chemise verte, pleine de roses Celle que vous connaissez.

  • « Héritier actif des Lumières (et l'on verra à la lecture de la préface que Tillier le fut très tôt) l'auteur a prêté à son personnage certains de ses traits, une vigueur intellectuelle, des choix philosophiques, un sens du concret que caractérise un bel entrain jubilatoire. Truculent orateur, pédagogue populaire, moraliste averti, Benjamin possède au plus haut degré une qualité souvent commentée de nos jours mais fort rare à l'époque : il sait démystifier. C'est là que se rencontre sans doute le mieux la personnalité singulière de ce médecin de campagne, républicain absolu - nous dirions aujourd'hui progressiste - bon vivant mais aussi bon scientifique. Son mode de raisonnement, ses alertes propos, ses conclusions politiques le rapprochent nettement des passionnants pamphlets de Claude Tillier, non moins attachants que ceux de Paul- Louis Courier, son aîné.
    Certains ont relevé, en divers écrits, comme des traits de prémarxisme. On y trouve aussi, dans la même logique, des rappels de Gracchus Babeuf. Mort jeune (à quarante trois ans) Tillier a laissé une oeuvre imposante et que domine, en effet, ce fameux oncle prénommé Benjamin. » Roger Bordier

  • Le 24 Janvier 2018, l'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula était jugé à Porto Alegre et condamné, pour corruption passive et blanchiment d'argent par le juge fédéral Sergio Moro. Sans qu'aucune preuve véritable ne soit apportée. Le livre que nous publions aujourd'hui est pour l'essentiel composé d'un long entretien que Lula a accordé à Ivana Jinkins, des éditions Boitempo, avant son incarcération.
    En juin 2019, le site The Intercept, s'appuyant sur de nombreux enregistrements, vidéos et messages échangés entre le juge Moro et les responsables de l'opération « Lava Joto », (lavage express) montre qu'il y a eu manipulation dans le but d'écarter Lula de la course à la présidence. Aujourd'hui, le juge Moro est ministre de la justice de Bolsonaro.
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  • « Cévennes ou Le ciel n'est pas à vendre.
    Cette négation m'est aussitôt apparue comme une affirmation que venaient souligner les lettres rouges du titre de l'édition originale. Rouges comme le sang des galets ferrugineux du Luech, comme l'engagement de ces deux hommes envers les mineurs de Carmaux et de Ladrecht, envers les paysans du Larzac héritant de l'insoumission téméraire des Camisards dont la révolte en bras de chemise se répandit quelques siècles plus tôt du massif du Bougès jusqu'aux Basses Cévennes.
    À sa lecture j'ai aussitôt ressenti le désir de l'entendre résonner dans la langue des Cévennes et du Sud de la France, dans la langue maternelle des femmes et des hommes qui hantent ces pages, celle de la civilisation occitanienne théorisée par la philosophe Simone Weil. » A. Lassaque

  • Années 1950, à bord du cargo qui les ramène en Europe, Franz Hammer, mécanicien allemand fait la connaissance d'un compatriote, Ernst Triebel, jeune médecin venu assister à un congrès. Au cours de cette traversée, Ernst Triebel se raconte.
    Encore enfant, il a émigré au Brésil, dans les années 1930, quand ses parents ont fui l'Allemagne. À Rio, il se lie avec une autre enfant d'origine allemande, Maria Luisa. Leur amitié s'enracine, sans que les jeunes gens, réalisent vraiment qu'elle se transforme en amour. La guerre terminée, le père de Triebel décide de retourner en Allemagne. Son pays dévasté a besoin de forces intactes. Il persuade son fils de l'accompagner. Maria Luisa, elle, reste à Rio. Mais l'histoire de cet amour, ardent, magnétique et peut-être funeste, ne s'arrête pas là...

  • Saint-Domingue, 1750 : de nombreux cas d'empoisonnement déclenchent la terreur parmi les propriétaires de plantations. La menace vient surtout de Makandal, le meneur des " marrons ", esclaves en fuite pour qui le rêve de liberté est plus fort que tout.
    Lisette, née en esclavage, découvre à travers les récits de sa grand-mère Charlotte et de sa marraine, Man Augustine, la douleur de la liberté perdue, la mémoire de la traversée à bord du négrier Rosalie. À son enfant qui va naître, Lisette décide d'offrir espoir et avenir.
    Évitant le piège de l'évocation douloureuse de la cale du bateau négrier, Évelyne Trouillot déroule son récit au rythme des craintes et des désirs de son héroïne. Grâce à une langue riche mêlant violence et pudeur, ce roman éveille avec finesse les émotions du lecteur.

  • Arioste promène sur la vie un regard ironique et farfelu, mi-tendre, micauchemardesque.
    C'est un « naïf perspicace » ; il devine le secret des êtres et des choses.
    Arioste est l'anagramme d'Aoriste, ce qui en grec signifie l'Attentif... On retrouve dans ce singulier roman la vision du poète, son sens aigu de l'étrangeté des faits et des objets de la vie quotidienne. Écrit à Athènes en 1942, alors que la famine sévissait dans la ville, ce livre est une sorte d'exorcisme de la guerre et de la misère. On savait que Ritsos était l'un des plus importants poètes de ce temps. Avec Arioste, on découvre le prosateur, le merveilleux conteur, qu'il était aussi.

  • Ce recueil, le second d'Alexis Bernaut, réunit des poèmes écrits à différents moments au cours des dernières années. Il y a ici des poèmes d'amitié (dédiés au poète américain Sam Hamill, récemment décédé et dont il fut l'ami et le traducteur ou au poète détenu Khaled Miloudi rencontré lors du prix Blaise-Cendrars dont ils furent tous deux lauréats). Il y a aussi parfois des poèmes de colère - inspirés ou non par l'actualité - et d'autres, portant encore la trace de plongées en eaux plus profondes.

    Le chien aboie à l'écho de la montagne.
    Qu'il lui rende son aboiement - Tu sais, le chien.
    Moi aussi j'ai aboyé.
    à mes rêves, à mes amis, mes quatre murs.
    Et même mes dieux, si j'en avais eu.
    Je leur aurais aboyé dessus - J'ai aboyé à la vie.
    Dans l'espoir qu'elle me rende.
    L'écho de mon premier cri.
    J'ai aboyé.
    Moi aussi.

  • Nâzim Hikmet, qui a passé une grande partie de sa vie en prison ou en exil, est l'une des très grandes voix de la poésie turque et de la poésie universelle. La première anthologie de ses poèmes avait été publiée en France, en 1951, alors qu'il venait juste d'être libéré de prison et qu'il s'apprêtait à fuir laTurquie (pour échapper à de nouvelles persécutions qui auraient certainement entraîné sa mort). Les poèmes étaient traduits en français par Hasan Gureh. L'anthologie que présente le Temps des Cerises a été composée et traduite en français par le poète Charles Dobzynski, qui a travaillé sur ces adaptations avec Nazim Hikmet lui-même, lors des rencontres qu'ils eurent dans les années 50 et 60 à Paris et Varsovie. Ce choix, ample et représentatif, donne à entendre la voix de Hikmet, chaude, fraternelle, profondément humaine, amoureuse de la vie et de la justice. D'Hikmet, Philippe Soupault disait qu'on ne pouvait pas le lire sans en être changé.

  • Aborder la poésie palestinienne est un défi. La proposer à un public francophone en est un autre. Cette anthologie de poésie contemporaine palestinienne est le fruit de quatre années de recherches et de rencontres entre la nouvelle scène poétique palestinienne et le public français. Les Interludes poétiques de Palestine organisés depuis 2013 par l'Institut Culturel Franco-Palestinien révèlent au grand public les poètes palestiniens les plus contemporains. Ils sont dix-huit, dont sept femmes, venus de New York, de Ramallah, de Haifa, de Gaza, de Jérusalem, d'Amman, de Paris, de Bruxelles, de Ramallah, de Naplouse. Les poètes établis comme Ghassan Zaqtan, Mourid Al-Barghouti, Zakariya Mohamed ont partagé la scène avec la nouvelle génération représentée par Bashir Shalash, Abd Al-Rahim Al-Sheikh, Dunia Al-Amal Ismail, Asmaa Azayzeh et bien d'autres encore. Dans une société fragmentée par le conflit, où la transmission littéraire est essentielle quand la dignité humaine est menacée, les Interludes poétiques non seulement rassemblent mais également rendent hommage à cet art si raffiné, célébré dans la tradition arabe littéraire, maintenu et développé dans ses formes les plus contemporaines.
    C'est grâce au regard d'Anas Alaili, lui-même palestinien et poète que cet ensemble d'auteurs a été soigneusement composé dans le plus grand souci de représentativité afin d'ouvrir la voie à cette nouvelle génération d'auteurs, dont la plupart n'ont jamais encore jamais été traduits en français. C'est aussi grâce à Mohammed El Amraoui, magnifique traducteur et poète lui-même que ces auteurs ont été traduits en français, transcendant avec agilité les défis d'une langue arabe et de ses références culturelles si diverses. Enfin, Philippe Tancelin, poète-philosophe et merveilleux conteur doit également être salué pour son accompagnement indéfectible dans l'élaboration de cette anthologie.
    Ces auteurs ont été accueillis en France à l'Institut du Monde arabe et la Maison de la poésie de 2013 à 2016, grâce au soutien du Ministère de la culture et de la communication, de la Mairie de Paris, de la Mission de Palestine en France et de la Fondation A. M. Al-Qattan. Les Interludes sont une respiration vers le plus raffiné des arts littéraires, où les auteurs post-Darwich trouvent leur espace, leur inspiration dans des thématiques à la fois contemporaines et intemporelles, toutes générations, styles et lieux confondus.
    Parce que nous sommes convaincus que les Arts communiquent, les Interludes poétiques de Palestine sont des événements tri-dimensionnels où se mêlent arts graphiques, musique et poésie. En ouvrant ces pages, laissez-vous bercer et emporter par l'harmonie de sons et de couleurs qu'emportent avec eux les auteurs rassemblés dans cette anthologie.

  • A travers ses différentes passions humaines et intellectuelles, Pasolini essaie de comprendre, de pénétrer et de révéler les raisons et les causes des transformations sociales et culturelles dans l'Italie des années soixante. Ces articles journalistiques nous donnent l'occasion de voir un " autre " Pasolini, l'homme plus que l'artiste, ses parcours de réflexion plus que son côté créateur, qui reste néanmoins manifeste dans son acte d'écriture.

  • Après Des Raisons de chanter, 220 slams sur la voie de gauche et 9.3 Blondes light, on retrouve dans ce livre de poèmes ce qui fait la touche personnelle de Jean-Luc Despax : la verve satirique, le regard décalé sur l'actualité, le jeu apparemment décontracté, mais en réalité savant, avec le langage d'aujourd'hui. Les formes se mettent au service de cette démarche engagée, du haïku à l'alexandrin, du journal de bord des élections françaises à la fable, du slogan à l'élégie...

  • Les « sources » de l'histoire personnelle et publique de Babeuf, et celles de sa pense´e, telle qu'il l'exprime dans son journal Le Tribun du peuple, sont particulie`rement nombreuses et diverses : en se laissant porter par l'e´motion que suscite leur lecture, en s'interrogeant sur la signification des mots et le sens des actes dont ils indiquent la porte´e, la lectrice ou le lecteur d'aujourd'hui de´couvrira la fe´condite´ et la signification profonde du projet collectif de transformation de la socie´te´ de classes dont Babeuf, en son temps, fut a` la fois l'a^me et le protagoniste majeur. Claude Mazauric, depuis plus d'un demi-sie`cle spe´cialiste averti de cette figure essentielle de l'histoire sociale, inte`gre dans cet ouvrage renouvele´ et recompose´, l'e´cho des dernie`res donne´es documentaires et le fruit des recherches internationales les plus re´centes. Il le fait avec pre´cision, une parfaite mai^trise du sujet et de l'e´poque, et la passion communicative d'un homme qui est un spe´cialiste reconnu de l'histoire de la Re´volution franc¸aise.

  • Pro eto (De ça), grand poème épique, est certainement le chef-d'oeuvre de Maïakovski. Écrit lors d'une période de crise amoureuse (il rencontre à ce moment-là des déconvenues dans sa relation avec Lili Brik), mais aussi politique (avec la naissance de la NEP, c'est la question du devenir de la Révolution russe qui se pose), il fait surtout l'aveu d'une crise poétique profonde et magnifique.
    Ce poème est augmenté de trois autres longs poèmes, La flûte des vertèbres, j'aime, qui est une autobiographique lyrique et heureuse, et Lénine.?Commencé avant la mort de Lénine et achevé après, Maïakovski y réaffirme son attachement à la Révolution et son refus de toute forme d'idolâtrie.
    Le Temps des Cerises réunit donc ces trois textes accompagné des collages de Rodtchenko, emblématiques du constructivisme russe, et de reproductions des éditions originales des poèmes de Maïakovski.

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