Le Port A Jauni

  • Poèmes en peluches Nouv.

  • Voyageur en images, Mohieddine Ellabbad était un collectionneur fou : son atelier d'artiste ressemblait à une caverne remplie de journaux et de magasines du monde entier, mais aussi de livres d'enfants, de contes traditionnels illustrés et d'histoires de personnages fantastiques. Ainsi, passionné tout à la fois par l'illustration et par les cultures dites "populaires" (on pourrait aussi dire, cultures ancrées dans leur territoire et nourries par les paysages et les formes qui les entourent), Mohieddine Ellabbad vivait entouré d'un merveilleux bestiaire imaginaire issu du monde entier ! Ce "Dictionnaire des monstres" témoigne des deux passions de son auteur : on y retourne bien sûr le sphinx, Anubis, et la "ghoula", l'ogresse qui hante les rêves de tout enfant arabe, mais aussi Damavykas, le coq de feu de Lituanie, le Kappa japonais ou le Catoplenas d'Ethiopie.
    Si vous ne les connaissez pas, vous allez les adorer ! Après les avoir dessinés avec malice, Mohieddine Ellabbad a commandé à un comparse journaliste, Chaouqi Abdelhakim, d'écrire leur portrait, à la fois précis, documenté, rempli d'humour et d'anecdotes sociologiques. Ce "Dictionnaire des monstres" est à la fois un magnifique livre d'artiste et une source de documentation. Publié à Beyrouth dans les années 80 (pas de date de parution indiquée) par l'Atelier arabe du livre pour enfants (maison d'édition éphémère créée par Mohieddine Ellabbad), le livre est passé inaperçu et le fils de Ellabbad, lui-même, ignorait son existence jusque récemment.
    Ce livre est traduit pour la première fois en français. Le port a jauni prolonge avec cet ouvrage son travail d'hommage à l'oeuvre d'Ellabbad, avec la belle traduction d'Yves Gonzalez-Quijano.

  • Thoulathiyat ; haïkus arabes Nouv.

    Durant cinq années, Le port a jauni a publié un recueil de roubaiyat par an. Les ROUBAIYAT sont des quatrains, comme l'indique leur nom issu du chiffre "arbaa", quatre. Genre poétique perse et arabe qui remonte au XIe siècle avec l'oeuvre d'Omar Khayyam, les roubaiyat ont été le terrain de jeu de poètes égyptiens des années 1960-70, qui ont revisité le genre avec humour et truculence linguistique en arabe contemporain dialectal.
    Ces quatrains sont une méditation sur la vie, la mort, la joie, le temps qui passe, l'innocence, l'absurdité du monde, son origine, sa cruauté : ils posent un regard et s'attardent sur des instants fugaces, des détails, des petites choses qui disent le monde entier. Durant trois années, Christian Tortel a envoyé au Port a jauni un haïku par mois. Les HAÏKUS sont des poèmes des tercets qui relèvent de la tradition japonaise.
    Mais Christian Tortel les écrit en français ou en arabe, et les traduit dans l'autre langue. Ainsi, une fois par mois, se posait dans la boîte à mails du Port a jauni un poème sur des instants fugaces, des détails, des petites choses qui disent le monde entier. A force de fréquenter ces deux chemins parallèles, roubaiyat et haïkus en arabe, il nous est apparu évident de les croiser. Et dans un grand tissage des genres poétiques, les THOULATHIYAT (prononcez "soulassiyate") sont nées.
    Elles sont des haïkus ou des tercets, comme l'indique leur nom issu du chiffre "thalatha", trois. Elles sont autant de méditation sur la vie, la mort, le temps qui passe, les mots sans frontière. Elles relient le monde arabe à l'Asie, la France au monde arabe, les langues entre elles, elles racontent, en creux, les tissages possibles en poésie. Un nouveau terrain de jeu qui réinterprète et on l'espère, revitalise, le champ poétique en bilingue, à la fois hommage aux genres anciens et clin d'oeil humoristique pour une création contemporaine.

  • Mo Abbas est un poète itinérant dans les villes où il observe et croque en détails et en jeux de mots les incongruités urbaines. Son écriture est fortement inspirée des poètes de l'Oulipo, l'Ouvroir de littérature potentielle, et l'on entend dans ses mots l'écho de Pérec ou de Calvino. Ses poèmes sur le macadam sont comme des regards d'enfants attentifs aux détails et cherchant les mots pour mieux les exprimer. Mo Abbas liste et consigne les panneaux de signalisation, les noms de rues insolites, les devantures de cafés, les cris des gabians et les cris des mamans, les bruits, les voix, les sons, les têtes, les bêtes, tout... Et tout cela ressurgit dans son écriture urbaine. À partir de ces chroniques poétiques, Julien Martinière a mis en scène un ours dans les rues de la ville, un ours avec un chapeau, des lunettes, une moto, un ours comme un homme, mais légèrement décalé... Un ours dans la ville avec la vie qui tourne autour de lui, tout cela est-il bien urbain ?

  • Ce poème est issu et traduit de la production poétique contemporaine syrienne. Le Port a Jauni poursuit ainsi son exploration du champ poétique arabe, de la poésie du désert qui date d'avant l'islam (Mu'allaqa, un poème suspendu, mars 2019) à la poésie moderne dialectale (avec la série des Roubaiyat, 5 recueils publiés depuis 2015) et jusqu'à la poésie contemporaine syrienne, très belle et très triste en même temps (Tireurs sportifs, 2018). L'Arbre dont j'ignore le nom est une méditation du poète sur l'exil et l'oubli. L'exil et l'incapacité à dire dans une autre langue, les « mots sont pauvres, ils montent et descendent comme le hoquet d'un nourrisson dans le brouillard d'une autre langue ». L'exil et le souvenir d'histoires familiales qui permettent d'évoquer ce que l'on fut, là d'où l'on vient. L'exil et la violence subie, « l'épouvante devant la vengeance des serpents blessés ». L'exil et son attente, l'exil est son silence, au point que la peur est devenue tristesse.

  • Pomponpompon

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    Pomponpompon est un recueil de poésies-comptines pour les tout-petits. La consigne donnée à Raphaële Frier était le jeu ! Jeux de mots, jeux d'enfants, comptines d'aujourd'hui qui jouent avec celles d'autrefois. Pour autant, la poète ne s'est pas cantonnée à compter sur les doigts ou énumérer les cris d'animaux. Au contraire, elle fait surgir de son imaginaire un monde à la fois magique et ludique, surprenant et émouvant, elle nous entraîne dans le monde inédit des mariés du fourbi, elle arrose son petit frère, devient méchantante et s'enmourêve, joue à la marelle jusqu'au ciel, compte les pompons et ron et ron petit fripon de pompon. Un autre monde existe. Une fois écrits, les poèmes ont rencontré une série de pompons dessinés par Catherine Chardonnay : pompons chat, pompons en chapeau, pompons oiseau ou pompons peur. Les dessins à la mine de plomb et crayons de couleur sont comme des masques qui peuplent notre imaginaire d'enfants, des masques avec des pompons !

  • Les herbes folles est une promenade comme la vivent les enfants, en portant attention aux détails d'un épi de blé, à une flaque d'eau, au chant d'un oiseau, au déplacement d'un colimaçon, par les chemins. La poésie d'Angélique Villeneuve suit les sensations du corps, une paille entre les dents. La marche, le sol, le ciel, elle sautille et elle roule, alors le chemin deviendrait rivière, elle explore les éléments.
    La poésie est épurée et enfantine, elle a été écrite à partir d'un cahier de dessin d'Eugénie Rambaud, qui a tracé un fil continu, de page en page. Un fil dessiné, cousu, collé, pour accompagner peu à peu le lecteur parmi Les herbes folles.

  • Ce poème est une réécriture de la Mu'allaqa d'Imru al-Qays, texte phare de la littérature arabe du désert (un siècle avant l'islam). L'objectif est de l'adapter pour le rendre accessible aux jeunes lecteurs contemporains. La matière principale de ce travail est donc l'original arabe dans ses différentes versions et les deux traductions de référence de Jacques Berque et de Pierre Larcher. Le texte final puise assez librement dans l'original arabe et ses traductions, respectant la progression et les thèmes du poème. Par moments, il reprend strictement la beauté visuelle de certaines images, par d'autres, il adapte d'autres images de façon à les rendre sensibles aujourd'hui. L'original arabe est une mine d'images poétiques que les traductions françaises ne sauraient épuiser et qui représentent pour nous une source d'inspiration. De tous les thèmes présents dans l'ode, nous privilégions la cosmogonie développée par le poète et les correspondances entre tous les éléments, qui constituent son univers : la nuit vue comme une étoffe, l'étoffe des vêtements effaçant les traces dans le sable comme l'aube efface les étoiles dans le ciel, l'humain partageant des caractéristiques animales et végétales, les animaux partageant des caractéristiques humaines... La vie nomade englobe nature et créatures, d'un seul tenant.

  • «Toutes les chaises sur lesquelles je me suis assises, toutes les chaises qui ont compté... les chaises de ma vie». À partir de cette proposition, Raphaële Frier a écrit et Clothilde Staës a gravé, puis nous avons assemblé leurs deux mondes en un recueil de poèmes. Raphaële Frier égrène : sa première chaise haute comme le toit du monde, la chaise d'attente, les chaises longues qui occultent les courtes, car «il y a beaucoup plus de chaises courtes que de chaises longues, on ne dit jamais «chaise courte», on parle volontiers de courte échelle, de courte paille, de jupe courte, de courte-queue et même de court bouillon, mais la chaise courte, on l'oublie !», la chaise de cuisine qui côtoie la farine et les odeurs de graille, la chaise cassée, ou la pliante, des chaises tristes comme celle de l'absent à laquelle elle écrit «Tu es le squelette, l'empreinte de celui qui ne viendra pas, ce soir, Tu es un gouffre hébergeant le néant qui pèse et courbe sa paille, Tu es la trace qu'il a laissée ici» ou des chaises loufoques comme les chaises volantes. Clothilde Staës a gravé neuf fois le même motif et, à l'intérieur, a peint des mondes différents, comme si la même chaise pouvait avoir plusieurs vies. Et votre chaise à vous, quelle serait-elle ?

  • Les Roubayiat de Sayed Hegab sont des quatrains à l'image de ceux d'Omar Khayyam : philosophiques, humoristiques, ludiques. Les poèmes sont écrits en dialecte égyptien et jouent avec toute la truculence de cette langue populaire.
    Les Roubaiyat de la mer font suite à une série de Roubaiyat de Salah Jahine publiée par Le port a jauni (quatre volumes entre 2015 et 2018).
    Ces quatrains sont une méditation sur la vie, la mort, la joie, le temps qui passe, l'innocence, l'absurdité du monde, sa fatalité, son origine, sa raison d'être et de tourner, la cruauté... Si les thèmes sont universels et nous paraissent tout à fait pouvoir interpeller l'Orient et l'Occident, la formulation et les images de la poésie est typique de l'humour égyptien, teinté d'un constant maalich (un concept fait de fatalisme et de nonchalance). Ainsi les Roubayiât sont tout à la fois une méditation existentialiste et une invitation au voyage dans l'Egypte populaire.
    Les Roubayiat n'ont jamais été traduites en français.
    Nous poursuivons notre adaptation et traduction de cette oeuvre majeure du patrimoine populaire arabe. Elle respecte la forme poétique du quatrain et dans la mesure du possible le principe de la rime. Il s'agit aussi de traduire les allitérations et jeux de mots de l'auteur... quand une équivalence en français peut exister..

  • Les Roubaiyât de Salah Jahine sont des quatrains à l'image de ceux d'Omar Khayyam : philosophiques, humoristiques, ludiques, ils s'achèvent toujours par une exclamation déconcertée : 'agabî ! (que l'on pourrait traduire par « bizarre, bizarre !», ou encore « étonnant, non ? »). Les poèmes sont écrits en dialecte égyptien et jouent avec toute la truculence de cette langue populaire. Ces quatrains sont une méditation sur la vie, la mort, la joie, le temps qui passe, l'innocence, l'absurdité du monde, sa fatalité, son origine, sa raison d'être et de tourner, la cruauté... L'oeuvre de Salah Jahine est prolifique puisqu'il a écrit plus de 240 roubaiyat qui peuvent être classées par thèmes : chaque année, Le port a jauni publiera un recueil de dix quatrains environ (entre neuf et quinze par recueil), classés par thèmes. Après un premier recueil générique publié en septembre 2015, "Plumes et poils de Roubaiyat" paraîtront en mars 2016, un recueil consacré aux bêtes et aux métaphores animales. Walid Taher illustrera cette série de recueils de poèmes avec pour consignes de s'essayer à diverses techniques graphiques, exercice qui lui est très familier et jeu qu'il aime jouer comme il l'a fait dans son album Sept vies (qui donne à voir autant de déclinaisons graphiques qu'il y a d'état d'âmes d'un chat).

  • Il est au bord de l'eau, les mouettes rient dans le ciel, il a une pelle et un seau l'enfant ne parle pas, le ciel ne dit rien, les nuages passent, il ne sait pas les compter.
    Sur une plage, l'enfant déplace son regard, s'arrête aux algues, aux flots et aux animaux qui l'entourent, observe un gros monsieur qui ronfle, se bat avec d'autres enfants qui marchent sur son sable, puis joue avec eux à bâtir des châteaux... L'enfant bleu est une ode à l'enfance, à la temporalité suspendue, au regard sur le monde, à dire le réel, dans ses moindres détails.
    À partir du poème de Vincent Calvet, nous avons proposé à Zeynep Perinçek de peindre, sur un grand format, autour des sensations, des sons et des couleurs qu'elle relie à l'enfance et au bord de mer.
    Puis, dans sa grande peinture de deux mètres sur deux, nous avons découpé des morceaux, comme autant de détails qui retiennent notre attention d'enfant.

  • Ce recueil de poèmes est le fruit d'une résidence artistique à Dar Ben Jelloun dans la vieille ville de Tétouan, dans le cadre d'un partenariat entre Le port a jauni et l'Institut français de Tétouan. Ramona Badescu et Benoît Guillaume sont partis en résidence ensemble durant trois semaines au mois de mai 2018, l'une pour écrire, l'autre pour dessiner.
    Jour après jour, ils se sont installés au même endroit, l'un dessinait, l'autre écrivait. Jour après jour, au gré du hasard, ils ont relaté le monde qui les entourait, chacun de leur point de vue, les mêmes lieux, les mêmes gens, les mêmes scènes : un concert de musique, la terrasse d'un café, l'orage menace, un cortège funéraire passe, un chat dort, près du four à pain... Les poèmes répondent aux dessins qui parlent aux poèmes, par hasard.

  • Le café lui sert de départ est le nom de la première nouvelle du recueil construit au fil des années et de ses déambulations urbaines par Nathalie Bontemps, arabisante et traductrice distinguée de la langue arabe ayant vécu plus de dix ans en Syrie. De Marseille à Damas, de Beyrouth à Paris, les nouvelles se succèdent comme autant de portraits de villes. L'écriture est intérieure et profonde, elle s'attache au ressenti des villes, à leur quotidien et à la rencontre intime de ses habitants. L'illustrateur Benoît Guillaume a pour usage de s'asseoir dans les rues urbaines et de croquer les scènes qui coulent sous ses yeux dans une mixture de pastels gras, de posca, de mine de plomb, de stylo bic et de peinture acrylique. Ses croquis pris sur le vif constituent un écho instantané aux réflexions profondes et construites de l'auteure. La traduction de ces nouvelles est due au grand poète contemporain syrien, Golan Haji, en connivence avec Nathalie Bontemps, dont il est le mari. En français comme en arabe, l'écriture est puissante et harmonieuse.

  • "Léa flottait est l'histoire d'une petite fille puis d'une jeune femme, légèrement différente. Les thèmes du regard des autres, de la conscience et de l'acceptation de soi sont abordés de façon métaphorique et poétique.
    Le livre est bilingue en français et en arabe, il se lit à double sens. Les dessins au pastel sec accompagnent le voyage de Léa mais ne l'illustrent pas : des paysages se succèdent, extraits de champs, forêts, fenêtres. Les images vues par les yeux de Léa invitent le lecteur à partager son regard sur le monde. "

  • Le baiser

    Mathilde Chèvre

    "De Mane à Marseille, le père Albert se lance dans un long périple. Maintes fois, il croit reconnaître son poisson rouge, mais c'est toujours un leurre. Feuille d'automne, pomme rouge, bonbon cerise ou soleil couchant, le père Albert en perd la boule et son errance dure, longtemps, jusqu'à ce qu'il se résolve à entamer le chemin du retour.
    Tandis que l'illustration représente ce qui est imaginé par le père Albert, le texte joue sur les mots et se moque de ses hallucinations successives.
    L'histoire est bilingue en français et en arabe. Lorsque le père Albert renonce à sa quête chimérique, l'album change de sens de lecture : l'aller du voyage se lit dans le sens français et le retour dans le sens arabe, d'autant qu'à l'arrivée, à l'entrée du village, une surprise... renversante attend le père Albert. "

  • Au point de départ, une série d'images de Gabriella Corcione : des maisons en monotypes, des profils de maison, l'intérieur, l'extérieur, l'ombre de la maison, l'agglomération... Le port a jauni a confié cette série à Pierre Soletti avec plusieurs propositions d'écriture : la maison comme personnage ; une attention portée aux matières qui la constituent comme autant d'essence d'elle ; la maison comme une structure et une masse ; les espaces de passage et de traversée du paysage ; par la fenêtre je vois ? ; le dedans / le dehors, l'intime et le public...
    Et voici sa réponse aux images : "Poèmes par-dessus les toits". Ce recueil de poèmes répond au livre de Walid Taher, "Notre maison" (Le port a jauni, janvier 2020). Il poursuit l'exploration du sujet de l'intime raconté aux enfants. Nous aimons donner le même thème de création à des artistes différents : c'est une façon de témoigner de la subjectivité et la poésie du sujet !

  • Terrains vagues Nouv.

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