Ginkgo

  • Boule, un pauvre chien errant des rues de Moscou, est recueilli par l'éminent professeur Préobrajenski qui l'emmène à son domicile.

    En ces temps troublés qui suivent la révolution de 1917, le scientifique, privé de son laboratoire, entend bien poursuivre chez lui son ultime expérience. Au risque de donner vie à un être incontrôlable.
    Interdit par la censure dès sa rédaction, en 1925, ayant circulé « sous le manteau » pendant des décennies jusqu'à sa publication en Occident à la fin des années 1960, Coeur de chien est sous le couvert du fantastique une féroce et hilarante satire du nouvel ordre soviétique et d'un système absurde visant à la création de l'« Homme nouveau ».

    Parue en 1990 à Moscou et jamais rééditée, cette superbe traduction d'Alexandre Karvovski rend à ce texte incomparable son irrésistible et inquiétante drôlerie.

  • En 1878-1879, autour de l'âge de cinquante ans et après avoir écrit Anna Karénine, Léon Tolstoï traversa une profonde crise de vie et de conscience, celle qui allait le mener à devenir celui qu'on sait, le quasi-prophète qui inspirerait Gandhi et des millions d'autres. Ma Confession est le livre crucial de cette crise, écrit en 1879, et depuis longtemps n'était plus édité.
    Initialement prévu pour être une « Introduction à une critique de la théologie dogmatique » préfigurant une vaste oeuvre théologique en quatre parties, Léon Tolstoï en a finalement fait un texte court et simple parlant à tout être humain, le réceptacle de toute ces interrogations qui le hantaient depuis son enfance et qui sont celles de toute personne en ce monde :
    « Qu'est-ce qui sortira de ce que je fais aujourd'hui ? de ce que je ferai demain ? Qu'est-ce qui sortira de toute ma vie ? » et « Quel est le sens de la vie ? », questions demeurant sans réponses pour lui et qui rendent la vie « impossible », et finissant par se transformer en une manière de concevoir Dieu et la foi qui ne pouvait que se heurter à l'Église orthodoxe et à tout dogme établi.
    Complètement inconnue du public français et longtemps interdite par la censure, Confession, est une oeuvre bouleversante à consonances très largement autobiographiques et totalement originale. Tolstoï y déploie le paysage d'une âme désespérément séparée de Dieu, désertée par la grâce, seule face à l'obsession de la mort.
    Une première tentative de publication eut lieu en 1882 dans une des plus grande revue de l'Empire russe mais le texte fut presque en totalité éliminé par la censure de l'Église orthodoxe. Il fut publié à l'étranger à Genève en 1884, avant d'être traduit en français en 1887. Il circula longtemps en Russie en manuscrits avant de connaître une première publication restreinte en 1906 et de devenir pour toute une génération le grand livre de cet idéal ascétique et mystique.
    Aveu d'une puissance rare, même chez un écrivain aussi considérable, précisément parce qu'il abandonne tout artifice littéraire, inévitablement entaché de péché dans sa nouvelle vision du monde, pour conférer aux mots une sorte d'énergie primitive, une signification transparente libérée de toute médiation.
    Nous sommes ici au coeur de la vérité tolstoïenne si proche de la sainteté, témoins fascinés d'une expérience unique, relatée dans une langue limpide et par-là même universelle.

  • La paix soit avec vous, l'une des dernières (sinon la dernière) oeuvres de Vassili Grossman, est à lire comme le testament d'un écrivain, le bilan de sa vie.
    À l'automne 1961, Vassili Grossman, malade, désespéré par la saisie de son dernier roman Vie et destin, accepte de passer un mois et demi en Arménie pour travailler à la mise en forme littéraire d'un roman traduit de l'arménien.
    Sa tâche accomplie, il entreprend, le 30 décembre 1961, de rédiger ses «impressions arméniennes» ?
    Prenant le prétexte de «notes de voyage», Vassili Grossman parle ici de ce qui lui tient le plus à coeur :
    Le peuple, les gens «simples» pas si simples que cela, le martyre arménien (et parallèlement, le martyre juif), la foi, la poésie, l'art.
    Impossible en lisant ce livre, de ne pas songer à Vie et destin. Car tous les thèmes, tous les motifs y ont été puisés. Mais La paix soit avec vous, véritable «poème», est un livre lumineux, empreint de lyrisme et de sérénité. Au soir de sa vie, Vassili Grossman jette sur le monde et lui-même un regard plein de compassion et d'ironie mêlées. La joie l'emporte sur la souffrance, et la foi en la bonté sur l'amertume. Jamais l'auteur n'a montré tant d'abandon, jamais il n'a mis à nu, avec une telle sincérité, son âme et son corps.
    Refusant la suppression de certains passages où il évoque l'antisémitisme soviétique, Vassili Grossman ne verra pas la publication de son texte. Celui-ci ne paraîtra qu'après sa mort, en 1965 et 1967, avec, dans les deux cas, les coupures exigées. Il a fallu encore vingt ans pour que la censure soviétique autorise enfin la publication du texte intégral, tel qu'on pourra le lire ici dans sa traduction française.

  • Un jeune homme, Ivan Timofeïevitch, en mission pour plusieurs mois aux confins de l'Empire russe, dans une région reculée et sauvage à la limite de la Russie, de l'Ukraine et la Pologne, vit dans un village où les habitants le regardent avec méfiance, et a pour seule compagnie un paysan auquel pour passer le temps il tente d'apprendre à lire et écrire. Un jour, parti chasser, il s'égare et tombe par hasard sur une pauvre cabane, perdue au milieu des forêts, où vivent une vieille femme et sa petite-fille, la jeune et belle Olessia.
    Olessia lui fait retrouver le chemin du village, et lui explique que toutes deux vivent à l'écart de tous car les villageois les considèrent comme des sorcières...
    Dans la solitude de la nature, dans le silence des forêts, une des plus belles histoires d'amour de la littérature russe, et de toute la littérature.
    Comme on laisse passer l'amour possible est une préoccupation majeure dans l'oeuvre d'Alexandre Kouprine. Elle se conjugue avec le témoignage réaliste dont est victime la beauté singulière. La sorcière supposée du récit Olessia (1898), la jeune juive, la mal mariée résignée de force, ces différents personnages semblent voués à disparaître dans l'oubli et l'incertitude, bannis par les frayeurs de la communauté, ses codes, sa violence et sa délation.
    Très célèbre en Russie, Olessia était l'un des récits favoris de son auteur et largement autobiographique.
    Il a fait l'objet de plusieurs adaptations au cinéma, dont l'une en 1956 avec Marina Vlady et Maurice Ronet : La Sorcière.

  • Les douze chaises

    Ilf Et Petrov

    • Ginkgo
    • 2 Décembre 2020

    Le cas d'espèce du roman humoristique : une satire de la Russie entre NEP et stalinisme que la bureaucratie n'a pas vu passer et qui échappa à la censure !!! . Paru en 1928 - un monument de la littérature russe Sur son lit de mort, une riche dame dévoile à son gendre « Hippolyte Matvieïévitch Vorobianinov » qu'elle a caché ses diamants dans l'un des douze sièges de son ancienne maison, réquisitionnée depuis. Problème : celles-ci ont été vendues. L'information tombe dans l'oreille d'un personnage rusé et haut-en-couleurs, Ostap Bender, auto-proclamé « le grand combinateur », qui va proposer à l'aristocrate déchu de retrouver les chaises avec lui.
    Les « héros » se lancent donc à la poursuite de douze chaises et traversent pour cela une bonne partie de l'Union soviétique.

  • Le veau d'or

    Ilf Et Petrov

    • Ginkgo
    • 12 Février 2021

    Nous suivons, une fois encore, les exploits de Bender et ses associés à la recherche d'un trésor au milieu de la réalité soviétique Alexandre Koreïko est en apparence un fonctionnaire soviétique ordinaire. Nul ne sait qu'il cache, dans le casier d'une gare, une mallette contenant les centaines de milliers de roubles qu'il a amassés au cours de sa carrière corrompue. Mais l'histoire de cet étrange millionnaire est parvenue aux oreilles d'Ostap Bender, et celui-ci ne rêve que d'une chose : s'exiler à Rio de Janeiro... Dans cette seconde aventure, l'escroc sympathique et sa nouvelle équipe sillonnent à bord de leur flamboyante voiture la Russie soviétique et l'Asie centrale pour voler le voleur. le Veau d'or est avec son humour acide la grande satire du système communiste.

  • Guérassime, sourd-muet de stature colossale, sauve un jour une petite chienne de la noyade : celle-ci lui voue un attachement éternel et devient le centre de son existence. Mais Guérassime est un serf, et la maîtresse du domaine auquel il appartient, vieille dame autoritaire et capricieuse, n'apprécie pas ce petit animal qui a osé lui montrer les dents et dont les aboiements la réveillent...

    Écrit en prison en 1852, alors que Tourgueniev était incarcéré pour des propos que contenait son article sur Gogol qui venait de mourir, Moumou, dont la figure de la dame-propriétaire tyrannique est inspirée de la mère de l'auteur lui-même, était après les Mémoires d'un chasseur un nouveau réquisitoire terrible contre le servage, qui allait finir par être bientôt aboli, et est devenu un des textes les plus célèbres et populaires de la littérature russe.

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  • " La Locomotive ivre " rassemble des texte, de Mikhaïl Boulgakov.
    Ces nouvelles où s'exprime une satire peinture incisive de la société soviétiques. L'ambiance de la Russie des années vingt, celle du communisme et de la de guerre" et de la "NEP" (Nouvelle Economie politique). Chroniques lucides et sensibles, journal d'un monde qui bascule . Récits à l'ironie mordante, à la frontière du fantastique où se mêlent à La tendresse, la dérision et l'humour. Et si la gravité n'est jamais absente, il reste toujours à l'issue de transformer le quotidien en farce.

    De la rébellion "drôle" à la bouffonnerie " tragique ". Toute la palette inimitable du grand écrivain.

  • Ce livre, qui n'appartient à aucune catégorie de la littérature, illustre que dans notre monde moderne, où triomphent le rationalisme et le scientisme, le mythe est toujours vivant. » (Stefan Zweig) La Mue du serpent a paru pour la première fois en Géorgie, en 1926. Remarqué par un Stefan Zweig émerveillé, le roman paraît en traduction allemande en 1928, avec une préface du célèbre auteur. L'action du roman se déroule lors de la Première Guerre mondiale, en Iran, affecté par la rivalité entre les Alliés et les Empires centraux, et en Géorgie. Le personnage central du roman, Archibald Mekeche, peintre, un intellectuel détaché de ses racines, se retrouve en Iran. C'est ici qu'il découvre ses origines géorgiennes où selon les hypothèses de l'époque l'ethnogenèse des Géorgiens est liée à la basse Mésopotamie. Passé par un long chemin initiatique, il revient au sein de son pays pour y renaître dans l'amour et retrouver son identité.

    Traduit du géorgien par Maïa Varsimashvili-Raphael et Isabelle Ribadeau Dumas.

  • « Que ressent une époque en train de périr envers ce qui vient à sa place? » L'imposant André Babitchev, éminent et arrogant membre du trust soviétique de l'industrie alimentaire et directeur d'une usine de saucisses dernier cri, recueille chez lui un homme qui dormait ivre au coin d'une rue, un homme que la nouvelle société a laissé sur le côté, Nicolas Kavalérov.
    Celui-ci devient pour un temps son serviteur et son parasite:
    Car le véritable protégé de Babitchev, Volodia Makarov, le prototype de l'homme nouveau, le jeune footballeur triomphant qu'aime la jeune fille dont Kavalérov est lui-même amoureux, sera bientôt de retour...

    D'un côté les hommes nouveaux, sportifs, matérialistes, soucieux d'hygiène et de rendement. Au xixe siècle ils dissé- quaient les grenouilles, aujourd'hui ils construisent des avions et des combinats géants de saucisses. De l'autre côté l'éternel « homme du souterrain », intelligent et inutile, individualiste et terré dans son trou, dévoré par l'envie. [...] La sobriété de style d'un Bounine, la sophistication des constructivistes, l'imper- tinence d'un dandy se marient au burlesque et à l'inquiétant. (G. Nivat).

    Fable symbolique d'une ironie féroce sur le fossé entre ceux du monde d'hier et qui ne sont rien et les vainqueurs du monde nouveau, L'Envie remporta à sa parution en 1927 en Union soviétique un immense succès : il était le roman crucial de son temps... Si moderne !

  • Ce volume contient sept des plus belles nouvelles de l'écrivain : « Trois roubles, La Grammaire de l'amour, Nuit en mer, Coup de soleil, Casimir Stanislasovtich, Ida, Le Sarafane de Mordovie ». Il reprend le volume « La Grammaire de l'amour » paru en 1997 aux éditions Sables à Toulouse, augmenté d'une septième nouvelle.

  • Une jeune épouse qui refuse de se plier aux règles de sa nouvelle zadrouga, ces communautés familiales élargies de Serbie, un soldat amputé qui revient de la guerre contre les Turcs et qui est accueilli par son père, une jeune fille qui part faire des études dans la capitale et fait la fierté de son village, un père qui sombre dans la spirale du jeu au désespoir de sa famille,... « scènes de la vie serbe » que restituent merveilleusement ces cinq nouvelles de Laza Lazarevic, un des auteurs les plus chers aux coeurs des Serbes, qui fit découvrir à l'Occident ce pays mystérieux, depuis peu délivré du joug ottoman.

  • Savez-vous qu'il existe un univers parallèle au nôtre auquel les êtres humains normaux n'ont pas accès ? Dans cet univers, Pierre le Grand veille toujours sur son Palais de l'Ermitage et ses fidèles serviteurs, les fameux chats gardiens des trésors de l'art, parlent avec les personnages des tableaux du célèbre musée de Saint-Pétersbourg.
    Le tsar veut organiser une grande fête dans son Palais, pour laquelle il fera exceptionnellement appel à une jeune ballerine venue du monde des humains. Mais Buthadeus, le réprouvé, le chevalier banni qui erre depuis des siècles entre les mondes, a un plan machiavélique pour une dernière fois tenter de s'emparer du Palais et de l'univers entier.
    Macha, la jeune danseuse, aidée du chat Vaska et par Alexandre Pouchkine en personne, pourra-t-elle non seulement danser pour le tsar, mais aussi sauver le monde ?

  • « Je suis venu au monde pour voir le soleil. » Prédestination ou choix volontaire, le poète russe Constantin Balmont est en effet le poète des « Visions solaires » et des élans hardis. En janvier 1912, Balmont, qui s'est exilé en France pour fuir le régime tsariste, part pour un tour du monde qui le conduit en Afrique du sud, en Inde, en Nouvelle-Zélande, en Polynésie, dans ces terres baignées de soleil et de civilisations disparues ou en train de disparaître sous le poids du monde moderne. Ces récits de voyage, ajoutés à ceux écrits par Balmont lors de voyages au Mexique en 1905 et au Japon en 1916, furent traduits en 1923 en français par son amie Ludmila Savitzky pour donner ce livre unique où la prose poétique sublime de Balmont témoigne de la joie solaire de ces terres lointaines. Une redécouverte magnifique.

  • Des voyageurs traversant un des immenses lacs russes demandent au moine singulier et colossal qui les accompagne de leur conter narrer ses aventures.
    C'est ainsi que cet étrange moine raconte comment sa mère, morte en couches, l'avait promis à Dieu et à la vie monastique et comment, pour avoir refusé ce destin, il fut poursuivi par une curieuse malédiction, voué à errer sur la terre russe, tour à tour prisonnier des Tatars, compagnons des Tziganes, expert et dresseur de chevaux des steppes, soldat et même criminel, échappant sans cesse à la mort pour tomber dans un autre péril.
    Conte symbolique et intemporel, Le Pèlerin enchanté est une extraordinaire odyssée à travers la Russie.

  • Voici une aventure singulière : l'histoire de la dernière expédition botanique de Théodore Monod, alors âgé de 93 ans, au Yémen et dans le désert d'Arabie en compagnie de José-Marie Bel, son ami et expert de cette région.

    C'est en évoquant les déserts avec Théodore Monod dont le Sahara, qu'il affectionnait tant et qui est aussi celui de son enfance que José-Marie Bel s'est lié d'une l'amitié sincère avec le savant, amitié enrichie avec le temps d'une singulière complicité.
    C'est également à travers leurs fréquentes discutions au sein du Muséum national d'Histoire naturelle, abordant aussi bien la philosophie, les religions et l'environnement qu'un projet de mission botanique au Yémen a germé en 1990. Théodore était fort tenté d'y retourner et accordait à José-Marie la confiance d'un véritable ami. Alors pourquoi ne pas se lancer dans une nouvelle aventure ?

    Forts de leurs expériences dans des lieux reculés, ils ont préparé durant plusieurs mois cette expédition. Pourtant, tant de circonstances l'ont fait repousser, au risque même de l'annuler : leurs occupations diverses, comme la restauration de la Maison de Rimbaud à Aden dont Bel avait la charge, ou le voyage de Monod dans le Tibesti ; la guerre du Golfe ou le grave conflit yéménite de 1994... À ce sujet, l'auteur ses souviens des propos de Théodore qui venait d'avoir 92 ans : « ... en ce moment, c'est le Yémen qui ne va pas bien, moi, je vais très bien... » Heureusement, cette mission eut bien lieu l'année suivante, et quelle mission !
    Longues et périlleuses marches sur des sentiers impraticables et sous un implacable soleil, escalades ardues et descentes au fond de cratères en quête de l'Euphorbia adenesis, à la sève irritante, ou du Boswellia sacra, le fameux arbre à encens : l'objectif des deux « explorateurs » étant de rassembler un herbier, le plus complet possible, à l'instar de celui rassemblé en 1977 et disparu depuis.

    C'est en somme un périple de près de 3500 km qui fut mené dans ce pays : régions humides des hauts plateaux, basses plaines du Golfe d'Aden, secteurs volcaniques et désertiques, vallées du Hadramawt, et bien sûr la région d'Aden, la capitale. Certains lieux ont été privilégiés, suivant ainsi la volonté d'un vieux monsieur qui certes souffrait sur le terrain, mais dont la volonté, l'obstination même était inébranlable : vestiges des villes antiques et mythiques de Shibâm, Shabwa, Maareb, et surtout la « botanisation » sur le plus haut sommet du Yémen avec en prime - pour la première fois - la vérification de son altitude. De ce voyage (le dernier de Théodore Monod) un film fut produit, et aujourd'hui ce recueil. Rédigé par José-Marie Bel, il prend la forme d'un carnet de voyage, relatant le quotidien de l'aventure vécue par l'auteur et le vieux savant ; aventure au sens propre du terme, certes située à la fin du XXe siècle mais qui garde tout l'esprit des expéditions d'antan, celles des premiers explorateurs.
    Tant d'années après cette mission et après sa disparition (en 2000), voici une humble manière de faire revivre aux admirateurs de Théodore Monod des journées de ce grand monsieur.

  • Le tsar Alexandre se rend en Angleterre où il observeles merveilles de l'industrie florissante de ce royaume etreçoit moult présents que son fidèle serviteur le cosaque Platov n'a de cesse de dénigrer. L'un d'entre eux pourtantles stupéfie : une puce dansante entièrement mécanique.
    Les orfèvres anglais sont-ils à ce point supérieurs à ceux de l'empire du tsar ? Il en va de l'honneur des plus doués des artisans russes, dont parmi eux le Gaucher bigle de Toula.
    Présenté par un narrateur narquois qui ne semble pas tout comprendre aux événements, à mi-chemin entre légende populaire et conte satirique, Le Gaucher témoigne avec malice et humour des rapports de la Russie avec l'Ouest.

  • Le naufrage du Grafton sur un récif de l'île d'Auckland, en 1863, a donné lieu à une extraordinaire expérience humaine, dont ce texte est le récit fidèle. Francois-Édouard Raynal, natif de Moissac dans le Sud de la France, en est l'auteur, après en avoir été l'un des principaux acteurs.
    Aventurier et prospecteur en Australie depuis une dizaine d'années à la recherche de filons d'or, et alors qu'il envisageait de rentrer enfin en France, il accepte de participer à une ultime expédition vers l'île de Cambell, la plus australe de l'archipel de la Nouvelle-Zélande. Malheureusement le bateau, pris dans une des redoutables tempêtes de cette région du monde fait naufrage et s'échoue aux abords d'une île isolée : Auckland. Débute alors l'aventure, l'expérience devrait-on dire, la plus éprouvante de sa vie et, bien entendu, de celle des quatre compagnons de l'équipage, heureusement sains et saufs.
    Durant presque deux ans, ce petit groupe d'hommes, dénué de presque tout et perdu sur une île rocheuse et battue par les vents, va non seulement survivre mais s'organiser. Construisant d'abord un abri puis une véritable maison, explorant leur domaine et chassant pour se nourrir, ils vont reconstituer la société «civilisée» afin de préserver leurs valeurs et leur vie, restant solidaires par force de courage et de ténacité. Enfin, ils construiront une barque qui effectivement permettra à trois d'entre eux de rejoindre les terres habitées et de venir rechercher ceux restés sur place. L'illustre Jules Verne, lui-même s'en inspirera d'ailleurs pour son roman, L'île mystérieuse, publié cinq ans plus tard.
    Ce récit - en fait journal tenu par Francois-Edouard Raynal - décrit la vie quotidienne des cinq hommes. Publié quelque vingt mois après son retour en France dans des revues de voyages puis sous forme de livre chez Hachette dès 1870, ce texte connaîtra un très grand succès auprès de lecteurs avides de témoignages exotiques et dramatiques. La qualité littéraire de la plume de Raynal tout autant que les très belles gravures réalisées par Alphonse de Neuville (de son temps mieux connu comme peintre de batailles) jouèrent également un grand rôle dans la diffusion du récit.
    A ce jour aucune publication cependant ne s'est attaché à développer les aspects - pourtant fort importants - autour desquels cette aventure s'est déroulée. C'est une édition enrichie que nous proposons, grâce aux recherches de Christiane Mortelier.

  • Cette histoire est basée sur un fait réel.

    En Afrique du Sud, dans les années soixante, les Debeer, famille d'Afrikaners (colons blancs d'origine hollandaise), se trouve brusquement « déclassée », passant du statut de Blancs à celui de Métis.

    En vertu des lois sur l'apartheid les Debeer doivent changer de domicile pour s'installer dans le ghetto sur les versants de Devil's Peak, non loin du Cap de Bonne Espérance.

    Ce roman est l'histoire de cette brusque déchirure, de cette nouvelle vie qui commence pour les Debeer. L'autre aspect du roman est la vision de la société sud-africaine, telle que nous la conte Michael le jeune Européen, de cette société où la fameuse Loi sur l'Immoralité ne lui permet pas de rencontrer Prudence Debeer.

    L'amour de deux jeunes gens de « couleur différente » y est inconcevable.

  • Petrograd à l'époque de la Révolution. Mikhaiil Zenkevitch tente de survivre dans une ville où règnent la famine et le froid. Atteint par le typhus, il sombre dans l'inconscience. Les événements les plus improbables vont alors surgir. Soigné par un médecin défunt, revenu miraculeusement parmi les vivants, le poète replonge dans le passé et va vivre son rêve au fil d'un récit mené jusqu'à l'absurdité. Comment mieux décrire ce que vit ou subit la Russie entre 1916 et 1922 sinon dans une hallucination ? Elga, roman flamboyant et envoûtant, nous transpose, nous immerge dans l'histoire, dans les années tumultueuses de la Révolution. Anna Akhmatova, célèbre poétesse russe ; Nicolaï Goumiliov, son mari, fusillé dans les années vingt ; Grigori Raspoutine, le mystérieux conseiller des derniers Romanov, sont les protagonistes de cette "invraisemblable vérité".

  • L'autre Paris

    Ivar Lo-Johasson

    • Ginkgo
    • 14 Octobre 2016

    « Si je suis revenu à Paris, c'est pour y observer de près le monde de la pauvreté : les mendiants, les prostituées, les vieux dans leurs asiles et les miséreux dans leurs refuges. Paris vient de fêter ses deux mille ans. Moi, je ne dispose que d'un recul de vingt-cinq ans. Mais je suis à l'âge où l'on demande à ses vieilles connaissances : comment ça va ? »

  • Femmes et pommiers

    Moa Martinson

    Première traduction en français de l'un des écrivains suédois parmi les plus importants du XXe siècle. Un regard sans complaisance sur la société suédoise et la situation des femmes Dans la Scandinavie des années 30.

    La littérature dite « prolétarienne » a connu un beau succès en Suède.
    Moa Martinson (Helga Maria Swartz, 1890-1964), épouse du Prix Nobel de littérature (1974) Harry Martinson, fut l'un des membres féminins de ce courant. Publié en 1933, son premier roman, Femmes et pommiers (Kvinnor och £appelträd), nous montre, dans la ville de Norrköping, un milieu ouvrier foisonnant, au sein duquel les femmes de plusieurs générations jouent un rôle prépondérant.
    Sans misérabilisme et sans angélisme non plus, ce roman décrit la vie quotidienne de personnages que Moa Martinson a su rendre très attachants.
    Ce roman a créé la sensation par son langage réaliste et de sa liberté de ton en matière sexuelle.
    Il décrit la jeunesse misérable de Sally et Ellen, dans les quartiers ouvriers de Norrköping, racontée d'un point de vue féminin.

  • Errance ferroviaire et enchantements crépusculaires. Le Caméléon mystique, l'ultime roman de l'écrivain angevin Maurice Fourré, testament littéraire d'un homme d'un « Autre Temps » égaré dans une époque qui n'est plus la sienne, constitue à la fois un roman d'apprentissage, un pèlerinage aux confins du monde occidental et une exploration ésotérique de la ville centre de la France, Bourges. Les énigmes soulevées ne sont pas toutes résolues : nous invitons les lecteurs et lectrices à se laisser porter par la musique singulière de la prose « fourréenne » et à suivre pas à pas les tribulations de Pol Hélie, dans les traces de son père Domino.

  • Dans un jeu surprenant basé sur la règle de trois, trois nouvelles tissent un récit et trois récits un roman dont les trois héros presque identiques, aussi désarmés que décalés, évoluent à petits pas entre famille, travail et loisirs.
    La prose de Soloükh, d'une virtuosité mathématique, nous plonge dans la chimie du quotidien d'une ville sibérienne où les parallèles des destins apprennent à se croiser.
    Les relations entre père et fille sont au centre de la narration, et l'émotion se cristallise dans l'écriture qui transfigure ce livre inclassable et lumineux.
    Bien plus qu'un exercice de style, une plongée dans l'âme russe.

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