Gascogne

  • Rebonds gascons

    Nicolas Crubile

    • Gascogne
    • 25 Janvier 2021

    S'avancer sur les territoires de Nicolas, c'est une aventure à contre-courant. On quitte les chemins balisés, les comportements prévisibles, la tiédeur de la raison. On entre comme dans une réserve d'indiens, où les sorciers sont des docteurs, où les squaws ont des coiffes d'infirmières, où les terres à bisons ont laissé place à des terrains de rugby et les montagnes du Dakota à des coteaux gascons.
    Le guerrier Nico n'a pas de tatouages, mais un post-it « Combat »dans ses chambres. Son cheval est de fer et il voyage presque immobile vers des horizons qu'il veut patiemment dessiner dans une langue travaillée façon Claude Nougaro, qui disait à propos des mots : » Je les frotte comme des cailloux, pour en faire une petite étincelle ».
    Mettons nos mains au-dessus du feu de douleurs et d'espoirs allumé par Nicolas. Nous y croiserons des silhouettes célèbres, des visages humbles et serons portés vers les sillons fertiles de ses projets.

  • Cet ouvrage aurait pu porter en sous-titre « Le géographe dans tous ses états », tant il est riche d'événements et d'anecdotes sur la diversité des idées avantgardistes, des idéaux politiques et des multiples activités qui ont jalonné la vie plus que mouvementée de cet ardent démocrate. Abondamment documentée, cette biographie apporte un éclairage nouveau sur celui qui fut le géographe français le plus fécond de la seconde moitié du XIXe siècle.
    Élisée Reclus, le deuxième des célèbres cinq frères, est né à Sainte-Foyla- Grande (Gironde) en 1830. Ce géographe sociologue, dont la réputation est devenue universelle était une personnalité bien complexe : si l'homme privé imposait le respect par la noblesse et la générosité de son caractère, si le géographe forçait l'admiration universelle par son savoir étendu et son érudition élégante, le sociologue, dont les idées avancées avaient fait un des chefs de l'anarchisme intellectuel, fut toujours âprement discuté et combattu et ne dut même qu'à ses autres mérites de ne pas tomber sous la rigueur des lois.
    Fils de pasteur, élevé en pleine théologie comme son frère Élie, tous deux perdirent leur foi et refusèrent de suivre la voie de leur père. Élisée Reclus a fait un rêve : le bonheur de l'humanité selon ses conceptions, et il part, homme de foi, pour sa belle croisade, mettant au service de tous sa bonté, ses pensées généreuses. Le géographe idéaliste va ainsi entraîner ses frères et soeurs dans une foi qu'il a transposée dans un monde réel : L'HUMANISME.

  • «Maire, député, conseiller général et régional, président de l'Aviron Bayonnais, Jean Grenet a incarné Bayonne durant de nombreuses années.
    Parmi ses responsabilités, il y en a une qui lui tint particulièrement à coeur : la gestion des arènes de Bayonne. Ce ne fut pas une tâche facile car sous son mandat il fallut changer les habitudes, transformer les fonctionnements, opérer des travaux coûteux pour améliorer le confort de Lachepaillet. Fidèle à sa ligne, à la défense de la corrida dans sa ville, malgré les difficultés, Jean Grenet n'a pas reculé. Il a ainsi assuré la pérennité des arènes de Bayonne. Il fut aussi longtemps le président de l'Union des villes Taurines de France et joua à l'Assemblée Nationale un rôle important pour la défense de la corrida souvent attaquée de manière arbitraire.
    Son expérience est précieuse pour l'avenir d'une activité qui reste précaire.

    Désormais retiré, Jean Grenet n'intervient plus dans la vie publique bayonnaise. Il a choisi le silence même si, parfois, il n'en pense pas moins.
    Dans ce livre, il fait le point sur son action en faveur de la corrida. Il fait aussi le bilan de son travail à la tête de SA ville, Bayonne. Enfin, il nous livre les secrets de sa nouvelle vie. Une vie tournée désormais sur des joies simples, sans regrets ni amertume, ouverte vers d'autres horizons. Des réflexions emplies de sagesse, de tendresse aussi pour la cité de son coeur.
    Une voix sereine qu'il faut entendre.

  • Francis Wollf est un philosophe à la carrière brillante. Habilité à diriger des recherches en philosophie en 1998, il est nommé professeur des universités, à l'université Paris-X Nanterre en 1999.
    En mai 2001, il exerce les fonctions de directeur adjoint à l'École normale supérieure, il est nommé professeur des universités de cette institution, en 2004, au département de philosophie. Il en exerce la direction pendant trois ans. Ses nombreux ouvrages lui ont donné une réputation internationale, parmi eux : « Notre humanité. D'Aristote aux neurosciences », « Trois utopies du monde moderne », « Histoire de la philosophie » ou encore « Pourquoi la musique ? ».
    Francis Wolf s'est engagé pour la défense de la corrida. Il publiera « Philosophie de la corrida », « 50 raisons de défendre la corrida » ou « L'appel de Séville ». Il est intervenu en France et en Espagne, notamment en Catalogne, lors de la campagne politique qui a précédé l'interdiction des corridas. Cet engagement l'a fait connaître des aficionados du monde entier.
    Dans ces « Moments de Vérité », Pierre Vidal a voulu montrer l'importance de la contribution du philosophe à ce combat à travers sa vie quotidienne et son histoire intime. On plonge ainsi dans un passé douloureux et une jeunesse romanesque. On découvre par quels hasards Francis Wolf a croisé le chemin des arènes. On le suit dans ses engagements successifs et dans ses relations avec le monde de la corrida. On découvre le regard sans concession porté sur la tauromachie contemporaine par un aficionado passionné.
    Un reportage vivant, ardent et chaleureux à l'image de cet homme atypique qu'est Francis Wolff, philosophe engagé dans le combat pour la préservation d'une culture minoritaire : la corrida.

  • Tôt le matin, quand le soleil ne brûle pas encore le sable du « Coso del Pino » et que l'air salé du Guadalquivir rafraîchit les corps, ils s'entraînent ensemble : humbles et glorieux ils ne ménagent pas leurs peines. Chacun pousse le carretón pour l'autre, indifférent à son rang. Là se forgent les destins : ceux qui déchargeront les caisses de poissons au port de Bonanza ou qui défileront à la Maestranza.
    Au milieu du ruedo, Emilio, avec humilité, éternellement dessine la même véronique, le torse luisant de sueur. Comme ses amis, ses frères de Sanlúcar de Barrameda, il vivait lui aussi dans le dénuement et la solitude, anonyme et sans perspective, mais habité par la foi en lui-même. Comment a-t-il brisé le mur de l'indifférence ? Pourquoi lui et pas les autres ? Quelles furent les épreuves qu'il dut traverser pour s'extraire du « montón » où tant finissent ? Quelles mains secourables se sont tendues ? Quels ont été ces moments de doutes et de souffrances ? Quel a été le rôle de la France dans son ascension ? Et que sera demain pour Emilio ?

  • Conchita Cintrón est née au Chili le 9 août 1922 d'un père portoricain et d'une mère américano-irlandaise.
    Ce mélange des cultures fera d'elle une enfant rebelle qui, élevée au Pérou (sa patrie de coeur) découvrira sa passion pour l'équitation qui la conduira à être torero à cheval (rejoneadora) et par la suite à pied.
    Enorme frustration, le régime franquiste interdit aux femmes de mettre pied à terre ! Mais elle réussit à s'émanciper de tous les interdits pour s'imposer dans un milieu typiquement masculin.
    En cela, Conchita Cintrón restera dans l'Histoire comme une femme intemporelle, résolument moderne et universelle.
    Après avoir fait la Une de tous les medias, elle s'adonnera à des activités plus paisibles qui se solderont encore par de nombreuses réussites.
    La mort viendra la surprendre à l'aube du 17 février 2009. Puisqu'il paraît que les Dieux et les Déesses sont immortels, Conchita Cintrón restera à jamais dans nos coeurs.

  • Dernier fils d'Aliénor d'Aquitaine et Henri II Plantagenêt, Jean sans Terre n'aurait jamais dû régner ni posséder de terres.
    Pourtant le destin va se charger de bouleverser le cours des événements.
    En ce 12e siècle, devenu Roi d'Angleterre, duc de Normandie, duc d'Aquitaine et de Gascogne, puis comte de Poitou en 1199, à l'âge de 32 ans, Jean sans Terre va très vite faire preuve d'une autorité démesurée.
    Compensant un complexe d'infériorité par une cruauté sans pareille, Jean sans Terre lutte contre ses failles en témoignant d'un comportement autoritaire voire sadique lorsqu'il juge que la situation l'exige.
    Même s'il ne songe qu'à la grandeur de l'Angleterre et à l'Empire Plantagenêt, Jean sans Terre ne fait pas le poids face à un adversaire redoutable comme Philippe Auguste, décidé à demeure le Roi de France qui agrandit son royaume.
    Pourtant Jean sans Terre va s'efforcer de tirer son héritage vers le haut, même si le destin va contrarier toutes ses ambitions. Décidé à lutter contre ses barons qui exigent plus de libertés, Jean sans Terre trouve un soutien, pour le moins insolite, auprès du pape Innocent III, de qui il devient le vassal en lui résignant l'Angleterre, ce qui lui permettre de rester au pouvoir jusqu'à sa mort, en 1216.
    2016 fête le 850° anniversaire de la naissance mais aussi le 800° anniversaire de la mort de Jean sans Terre.

  • Richard Milian restera, longtemps encore, un personnage atypique de la tauromachie française... Il n'est que le treizième matador de l'histoire et arrive à un moment où il est de bon ton de professer un racisme social envers les toreros français. C'est une période où on leur refuse régulièrement l'entrée des arènes de l'hexagone.
    Malgré cela il va demeurer vingt ans... et participera à deux cents corridas, sans qu'une seule année il ne paraisse pas à l'affiche. Cette carrière fut celle de la difficulté et de tous les dangers devant d'impossibles toros au point de parvenir à une espèce de perversion qui lui faisait préférer à tous les autres les légendaires toros de Miura à la réputation de mort.
    Richard Milian qui a fait sa dernière corrida à Floirac en 2001 ne s'est jamais coupé la coleta. S'il avait décidé de ne plus descendre dans l'arène, il n'abandonna jamais le sens profond de cette profession, la volonté, le courage et l'honneur. Trois qualités essentielles pour un torero et indispensables, affirme-t-il, pour être un homme.
    Richard Milian est un grand Monsieur qui poursuit son parcours avec cette mentalité de torero de dignité, de fierté et de respect. L'homme d'honneur qu'il a toujours été se livre dans ces pages sans jamais rien cacher, de ses bonheurs mais aussi de ses regrets.
    Tous ceux qui l'ont entouré ou rencontré au cours de ces vingt ans apportent leur témoignage sur ce torero pour qui le respect des autres et de soi même est la première de toutes les vertus.

  • Faire découvrir les pages oubliées d'un écrivain célèbre n'est point simple curiosité, c'est également servir sa mémoire, taire partager ses balbutiements.
    Dans cette bluette, l'auteur n'a pas vingt ans, on remarque que sa pensée lui échappe, on sent des flottements dans cette préciosité délicate qui contribuera à son succès ; mais la forme est souple, l'image fraîche, les sentiments vrais. Ecrit dans un style simple, spontané et profondément idéaliste, Edmond Rostand sait déjà faire partager l'émotion qu'il découvre. La tristesse qui alourdit le coeur du petit Jacques, résulte d'une souffrance ressentie chez le costumier Géraudet, non d'une douleur personnelle.
    La pensée du garçonnet préfigure le souffle qui, dix ans plus tard, trouvera son plein épanouissement dans Cyrano de Bergerac.

  • À 13 ans, Armantine, fille d'un métayer de Chalosse entre au service du député local comme lingère. Elle connaîtra une existence très surprenante pour l'époque en suivant celui qui deviendra son mentor jusqu'au Chili où elle deviendra sa gouvernante lorsqu'il sera ambassadeur.
    Marquée sa vie entière par l'humanisme de cet homme qui lui apprendra à lire, elle recevra ses dernières paroles lors de son décès survenu à bord du bateau qui le ramenait en France.
    Elle choisira alors de retourner à son métier de fermière et de pailleuse de chaises, refusant de se voir employée par des bourgeois parvenus et peu enclins à considérer les gens de maison.
    La grande guerre n' épargnera pas ses jumeaux qui connaîtront des destins différents dans un imbroglio familial compliqué.
    À travers de savoureux dialogues, l'auteur adresse ici un clin d'oeil aux pailleuses, ces ouvrières de l'industrie de la chaise, activité aujourd'hui disparue.

  • Sylvie avait de longs cheveux blonds bouclés.
    Elle étudiait aux Beaux-Arts de Bordeaux. Lui à l'école de Police. Ils étaient amoureux. Grâce à ses parents, il lui avait obtenu un stage au Musée de sa ville natale, Mont-de-Marsan. Et puis, un jour, elle avait disparu. On avait retrouvé sa voiture, garée en ville, mais elle, plus rien, volatilisée à jamais.
    Lui même avait été interrogé, ainsi que ses parents, et les parents de Sylvie, dont il aurait aimé faire la connaissance dans d'autres circonstances. Sylvie avait de longs cheveux blonds bouclés. Elle étudiait aux Beaux-Arts de Bordeaux. Lui à l'école de Police.
    Ils étaient amoureux. Grâce à ses parents, il lui avait obtenu un stage au Musée de sa ville natale, Montde- Marsan. Et puis, un jour, elle avait disparu. On avait retrouvé sa voiture, garée en ville, mais elle, plus rien, volatilisée à jamais. Lui même avait été interrogé, ainsi que ses parents, et les parents de Sylvie, dont il aurait aimé faire la connaissance dans d'autres circonstances.

  • Pierre Darré (1933) est originaire de Pouydesseaux, dans le département des Landes. En 1961, relevant d'une blessure reçue en Algérie, il s'orienta vers le monde des sciences, grâce à sa rencontre avec le biologiste Jean Rostand (1894-1977), membre de l'Académie française, fils du poète et dramaturge Edmond Rostand (1868-1918), auteur de Cyrano de Bergerac, L'Aiglon, Chantecler.
    Cet ouvrage retrace comment il est devenu le collaborateur de Jean Rostand pour mener ses travaux dans le milieu naturel, et créer à Pouydesseaux le premier laboratoire de recherche biologique en eau douce.
    Durant plus de cinquante ans, avec passion, Pierre Darré éveilla les consciences des visiteurs de tout âge pour en faire des protecteurs éclairés de la nature. Véritable pédagogue, en tant que directeur du Centre Jean-Rostand, il étudia et fit découvrir la faune et la flore particulièrement riche des milieux humides.
    A travers Pierre Darré mon Maître, mon Ami Jean Rostand, Michel Forrier relate à partir d'une documentation riche et variée, le cheminement de cet autodidacte qui était loin de se douter que sa vie lui permettrait de devenir le confident d'un homme exceptionnel, qui fut tour à tour :
    Chercheur, vulgarisateur et historien des sciences ; mais également moraliste, polémiste, accusateur des inégalités sociales, dénonciateur du nucléaire, combattant en faveur de la paix.

  • Sarah Bernhardt, dont on commémore cette année le quatre-vingt-dixième anniversaire de la mort, est toujours présente dans l'imaginaire du public. " La voix d'or" de Victor Hugo était en avance sur son temps. Outre ses dons artistiques, elle a été la première star des temps modernes par son sens de la publicité: que l'on parle d'elle en bien ou en mal, qu'importe, pourvu qu'on en parle.
    Elle considérait que sa vie privée ne concernait qu'elle et s'est amusée, dans ses fantaisistes mémoires, à égarer sur ses origines, ses goûts et ses amours. Ce monstre sacré était la fille d'une juive hollandaise appartenant à une fratrie de six enfants ; cousins, oncles et tantes l'entouraient et ont pesé sur sa vie. Sa tante Rosine, avec l'appui de son vieil ami le duc de Morny, la dirigea vers le conservatoire en vue d'un avenir qui ne l'enchantait pas.
    La suite est connue.

    Marie-Louise Barberot descend directement d'Edouard Bernhardt, l'oncle de Sarah. Monteuse de films, récompensée par un Oscar pour la reconstitution des ambiances sonores du Jour le plus long, elle a eu envie, le temps venu, de se plonger dans les aventures romanesques de sa famille dont Sarah Bernhardt a été le fleuron.

  • Chantecler

    Michel Forrier

    Créée en 1910, Chantecler reste une pièce singulière dans l'oeuvre d'Edmond Rostand. Elle divisa d'ailleurs le public à sa sortie voilà cent ans.
    Plus encore que la valeur artistique ou encore les audaces de l'auteur, c'est bien l'attente qui précède sa sortie ainsi que l'accueil qui lui est fait qui étonnent.
    Un spectacle où des animaux parlent ne pouvait qu'intriguer. Or c'est une véritable campagne de presse qu'il suscite. Articles, commentaires, caricatures, parfois violents, marquent l'impatience de ceux qui attendent l'oeuvre déconcertante du maître.
    Alors que l'on fête le centenaire de la création de Chantecler, Michel Porrier donne un éclairage nouveau de l'oeuvre et son contexte. Son regard parfois insolite sur Rostand permet de mieux comprendre cette entreprise folle qui a marqué l'histoire du théâtre.

  • Le loup d'Iraty

    Marcel Abbadie

    Darius neuf ans et son cousin Léni huit ans sont en vacances pour une semaine aux Chalets d'Yraty en Soule. Au cours de leur première sortie en montagne avec leurs parents ils croient apercevoir un loup. Tout d'abord ils sont les seuls à l'avoir vu. Mais l'animal se manifestera à nouveau. Il sera même accusé d'avoir décimé plusieurs troupeaux de brebis. C'est un canis lupus signatus, un loup venu d'Espagne qui vient explorer un nouveau territoire, peut-être pour le disputer à son congénère le canis lupus italicus qui comme son nom l'indique vient d'Italie et que l'on a signalé dans les Pyrénées Orientales.
    Outre les deux enfants et leurs parents ces aventures mettent en scène des personnages hauts en couleur : Jean Laplace le député, Eric Pelentin l'anarchiste-écolo, Frédéric Pihous le Président des sociétés de chasse.
    Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes serait évidemment purement fortuite.

  • Pendant des millénaires, quel que soit le nom que nous leur donnons, chamans, sorcières, guérisseurs, des individus assurèrent un office ambivalent au sein de leur communauté.

  • Gaston Boué de Lapeyrère (1852-1924) entra dans la marine à l'époque où Jules Verne publiait ses premiers Voyages extraordinaires. Comment ce jeune Lectourois, dont les racines familiales puisaient dans la profondeur du terroir gascon, put-il mener une carrière aussi hors du commun ?

  • Il a toujours eu le « duende », cette grâce innée des artistes qui provoque l'émotion la plus profonde, le olé le plus rauque, celui qui sort des tripes. On lui avait prédit une ascension fulgurante après s'être illustré comme l'un des novilleros les plus talentueux de ces derniers lustres. Mais la conquête s'est faite plus lentement, la fougue initiale a été canalisée et le torero a atteint petit à petit la maestria.
    La beauté de sa gestuelle s'est épurée et le décryptage de la construction de ses faenas est un régal pour l'aficionado. Alliant art et technique, Daniel Luque est devenu un virtuose qui crée avec une facilité apparente. Jeune et ambitieux, il a déjà triomphé dans les plus grandes arènes de la planète taurine mais il tient à marquer son époque.
    Nous l'avons rencontré hors-saison pour qu'il nous confie ses rêves et secrets, ce qui le porte et ce qui l'a fait douter. Il est probablement l'un des matadors les plus armés pour prendre la relève des grands toreros qui devraient quitter bientôt l'arène.

  • Dans la continuité de ses ouvrages, Philippe DUBOURG parachève son diagnostic sur l'évolution de la société post moderne à partir de son négatif, les sociétés paysannes perdues. L'historien et philosophe Marcel GAUCHET continue de lui apporter sa caution dans un long entretien qui clôt l'essai. Le maire landais retraité de lettres s'engage dans une interprétation anthropologique de la lente disparition des sociétés paysannes.
    L'inconscient occidental de nature colonialiste qui impose depuis de nombreuses décennies à nos pays blasés de modernité matérialiste son modèle de société de nantis, puis dans un deuxième temps à toute la planète, éradique en même temps la matrice de notre humanisme, les invariants de nos rapports au monde. Nos sociétés en rupture de civilisation comprennent-elles qu'elles ne pourront vivre éternellement sur leur rythme épuisant pour l'ensemble des conditions de vie, en se jetant comme elles le font dans les bras de l'injuste mondialisation capitaliste, de son libéralisme financiarisé, de ses élites déconnectées, de sa t echnocratie urbaine ?
    « Est-ce cela que l'être humain attend de la vie ? »(Marcel GAUCHET) A une étude ethnographique et historique de la société rurale traditionnelle d'avant 1914 (en pays landais), succède une vision sans concession d'une évolution aboutissant à une concentration métropolitaine des richesses et des pouvoirs, et, par contrecoup, à de multiples désertifications de nos territoires, la Réforme territoriale venant accentuer dramatiquement les déséquilibres. Le processus est sans nul doute catastrophiquement transposable à l'échelle de la planète.
    De nombreux penseurs viennent corroborer l'analyse : depuis des décennies, ils tiennent le rôle de « lanceurs d'alerte », en héritiers de Claude Lévi-Strauss.
    L'essai se place délibérément dans sa filiation.

  • La poésie se meurt, la poésie est morte... L'auteur d'une anthologie récente peut écrire « qu'en notre siècle la poésie est peu lue ». Au temps d'Henri IV et depuis des millénaires, elle était au coeur de la cité, de toutes les passions, de tous les savoirs, elle était leur mémoire vivante. Au XVIIIème siècle encore, des thèses de médecine étaient composées en vers.
    Proposer une anthologie de la poésie henricienne de la naissance du roi à nos jours, c'est illustrer la rétraction de la poésie en général. C'est aussi démontrer son rôle dans la fondation du mythe d'un héros du « roman national frnçais ». Lorsque la paix revenue, les Muses repeuplèrent la Cour et la Ville, Henri IV comprit le parti qu'il pourrait en tirer pour mener sa politique de réconcilation nationale et de restauration du prestige de la monarchie. Il toléra que ses adversaires mettent en vers leur détestation envers le « Béarnais » et, à ce prix, il devint le Roi de la Paix.
    Ainsi la poésie contribua à assurer la durée d'un mythe qui échappa à toutes les tentatives d'instumentalisation. Cette anthologie, qui ne prétend pas à l'exhaustivité, apporte sa contribution à une meilleure connaissance d'un mythe historique national et, au-delà, à l'histoire de la poésie française entre son âge d'or et celui de sa confidentialité.

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