Fougerouse

  • Manfred

    George Gordon Byron Byron

    Oui, quelle nuit ce fut ! Je me souviens que c'était au crépuscule, comme ce serait maintenant, ou tel autre soir ; - ce nuage rouge, là, qui stationne au sommet de l'Eiger, y stationnait alors, - si bien que ce pourrait être le même ; le vent était faible et nerveux, et les neiges des monts commençaient à scintiller sous la lune croissante ; le comte Manfred se trouvait, comme à présent, dans sa tour - occupé à quoi, nous ne le savions pas, sinon qu'il avait avec lui le seul compagnon de ses errances et de ses veilles : - elle, qui, de toutes les créatures vivant sur la Terre, était la seule qu'il semblait aimer, - comme bien sûr, par le sang, il était tenu de faire, - la Dame Astarté, sa - Admirée de George Sand, de Victor Hugo, de Nietzsche, Manfred est l'oeuvre majeure du Romantisme anglais, le Hamlet du XIXe siècle. Avec ce poème, Byron a créé le plus fascinant des grands révoltés, le plus émouvant des amants frappés par la fatalité.
    En lui-même, il a puisé les douloureuses contradictions qui rendent son personnage terriblement humain. À l'éternelle beauté des Alpes, il a emprunté le décor des scènes merveilleuses qui jalonnent la quête de sens de son personnage : comme la nuit succède au jour, les descriptions rêveuses succèdent aux discussions philosophiques. La fière et triste existence de Manfred eût pu se prolonger ainsi de longues années ; mais pour le puissant mage était venu le temps de la délivrance...

    Voici enfin la première édition critique du chef-d'oeuvre de Byron : cette nouvelle traduction, fidèle et élégante, est complétée par une présentation et par des notes détaillées entièrement inédites, permettant de mieux apprécier la richesse du poème. Elle comprend en outre la première version du troisième acte, et elle est assortie d'une bibliographie.

  • Melodies hebreuses

    Byron Lord

    Unique volume de poèmes courts de lord Byron qui ait été conçu comme un ensemble cohérant, les Mélodies hébreuses (1815) marquèrent un pas décisif dans l'épanouissement lyrique du poète.
    Écrits pour être mis en musique, à la demande du compositeur Isaac Nathan, qui souhaitait ressusciter les antiques airs sacrés des Hébreux, les trente poèmes qui forment le recueil mêlent avec une rare grâce scènes inspirées de la Bible, méditations philosophiques et évocations sensuelles. Porteurs d'un message d'espoir et d'amour, ils permirent à Byron, alors en pleine tourmente affective, d'exprimer une pensée profonde qui lui fut souvent déniée, anticipant certaines de ses oeuvres les plus personnelles, telles Manfred, Caïn ou L'Île.
    En dépit d'un premier accueil plutôt tiède, les Mélodies hébreuses connurent un immense succès dans toute l'Europe, faisant l'objet d'innombrables traductions, imitations, et adaptations musicales. Certains poèmes sont aujourd'hui unanimement considérés comme des pièces d'anthologie incontournables.

    Voici la première édition critique de langue française, proposant la série complète des poèmes.
    - Nouvelle traduction fidèle.
    - Présentation et notes, comprenant de nombreux textes inédits.
    - Annexes et bibliographie.
    - 9 illustrations d'époque.

  • Byron, chantre de la liberté et homme libre s'il en fût, n'eût pas pu voir une prison sans ressentir un pincement et sans que ne lui vienne un cri de révolte.
    Les chaînes, les grilles et les verrous ne lui sont pas indifférents, pas plus que les souffrances, les tortures ou les pleurs. Mais la prison ne lui inspire aucun apitoiement : en elle, il voit une raison de résister, de tenir face à l'oppression, d'affirmer son identité profonde ; et tout naturellement, ce sont ses propres affinités sentimentales qu'il prête aux captifs dont il chante le martyre.
    Du Léman, il ressuscite la figure enténébrée du prisonnier de Chillon : François Bonivard, attaché quatre années au pilier d'une crypte. Oeuvre emblématique, Le Prisonnier de Chillon (1816) scella une légende qui a traversé tout le XIXe siècle. De passage à Ferrare l'année suivante, il fait ressurgir la difficile destinée de Torquato Tasso, dit " le Tasse ", jugé dément et voué lui aussi aux cachots ; autre histoire de geôle, La Lamentation du Tasse (1817) contribuera elle aussi à entretenir un mythe tenace et influent.

  • Été 1797 : Coleridge entame son « année miraculeuse ». Sous l'influence de son nouvel ami Wordsworth, il conçoit les chefs-d'oeuvre qui le feront passer à la postérité (La Chanson du vieux marin, Christabel, Kubilaï Khan). À la demande du prestigieux théâtre de Drury Lane, il écrit sa première tragédie, Osorio. Mais la pièce est refusée sans raison valable.
    Nullement découragé, après en avoir publié deux extraits dans les Ballades lyriques, acte fondateur du Romantisme, il la révise complètement, en améliore la trame et le style, et parvient finalement, au bout de quinze ans d'effort, à lui faire connaître un triomphe sous le titre de Remords.
    Dans la lignée shakespearienne, Coleridge imagine une terrible histoire autour de la jalousie d'un frère pour son aîné. Il la situe dans l'Espagne de la Reconquista, dans un climat inquiétant de luttes religieuses, mêlant avec une rare habileté complots familiaux et politiques, intrigues fictives et faits historiques. Il donne vie à de fascinants personnages, tiraillés entre devoirs et sentiments, désirs de vengeance et rêves d'amour, au centre desquels dominent deux frères déchirés, incarnations du destin de tout un pays.
    Cette édition propose, traduites pour la première fois en français, les deux versions de cette pièce. Ces deux textes sont complémentaires et s'éclairent l'un l'autre.
    Une longue introduction retrace son histoire complexe et mouvementée : sa gestation, les obstructions qui empêchèrent sa représentation, sa résurrection et l'influence qu'elle eut sur la deuxième génération romantique anglaise.
    Des notes détaillées et une bibliographie exhaustive complètent une approche critique sans équivalent. En annexe sont traduits le prologue et l'épilogue lus lors des premières représentations.
    Textes traduits, présentés et annotés par Davy Pernet.

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