Folies D'encre

  • C'est à Cassel, département du nord, 2000 habitants, plus précisement dans l'ancien hôtel de ville, transformé en musée, lors de l'exposition «La flandre et la mer», et très précisement devant l'huile sur toile «Le marché aux poissons à Anvers» qu'ils se rencontrent. Claire, jeune chercheuse au Muséum d'histoire naturelle de Paris, travaille sur des squelettes, des fantômes, des fossiles, des traces, des symboles. Mais surtout, elle est en quête d'un saumon, un saumon avec des écailles aux reflets verts comme des tuiles de nacre, le saumon de la connaissance.
    Lui se nomme Lénine Hoffner, il aime les no man's land, il est libraire (la librairie X-Fantasy, spécialisée en science-fiction), ne croit qu'aux atômes, au concret, au démontrable, aux interactions hormonales, au flux nerveux.
    Mais les histoires d'amour ne sont elles pas toujours le théatre de confrontation: Estce l'absolu rationnel, ou bien les histoires et fantasmes qui donnent chair à la vie ? L'amour n'est-il pas croyances, mystères, et non pas savoirs ?
    Au fil de l'eau, au hasard des pêches, au coin des rues, à l'oreille des mots, en soif de mythologies, à l'autre bout du monde, au froissement des corps, se dessinent le balancement de deux coeurs.

  • En 2008, le repas dominical se terminait par un parricide symbolique de l' «exsoissantuitaraatardé» ( Mes soixantes huitres).
    En 2018, autour de la blanquette, «ça ne crie plus, ça oublie les noms d'oiseaux, et ça parle encore moins, et ça sent l'huile essen- tielle». Non, ça pianote sur le Smartphone. Mais le soixantehuitard est de moins en moins attardé, il s'est offert un Iphone, a musclé ses pouces, est devenu l'Art Tatum du smartfaune. Alors, par portables interposés, s'engage une conversation qui commence par :

    #JeSuisPapa:
    Je trouve que la blanquette, maman l'a vraiment réussie. Non?
    Macron, lui, adorerait. Et vous ?
    Et ceci n'est qu'un début, continuons le repas, les tweets , le combat.

  • Extrait.

    Cher camarade Yvon Lugovitch Godardof , si je vous écris, moi, le cinéaste que je considère comme le cinéaste qui a réussi a mettre en image la révolution d'Octobre, c'est que l'on vous considère, vous, l'auteur de Piotr le dingue, avec la sublimissime Anna Karinina et de La chinoise Hitlero- Trotskyste avec la russe blanche Wiasensky comme celui qui aurait représenté le mieux la petite révolution bourgeoise de 68 en France, c'est à dire là ou le cinéma est né. Bien sur, ce n'est pas rien, et je ne l'oublie pas. Vous avez même fait en sorte d'arrêter le festival de Cannes une année ou l'un de mes compatriotes aurait peut-être pu avoir la palme et je vous en remercie.

  • Elle est petite, parfois moins petite, raconte son nez en forme de crochet (hérité des générations précé- dentes, mais impossible d'employer un adjectif qualificatif peut-être plus approprié), la moustache de son père, que sa mère est rigolote (mais pas toujours), que sont frère est un crétin (dixit sa mère), que sa mère ne sourit pas sur la photo de son mariage, mais le futur mari puait le bouc (celui à la mous- tache), que Pépère et Mémère disent «sales juifs», que son père lui offre «Mauss», qu'elle découvre comment on fait les bébés et le Shabbat complet, que le kibboutz est le paradis, que ses pieds sont car- rés, qu'elle n'a pas de seins (une vrai planche à pain), mais que l'année suivante, deux montgolfières la précèdent constamment, que les garçons l'ignorent, puis ne parlent qu'à ses seins, que les hommes étudient et les femmes..., que sa mère (la rigolote, mais pas toujours) exige la laïcité en colonie de vacances, surtout si les religieux y emmènent une cuisine casher complète...

  • Balut

    Rabon I/Ertel

    " Balut, roman d'un faubourg " est le récit halluciné de la misère, dans les rues, les maisons, les usines, où réalisme et grotesque, rêve et quotidien s'entremêlent.
    Yossel, un adolescent, déambule parmi les silhouettes de ce cirque, celui du dénuement Hershl Boutchik qui boit et baise ses sept fiancées, Noté le vendeur d'illusions avec son cinématographe, des putains et les épouses, des veuves et des mères réduites à si peu, la police et sa violence, Elié le propriétaire, l'avocat écrivain public, les fils absents, Yankel le dur, les parents morts et la petite soeur Mirelé.
    "Tenter de vivre", voilà ce qui fonde ce roman expressionniste, à l'image d'un tableau de Münch, une ode à la ville comme chez William Irish, un récit de l'enfance misérable et macabre à la manière d'un Dickens.

  • Tout a été dit sur ces premières grandes barres d'immeuble...
    Tout, sauf le quoti dien désespéré d'un jeune, qui liquéfi e sa vie, coincé entre l'ennui, l'alcool, la désolati on et la vacuité.
    Thierry Maricourt fut son voisin de classe, et ces évènements sont ancrés défi niti vement dans sa profonde inti mité: ce roman est un hommage, un constat, mais aussi une colère, la percussion d'une tempête...
    Un polar, une fi cti on réaliste.
    Le roman d'une indignati on.

  • Ainsi commence l'histoire de Guédali, le centaure : moitié homme, moitié cheval.
    Elevé en secret par sa famille dans le sud du Brésil, le centaure adolescent, aussi anxieux qu'intrépide, décide de s'enfuir. Commence alors un long et dangereux périple ; il croisera, entre autres, Tita, fougueuse jeune fille centaure. Le centaure dans le jardin est le récit des aventures extraordinaires et "mythiques", de Guédali le centaure, engagé dans une bataille sans merci qu'il devra livrer, contre les autres et contre lui-même, pour réconcilier sa double nature et se rendre maître de sa liberté.
    Le National Yiddish Book Center américain, l'a inclus dans sa liste des cent meilleurs romans contemporains, au même titre que les oeuvres de Kafka, Issac Bashevis Singer et Saut Bellow. Bernard Pivot le considère, dans sa "bibliothèque idéale", comme l'un des cinquante plus grands récits de la littérature lusophone.

  • Max et les fauves

    M. Scliar

    Jeune berlinois contraint de fuir l'Allemagne pour échapper aux nazis, Max s'embarque dans un cargo en route pour le Brésil avec à son bord les pensionnaires d'un zoo.
    Max échappe in extremis au naufrage du navire en sautant dans un canot. Dans ce canot, un autre passager s'impose, inattendu et menaçant : un jaguar. Max et le jaguar vont devoir cohabiter en pleine mer. Chef d'oeuvre du " réalisme magique " sud-américain, aujourd'hui classique de la littérature brésilienne contemporaine, l'aventure de Max conduit le lecteur de Berlin jusqu'au Brésil, mais bien loin d'une tranquille épopée ensoleillée : qui sont ces fauves auxquels Max, toute sa vie, sera confonté ? Max sortira-t-il vainqueur de ce combat ? Aussi court et efficace que " Cacao " de Jorge Amado, " Max et les fauves " est un écho romanesque aux " Origines du totalitarisme " de Hannah Arendt, visité par l'imaginaire d'un Italo Calvino.

  • La sentence

    Rose Meller

    En 1932 à Vienne, Rose Meller a déclaré, à la police, avoir été victime d'un attentat commis par un jeune nazi. Pourtant, cette sombre histoire lui vaudra trois mois de prison, accusée de diffamation et de fausses déclarations devant l'autorité publique : il ne fait pas bon d'être femme, écrivains, féministe et juive lorsque Vienne se languit d'Hitler. La sentence, écrit après la guerre, s'inspire assurément de ces éléments autobiographiques : un avocat du parti socialiste autrichien doit défendre un Viennois dans une affaire qui semble banale.
    Mais c'est sans compter avec la soif de justice de l'accusé, la raideur du juge, la beauté du procureur, c'est sans compter que le jour du procès, Hitler entre triomphalement à Vienne. L'avocat fuit, traverse la France, débarque aux Etats - Unis. Mais ce procès, qui lui semblait si insignifiant, va donner un sens profond à sa vie. La sentence est un roman bouleversant, à l'instar des bouleversements d'une époque, il conte et raconte ce qu'est une justice en fuite, la fragilité et la force des êtres, le prix du désir de vivre.

  • Fondateur du mouvement Tupamaros, Mauricio Rosencof a passé onze années dans les geôles de la dictature uruguayenne. De 1972 à 1983, il est incarcéré dans une cellule d'un mètre sur deux, totalement nue, éclairée nuit et jour par une lumière électrique. Il est interdit de prononcer le moindre mot. Les militaires ne peuvent pas, cependant, empêcher tout homme de penser. Les lettres qui ne sont jamais arrivées est une victoire de l'esprit et de l'espoir, de la parole, des mots, de l'humour, de la mémoire: mémoire du quartier, de la maison où l'on a vécu, mémoire de la famille, souvenirs des cailloux lancés au passage du tramway et de Tarzan sur la plage, mémoire d'un trottoir ensoleillé, de l'enfance, mémoire de l'homme, de tous les hommes. Mais Les lettres qui ne sont jamais arrivées est surtout le roman d'un engagement - engagement pour la vie - qui ne peut laisser indifférent. Mauricio Rosencof est l'un des écrivains majeurs du continent latino-américain. Publié aux Etats-Unis, en Allemagne, en Espagne, en Suède et en Finlande, Les lettres qui ne sont jamais arrivées est son premier roman traduit en français.

  • El Bataraz

    Mauricio Rosencof

    Uruguay, années 1970. Un prisonnier politique incarcéré par les militaires, hérite d'un compagnon de cellule, el bataraz, un coq réputé pour son aptitude au combat... Enfermés dans un cachot de deux mètres sur un mètre, éclairés jour et nuit par une ampoule, observés en permanence à travers un judas, l'homme et l'animal tentent de cohabiter et de survivre à une succession de chocs planifiés par les militaires. L'instinct et la volonté de survivre se raccrochent à tous les possibles : des parties d'échecs et de morpion avec deux "fantômes", recevoir un prix Nobel, creuser un tunnel avec une cuillère à café, parler tango, des femmes et de Carlos Gardel. Progressivement, c'est un étrange et dangereux transfert de personnalités qui s'opère entre le prisonnier et Tito, fier d'être coq... plus vraiment animal. "Vivre, c'est le plus dur", affirme le prisonnier. "La vie est un combat", rétorque el bataraz.

  • Le Bom Fim de Joël et sa bande est un pays imaginaire, celui de Kafka et de Marc Chagall, des super-héros de BD ou encore, celui d'une jument qui rêve de centaures. Bom Fim, c'est aussi le quartier de I'enfance, dans la ville de porto Alegre, un stletl en plein Brésil, où le quotidien traditionnel des habitants est sans cesse menacé : tout d'abord par la guerre et l'ennemi nazi, puis par le 'progrès' et l'inévitable assimilation dans l'immense creuset brésilien. Insolites, drôles et sarcastiques, les récits de Moacyr Scliar tissait un univers onirique, carnavalesque et tragique.

  • Victoire

    H Grynberg

    La Guerre des Juifs et Victoire ou plutôt anti-guerre et anti-victoire, car le parti pris choisi par Henryk Grynberg est celui de la provocation. II n'est pas plus question de combat dans ce récit que de joie célébrant la victoire. C'est une guerre sans armes, une guerre des désarmés, dont les soldats sont les femmes et les enfants. La victoire, elle, se célèbre dans des maisons vidées, pillées, occupées par de nouveaux habitants. Et les chants qu'on y entonne sont des oraisons funèbres pour pleurer les morts que l'on commence tout juste à dénombrer. Le récit, situé pendant la seconde guerre mondiale, est conduit par un enfant et ce regard étonné, sans perspective historique, qui enregistre la réalité comme une pellicule photographique, constitue toute l'originalité de ce texte. C'est le drame d'un enfant qui apprend la vie, qui apprend à être dans des circonstances où tout le force justement à ne pas être.

  • " Quand j'étais petit, des publicitaires avaient imaginé de représenter l'Ile-de-France en une fleur grossièrement dessinée dont chaque pétale formait un département, sauf Paris qui faisait le truc à pistils au milieu et sauf aussi les départements champêtres, Essonne ou Seine-et-Marne, en calice tout autour. A la suite d'un concours de circonstances sociologiques, j'habitais alors avec mes parents à Champigny-sur-Marne, quelque part en haut du pétale du bas. (Je le sais parce que j'ai conservé mon cahier de géographie de CM2, avec sa table des matières : I. Ma Région II. Mon Département III. Ma ville IV. Mon Quartier V. Mon Ecole - c'était le début de la pédagogie pour pauvres qui consiste à leur montrer ce qu'ils ont déjà sous le nez et à leur y enfoncer la tête jusqu'à ce qu'ils oublient qu'autre chose existe ailleurs, en vertu de quoi, je connaissais un par un l'emplacement de chaque poteau électrique entre la Marne et le Prisunic de la Fourchette - pour le reste de l'univers, le Berry et les Mascareignes, qui ont pourtant aussi leur Ile-de-France, je me suis débrouillé plus tard et autrement.) officiellement donc, mon immeuble se trouve dans le quartier de La Noue, dans la ville de Montreuil-sous-Bois, dans le département de Seine-Saint-Denis, le pétale de droite. [...] Les limites de La Noue de Montreuil sont matérialisées par des inscriptions sur les murs, sans cesse recouvertes puis refaites à neuf : vers le Plateau, Le Plateau baise La Noue ; vers les Clos Français, Les Clos Français en force baisent La Noue ; vers les Malassis de Bagnolet, allez savoir pourquoi, L'OM nique La Noue. Quelques mètres plus loin, c'est écrit en sens inverse, comme aux postes frontières. "

  • Dans une bourgade juive perdue - comme souvent -, Benjamin (dont le père, tailleur, espère que son fils deviendra rabbin) découvre, grâce à son ami lossi, les oeuvres de Marx, d'Engels et de Trotsky. Ils fondent une cellule révolutionnaire... Un jour, lossi disparait. Lorsqu'il revient, il avoue, à Benjamin, avoir rencontré Trotsky et ce dernier lui a confié une mission. lossi malade, c'est Benjamin qui part "en mission", avec un peu d'argent, un billet de train, quelques consignes, des documents d'identité et une enveloppe.
    Et dans l'enveloppe, est mentionné le nom de l'homme qu'il faut rencontrer, un écrivain, ce dernier doit lui donner un texte, un message codé... Benjamin, dit le Raton, qui n'a jamais quitté son village, entame ce voyage aux moult péripéties. Arrivé à Prague, il s'aperçoit, désespéré, qu'il a perdu l'enveloppe. Il part alors à la recherche d'un écrivain dont il ne connait même pas le nom...

  • Les bouffons du roi

    Avigdor Dagan


    les bouffons du roi, ce sont quatre prisonniers juifs désignés par le tout-puissant chef du camp, le major kohl, pour son bon plaisir et celui de ses convives.
    avec un nain-acrobate, un jongleur, un diseur de bonne aventure et un bossu médium, le camp a aussi son cirque. ces clowns tristes, hochets aux mains des bourreaux, exécutent une danse macabre à la manière d'une toile de jérôme bosch. survivants, les héros de dagan ont perdu tout idéal. mais ces sinistres saltimbanques quitteront leurs funèbres costumes pour triompher du cauchemar. renaître de ses cendres, tel est le défi de ces bouffons.


  • à un passant

    Juliette Vallery

    A un passant est un premier roman. Un premier roman qui relate une histoire d'amour. Sujet banal, peut-être, mais Juliette Vallery a le langage de la peau, celui qui dit l'état fébrile et émouvant, solitaire, magnifique, narrant l'inquiétude et détaillant les humeurs passionnelles. Elle fait intervenir le personnage féminin à la première personne, le je, elle frotte le langage à l'autre, de très près, de très très près. L'homme est à la troisième personne, le il, mais un il d'une extrême proximité. Nous ne sommes pas dans des Fragments d'un discours amoureux, mais dans le rythme des états amoureux. Pour autant, comme chez Roland Barthes, s'entend l'infinie solitude des êtres aimants, ils parlent leurs langues en solitaire et dans leurs coeurs. Complice délicat, le lecteur distingue l'enfermement merveilleux et délicieux dans le rêve d'un nous deux, rêve éternellement partagé par nous tous. Ce court roman nous met affectueusement et crûment à nu.

  • Deux jeunes enfants décident de partir à la recherche de leur père, en suivant la ligne de chemin de fer : ' pour marcher sur un rail, tu dois maîtriser deux choses essentielles : l'équilibre et la concentration. Découle de cette maîtrise une tension permanente, et Mano avait noté, avec son bon sens habituel, qu'elle présentait l'avantage de ne pas être distrait par le paysage. ' Le plus jeune des deux frères est le narrateur et voue à son aîné, Mano, une admiration sans bornes. Suivra-t-il son frère jusqu'au bout ? Empruntera-t-il un ' détour ' ? Recherche de quel père ? Vers quelle destination conduisent les rails ? Ce texte saisissant, ce road movie et manifeste social est surtout un roman d'apprentissage. Il s'en dégage une force d'envoûtement étrange, du réalisme magique, mais un réalisme magique dans les pas des Dickens et London, sur l'éternelle révélation douloureuse de ce que signifie naître au monde.

  • Gare à ton épiderme, lecteur qu'on pince sans rire, tu risques l'hématome sévère ! Sur le thème archi rebattu de la mémoire, Alain Gluckstein, l'auteur de la trilogie de La Noue et de Nos grands hommes propose la conférence-fiction la plus hilarante qu'on n'ait jamais imaginée : Jeanne d'Arcy fait du dromadaire en doudoune en compagnie d'Hamlet; sous le regard d'Ardois le-Lacanien et de Wu l'hypermnésique, Rousseau joue à la tombola avec une bonne soeur, tandis que l'oublieur passe et repasse à la Muette ! Tout cela suit une logique imperturbable et délirante. Une fois le livre fermé, on se pose la question : et si on tenait là, au fond, le livre le plus sérieux, et le plus grave de la décennie, le seul possible, peut-être, sur un tel sujet ?

  • Les deux héros de ce roman, ahmed et hassan, tous deux inadaptés aux lieux et temps oú ils déambulent, balancent perpétuellement entre sentiment d'exil intérieur et soif de vivre.
    Liés par une profonde amitié, ils tentent de conjurer leurs propres angoisses et la brutalité sociale, voire la complaisance qui l'accompagne, grâce à l'humour et au regard décalé qu'ils promènent sur leur société. jouisseurs de rêves, ils se fabriquent un coin de liberté, s'inventent un espace de bonheur sur le ton ironique de la lucidité.

  • Public, il prête sa voix aux textes et aux auteurs, en partage avec tous les publics qui désirent l'écouter. De Saint-Malo, son port d'attache, à Bamako où il est né, Marc Roger lait le chemin à l'envers et parcourt au total un peu plus de 7 000 kilomètres.
    "La lecture et la marche ont ceci de commun : pas à pas; mot à mot, le regard sur le texte ou la ligne d'horizon, nous allons de l'avant en mettant entre nous et k centre plusieurs cercles en écho, comme la pierre pousse l'eau quand elle tombe dans un lac."

  • "Jazz" est dédié au jazz, tout simplement: "Ben Webster longe un canal dans le centre d'Amsterdam.
    Son bitos noir est planté sur son crâne, son gros cul déborde de son pantalon et sa moustache est malicieuse. Il est à pied, bien entendu. Le temps est assez doux sur Amsterdam et Ben sifflote Soulville, le morceau enregistré avec Herb Ellis sur l'album éponyme. Ben est bien fatigué et il contemple, l'oeil intéressé, les jeunes hollandaises qui dévalent les quais sur leurs vélos noirs. Dans trois jours il a rencard avec Teddy Wilson pour enregistrer un live dans un club de Stockholm.
    Mais pour l'heure, le musicien s'arrête devant un café réservé aux fumeurs de hash. Il n'en revient pas, Ben, c'est peut-être pour ça qu'il ne parvient pas à rentrer à Kansas City . Ici, c'est plus cool et les gens qui le regardent dans la rue ne voient pas un nègre comme aux states. Ils voient un mec replet à la bouche d'enfant et c'est marre.

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