Exils

  • Le messie Nouv.

    Le messie

    François Meyronnis

    • Exils
    • 16 Mars 2021

    Dans son nouveau roman, François Meyronnis se livre à un jeu dangereux : mettre en scène la Parole elle-même et tenter grâce à elle de sauver le monde en perdition. Il s´appuie pour cela sur plusieurs sages, un peintre de la fin du siècle dernier qui ne peignait plus, un rabbi ayant vécu au début du XIXe siècle, des femmes aussi. ""Alors l´immense ouverture engloutissant le pire et le meilleur, il avait décidé de se mesurer à elle : de ne faire, toute sa vie, que cela."" Ainsi commence ce roman qui vise au plus haut de l´aventure humaine.

  • Philosophes, critiques d'art, artistes, jardiniers et paysagistes, et même agents de comédiens tentent de répondre à cette difficile question. Nous ne sommes plus à l'ère des Grecs de l'Antiquité pour lequel le Beau ne se pouvait concevoir sans le Vrai et le Bon.
    Nous ne sommes plus à l'époque de l'esthétique du sublime, ni à celle de l'imitation de la Nature... Alors, quoi ? Pourquoi trouvons-nous beau ce visage, ce tableau, ce paysage ?

  • Le sexe du maitre

    Jean Allouch

    • Exils
    • 9 Mai 2001

    Le maître a donc un sexe ? au sens oú il en posséderait un, dont il userait à son gré, certainement pas.
    Bien plutôt en est-il l'esclave. mais quel sexe ? la réponse peut surprendre, même si elle est historiquement attestée : non pas le flamboyant phallus (lui-même appelé " maître d'éros " ce qui prouve bien que le maître n'en est pas maître) mais l'anus. " souverain ", en latin, se dit superanus. la sexualité du maître est assise dessus, hormis le fait que c'est un anus intouchable, interdit, moyennant quoi le maître manque de stabilité, de cette habileté qu'on lui prête fort illusoirement et que chacun - poussé par les idéaux modernes d'autonomie, de liberté, de contrôle de soi et d'autrui, de responsabilité - croit pouvoir endosser.
    La mort de dieu le maître étant la fin véritable de l'immortalité, la sexualité moderne devrait se précipiter, à nouveaux frais, dans la maîtrise. c'est peine perdue, souligne ce livre qui, suivant quelques fils dépliés par freud, foucault, lacan, mais aussi par certains travaux gays et lesbiens, tente de dire les conséquences de cet échec. " il y a sur le sexe un secret bien gardé : la plupart des gens n'aime pas ça ".

  • « Car c'est bien à Kim Il-sung que James doit non seulement la présence de Honey, mais aussi ses fabuleux talents nocturnes. Comme il finit par le découvrir, cette jeune et jolie lycéenne de la ville de Sinuju, à la frontière chinoise, avait été tôt détectée par l'Organisation, et dirigée pour son service militaire vers une unité spécialisée : le « Cinquième Corps », spécifiquement consacré au confort domestique et au réconfort de Kim et de sa clique. Dans cette unité, apprend James, il existe des sous-unités encore plus spécialisées : le « Corps Spécial des Volontaires des Résidences » (aux compétences ménagères, dans une définition très large) ; le « Satisfaction Corps » (pour lequel des talents plus techniques sont requis). On a même créé une clinique toute entière dédiée à la santé générale et la vigueur amoureuse du Grand Leader, grand utilisateur de chair fraîche. » Que sait-on vraiment de la Corée du Nord et de son histoire ? Pour comprendre l'actualité, il faut peut-être en revenir aux premières décennies de l'ère communiste des Kim... Dans ce « roman », voici l'histoire véridique (mais incroyable) de quatre GI's américains, déserteurs si l'on veut, qui passent la fameuse DMZ, la zone démilitarisée qui sépare depuis 1953 les deux Corées. On suivra donc James Dresnock et ses camarades sur une période de 30 ans (de 1962 à 1994). Ce que propose ici Montesquiou, c'est une sorte de Désert des Tartares au pays du Matin calme. Il ne se passe pas grand-chose : les quatre « héros » attendent de connaître leur sort, l'humour et le sexe sont des antidotes à l'ennui, et on voit peu à peu évoluer leur caractère et leur psychologie.

  • Nous, Français, aimons tellement notre culture et en sommes tellement fiers que nous en avons fait une « exception ». Mais cette idée tellement répandue de l'excellence de nos écrivains et créateurs est souvent battue en brèche. D'abord par les faits. Ensuite par certains observateurs qui ont été assez courageux pour nous dire en face que nous ne sommes pas toujours les plus beaux. En 1980, un écrivain anonyme publie un pamphlet, Contre les Français - Sur l'influence néfaste que la culture française a eue sur les pays voisins et en particulier en Espagne. Un libelle vite épuisé, qui fut réédité plusieurs fois, à Mexico notamment. L'auteur entreprend, avec talent, une démolition en règle de nos idoles. À commencer par ces grands écrivains classiques que sont Molière, Corneille ou Racine.
    Bien sûr, l'auteur est de mauvaise foi, et cette mauvaise foi amuse. Il y a quelque chose de jubilatoire dans ce court essai qui est aussi une charge contre les Espagnols, dont l'auteur épingle ici le complexe d'infériorité.

  • Pourquoi tant de gens croient à l'astrologie et lisent régulièrement, tout en s'en défendant, les horoscopes des journaux ? Lors de son séjour d'exil aux Etats-Unis, en 1952-53, le philosophe allemand Theodor W.
    Adorno entreprend d'étudier la rubrique astrologique du " Los Angeles Times ". Faisant appel aux concepts de la sociologie et de la psychanalyse, il en tire une analyse brillante des " superstitions secondaires ", cet irrationnel rationalisé qui s'épanouit dans les sociétés modernes. " Les gens auxquels nous nous intéressons tiennent l'astrologie comme quelque chose d'acquis, exactement comme la psychiatrie, les concerts symphoniques ou les partis politiques ; ils l'acceptent parce qu'elle existe, sans beaucoup y réfléchir, à la seule condition que leurs propres demandes psychologiques correspondent d'une manière ou l'autre à l'offre.
    Ils ne s'intéressent guère à la justification du système. " Que propose précisément ce système ? Une soumission subtile à l'idéologie dominante, une dépendance aux mass media, une acceptation de la division sociale entre forts et faibles - où l'on voit qu'à travers la question de l'astrologie populaire, Adorno offre un essai politique sur une société qui fait de chaque individu un pion.

  • " Le marquis de Bradomin, le personnage central de ces Sonates, est un don Juan " laid, catholique et sentimental " qui incarnait tout ce en quoi l'écrivain croyait profondément.
    Un don Juan admirable qui, devenu vieux, dicte ses aimables Mémoires. Don Juan traditionnel parce qu'il croit au péché, et plus encore parce qu'il n'hésite pas à pécher. Don Juan très fin de siècle aussi qui par certains côtés rappelle celui que Baudelaire campa, hautain, aux Enfers. Mais, à la différence de beaucoup d'autres, le don Juan de Valle-Inclàn (1869-1936) arrive à la vieillesse, une façon de subvertir le mythe.
    À l'image de Casanova, en somme, mais sans la tristesse et l'ennui du château de Waldstein. " Un don Juan mélancolique donc, retiré dans son manoir galicien dans les dernières années du XIXe siècle, pour qui le péché est le sel de la vie et qui sait que si Dieu existe, il lui suffira de troquer la mélancolie par la miséricorde. Un don Juan coupable et sans culpabilité, bien loin de la fougue de la jeunesse.
    Tel est le marquis de Bradomin de ces quatre merveilleuses nouvelles qu'on peut lire comme un seul roman... Ils sont très rares les grands romans intimistes où auteur et personnage s'étreignent à ce point, de façon si fausse et si véridique à la fois. " (Luis Antonio de Villena)

  • Marcel Proust dans Le Temps retrouvé: "La vérité ne commencera qu'au moment où l'écrivain prendra deux objets différents, posera leur rapport analogue dans le monde de l'art à celui qu'est le rapport unique de la loi causale dans le monde de la science, et les enfermera dans les anneaux nécessaires d'un beau style... Il dégagera leur essence commune en les réunissant l'un et l'autre, pour les soustraire aux contingences du temps, dans une métaphore." Ce que Thibaut Mosneron Dupin met en rapport dans La Tarentelle, ce sont deux séries d'objets. D'une part, les "trous noirs" d'une famille française contemporaine, ses moments d'oubli et de folie. D'autre part, deux phénomènes anciens de l'Italie du sud, la lamentation rituelle et le tarentulisme, une danse de possession qui pouvait durer plus d'un jour entier. "Je suis sûr que les catastrophes d'hiver sont dues au fait que ma grand-mère italienne n'a pas de sépulture propre", écrit le narrateur au début de ce récit qui se développe comme une belle mélopée.
    Thibaut Mosneron Dupin, 42 ans, a vécu en Nouvelle-Zélande, en Italie et à Paris. "La Tarentelle" est son premier roman.

  • Aux gens du livre

    Péter Esterházy

    " C'est bien ainsi, c'est la raison pour laquelle je suis écrivain (et non professeur ou prédicateur). La feuille blanche incriminée, l'épouvantail des écrivains, ne m'a jamais épouvanté. La feuille quotidienne, là, sur le bureau matinal, ça oui, bien sûr, il vaut mieux courir que tenir, mais le fait que je suis écrivain ne m'a jamais causé de souci. Ce qui veut dire à cette date que je n'ai pas de remords d'intellectuel, je ne pense pas que je pourrais, comme on dit, exercer plutôt un métier honnête, mieux, je pense que j'exerce un métier fort honnête (en principe, ce n'est pas un éloge : si un écrivain travaille honnêtement, il n'en découle encore rien ; c'est en ceci qu'il diffère du maçon, en beaucoup d'autres choses par contre ils se ressemblent) - et cela signifiait au départ que je n'avais jamais éprouvé la nécessité intérieure ou extérieure de le prouver. On va encore nuancer ça. " Péter Esterhazy, né en 1950, est sans doute l'écrivain hongrois contemporain le plus important. Ce recueil d'essais, de discours et de nouvelles, qui couvre un quart de siècle, trace un autoportrait, en même temps qu'il propose une approche de son travail d'écriture. Et comme toujours avec l'auteur de L'oeillade de la comtesse Hahn-Hahn, humour et invention sont au service de l'intelligence.

  • " l'afrique a survécu à tant de choses, l'esclavage, les guerres, la colonisation.
    Elle survira au développement ! " terrible industrie du développement : les missions internationales se succèdent, la banque mondiale et les nations unies lancent de vastes programmes, les ong s'arrêtent à des micro-projets ou interviennent dans l'urgence, contre la sécheresse, la famine, l'exode. chaque expert, après quelques semaines sur le continent, est persuadé d'avoir compris. de nouveau, il réinvente l'afrique ; " nous avons fait croire aux africains que nous avions les réponses, et ils ont oublié les questions ".
    Voilà pourquoi, sous prétexte de développement un continent est livré à tous les mauvais rêves des occidentaux, au néocolonialisme et à l'ethnocide. avec la participation parfois enthousiasme de certains africains. au-delà des clichés touristiques, au-delà du sensationnalisme des désastres, ce livre est d'abord un regard en récit. après des années d'études sur le terrain (d'oú sera tiré l'ouvrage resté fameux, l'afrique étranglée, écrit avec rené dumont).
    Marie-france motteux passera huit ans sur le continent noir. elle nous fait vivre la sécheresse en mauritanie, les mondanités de dakar, l'arrivée du président français au mali. quelques années plus tard le paysage s'assombrit : somalie, libéria, rwanda, zaïre. la confusion, l'anarchie, semblent partout présentes. " tout n'a pas si mal tourné. il faut nous laisser à notre propre rythme ", explique pourtant juliennes k.
    Nyerere, l'ancien président de tanzanie. oui, l'afrique survivra au développement.

  • Narthex

    Marien Defalvard

    • Exils
    • 13 Octobre 2016

    Marien Defalvard, né en 1992, a publié en 2011, à l'âge de 19 ans, Du temps qu'on existait aux éditions Grasset - un roman remarqué par la critique, qui a reçu le prix de Flore et le prix du premier roman (42.000 exemplaires vendus).
    Après quelques années à Paris sans écrire de nouveaux récits, l'auteur vit aujourd'hui près de Clermont-Ferrand.
    Narthex est son premier recueil de poèmes.

  • Sonates, est un don juan " laid, catholique et sentimental " qui incarnait tout ce en quoi l'écrivain croyait profondément.
    Un don juan admirable qui, devenu vieux, dicte ses aimables mémoires. don juan traditionnel parce qu'il croit au péché, et plus encore parce qu'il n'hésite pas à pécher. don juan très fin de siècle aussi qui par certains côtés rappelle celui que baudelaire campa, hautain, aux enfers. mais, à la différence de beaucoup d'autres, le don juan de valle-inclan (1869-1936) arrive à la vieillesse, une façon de subvertir le mythe.
    à l'image de casanova en somme, mais sans la tristesse et l'ennui du château de waldstein.
    " un don juan mélancolique donc, retiré dans son manoir galicien dans les dernières années du xixe siècle, pour qui le péché est le sel de la vie et qui sait que si dieu existe, il lui suffira de troquer la mélancolie par la miséricorde. un don juan coupable et sans culpabilité, bien loin de la fougue de la jeunesse.
    Tel est le marquis de bradomin de ces quatre merveilleuses nouvelles qu'on peut lire comme un seul roman. ils sont très rares les grands romans intimistes où auteur et personnage s'étreignent à ce point, de façon si fausse et si véridique à la fois. " luis antonio de villena.

  • " gourmand du pouvoir, je le fus aussi de tout ce que le palais pouvait offrir : je deviens un pillard, discret mais prompt à remplir sa besace, champion dans l'art de la rapine.
    Mes poches étaient déformées par le poids des argenteries, montres suisses, stylos en or et pochettes de soie. un jean valjean de passage. je suis. je suis. je suis el president " ceci est un livre de combat, à la fois baroque et direct. sa cible ? le président tunisien ben ali qui, le 26 mai 2002, a obtenu par référendum de modifier la constitution afin de rester à la tête du pays pendant de longues années encore.
    Ben ali, président à vie, ou ben avi, le " tyranneau de carthage ". face à cette situation, qui réduit à néant les espoirs de l'opposition tunisienne, taoufik ben brik invente une fable, à la fois burlesque et tragique. il décide que, pourquoi pas, lui-même sera président, élu en 2004 pour une centaine d'années. ainsi le livre entremêle-t-il les exploits de ben brik au palais et ceux de son prédécesseur, des virées de journaliste dans les recoins du pays, et l'écho de la souffrance muette du peuple.
    Un récit politique donc, écrit avec les armes de la poésie.

  • « De ton enterrement, j'ai fait une fête. Il y avait du monde. J'en ai rameuté de Pologne, de Roumanie, d'Union soviétique, de France. Tous ceux que tu as connus, qui t'ont connu, que tu as aimés, admirés parfois. L'endroit que tu as choisi pour ta sépulture ne laisse en effet aucun doute sur ceux que tu as voulu voir autour de toi. Car tu as décidé de te poser à quelques mètres du mur des Fédérés, qui perpétue la mémoire déchiquetée des communards. Est-ce un hasard ? Et devrais-je considérer comme fortuit ce vis-à-vis avec les tombes des grands communistes français, héros et martyrs pour certains, apparatchiks staliniens pour tant d'autres ? Ils furent ta famille. Ils t'ont quitté quand tu as abandonné le domicile familial, le Parti. Et au crépuscule de ta vie, tu les as fait revenir vers toi. Tu finissais vieux Juif en te souvenant que tu avais été jeune, très jeune communiste. » Ce que propose ici Benoît Rayski est une lettre émouvante à adressée son père Adam, disparu en 2008. C'est aussi, à travers lui, une évocation des grandes tragédies du milieu du XXe siècle en Europe. Car Adam Rayski, juif de Pologne, fut une grande figure de la Résistance en France, du Parti communiste, et un personnage hors du commun. Chef politique des FTP-MOI, bras armé du Parti pendant la guerre, il décide de rentrer dans sa Pologne natale en 1949, mais réussit à revenir en France en 1957. Condamné par contumace dans son pays natal, il est aussi traduit devant un tribunal militaire français et condamné à sept ans de prison pour... espionnage au profit de la Pologne !

  • "Je ne comprends rien sur le moment. Mais je vois un groupe en haut de l'escalier qui traîne un corps. Le corps est jeté dans l'escalier, et tombe, tombe... Cet instant me paraît une éternité. Mes dernières forces semblent se réfugier dans ma main qui s'accroche à la rampe. Je regarde, comme hypnotisé, le corps qui tombe. Du sang jaillit et éclabousse l'escalier (...) Un choc violent me secoue. Le cadavre s'est arrêté à mes pieds.
    Je vois le corps ensanglanté de mon père à mes pieds. Je ne veux pas crier." Déchirements est la radiographie d'un cauchemar vécu. Que j'ai vécu directement, mais aussi comme témoin des souffrances et des tortures d'une ampleur caractérisant un génocide de classe. Hanté par ce monde enténébré, j'ai essayé de m'en délivrer en couvrant le papier de ce témoignage à la fois personnel et général - dans les premières années de ma période occidentale, en 1970-72.
    J'ai été encouragé dans cette voie par Maurice Nadeau qui a publié dans sa revue Les Lettres Nouvelles mes premiers poèmes écrits en français. Denis Buican.

  • The plagieur

    Taoufik Ben-Brik

    • Exils
    • 18 Mars 2004

    " un policier me cherche noise : " tu joues au cerf-volant à ton âge ! " ali se jette sur lui, l'abat, prend son magnum, m'entraîne dehors, braque la banque centrale, chope une land rover, gravit la montagne noire, appelle ses voisins, ses cousins et les chiens de mon roman, les chiens, marche sur tunis, défait la première armée de ben ali en une journée, repousse les français, chasse bouteflika d'alger, dépose m6, poursuit kadhafi, el assad et moubarak jusqu'au confins du nil bleu, décapite les emirs, libère la palestine, reprend bagdad, plante son étendard sur le jebel gilbraltar, s'allie à la chine, le brésil et l'andalousie, se procure la bombe atomique et déclare la guerre à l'amérique ".
    /> Dans ce roman picaresque, taoufik ben brik devient bandit des lettres. son voleur de paragraphes, alias plagieur, alias t2b, mène une lutte contre le pouvoir. un combat littéraire et politique. et ça fait mal.

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