Entre Deux Mers

  • Les Macarienes (titre original) sont un long poème de plus de 1500 vers, écrit en occitan gascon et publié en 1763, à la suite de l'expulsion des Jésuites de St-Macaire, petite ville au bord de la Garonne. Libelle d'inspiration janséniste, il met en scène un homme et une femme du peuple, qui en parlent la langue : un matelot et une marchande de Saint-Macaire qui n'ont ni l'un ni l'autre la langue dans leur poche et qui s'opposent à propos des Jésuites, mais aussi au sujet des relations entre les sexes - ce qui donne à ce texte, comme le souligne Guy Latry dans sa préface, une saveur intemporelle. Né à Sabres le 27 septembre 1923 et mort à Mont-de-Marsan le 3 juin 2005, Bernard Manciet est un immense poète, originaire des Landes, région qui est au coeur de son oeuvre littéraire, écrite pour la plus grande part en gascon. Il est considéré comme le plus important poète de langue d'Oc de la seconde moitié du XXe siècle, notamment par son oeuvre la plus connue, L'enterrement à Sabres , poème en seize chants publié en 1989. La traduction en français, jusqu'alors inédite, qu'il fit - Les Macariennes - montre tout l'intérêt qu'il portait à la littérature gasconne dont il était un ardent défenseur.
    Les textes ont été établis et sont présentés par Guy Latry, professeur émérite de l'université Bordeaux-Montaigne.

  • Tamizey de Larroque, évoqué par Anatole France dans « Le crime de Sylvestre Bonnard », s'était spécialisé dans l'étude des XVIe et XVIIe siècles et fut un des pionniers de l'édition des « livres de raison », des « mémoires » et de la correspondance des hommes célèbres de ce temps, manuscrits inédits qu'il transcrivit et publia avec une puissance de travail et une érudition hors du commun. Sa publication de la correspondance de Fabri de Pereisc (1580-1637) en une dizaine de volumes est restée célèbre et est un modèle du genre. Editeur scientifique, auteur d'une multitude de notices bibliographiques ou biographiques pour toutes les grandes revues historiques de son temps, qu'elles soient nationales ou plus locales, Tamizey de Larroque a contribué à faire du XIXe un Grand Siècle de l'Histoire. On disait de lui qu'il connaissait si bien le Paris d'Henri IV ou de Louis XIII qu'il n'aurait pas été dépaysé s'il y avait été transporté. Philippe Tamizey de Larroque (1828-1898) restait pourtant attaché à son Agenais (il a même été maire de Gontaud, son village natal) et connaissait tout aussi bien le pays et le parler de Monluc et de ses capitaines. Grand éditeur, infatigable critique, érudit fécond, il a fraternisé avec tous les historiens de son temps, qu'ils soient parisiens ou aquitains. Mais ce savant exigeant était féru de littérature et goûtait la poésie : lui, si fier de sa région, fut également l'ami de Mistral...

  • Jean Carrier

    Collectif

    "Ce livret de 50 pages rappelle toutes les facettes de ce conteur de l'Entre-deux-Mers, disparu en 2017, dont nous avions publié en 2001 les « Contes vrais », illustrés de photographies de Jean-Luc Chapin. Un personnage complexe, attachant et original, qui fait partie, à sa façon, de l'histoire de l'Entre-deux-Mers et de la Benauge, car, comme le dit le poète, l'imaginaire est une catégorie du réel, et réciproquement... Bien sûr il y aurait bien d'autres histoires à raconter, et tel était Jeannot, l'autodidacte curieux en tout, boulimique de savoir, le malicieux, l'homme de terrain, le passionné de mécanique, l'ami fidèle et convivial, le conteur et le photographe de talent, viticulteur à ses heures, homme tolérant plein de bonhomie et d'humour qui a marqué et marquera longtemps ce coin d'Entre-deux-Mers où il exerça son ministère..." Michel Lenoir.

  • Au printemps 1792, Guillaume Gontier de Biran, ancien maire de Bergerac, ancien député du tiers aux états généraux et Pierre Lespine, un chanoine érudit, quittent Coblence, où ils ont émigré, pour s'adonner au « tourisme » le long du Rhin. Ils voyagent en bateau, en diligence, mais aussi, très souvent, à pied et s'écartent du fleuve pour de nombreuses excursions, soit dans ses environs immédiats, soit pour des destinations plus lointaines comme Francfort, Hanau, Heidelberg ou Darmstadt. Leurs pérégrinations ont donné lieu à un journal de voyage écrit à deux mains dont les manuscrits, conservés dans des fonds à Paris et à Bergerac, ont été réunis et transcrits pour cette édition originale : au-delà des aspects traditionnels du genre, leurs notes, rédigées à chaud et sans a priori, prennent une tonalité ethnographique qui fait, avec la description de rapports humains nouveaux et propres à l'émigration, son originalité. Leur double récit offre au lecteur, un témoignage pittoresque et sensible sur une partie des pays du Rhin à la fin du XVIIIe siècle et juste avant que cette région de l'Allemagne ne soit profondément bouleversée par les conflits napoléoniens, mais aussi par l'urbanisation et l'industrialisation. Il nous renseigne encore sur la personnalité des deux auteurs et sur leurs liens avec leur Périgord sur lequel ils fournissent, en miroir, nombre d'informations.

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