Elements De Langage

  • «Théorème» interroge la notion de « retour » et à travers elle, celle de notre perception du temps. Son concepteur, Michel Lorand, aborde son sujet en plasticien et nous propose un livre de musique et de littérature.
    Le livre se compose d'une transcription scrupuleuse de la partition d'origine des huit préludes de François Couperin tirés de «L'Art de toucher le clavecin» (1717) et de son envers, véritable version rétrogradée de chaque prélude, issue d'un mouvement retour (2019).
    Cet ensemble de partitions est précédé d'un texte de Pascal Quignard, «Harmoniè Palintropos» («ajustement par tropes en sens contraires») qui éclaire cette notion de retour en nous donnant une nouvelle interprétation des rapports unissant l'arc et la lyre qui «s'avancent en rebroussant chemin» et nous offre, avec Zénon d'Élée, une inoubliable leçon de musique.
    Dans ce livre où la musique s'entend, chaque lecteur devient un interprète.

  • Nommons le mot nomade, recueil de textes hors norme, à la fois poétiques et théâtraux, allie les impressions issues du monde moderne avec les fulgurances furtives d'une pensée sauvage. Les textes assemblés évoquent des images insolites, décalées, posées sur la vie ordinaire. Quand la pensée nomade vient hanter les sédentaires que nous sommes, l'archaïsme n'est jamais où on le croit ; et la beauté surgit d'un léger déplacement de point de vue ou d'une alliance improbable entre contraires d'apparence.

  • La Fnac ouvre ses portes à dix heures. Jean-Pierre m'a appelé à la Fnac, il avait fallu que je règle la fourrière en même temps que l'absence de Bernard sur le rayon et le travail par-dessus la tête. Il a fait allusion à ma photo dans le programme de la Fnac - il n'a pas vu les affiches encore, dans le magasin. La Fnac a commandé quarante exemplaires pour la signature de décembre, Jean-Pierre imaginait qu'ils en passeraient deux cents. J'ai gardé pour moi le fait que je craquais sur le caissier qui est arrivé à la Fnac il y a deux semaines. Je n'ai pas envie de rester à la Fnac. Il y a une réunion à huit heures et demie pour le personnel dont le but est de présenter les progressions du chiffre d'affaire (CA) et l'avancée des travaux du nouveau magasin (Fnac Riviera). J'ai dit à l'assistant du chef de la maintenance à la Fnac qu'il me fasse signe lorsqu'il passerait aux hommes. Le travail, la Fnac, la journée et cauchemars la nuit. La Fnac ? Le bonheur est de me souvenir que je ne travaille pas demain, que demain, je ne me lève pas pour la Fnac.

  • Miels de lune

    David Degueurse

    «À partir d'ici, plus d'essence !».
    Qui sait ce que peuvent nous réserver ces lunes de miel où le hasard objectif et une obscure nécessité se télescopent en un Big Crunch irradié de lumière noire ?
    Dans ce no man's land de verbes et d'images, quand le temps, l'espace et les subjectivités désirent s'abolir en des correspondances sensuelles, interdites et fatales, le poème est une invitation pour un voyage immobile qui nous conduira au bord de la fin du sens...
    Une invitation à la réflexion d'un mystère toujours entier qui ne se révèle qu'à ceux dont les paupières sont enfin closes.

  • Le livre: des mots posés sur de la peinture. À la surface de peintures de l'artiste Elina Salminen flotte le poème de Christine Guinard.
    En surface explore, en surplomb, la puissance irradiante du jeu d'un tout petit enfant, sur la place d'une ville écrasée par le soleil.
    Ce texte est né un soir d'été, d'une rêverie en surplomb sur la place de la Collégiale de la ville d'Amay, portée par l'arrivée de l'orage et du vent.
    L'écriture s'est construite autour de la question de l'apparence, de la surface - celle de la terre aussi, sous le soleil - et de l'intensité - celle de la lumière, de la chaleur ; celle de l'enfant.
    Par contraste, le tout petit enfant au coeur du texte, découvre le langage, le jeu avec la matière, la recréation du monde que cela induit, le rayonnement du lien qui l'unit aux êtres chers.
    Le soleil, sa lueur, sa chaleur, est l'autre pôle.

  • Puzzle littéraire de 24 pièces narratives composant la carte d'un pays imaginaire et le portrait d'un personnage nommé Adélaïde.
    Ce coffret comprend : une carte au format A1 et 24 livrets. À vous de jouer.

  • Il ne faut pas attendre, ni même chercher à surprendre l'évidence intermédiaire. Elle se faufile, s'envisage par contumace, elle s'ajuste, mais n'affranchit rien ni n'efface. Elle demeure l'auxiliaire d'un soupçon, au même titre que le présent s'éparpille dans le tamis de nos époques lointaines, que la promesse semble toujours trouble, que l'inquiétude chuchote. Aventure des valeurs ignorantes de l'arbitrage des saisons.
    Elle se déplace sans laisser d'ombre, indécise et d'ivresse heureuse, elle ne pose aucun obstacle aux accomplissements, sinon celui de sa fable.

  • Livre-projet trilingue (français- finnois-anglais) conçu à partir des oeuvres de Carita Savolainen. Au départ, douze aquarelles, une lettre envoyée à douze auteurs et une proposition : que chacun choisisse une image et que celle-ci déclenche l'écriture.
    Textes de : René Pons, Mari Mantela, Per E. Fosser, Gilles Kelber, Erja Harjunpää, Bona Mangangu, Claire Ponceau, Hannu Castrén, Michèle Philippe-Arellano, Kristina Haataja, Bernard Teulon-Nouailles, Hanna Schaafsma, Clement Adelman et Marc Ossorguine.
    Le Livre de Carita Savolainen a été présenté à l'Institut français de Helsinki, au mois de décembre 2013. Ce projet ouvert a déjà donné lieu à deux suites : une exposition des aquarelles de Carita Savolainen à la librairie Chapitre XII (Bruxelles) accompagnée d'une performance chorégraphique de Mikko Hyvönen en mai 2013 ; une exposition à l'atelier Neitzert Heraut (Saint-Chinian, France), accompagnée d'une installation sonore de Aki Ito.

  • Le Jour où j'ai réussi ma vie est le nouvel O.L.N.I. (Objet littéraire non identifié) des éditions éléments de langage. Un roman, bref et incisif, qui a pris la forme d'une fable postmoderne. Le discours de management en est le héros. On y suivra la mue d'un certain Renard, ancien contorsionniste licencié pour manque de flexibilité, qui va se reconvertir en coach de vie et devenir le Guide éclairé des foules en quête de mieux-être. L'histoire d'un succès contagieux.

  • Après Chambre avec vue, paru chez éléments de langage en 2018, Astrid Chaffringeon nous présente en cette rentrée littéraire 2020 un roman féministe à la force envoûtante : je ne chasse pas sur mon territoire. La narratrice, une photographe d'origine espagnole, Julia Montoro, revient sur son passé et les raisons qui l'ont conduite en prison. La virtuosité de son récit ne fait que mettre en évidence le caractère implacable de son parcours en milieu hostile : son arrivée à Paris, ses premières expositions, sa rencontre insolite avec un perroquet du Gabon et avec quelques spécimens de mâles humains, auxquels elle se lie et se délie, son installation dans la plus petite ville du monde, en Belgique, sa résidence d'artiste sur une île de Finlande... jusqu'au point de bascule de son existence. C'est l'histoire d'une femme qui s'est trop longtemps laissée porter par les événements, les rencontres, les hommes en croyant nager à contre-courant. L'histoire d'une fausse liberté dont l'illusion est brisée par la découverte de la condition de  proie de sa narratrice. L'histoire de la peur que connaissent toutes les femmes et du déploiement de violence qu'il faut pour la vaincre. C'est aussi l'histoire du dernier mot, chuchoté comme un cri de guerre.

  • Le hasard n'a pas été aboli. Dans ce nouveau recueil, Jack Keguenne met en réflexion la pose du poète. 612 fois, il le place en bonne ou mauvaise posture, s'amuse à l'observer du coin de l'oeil, au quotidien et au travail, dans son combat sans fin pour la beauté. Chaque texte est un poème, une scène, une microfiction concentrée sur l'instant en suspens. Le titre du recueil, Échantillon d'imposture, n'est peut-être pas à prendre au pied de la lettre. Sans doute est-ce une adresse à l'attention vive du lecteur. Avec clarté, précision, finesse et brio, Jack Keguenne entrechoque le sublime et le trivial pour faire surgir des étincelles et prouve que la poésie, l'air de rien, pense plus que la métaphysique.

  • Un livre fait d'éclats.

    Ceux d'une mémoire forcément émiettée.

    D'une mémoire qui se souvient d'un couple, un ingénieur belge, une danseuse tchèque, d'un voyage entre Prague et Bruxelles, en moto, aux abords d'une guerre.
    Pour retrouver la mémoire, quelques collages épiques et baroques.
    Ceux d'une époque de fracas et de douleurs, d'humour et d'amour aussi.

  • Archipels est un livre à deux entrées. Pas de quatrième de couverture, ici, qui vous donnerait des indices bien « marketés » sur l'intrigue ou les mensurations de l'auteur, mais deux premières. Une entrée « récit », une entrée « photographies » parsemées d'îlots textuels. Ce n'est pas que l'auteur n'a pas su choisir ni que l'éditeur n'a pas su trancher : c'est une double proposition guidée par le contenu même de l'ouvrage. Au lecteur de plonger comme l'auteur a plongé dans sa mémoire. Des images surgissent, des odeurs remontent, des souvenirs se cachent derrière les écrans. Archipels est un journal de bord d'une traversée de l'oubli en solitaire.

  • À l'origine, les chapitres LV et LVI du Quart Livre de Rabelais.
    Un bateau, une tempête, des paroles en l'air qui tombent sur l'équipage alors que ceux qui les ont prononcées ont disparu depuis longtemps. Soit le miracle de la lecture.
    Un livre, un regard, une voix qui resurgit et des poèmes-idéogrammes qui fondent dans le creux de vos mains, sous votre langue.
    Polygraphe européen d'origine française, Nicolas de Mar-Vivo vit, lit, écrit à Bruxelles.

  • Un livre-objet. beau comme une boîte de chocolats. ou de médicaments.
    à l'intérieur, un nuancier poétique en guise de prescription médicale :
    à consommer 1 à 2 feuillets/jour au moment le plus inopportun renforce l'amertume Vous allez dérouiller !

    Dans ce nuancier poétique, illustré par le grand graveur sur bois Thierry Lenoir, Denise Engels invente une langue jubilatoire pour décrire notamment les maux de l'âge avec un humour féroce et réjouissant.

  • "Deux nouveaux amants se parlent pour tisser un dialogue ininterrompu, sorte de mélopée incantatoire.
    Parmi une foule anonyme, parfois sordide, l'homme prendra les visages des amants d'une nuit : il sera entre autres l'officier allemand auquel la femme offrait son corps dans le ghetto de Varsovie ; ce Méditerranéen d'Anazabia ; cet inconnu de New York figé comme éternellement derrière la vitre d'un bar enfumé ; ce mélomane croisé à l'opéra ; ou encore cet Australien monté dans un train à Berlin.
    Ensemble ils raconteront aussi leur rencontre actuelle, axée autour de ce désir si fort de l'homme pour cette femme qu'il repoussera en permanence le moment de la prendre.
    Ils parleront beaucoup aussi d'un séjour à venir à Anazabia, qu'ils ont érigée en mythe, ville vers laquelle tendra tout le récit.
    "

  • Il faudrait pouvoir embrasser nos silences, les protéger de nous-mêmes, les garder entre nos lèvres pour les jours un peu tristes, pour ces jours dans lesquels nous serons absentes l'un de l'autre.

empty