Editions Libertaires

  • Clara Wichmann (1885-1922), hollandaise d'origine allemande, précède de quelques années l'Allemand Fritz Oerther (1869-1935) dans l'élaboration d'une pensée non-violente et libertaire. Bien que ne connaissant pas Gandhi, Clara Wichmann, dépassant l'alternative « Ne rien faire ou lutter par les armes », fut une des premières à utiliser le mot de « non-violence » et à concevoir la notion d'action directe non-violente. Dans ces quatre « textes choisis », cette féministe, juriste, pédagogue, met en avant une société non capitaliste, non autoritaire et non-violente. Une réflexion d'une actualité brûlante au jour d'aujourd'hui.

  • Le vécu et l'engagement des femmes qui s'expriment dans ce livre évitent les clichés car leur « féminisme » repose sur la conviction que la meilleure relation entre hommes et femmes ne peut se fonder que sur l'égalité et le respect mutuel. Il est en effet impossible pour ces femmes de dissocier les idées des pratiques qui donnent sens à leur vie dans une région élargie - le Moyen-Orient - qui s'avère d'une importance clé pour l'avenir proche. De leurs témoignages, il ressort que la domination que subissent les femmes dans le monde n'a pas son origine dans la ou les religions. Qu'il soit chrétien, juif, musulman ou autre, le système de croyances religieuses cautionne cette domination et l'instrumentalise à des fins politiques.

    Certaines ambiguïtés doctrinales des textes « sacrés » permettent également d'avancer l'idée que les religions pourraient s'adapter aux changements des relations entre les sexes. Il suffit d'observer la géométrie variable de la domination masculine selon les conjonctures sociales et politiques pour comprendre que la religion ne fait que refléter des relations de pouvoir tout à la fois socio-économiques et sexuelles.


    Ce livre est une reconnaissance des femmes qui luttent dans des conditions qui dépassent largement en gravité celles des Européennes. Pourtant la lutte est la même et, malgré une liberté apparente en « Occident », on ne peut prétendre être en avance dans la marche vers l'égalité.

  • On ne présente plus Bernard Noël. Il est actuellement le poète français dont la réputation est désormais planétaire. Également auteur de nombreux romans et de nombreux essais sur la peinture, son oeuvre a ouvert un foisonnement de pistes aux écrivains de la jeune génération qui reconnaissent en lui un maître incontesté. Bernard Noël a connu la célébrité grâce au sulfureux roman « Le château de Cène ». D'abord censuré, ce roman rapidement épuisé a fait l'objet d'une nouvelle réédition dans laquelle figurait le texte « L'outrage aux mots », suscité par Jean-Jacques Pauvert, le premier des grands textes politiques de Bernard Noël. Viendront ensuite « Le dictionnaire de la Commune », « Le sens, la Sensure » etc.. La réflexion que conduit Bernard Noël depuis 1970 s'accompagne d'une réflexion simultanée sur la nature et la fonction de la langue écrite et parlée en relation avec le corps.

    Claude Margat est l'auteur de nombreux livres. Plusieurs fois missionné en Chine, également calligraphe et peintre, il s'intéresse à l'origine de l'expression et prépare actuellement un volumineux essai sur la peinture chinoise. C'est également un intime de Bernard Noël et un grand familier de son oeuvre.

    Questions de mots est le premier livre d'entretiens publié portant sur l'ensemble de l'oeuvre de Bernard Noël. Réalisé sur le ton de la conversation amicale, ce livre apporte un éclairage nouveau sur l'oeuvre singulière et passionnante du grand écrivain. Il y est tout à la fois question d'écriture, de peinture, de lecture, de poésie, de société, de liberté et de la place que chacun est invité à reconquérir sur les nouveaux désastres qui s'annoncent.

  • 'Si aux yeux d'une branlée de chenapans, dont je suis, Yannis Youlountas est beaucoup mieux encore qu'un poète splendidement scandaleux, c'est parce que nous, ses potes, nous savons à quel point le loustic a également l'art et la manière, foutre-en-bouche !, de mettre en accord ses actes avec ses vers. (.) Quel bonheur que ça existe encore des' zigues à la coule risque-tout' estimant que la dialectique, ça peut toujours casser les briques !' (Noël Godin) suivi de Quatre coins de table.

  • 2003 ! Une année quand même pas tout à fait ordinaire que cela.
    Avec une énorme mobilisation sociale au printemps. Pour défendre le système des retraites par répartition et s'opposer à la casse des services publics. Avec des manifs hardi tiens bon et des grèves comme s'il en pleuvait. Avec la défaite, au bout. Les poings serrés de rage. Le coeur submergé de révolte contre le gouvernement, le patronat, les directions syndicales... Mais une année comme toutes les autres, malgré tout ! Avec ce putain de quotidien.
    Au boulot ou ailleurs. Cette usure de tous les instants. Mais avec également quelques petits perce-neige têtus de résistances de tous ordres venant tarauder le grand manteau blanc de l'hiver salarial et jeter quelques traits de lumière dans la grande nuit de la marchandisation des choses de la vie. Jean-Pierre Levaray, ouvrier d'usine, nous conte tout cela via le journal qu'il a tenu cette année là. Toutes ces petites grandes choses et ces grandes petites choses qui émaillent chaque jour la vie du peuple travailleur.
    Et c'est peu dire que c'est poignant d'authenticité et de dignité. Car, sans cesse au carrefour de la révolte et de la résignation. A la frontière entre espérance et désespérance. Au coeur de la condition ouvrière tout simplement !


  • aux mains de l'individu la force s'appelle " crime ", aux mains de l'etat elle se nomme " droit ".



  • en avril 1961, paraissait, aux éditions de minuit, " les égorgeurs " ce livre, salué unanimement par la critique (" le monde ", " le canard enchaîné ", " le monde libertaire ".
    ) fut saisi quelques jours après sa sortie. depuis lors, hormis l'écriture de quelques petits textes, benoist rey était resté silencieux. avec ce livre il reprend la parole, se raconte et raconte. son milieu familial. terrible ! ses débuts d'apprenti imprimeur. son cheminement vers une conscience politique de gauche. l'emprise du parti communiste sur la classe ouvrière. la guerre d'algérie oú il partira comme conscrit.
    son refus de porter les armes. les horreurs qu'il sera amené à voir en tant qu'infirmier affecté dans un commando de choc. le retour à paris et la confrontation au silence des pantoufles et à la lâcheté de ceux qui savaient. la dénonciation de l'intolérable dans " les égorgeurs ". une réinsertion difficile dans " la norme ". un engagement politique se construisant au fil de rencontres de toutes sortes.
    avec sartre, simone de beauvoir, guy debord, félix guattari, michel foucault. mai 1968. l'espérance d'un printemps trop bref. la reprise en main politique et syndicale de la révolte de la jeunesse. les grandes luttes de l'après 68 tentant désespérément de renverser la vapeur. une arrivée toute de hasard en ariège. a travers l'histoire de sa vie benoist rey nous brosse un tableau à nul autre pareil de la vie politique et sociale en france de 1938 à 1972, et c'est peu dire qu'il comble certains trous de la mémoire collective.
    mais ce livre ne se résume pas à cela ! ecrit dans une langue simple, alerte, dense, sans fioriture, dépouillée de tout artifice, constamment arrimée à l'essentiel. , c'est également une oeuvre littéraire d'une qualité telle qu'on imagine mal qu'il ne reste pas. dans notre mémoire !.

  • A contretemps est une revue de critique bibliographique et d'histoire du mouvement libertaire qui paraît depuis 2001, "au gré des lectures, des envies et des circonstances".
    Les Editions Libertaires lui consacrent une collection, intitulée "A contretemps", reprenant, sous forme thématique, l'essentiel des articles parus dans la revue. Après D'une Espagne rouge et noire, cet ouvrage en constitue le deuxième volume.

  • " Mardi 30 novembre 2004, 6h55, Chaucre, île d'Oléron, chez nous.
    Boum, boum, boum ! Police ! Ouvrez ! Une dizaine de drôles de gens passablement surexcités ! Certains avec des brassards.
    D'autres avec des armes. Irruption en quelques secondes dans toutes les pièces de la maison. Notre petit chien, enfermé dans la véranda, aboyant d'impuissance à nous protéger. Le vieux méchant chat, malin, ayant opté d'entrée pour la guérilla. Réveil en fanfare. A peine le temps d'enfiler un demi slip et de mettre un demi pied dans l'escalier. Lampes torches pleine tête. Ne bougez pas ! Nos deux enfants tétanisés.
    Tout le monde en bas. En petite tenue. Rassemblés comme un troupeau de moutons par une meute de chiens policiers. Vous savez pourquoi nous sommes là ? ". Le 30 novembre 2004, Jean-Marc Raynaud et Thyde Rosell, fondateurs de l'école libertaire Bonaventure, ont eu " droit " à la police anti-terroriste. Motif, avoir scolarisé (à Bonaventure) et hébergé (chez eux), pendant deux ans et demi, un petit bout de trois ans qui s'est révélé être le fils des énièmes grands chefs de l'ETA arrêtés par la police française le 3 octobre 2004.
    Est-il besoin de le préciser, Jean-Marc et Thyde, parce qu'anarchistes, n'ont jamais rien eu à voir avec un nationalisme quelconque, une lutte armée d'un autre âge, et, donc, avec ETA ! Pour autant, ils n'étaient pas sans ignorer complètement qui étaient les parents du petit bout. Et alors ?
    Les enfants sont-ils ou non responsables de leurs parents ? Une école libertaire et une maison de libertaires pouvaient-elles ne pas être ouvertes à tous les enfants du monde ? Pour avoir eu le courage de ces " justes " qui, lors de la deuxième guerre mondiale ont accueilli des petits juifs et autres, Jean-Marc et Thyde ont eu " droit " à 4 jours de garde à vue anti-terroriste " musclée " avec, pour Jean-Marc, qui sortait d'un infarctus, deux malaises cardiaques à la clef.
    Dans ce livre, ils racontent ce qui, aujourd'hui, est susceptible d'arriver à toute personne scolarisant ou hébergeant un môme de sans papiers. Quatre jours d'interrogatoires vingt heures sur 24. Privation de sommeil. De nourriture. Chantages. Insultes. Humiliations... Jean-Marc et Thyde ont été relâchés sans être inculpés de quoi que ce soit et, bien sûr, sans excuses. Ils continuent de " s'occuper " du petit bout et l'aiment encore plus qu'avant.

  • Sur les télescripteurs, les nouvelles crépitaient comme des rafales de mitrailleuses. Partout, en effet, les vieux se révoltaient. C'est quand l'avocat général lança ses ultimes cris de haine que j'aperçus, grâce à un effet de manche spécialement grandiloquent, les bourrelets d'un gilet pare-balles. Ferdinand me fit observer que ça "protégeait moins bien la tête" et la suite lui donna raison dix secondes plus tard, quand un octogénaire excité abattit le magistrat d'une balle dans l'oeil, depuis le public où il était paisiblement assis. Il avait accompagné son geste d'un hurlement : "On les aura, comme en 14 !"

  • Plutôt en HP que dans ce monde de dingues ! Nous sommes sept alcooliques internés. Un docteur antipsy, nous a fait prendre conscience du pourquoi et du comment de quoi. Pas ou très peu de cachetons. De l'écoute et de l'amitié. On saisit alors tout de nos histoires qui n'en font qu'une. On sait pourquoi, par-delà les hasards de nos vies, une logique civilisationnelle nous a menés là où nous n'en sommes plus.

    Comme on va mieux, on va nous relâcher, nous renvoyer à la case départ qui est à l'origine de tout. Le monde capitaliste extérieur est complètement fou : nous n'y retournerons pas, nous resterons entre gens normaux. C'est pour cela que nous avons pris les armes.
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  • L'histoire d'Antonin Artaud (1896-1948) est celle d'un homme qui n'a cessé d'aspirer à la destruction de toutes les doctrines, concepts et religions. Dès tout petit, il a souffert le martyr avec des douleurs chroniques diagnostiquées comme consécutives à une syphilis héréditaire. D'où prises de drogues de toutes sortes et internements psychiatriques à répétition avec électrochocs à la clef. Malgré cela, c'est un de nos plus grand poètes, écrivain, metteur en scéne. En 1925, André Breton lui confia la direction de la Centrale Surréaliste. La trouvant trop molle, il s'en émancipera. L'auteur de ce livre a écrit une thèse sur Artaud et est littéralement habité par lui. Sur le fond comme dans la forme.

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