Edition De La Revue Des Ressources

  • Causse... un mois, sous yourte. écrire, méditer, marcher, casser mon bois pour le poêle, quelques gestes simples. les buis, les grandes collines bombées, les grandes herbes, dolines, avens, les colonnes de roches ruineuses comme des chapelles romanes de cailloux secs, les pierres claires concassées des sentes, les pins sous la neige, les hommes... une terre pour laquelle je pourrais lutter.

    Je suis au lit, avec le poêle, torse poil. largement le jour de plus grande chaleur depuis le début.
    écrire ? écrire quoi ? écouter d'abord.
    C'est la nuit.
    Parvenir à la fermer un peu au-dedans.
    ça souffle.
    ça souffle sur la toile. les arbres chantent.
    Faire taire en soi oui. essayer. écouter. en fait je suis venu pour ça : écouter. poser, ouvrir.

    31.01.13.
    Causse.
    Grand beau. longue méditation dehors.
    Envie d'encore plus de silence, de calme lent dedans. mais juste laisser venir, sans être tendu dans un désir.
    Se réveiller la bouche fumante tenir le feu se laver méditer manger écrire sortir parler manger écrire casser du bois tenir le feu marcher rentrer à la nuit tenir le feu écrire cuisiner écrire lire dormir.

    Il ne se passe rien. pourtant ça coule, passe, s'écoule. rien à dire. laisser faire. tenter de ne rien dire. rien faire. juste écouter. encore.

  • Elle dit pas, de votre monde qui a peur pas, des mots qui oppose à tout ce qui fait peur l'alibi mot coupable, assez de ces gros mots on lui dit quand elle dit ne peut faire semblant certains mots sont des actes, assez vous retrancher derrière les mots louvoyer, abominable veut dire qui ne peut pas avoir de nom, je ne suis pas, pas d'envie ne, je ne me, ça ira ira ça, ne console pas, ne si je, profondément dans les détails ne sais que, et que rien, rien, rien, rien, limons, rien, rien, sauf la scansion poétique qui défamiliarise, coeur craque dire, simplement rien, mais cela suffit, c'est bien contre dires du monde qui n'entend pas, elle dit non je ne sais rien, rien gare gaffe, suis passée au langage

  • Si l'on connaît Kenneth White pour ses poèmes et ses waybooks (ou livres-du-chemin), ses essais sont également de premier plan.
    Parallèlement à des livres d'essais qui ont reconfiguré les coordonnées de notre postmodernité et ouvert un nouvel espace mental comme La Figure du dehors (1982), L'Esprit nomade (1987), Le Plateau de l'albatros (1994), Une stratégie paradoxale (1998) et Les Affinités extrêmes (2009) - Kenneth White a multiplié les livres d'entretiens.

    Le présent volume publié par les ERR prend place dans cette suite d'essais et d'entretiens - qui ont développé les concepts de nomadisme intellectuel et de géopoétique - tout en ouvrant une nouvelle série : la collection des Carnets de la grande ERRance. Ces entretiens ont pour but de faire le point sur la réflexion contemporaine autour du géo-, c'est-à-dire du rapport à la Terre, au regard de ce que la géopoétique propose.

    Il intéressera tous ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus de la réflexion contemporaine et sera utile à tous ceux qui désirent explorer davantage l'espace ouvert par Kenneth White grâce à la géopoétique.

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