Du Murmure

  • Chacun sa guerre

    Otl Aicher

    Lire Chacun sa guerre, c'est découvrir Otl Aicher (1922-1991), un Allemand pas comme les autres : un individualiste qui refuse à 15 ans le dressage du parfait jeune nazi, mais aussi de résister avec ses amis Hans et Sophie Scholl, guillotinés en 1943. Il est aussi un autodidacte curieux, qui avec ses copains d'Ulm discute en catimini de Saint Augustin et du régime à concevoir pour une Allemagne « d'après ».

    Dans cet ouvrage, il raconte sa guerre, vue de l'intérieur en 1985. Mais quarante années se sont écoulées. Tout le monde est informé. C'est l'éclairage qui compte, et le choix des motifs Et il arrange ses vues, en designer-graphiste qu'il est devenu.
    Reste malgré tout l'essentiel : l'aveu...

  • Qu'est-ce qui pousse Camille à quitter la vie citadine, pour une maison isolée au fond des bois avec son chat et son lapin ? Un besoin de faire le point, dans une solitude totale. Totale ? Un inconnu frappe à la porte. Que lui veut-il ? Et pourquoi laisse-t-elle, jour après jour, cet homme aux yeux clairs prendre ses aises chez elle ? Un roman lumineux sur l'ouverture aux autres, la beauté des rencontres de hasard et le refus des préjugés.

  • L'approche de l'écorchement fait suite à La peau. Totem et tabou. Comme la peau, il fait énigme. Peler, enlever l'écorce, arracher le tégument, râcler ou déchirer la peau jusqu'à ce qu'apparaissent les chairs, tout cela évoque un viol de l'enveloppe sans laquelle le vivant n'est plus. Mis à nu, au plus près de la fragilité, sans barrière de défense, l'écorché rend l'âme tôt ou tard, s'il n'est déjà mort.

    Séparer/recouvrir pour guérir, tel est le geste d'écorchement par lequel une peau, retranchée et transmise, n'est jamais perdue. Les larmes d'Apollon, malheureux de son geste extrême, lui qui refusa d'être touché par la musique d'un homme des bois, nous émeuvent toujours. Elles prouvent que sous la blessure de la peau arrachée demeure intact l'essor énergétique malgré la mort. Le geste d'écorchement illustre la voie des chrysalides, celle qui préside aux identifications à travers la violence des arrachements.

  • Mon frère et moi

    Erik Sven

    L'enfance survit-elle au désenchantement? L'innocence est-elle un leurre ? Le bonheur, une quête vaine? Pour Colline, Aubin et Béatrice, le chemin vers la magie mène au coeur de la forêt, mais se révèle parsemé de ronces et de crevasses. Et quand le père débarque à grand renfort de bulldozers, le monde extérieur les rattrape et Dame Nature s'insurge.
    Mon frère et moi entraîne le lecteur dans les profondeurs de l'âme et de la terre.

  • Émile Tizané a-t-il réellement existé ? Sans la découverte récente de ses archives privées, il eût été permis d'en douter tant la vie romanesque de cet homme paraît conférer à celui-ci tous les traits caractéristiques d'un personnage de fiction. Cas unique, cet officier de gendarmerie fut sans doute le plus grand expert français en matière de « maisons hantées » et sillonna ainsi les routes de campagne pour les besoins de ses enquêtes officieuses. Réunis ici pour la première fois, ses dossiers se composent d'innombrables notes, rapports, photographies, croquis et correspondances qui laissent entrevoir les aspects à la fois fascinants et obscurs d'un gendarme sur les territoires de la hantise.

  • Si vous lisez ceci, c'est que vous vous trouvez dans une librairie.
    Le lieu de toutes les aventures, de toutes les passions, de toutes les rencontres, de tous les abandons.
    Le lieu où s'exposent les fruits de milliers d'heures de veille et de doutes, parfois de vies entières dédiées à vous raconter des histoires, à vous transmettre d'indicibles messages, à vous plonger dans les plus grands mystères.
    Le lieu qui a inspiré treize auteurs de notre maison d'édition.

    Nouvelles de Jean-Pierre L. Collignon, Jean-Marc Defays, Paul De Ré, Pierre Hoffelinck, Michel Lauwers, Dominique Maes, Alexandre Millon, Marc Pirlet, Jean-Marc Rigaux, Martine Rouhart, Erik Sven, François Tefnin et Michel Van den Bogaerde.

  • «Est-ce que le chagrin peut changer notre composition chimique? En tout cas je ne sens plus l'amande douce, la tubéreuse et le cumin. Je ne sens plus ce que tu aimes. Ce ne sont déjà plus les jardins les épices, ni le rêve des citronniers en fleurs».
    Quel parfum sécrète la folie?
    Engluée dans un chagrin d'amour, une femme s'expose à toutes les odeurs.
    Elle nous livre à l'état brut cette dérive sensorielle.

  • Parti à Suzhou pour retrouver le charme de ses jardins splendides, Gilles rencontre une troublante jeune femme. L'art consommé de la préparation du thé, la méditation sur l'écriture qui débouche sur le monde superbe de la calligraphie, l'évocation des traditions encore vivantes issues d'un passé riche et tumultueux, et surtout l'érotisme subtil dégagé par la personnalité de Fleur de Lotus ouvrent à Gilles un monde insoupçonné. Fasciné par le mystère des jardins, attiré par la sensualité à fleur de peau de la jeune femme, il se transforme peu à peu. Il découvre également la prodigieuse puissance d'évocation émanant de très belles théières, dont la présence frémissante interpelle le regard, la forme manifeste un sens aigu de l'harmonie, l'oeuvre révélant un génie artistique et une extraordinaire virtuosité créatrice. C'est la plongée dans la Chine sauvage, à la fois splendide et redoutable, ses jardins, ses lacs, son gongfu et son histoire millénaire.

  • Journal intime

    Lydia Vazquez

    Lydia Vázquez conte, au travers de son journal intime, son rapport au corps et sa relation avec son partenaire. Relation qui se pimente et qui trouve des chemins d'expressions de plus en plus libertins. Une petite autofiction érotique comme un hommage à Sade...

    Lydia Vázquez est professeure d'Université à l'Université du Pays Basque (Espagne) et spécialiste en littérature libertine française du XVIIIe siècle. Miguel Ángel Martin est un dessinateur reconnu ayant reçu de nombreux prix : il est entre autres l'auteur de Brian the Brain.

  • La science, tablant sur son objectivité proverbiale, a voulu échapper aux chimères et aux succubes pour définir la monstruosité. Il n'est pas certain qu'elle y soit parvenue. Des monstres onanistes créés par Tissot ou Kellogg en passant par les dégénérés produits par Morel jusqu'à la nouvelle race de « monstres eugénistes » qu'inventeraient les biotechnologies, la science ne manque pas d'imagination pour découvrir des monstres au pas de chaque porte. Ce livre voudrait parcourir le discours sur le monstre issu de la science depuis le XIXe siècle, sans s'interdire de laisser la parole à la fiction, en rappelant que la tératologie intéresse Geoffroy-Saint-Hilaire au moment où Mary Shelley publie Frankenstein.

  • «Vous raconteriez ça à quelqu'un, il ne vous croirait pas. Pourtant je l'ai vu de mes yeux. J'y pense encore souvent mais je n'en parle à personne. À qui le raconter?» Fille d'émigrés polonais, Bruna passa son enfance dans le nord de la France puis à Seraing où son père était mineur. En 1941, alors qu'elle venait d'avoir seize ans, elle fut arrêtée par la Gestapo et envoyée comme travailleuse forcée en Allemagne. Prise dans un engrenage infernal, elle est ensuite transférée dans le camp de concentration de Ravensbrück avant d'échouer dans celui, plus terrifiant encore, de Bergen-Belsen. Ce livre raconte son histoire, depuis sa naissance en Pologne jusqu'au miracle de sa libération en avril 1945 et son retour à Seraing. Document littéraire exceptionnel composé à partir du témoignage d'une rescapée de l'horreur nazie, il constitue une extraordinaire leçon de volonté et de courage.

  • Pur et nu

    Bernard Antoine

    Toute cette histoire aurait pu tomber dans l'oubli. On aurait enterré Égide avec son secret, on aurait séché nos larmes et puis basta. Ana n'aurait pas trouvé les lettres. Alessia serait restée un mystère italien et les anges ne s'en seraient pas mêlés.
    Mais voilà, quand on est journaliste, quand on a voué sa vie aux soubresauts du monde, peut-on emporter une telle histoire dans la tombe ? Sans doute pas. Alors le fils d'Égide, Thomas, va se lancer à la recherche d'une femme introuvable, une femme qui semble n'avoir laissé aucune trace.
    Sa quête va le plonger au coeur des années de fer allemandes, sur la trace d'un jeune couple d'intellectuels norvégiens, Mattias et Birgit, arrivés à Berlin en 1970. Le quartier du Kreutzberg est en ébullition. Les étudiants occupent les universités. La rue défie un État embourbé dans la guerre froide et les éclaboussures du nazisme. Fasciné par les discours radicaux d'Ulrike Meinhoff et par la beauté de Gudrun Ensslin dont il tombe amoureux, Mattias choisit de rejoindre ceux qu'on appelle encore « la bande à Baader » et qui va bientôt devenir la Fraction armée rouge. Et sa vie bascule lorsqu'il commet l'irréparable.
    Guidés à leur insu par la vie contemplative d'Hadewijch d'Anvers (béguine et poétesse du XIIIe siècle), au terme de péripéties qui les ancrent dans les heures les plus douloureuses de l'Allemagne contemporaine, les protagonistes de Pur et nu découvriront, quatre décennies plus tard, l'étonnante cohérence de leurs destins.

  • Thomas est cloué au sol. Il perd l'hélice de sa vie. Son épouse meurt accidentellement. Il se rencontre, rencontre, se laisse déporter. Il voyage. Intérieur nuit. Extérieur jour. Entre road movie dans un mouchoir et grands espaces du Pélion, en Grèce, il tangue. En équilibre instable, il nous parle de la vie dans le deuil plutôt que du deuil dans la vie.
    Une renaissance.

  • À la suite d'un attentat pâtissier sur une toile de Félicien Rops, l'inspecteur des assurances Jean Desjardins est engagé par les responsables du musée Rops pour évaluer les dommages. Cette enquête de routine se transforme bientôt, grâce à l'intervention d'une jeune assistante passionnée, en une quête des traces de l'artiste anticonformiste du XIXe siècle.
    Qui a intérêt à récupérer la mémoire de Félicien Rops, peintre sulfureux et amoureux des femmes : les amateurs de tartes à la crème potaches, les bourgeois collectionneurs d'art rentable ou le petit inspecteur qui rêve de raviver sa vie sentimentale?
    Une biographie romancée de Félicien Rops, qui joue à réinventer le présent à partir d'un passé fantasmé et de la correspondance de l'artiste, pour mieux croquer les rapports avec l'art, l'argent et l'amour.

  • «C'est pour trois jours!» «Nous sommes le 19 janvier 2005. Tu viens d'en prendre pour cinq ans, mais tu ne le sais pas. Nous non plus. Tu refuses ton admission dans cette maison de repos. Catégoriquement.» Rien ne nous prépare à jouer le rôle de parents de nos propres parents. Comment incarner cette nouvelle posture à leur égard, affronter leurs demandes impossibles, leurs refus, leurs silences, la vieillesse implacable, les incompréhensions des institutions? Comment préserver ce qui peut l'être? Si possible, jusqu'au bout.

  • Le joli monde

    Stanislas Cotton

    "Voici un livre dont on peine à sortir indemne tant il va loin dans les tréfonds de l'âme humaine. L'auteur y narre à sa demande l'histoire d'un auteur dont il est devenu l'ami et à qui il a promis de la publier après sa mort. Fruit de longs moments passés ensemble et d'une connivence profonde, le récit écrit à la première personne semble sorti tout droit de la bouche de l'ami perdu et il débute alors que celui-ci a 16 ans et qu'il découvre l'amour avec la belle Anja. Aux superbes pages qui narrent la fraîche passion des deux adolescents succède brutalement une scène d'une barbarie atroce. Des miliciens douteux ont envahi le village et ils ont pénétré dans les maisons où ils s'adonnent à des exactions innommables. Ayant survécu par miracle au massacre, le confident n'a jamais plus parlé de cet événement qui hante pourtant ses nuits et ses jours. N'y peuvent rien le procès de guerre et les témoignages de survivants, les discours d'empathie. Aucun pays ou nom de lieux n'est cité, les dates des faits sont estompées, ce qui permet d'affirmer l'universalité du propos. La beauté de la musique et l'alcool parviennent quelquefois à écarter les fantômes, le refuge de l'écriture et de la lecture estompe la douleur des blessures toujours à vif. C'est précisément le tour de force de ce roman que de narrer le pire tout en affirmant la puissance de la poésie qui prend d'emblée possession du texte comme on vient au secours d'un noyé. Viatique aux vertus insoupçonnées, elle ne le quitte pas dans les moments les plus dramatiques. Ce faisant, Stanislas Cotton dénonce avec talent la barbarie toutes bannières confondues et salue pudiquement la mémoire des victimes tout en affirmant qu'il reste toujours en chacun une part inaliénable sur laquelle s'appuyer envers et contre tout.
    - Thierry Detienne"

  • "Dans notre monde où le savoir se spécialise de plus en plus, les disciplines deviennent parfois des mondes hermétiques dans lesquels seuls les initiés trouvent leur chemin. La linguistique, qui traite pourtant du langage et de la communication que nous ne cessons d'utiliser, n'échappe pas à cette tendance.
    Jean-Marc Defays a fait le pari d'ouvrir les fenêtres et de tenter de s'adresser à tous.
    Fort de son expérience d'universitaire et d'enseignant, il s'est assigné le défi d'aborder les concepts de disciplines qu'il enseigne sous la forme de textes brefs et accessibles. Pour ce faire, il n'hésite pas à plonger dans nos réalités quotidiennes, à convier son expérience propre, à mobiliser ses talents de conteur.
    Au fil des textes, qui forment des entités distinctes et autonomes, se dresse un constat qui fait office de fil conducteur : la plupart des savoirs se sont construits sur un schéma binaire permettant de classer les concepts en les opposant, dans un mouvement de clair-obscur qui stimule l'esprit. Mais ces arbres à deux branches affichent tôt ou tard leurs limites, leurs viennent des bourgeons qui dépassent le modèle, invitant à la nuance, au dépassement des oppositions.
    De page en page, nous serpentons parmi des mots-valises que nous utilisons parfois sans en interroger le sens, revisitant par le même coup la manière dont ils organisent notre vision du monde et guident nos actions.
    Tout l'art de Jean-Marc Defays est d'établir sans cesse des liens entre l'abstrait et le concret, en puisant dans ses expériences quotidiennes et l'observation de ses semblables. Le regard qu'il porte sur notre monde est tantôt grave, tantôt amusé, toujours vif et ludique. A l'instar des chroniques, qui avec un minimum de moyens convient le général et le particulier, la réflexion et la fable, les dico-tomies ravissent l'esprit et célèbrent l'humanité dans sa complexité en ces temps où les oiseaux de malheur monopolisent l'attention de leurs propos réducteurs. - Thierry Detienne"

  • "De la gloire à la tombe.
    Le champion olympique de marathon est assassiné.
    Enquête menée au pas de course dans les arcanes des fédérations, du dopage, des laboratoires étranges, des rites des profondeurs de l'Afrique de l'Est.
    De Monaco au Kenya, en passant par Liège, Bruxelles, l'Allemagne, Londres et l'Ouganda, un thriller inclassable qui vous laissera à bout de souffle."

  • L'Armistice. 11 novembre 1918.

    Onze heures du matin. Il gèle.

    Tout s'arrête. L'aube d'un monde nouveau.

    Onze nouvelles.

    Soldats, mères, épouses, frères, orphelins, civils, descendants, un juge, un avocat, un accroc à l'absinthe. Tous confrontés à l'expérience intime de la guerre.

    Histoires de l'Histoire.

  • Jack

    Thibaud Petit

    Je n'avais pas encore défait tous les cartons de mon déménagement. J'étais épuisé, perdu et angoissé. Tout s'était enchaîné trop vite. La séparation, le tri dans mes souvenirs, une photo perturbante découverte sur la cheminée et cette phrase que j'avais écrite dans une histoire inachevée : on peut survivre de mille et un passés mais on meurt dès qu'on a perdu son seul avenir. Elle aurait dû m'aider mais au lieu de ça, plus les heures passaient, plus je me demandais si j'étais vraiment seul dans cet appartement. Pour ne pas sombrer dans la folie, je n'avais pas le choix : je devais me replonger dans l'écriture là où je l'avais laissée.

  • Herschel Grynszpan est plus qu'un simple fait divers du mois de novembre 1938 ; Herschel Grynszpan servit de prétexte au déclenchement d'une des nuits les plus terribles d'Allemagne, la Nuit de cristal ; Herschel Grynszpan personnifia le complot juif international aux yeux des plus hauts dignitaires nazis ; Herschel Grynszpan fut au coeur d'un procès dont la politique et la diplomatie pesèrent autant, voire plus, que le droit ; Herschel Grynspan fut le premier prisonnier livré par Vichy aux Allemands car, à bien des égards, il a pu être considéré comme le premier Résistant juif de France.

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