Circe

  • S'estimant proche de la mort, un roi décide de partager en trois son royaume, afin d'en doter ses filles : Goneril, Régane et Cordélia. Lors d'une vaste cérémonie où se décident à la fois le partage et les noces des trois héritières, il exige de chacune qu'elle lui fasse une déclaration d'amour qui scellera toutes ces donations. Mais alors que les deux premières le flattent avec ostentation et démesure, la troisième tient des propos raisonnable qui mettent le vieillard en fureur et l'amènent à maudire sa préférée...
    Qu'elle est la morale de Lear ? Apparemment il y en a deux, celle du fou l'exprime : Ne renonces pas au pouvoir ! Ne partage pas ton pays ! L'autre morale est comprise implicitement dans l'histoire : donne ton pays à qui tu veux ; mais n'attends pas qu'il te rendra heureux.

  • La Peste écarlate

    Jack London

    En l'an 2013, dans un monde que les magnats de l'industrie dominent, éclate une épidémie qui, en peu de temps, fait disparaître toute la race humaine. Soixante ans après, dans le décor apocalyptique d'une Californie retournée à l'âge de pierre, un vieil homme, l'un des rares survivants - très longtemps persuadé d'avoir seul survécu - , devant une poignée de gamins sauvages - les petits-fils des autres survivants - réunis autour d'un feu après la chasse quotidienne, raconte comment la civilisation s'en est allée en fumée quand l'humanité, sous le prétexte que l'on ne pouvait arrêter l'épidémie, s'est dépêchée de revenir, dans une frénésie de perversité, à des degrés inimaginables de cruauté et de barbarie. La peste écarlate est l'un des grands textes visionnaires de Jack London qui, ici encore, anticipe des thèmes qui deviendront obsédants un siècle plus tard.

  • " quelle horrible puissance m'a poussée vers vous ? la faiblesse attirée par la force ? celle qui tombe vers celui qui monte ! ou était-ce l'amour ? l'amour, ça ? vous savez ce que c'est, l'amour ? "


  • Les poésies d'amour

    Ossip Mandelstam

    • Circe
    • 4 Novembre 2016

    Si la poésie amoureuse, comme le relevait Nadejda Mandelstam, tient une place quantitativement modeste dans l'héritage du poète, on ne saurait la qualifier de « périphérique » pour autant que ces quelques poèmes marquent des jalons essentiels de son parcours. Préparant, lors de son exil à Voronej, une émission radio sur la jeunesse de Goethe, Ossip Mandelstam notait que les femmes aimées avaient été pour le poète allemand « les passerelles solides par lesquelles il passait d'une période à une autre ». Sans doute parlait-il également pour lui-même tant il est frappant que chacune des phases de son oeuvre est encadrée, introduite et close par les quelques poésies que lui inspirèrent les différentes « muses » ...

  • Alexandre Blok (1880-1921), première grande voix dudit Âge d'argent de la poésie russe, apparut comme le maître de l'école symboliste dès le cycle De la Belle Dame, jusqu'à des chefs-d'oeuvre tels que La jeune fille dans le choeur chantait et L'Inconnue. Toutefois, sa poésie d'une incomparable musicalité, non sans écho verlainien, n'allait pas tarder à dépasser le cadre du symbolisme pour s'imprégner d'une vision tragique, puissamment prophétique des réalités de son temps, en particulier dans les poèmes sur la Russie, « épouse et mère », où il retrouve l'acuité lucide et cristalline d'un Pouchkine et d'un Lermontov.
    D'abord favorable aux révolutions de février et octobre 1917, dont il attendait avant tout une « transfiguration de l'homme », il est vite déçu, et cesse d'écrire.

  • Les poésies d'amour

    Anna Akhmatova

    • Circe
    • 24 Août 2017

    La nouveauté radicale d'Akhmatova résidait moins dans la « déferlante amoureuse » de sa poésie que dans une poétique inédite. Ayant « puisé dans la prose russe du dix-neuvième siècle sa sensibilité morale, la vérité des motivations psychologiques », elle fait de chaque poème un fragment de nouvelle ou de roman, une page arrachée à un journal intime, retraçant toutes les phases et situations de l'aventure amoureuse.
    «L'héroïne lyrique», comme le notait dès 1923 le poéticien Boris Eichenbaum, est un oxymore incarné, tressant l'émouvant et le sublime au terrestre et à l'effrayant, la simplicité à la complexité, la sincérité à la malice et la coquetterie, la bonté à la colère, l'humilité monastique à la passion et la jalousie ».

  • Bien-aimee (la)

    Thomas Hardy

    • Circe
    • 27 Avril 2005

    La Bien-Aimée raconte l'histoire d'un sculpteur, Jocelyn Pierston, qui abandonne son amour de jeunesse pour une autre femme, qui le quittera. De nouveau seul, Jocelyn part à la recherche de la beauté absolue et se met en quête de l'idéal féminin. Mais il n'arrive pas à trouver cet idéal et ce dernier prend les formes de différentes femmes sans pouvoir se fixer. Pierston essaie de trouver cette Beauté Divine au travers de ses sculptures et il devient un artiste reconnu à Londres.
    Il enchaîne alors les aventures amoureuses, à la recherche de l'être idéal. Mais lorsqu'il retourne sur son île natale, il tombe amoureux de la fille, puis de la petite-fille, de son premier amour, qui sont pour lui l'incarnation de la jeunesse et de la beauté. Ce livre représente bien sûr la quête de l'être parfait, d'un amour idéal et de la beauté absolue, qui ici ne prendra fin qu'à cause de la vieillesse et de la maladie : Pierston, de retour à Londres, tombe gravement malade et perd son sens de la beauté. La malédiction qui faisait apparaître et disparaître sa Bien-Aimée sous les traits de femmes successives est enfin rompue. Et Jocelyn ressent enfin le poids des années et le ravage du temps. À
    soixante ans passés, il épouse Marcia Bencomb avec qui il se retire sur
    l'île et vivra paisiblement. La Bien-Aimée est le dernier roman publié par Thomas Hardy (1840-1928).

  • " La Chienne a adopté les Ancsa au printemps 1948 ", c'est ainsi que commence le roman. Les Ancsa, un couple d'âge mûr, vivent dans la banlieue de Budapest, alors que la Hongrie est en ruine et commence seulement à se relever du cauchemar de la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement communiste promet de mettre de l'ordre dans le pays. M. Ancsa, qui est ingénieur, est aussi enthousiaste d'aller travailler pour construire le futur que d'oublier le passé. La seule chose à laquelle il peut encore consacrer du temps, c'est une petite chienne, qui attend sa première portée. Mais Niki sait beaucoup de choses, et ce déjà bien avant qu'elle fasse partie de la maison des Ancsa. Quand le nouveau travail de M. Ancsa les a contraints à prendre un appartement en ville, ils l'ont gardé avec eux. Puis, lors d'une répression politique, M. Ancsa disparaît sans laisser de trace. Pendant cinq ans, il ne réapparaît pas ; cinq ans d'absence, de silence, de peur et de lutte ; cinq ans durant lesquels Mme Ancsa n'a que Niki et Niki n'a que Mme Ancsa.
    L'histoire de Niki, une chienne ordinaire, et des Ancsa, un couple non moins ordinaire, est une parabole extraordinairement émouvante, sans toutefois donner dans la sensiblerie, sur l'attention, la gentillesse et la résistance de l'amour. À l'instar de Des Souris et des hommes, Niki est un chef-d'oeuvre de la mise en évidence de l'inhumanité de l'homme envers l'homme. Avec une naïveté astucieuse, Déry retransmet (ou imagine), avec le plus grand sérieux, toutes les secousses de l'âme de Niki. Il met, en quelque sorte, le réalisme psychologique du roman contemporain à la disposition d'un fox-terrier.

  • Le veilleur de nuit

    Kwang-Chung Yu

    • Circe
    • 7 Janvier 2021

    Le poème le plus célèbre de Yu Kwangchung, intitulé « Nostalgie » (1974), résonne encore aujourd'hui dans tout le monde sinophone comme symbole d'un exil douloureusement vécu. Yu Kwangchung incarne à sa manière la figure du migrant, qui, tout en ne cessant de se référer à la Chine continentale, élabore une écriture de l'exil où certaines images récurrentes - celle de la mère traduisent la force du lien affectif qui l'unit à une terre quittée peu après l'âge de vingt ans. Le motif de la carte géographique traduit son perpétuel sentiment de migration. Les visions marines, l'invocation de Mazu, la déesse des pêcheurs, rappellent la situation insulaire de Taiwan. Paysages de Taiwan ou de Chine, nostalgie, amour, vie et mort, évocations d'oeuvres d'art constituent ses thématiques privilégiées.

  • Grand-mère n'est pas poète

    Wu Sheng

    Depuis la publication de ses premiers poèmes en 1959, Wu Sheng a publié cinq recueils de poésie et sept recueils d'essais. Le présent choix, qui rassemble des poèmes composés entre 1963 et 2018, récapitule les différentes étapes de sa carrière.
    Wu Sheng s'est passionné pour la poésie dès l'école secondaire, et ses premiers poèmes sont très influencés par le modernisme. À partir des années 70 se constitue son style propre : une poésie simple, enracinée dans le terroir taïwanais et profondément humaniste, qui décrit le monde rural avec un mélange de tendresse et de mélancolie, sans ignorer la réalité qui l'entoure et le menace.

  • Incidents

    Daniil Harms

    • Circe
    • 21 Novembre 2019

    Daniil Harms est aujourd'hui un classique de la littérature universelle, aux côtés de Gogol, Jarry, Beckett, Ionesco et Mrozek. Pourtant, de son vivant, seulement deux courts textes pour « adultes » furent publiés, et Harms ne serait resté qu'un merveilleux auteur pour les enfants si le philosophe Yakov Drouskine, membre comme lui du groupe Obèriou (Association de l'Art réel), n'avait sauvegardé ses manuscrits. Inversions ontologiques, tropismes alogiques, récurrences verbales et situationnelles, invagination des signes : Daniil Harms avait fini par croire que le réel absurde de l'époque stalinienne, mais aussi de l'essence de l'homme, pourrait être miraculeusement métamorphosé par un « retour de langue », du langage affranchi de tout esthétisme.

  • Les poésies d'amour

    Marina Tsvetaïeva

    • Circe
    • 19 Novembre 2015

    "Chaque vers est enfant de l'amour » écrivait Marina Tsvétaïéva. Mais si l'exacerbation amoureuse, l'énergétique passionnelle est e ectivement une des caractéristiques de son oeuvre, ce qui frappe avant tout, au-delà de la liste infi nie des « muses » masculines ou féminines, c'est qu'elle n'est que très peu assimilable à la poésie amoureuse, classique ou moderne. Il s'agit non pas tant de chanter, l'objet de sa passion, son propre sentiment, de mettre en scène l'épiphanie de l'amour ou la sou rance de la séparation, que de fonder sa poésie, donc son être même, sur un « absolu de l'amour »

  • Quelque chose est en train de changer dans les manières de pratiquer les arts vivants, d'en faire comme d'en voir, à tel point que l'on peut se demander si les vocables utilisés jusqu'alors pour définir ces activités-là, si particulières, offrent encore la possibilité d'en parler. Car, la représentation d'une histoire fictive, le conflit entre personnages et le déroulement destinal qu'ils impliquent n'intéressent plus les spectateurs dans la salle, ni non plus les acteurs, danseurs, performeurs ou acrobates sur la scène. Le regard des uns et le travail des autres ne se portent plus sur la représentation. Il est dirigé vers la présentation. Les pratiques scéniques d'aujourd'hui sont multiples, dans leurs factures, leurs dynamiques et même dans leur absence d'intentions imposées.
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  • N'aie pas de doute

    Yang Ze

    Ce recueil rassemble des poèmes de Yang Ze des années 1970 à nos jours. Comme un vinyle sous l'aiguille du gramophone, une vie se déroule au fil des pages. Dans ses mélodies de jeunesse, le poète fredonne des confidences à Marianne (Je ne veux plus me tenir dans le bon camp, je ne veux plus qu'être dans le camp de l'amour...) Puis, en exil, il congédie ses années romantiques ; un rock fiévreux crie la fin des illusions du XXe siècle, avant de conclure : La vie ne vaut pas d'être vécue. Avant, peut-être, j'en ai eu le funeste pressentiment. Ayant atteint l'âge mûr, de retour à Taipei devenue métropole, le poète entame la deuxième mitemps de son parcours. Se tournant tardivement vers ce qui a disparu avec l'arrivée de la modernité, il choisit le monde des ruelles et de la nature.

  • Hideux, traînant dans les bouges sordides, mendiant et vivant dans la rue, Zacharias Lichter vit pour toutes ces raisons dans un état d'extase improbable. Après avoir été consumé par une flamme divine à l'adolescence, Zacharias a consacré ses jours à ne rien faire, à part traîner avec un petit groupe d'amis paumés : Poldy, l'alcoolique catatonique que Zacharias estime être un brillant philosophe, ou un tout simplement un autre pilier de bar enthousiaste dont la production prolifique de versets pornographiques lui a valu le surnom de Poète. Zacharias est une sorte de fou sacré, dont la folie remet en question à la fois les conventions sociales et la sagesse conventionnelle.Voilà ce qui fait de lui un outrage permanent au pouvoir en place, qu'il soit réactionnaire ou révolutionnaire

  • « C'est à peine si nous sommes les collaborateurs de notre amour, et c'est par cela même qu'il restera au-dessus des dangers banaux. Tâchons de connaître ses lois, ses saisons, son rythme et la marche des constellations à travers son vaste ciel étoilé. » Rilke dessine à travers sa poésie amoureuse une géographie universelle de l'amour, des premiers regards échangés à la douleur de l'absence. Au-delà de l'expérience intime, à côté des grands poèmes métaphysiques où s'inscrit une métaphysique de l'amour, le poète s'adresse dans les poèmes réunis dans ce volume à la Bien- Aimée : femme multiple et unique, pensée (mais non rêvée), extrêmement proche et extrêmement lointaine en même temps, dans la fi gure de laquelle s'opère la transmutation du discours amoureux en discours poétique.

  • Le château des fous

    Adalbert Stifter

    • Circe
    • 24 Août 2017

    Dans l'auberge « La verte Fichtau », au-dessous du château fort de Rothenstein, s'est installé le jeune naturaliste Heinrich. Lors d'une de ses balades, Heinrich tombe sur le vieux château désormais inhabité et décrit populairement comme « Le Château des fous », tellement la famille des Scharnast qui y résidait se comportait bizarrement, ce que raconte l'aubergiste Erasmus au curieux explorateur. Il rapporte qu'autrefois, les frères Julianus et Julius Scharnast ont eu leur dernière entrevue dans son auberge, celle-ci se terminant en dispute. Julius quitta ensuite sa terre natale, la propriété attend un héritier. Intrigué par l'intérêt de son hôte, l'aubergiste émet « très malicieusement » la supposition que lui, Heinrich, soit un des éventuels héritiers, ce que ce dernier n'exclut pas.

  • Les poésies d'amour

    Thomas Hardy

    • Circe
    • 18 Janvier 2018

    Lorsque Emma Lavinia Gifford, épouse Thomas Hardy, décède le 27 novembre 1912, le couple qu'elle forme avec le célèbre romancier et poète, est depuis plusieurs années marqué par la maladie d'Emma, sa réclusion, l'indifférence apparente de Thomas, la séparation physique dans leur maison. Une femme, Florence Dugdale, existe dans la vie de Hardy : elle deviendra sa deuxième épouse. Pourtant, le décès d'Emma, que le poète conçoit comme imprévu et brutal , va précipiter la composition de ses Poèmes d'amour à Emma, que Claire T omalin décrit comme des « élégies inattendues ». À force de l'interpeller, le poète finit par faire parler Emma d'outre-tombe, et faire entendre la voix fantomatique de celle qui se définit elle-même comme « Celle qui hante »

  • De la tradition vénérable des arts de la mémoire on déduit une nouvelle manière d'envisager la mémoireelle-même. L'inventeur des arts de la mémoire est aussi l'inventeur de la poésie comme activité artistique autonome, comme art dont le matériauessentiel est la langue. C'est ce lien entre poésie et mémoire qui donne son sens à la tentitive de survie de la poésie dans le monde, aujourd'hui.

  • La sonate des spectres

    August Strindberg

    • Circe
    • 26 Février 2003

    " ...
    Et le dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus. Ni deuil, ni cri, ni peine ne sera plus. Car les choses sont passées. "

  • Une rue de Londres vers 1750, un café, une librairie et, à l'étage, l'appartement d'un riche négociant... Le jeune Jacob, adepte de la philosophie des Lumières est le précepteur de milord Wambert et de madame de Brindè. Or Milord tombe amoureux de Madame, mais Madame aime en secret Jacob qui ne veut aimer que la paix de l'âme et du coeur afin de rester un homme d'étude. Ajoutons deux artisans qui se disent philosophes, mais savent user surtout de la calomnie, une épouse spirituelle amoureuse du jeu, un chevalier servant qui pratique la satire : toutes ces forces s'allient à la passion déçue du jeune lord pour mettre en péril la vie même de Jacob... Quelles autres forces sont invitées à sauver le jeune philosophe en qui s'incarne, en 1754, un Goldoni en butte à Venise à des factions rivales ?...

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