Charte

  • La langue de bois passée au rabot.
    Gustave Flaubert, dans le Dictionnaire des idées reçues, dénonce avec subtilité la sottise bourgeoise, la bêtise universelle, les lieux communs. "Arrangé de telle manière que le lecteur ne sache pas si on se fout de lui, oui ou non", il dispense avec humour et sous-entendus les absurdités et stéréotypes du XIXe siècle.

    Dix décennies plus tard, le geek est technoïde ; l'innovation, un changement de paradigme ; la création, disruptive et toute start-up a été créée dans un garage ; la montagne reste inaccessible, la méduse mute en chaussure estivale.

    Le Lexique des idées reçues en entreprise (et ailleurs...) suivi de CE mur - who's who invitant à voir par-delà les préconçus et les stéréotypes - garantissent un assouplissement du cerveau et de la langue et, double sens, au format poche pour avoir enfin la langue dans sa poche et de la couleur en entreprise !

  • L'intérêt pour les traductions médiévales s'est éveillé dès le XIXe siècle chez les chartistes, qui y sont venus par l'étude des manuscrits. Après Paul Meyer, Léopold Delisle et Robert Bossuat, Jacques Monfrin a consacré ses travaux à cette problématique et Françoise Vielliard lui a succédé dans cette entreprise. Dès lors il était logique que l'université d'Alicante, en Espagne, qui fédère, en lien avec l'université de Valence ; l'Institut Virtual Internacional de Traducció, consacré à l'étude des traductions anciennes et modernes des textes en langue romane de l'ancien royaume de Valence et de la couronne d'Aragon, développât une coopération scientifique avec l'École nationale des chartes, sous la forme de colloques et études conjointes. La présente publication en est une des premières expressions.
    La France et la péninsule ibérique ont participé à la connaissance et à la diffusion des oeuvres antiques des auctoritates, qu'ils soient docteurs de l'Église, chrétiens, mais également païens, philosophes ou poètes, au moment même où leurs littératures en langue vernaculaire se développent. Toutes les traductions ou interpolations vont contribuer à diffuser le goût des lectures antiques auprès d'un public et amener les écrivains en langue romane à intégrer les événements et les personnages classiques dans leurs oeuvres propres. Le rôle du latin, mais également celui de l'arabe, le développement des littératures nationales, la question de la médiation culturelle, tels sont les principaux thèmes ici abordés.

  • L'Estampe au Grand Siècle est un recueil d'études dédié à Maxime Préaud, conservateur général chargé de la Réserve du département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, et consacré à son terrain de prédilection, la gravure européenne au XVIIe siècle. Les contributions de ses émules et amis, élèves et confrères illustrent la richesse du sujet par une grande diversité d'approches sur les thèmes les plus variés : armoiries, affiches, frontispices et almanachs, amateurs et collectionneurs, architectes, orfèvres, peintres, dessinateurs et graveurs, marchands et éditeurs, ateliers et académies, invention et interprétation, en France, comme en Flandres, en Hollande et en Italie.

  • Sous l'Ancien Régime, le système théâtral est à l'image de toute la structure sociale, fortement hiérarchisé. L'Opéra, qui jouit du statut d'académie dès son origine, y occupe la première place. La Comédie-Française vient en second : elle est constituée par la troupe des " Comédiens ordinaires du roi ", titre attribué également, à la mort du Régent Philippe d'Orléans, à la troupe de la Comédie-Italienne (Opéra-Comique par la suite), qui forme le troisième théâtre privilégié.
    Si l'édifice privilégié s'effondre à la Révolution française, les trois théâtres continuent à jouer un rôle prépondérant dans la capitale et à entretenir des relations ambigües, entre complémentarité et rivalité.
    À la croisée de deux domaines de recherche trop souvent séparés, l'histoire institutionnelle et l'histoire des oeuvres, cet ouvrage se propose de susciter une réflexion collective sur l'histoire administrative et artistique des trois théâtres parisiens. Avec l'espoir que, de la confrontation et la comparaison des données sur le temps long, ressorte une vision d'ensemble de la manière dont ces trois institutions théâtrales majeures dans le paysage culturel français ont conçu au fil des siècles leurs stratégies entrepreneuriales et artistiques, en rapport les unes aux autres.

  • Ce volume rassemble les communications du colloque tenu à l'École nationale des chartes et à la bibliothèque Sainte-Geneviève les 30 et 31 mars 2009, à l'initiative conjointe du Centre d'études supérieures de la Renaissance et de l'École nationale des chartes.
    L'articulation entre imprimerie et humanisme, trop souvent perçue comme évidente, est le fil conducteur de ces contributions qui interrogent la place singulière des imprimeurs-libraires dans la communauté savante du XVIe siècle. Véritables médiateurs, ces " passeurs de textes " figurent aux côtés des auteurs parmi ceux qui recueillent un héritage autant qu'ils le transmettent.
    La variété méthodologique des analyses - portant aussi bien sur les catalogues des libraires-éditeurs que sur des collaborations suivies avec des auteurs, des mises en texte originales, la portée et la réception de certaines éditions, la diffusion par des réseaux commerciaux ou culturels - a permis de préciser les notions d'" imprimeur humaniste " et d'" humaniste imprimeur ", tout en décrivant des réalités et des stratégies singulières : du savant qui se fait typographe au marchand-libraire soucieux avant tout de profit, le rapport à l'humanisme n'est pas le même.

  • Le Livret de l'École des chartes (1967-2007), dixième d'une série inaugurée en 1848, contient les notices bibliographiques de plus de 1800 archivistes paléographes dont le plus ancien est sorti de l'École en 1899 et dont la plupart ont exercé leur pleine activité professionnelle et scientifique dans la seconde moitié du XXe siècle. Les données recueillies constituent une source de premier ordre pour l'histoire des administrations qui, réunies au début de la Ve République sous l'égide du ministère de la Culture, ont formé le socle de ce qu'on appelle aujourd'hui le "Patrimoine": archives, bibliothèques, musées, monuments historiques, inventaire... Mais on trouve aussi de nombreux chartistes dans d'autres secteurs de la Fonction publique (notamment l'enseignement supérieur, le Centre national de la recherche scientifique, l'administration préfectorale, la diplomatie) et dans bien d'autres professions. Aucune autre grande école ne s'est livrée à une enquête prosopographique de cette ampleur sur ces anciens élèves

  • Vitrine du fonds, des assortiments et des livres d'occasion des libraires, les catalogues reflètent l'offre et les stratégies commerciales d'une officine en direction de ses clients, particuliers ou professionnels du commerce du livre. Précieux témoins de la diversité des discours tenus sur le livre, ces catalogues, en général de modeste apparence, doivent souvent leur conservation au détournement de leur fonction toute pratique, dont ils portent souvent la trace, en faveur d'usages bibliophiliques et bibliographiques.

    La journée d'étude organisée par l'École nationale des chartes en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, dont ce volume est issu, dresse un panorama européen des études menées sur cette source essentielle de l'histoire du livre, du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle.

    Sommaire. Annie Charon, Claire Lesage et Ève Netchine, Introduction. - Otto S. Lankhorst, Les catalogues du « magasin de l'univers » : intérêt et sauvegarde des catalogues de libraires néerlandais de l'Ancien Régime. - Christian Péligry, Le commerce des livres à la foire Saint-Germain (vers 1639-1660). - Claire Lesage, Les libraires catalogueurs : renseigner et décrire, attirer et vanter. - Vladimir Somov, Pierre François Fauche, l'imprimeur-libraire européen et ses catalogues. - Virginie Meyer, La maison Charpentier de 1875 à 1896 :
    D'un catalogue à l'autre. - Véronique Sarrazin, L'affichage des ix et la promotion des livres dans les annonces de librairie au XVIIIe siècle. - Maria Gioia Tavoni, Les accroches commerciales dans les catalogues de libraires italiens du XVIIIe siècle. - Jean-Daniel Candaux, Le premier âge d'or du prospectus. - Anita van Elferen, Henry George Bohn et son Guinea Catalogue de 1841 : une première approche. - Giles Mandelbrote, Les catalogues de libraires dans les collection de Sir Hans Sloane (1660-1753) : provenance et transmission. - Catherine Faivre d'Arcier, Lovenjoul et ses catalogues : au coeur d'un service de commissions.

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