Chaaraoui

  • Chaque mauvaise décision sur le choix d'un conjoint est souvent très lourde de conséquences : vie conjugale tragique, enfants déséquilibrés, maladies psychosomatiques, etc.

    Jusqu'à la fin des années 80, les marocains ont souvent dû choisir entre la peste et le choléra : supporter le climat d'une union mal assortie pour «sauver» le futur financier et psychologique des enfants nés d'une union bancale, ou se sauver vers une nouvelle vie que l'on espère meilleure avec un nouveau conjoint.

    La deuxième option a révélé qu'il n'était pas du tout évident de vivre heureux à l'intérieur d'une famille recomposée. Chaque enfant qui y sera réfractaire, s'acharnera à pourrir la vie de tout le reste de cette nouvelle famille. Dans la majeure partie des cas, les enfants issus de la première union ont du mal à accepter cette pièce rapportée que représente le parent de substitution. La vie de parent isolé étant très difficile, on espère trouver une personne qui nous soulagerait de cette tâche, sans imaginer à quel point ce nouvel arrivant pourrait devenir une tâche...

    Revenons donc sans tarder à des mariages qui durent toute une vie parce que le monde ne contient pas assez de psychologues pour soigner le mal être de tous ceux qui s'embarquent trop vite dans des plans hasardeux ou foireux, avec des personnes caractérielles ou sujettes à des problèmes mentaux qu'ils arrivent à camoufler pendant un certain temps... Le temps que leurs victimes leur fassent une confiance aveugle... Celle qui génère le plus de larmes à tous ceux qui en ont été victimes.

    Ceux que l'on croit être plus chanceux que nous, ne le sont pas forcément. Ils se sont réveillés bien avant la dérive, sollicitant leurs cerveaux bien plus que leurs coeurs...

    Envisager qu'une vie de couple est possible dans le conflit incessant, c'est accepter de se laisser mourir un peu plus tous les jours et laisser la porte du bonheur se fermer avec fracas face à nos visages décomposés par l'endurance de l'insupportable.

  • Nicole Elgrissy est une auteure avec un style très particulier qui lui a valu des milliers de fans à travers les pays dans lesquels vit la diaspora marocaine des trois confessions religieuses. Ses écrits sont les fruits de ses efforts d'introspection dans sa jeunesse ainsi que dans son parcours de femme, pour y retrouver nos us, nos codes de communication, notre forme d'humour, et notre vie sociale souvent très compliquée pour les autres que pour nous-mêmes. Autant de sujets qui selon Nicole, devraient, faire l'objet de thèses universitaires et de pièces théâtrales encore plus hilarantes que celles de Molière ou de Georges Feydeau...

    Ses deux précédents romans LA RENAICENDRE et DAMES DE COEUR SUR LE CARREAU seront réédités en 2018 par sa nouvelle maison d'édition.

    A travers ce troisième ouvrage, Nicole Elgrissy décortique différents types de marocains : ceux qui se sont rangés dans la carapace d'un européen ou d'un américain jusqu'à oublier d'où ils viennent, et ceux qui ont renoncé à la marocologie pour des raisons financières, disparaissant de leurs familles pendant vingt ou trente ans, et ainsi se dispenser de tous les cadeaux qu'il faut savoir offrir a sa famille et ses amis quand on est MAROCAIN dans sa haute définition.

    Chez nous, l'amour n'a pas de prix. Le mariage d'une soeur ou d'une cousine est prioritaire face a un plan de vacances aux Seychelles organisées par ces conjoints étrangers ignorants de nos fonctionnements émotionnels...

    Nicole ELGRISSY a une définition du bonheur qui pousserait beaucoup de personnes à réfléchir sur le leur, pendant qu'ils sont coincés de longues heures sur un périphérique, ou au milieu d'une file d'attente dans ces hypermarchés qui donnent le vertige...

    Ceux qui ne nous ont jamais compris, en réaliseront les raisons, après avoir refermé ce livre...

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