Bleu Autour

  • À l'occasion du centenaire de la publication du Grand Meaulnes, les Éditions Bleu autour, établies non loin d'Épineuil-le-Fleuriel (Cher) où se noue l'intrique du roman d'Alain-Fournier, font paraître une édition critique et illustrée de cet ouvrage devenu mythique. Préfacée par Tiphaine Samoyault, universitaire, critique littéraire et romancière, dirigée par Bernard Stéphan, journaliste et essayiste, cette édition, sans prétention savante, apporte des éclairages multiples et inédits sur ce texte qui prend un nouveau relief mais dont la magie demeure.

  • Salué par Henry James comme par J.-L. Borges, traduit en des dizaines de langues, Pêcheur d'Islande , paru en 1886, est le plus célèbre des livres de Pierre Loti. Mais se rappelle-t-on bien la force que recèle ce grand roman « breton » ? C'est une véritable tragédie de la mer qui s'y joue. Elle s'ancre dans la peinture réaliste et fantastique d'un métier et d'une région alors mal connus.
    Elle met aux prises des personnages de passion dont la violence fait écho à de puissants paysages et aux tourments de la propre existence de l'écrivain. Du grand art, soulignent les préfaciers Bruno Vercier et Alain Quella-Villéger, qui ont dirigé cette édition assortie d'éclairages nouveaux et d'une iconographie souvent inédite.
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  • Lors d'un voyage en train, dans un pays européen qui n'est pas le sien, un auteur voit le passager qui s'installe face à lui se plonger dans un de ses livres.
    Coïncidence ? Silence, la queue du chat balance...
    N'était-ce pas plutôt inscrit, voire déjà écrit ?
    Le narrateur interroge l'auteur qui devient personnage, et, par petites touches, comme dans un jeu, se déploient les mille et une variations d'une histoire indémêlable :
    Celle des relations de l'auteur à ses oeuvres et à leurs traductions, de la réalité au conte et à la fiction, de l'écriture à la lecture...
    C'est un joyeux dédale, du même type que D'une bibliothèque l'autre, « merveilleux petit livre » selon son préfacier Alberto Manguel, alter ego d'Enis Batur.

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  • publié ici dans sa version originelle, bug jargal est le premier roman de victor hugo, qu'il a écrit à l'âge de seize ans.
    il y relate la révolte, en 1791, des noirs de saint-domingue et y dénonce l'esclavage. ce texte à résonance sociale contient déjà en germe l'oeuvre future de victor hugo. il constitue aussi un précieux témoignage sur la vie et les préoccupations d'un adolescent de génie. c'est ce que souligne françois graveline dans la présentation de cet ouvrage, le premier d'une série de textes anciens choisis par des écrivains contemporains.

  • L'attaque du roman est bénie : "Ce fut en allant voter Pompidou que Frère Grégoire rencontra le péché". Diable ? : désobéissant au supérieur de son abbaye bour-bonnaise, il vote communiste puis part vivre d'amour et de saint-pourçain frais. Pour autant, Grégoire Quatresous, ci-devant ouvrier agricole, ne jette pas sa vocation aux orties ? : dans la joyeuse langue du cru, il célèbre les bienfaits divins d'ici-bas, allant jusqu'à fonder une abbaye rabelaisienne.
    Et toute une France rurale et gaillarde, rétive au satané progrès, reprend vie. "Ce trappiste à bonne tête de Bourvil, a écrit Brassens, La Fontaine et Marcel Aymé l'auraient aimé comme un frère". Alors relisons cette fable drôle, cette farce épique, ce trésor aujourd'hui oublié de littérature populaire. Et rendons grâce à René Fallet.

  • Mon frère Yves

    Pierre Loti

    Pierre, le prénom adopté par l'officier de Marine Julien Viaud (1850-1923) pour compléter son nom de plume Loti, a pu être emprunté à l'athlétique matelot Pierre Le Cor, alias Yves Kermadec, son grand ami, son « frère » Yves...
    L'écrivain fait oeuvre pionnière d'autofiction avec ce récit, paru en 1883, qui annonce Pêcheur d'Islande (1886), son autre roman breton. Avant Mac Orlan ou Jean Genet, il apporte sa pierre à la mythologie de la mer et des ports, Brest en tête. L'alcool, souvent, coule à flots dans ses « histoires de la vie ». Tiraillé entre la règle et l'instinct, l'excentrique officier Loti est fasciné par un renard tatoué sur la peau d'un marin, par des matelots qui dansent entre eux « comme des animaux à l'état libre », par Yves qu'il tire de l'ivresse.
    C'est un roman un peu fou et palpitant, sombre et gai, aux personnages puissants. Sans doute le plus surprenant de son auteur. « Les histoires de la vie, écrit-il à sa toute fin, devraient pouvoir être arrêtées à volonté comme celles des livres... »

  • Nées en France après 1962, ils écrivent leur mémoire de l'Algérie familiale.

  • L'ouvrage regroupe une cinquantaine de lettres échangées entre Albert Camus et des amis d'Alger : le peintre Louis Bénisti, son frère Lucien et leurs épouses, deux soeurs nées Serfati. Exceptionnelle par son amplitude et sa précocité, cette correspondance est inédite.
    En même temps qu'elle éclaire des traits connus de Camus, à commencer par sa fidélité en amitié, elle révèle des aspects bien moins documentés de sa personnalité et de ses activités : ses espoirs ou doutes de jeunesse, ses goûts esthétiques, son idée et sa pédagogie de la philosophie, ses exigences et scrupules d'éditeur.
    Les lettres et fac-similés sont entrelacés de reproductions d'oeuvres de Louis Bénisti et de documents, notamment photographiques, qui nourrissent et enrichissent ce dialogue tant amical qu'artistique.
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  • La chambre close qui enferme dans le harem et le studio photographique, la zaouïa et l'asile, l'hôtel et le bordel, le foyer des chibanis, la laverie et la prison... La chambre d'amour fou, interdit, clandestin, tarifé, criminel... Le lieu de l'aventure immobile et vagabonde, intime, secrète, érotique, meurtrière... On est au XIXe, au XXe et au XXIe siècles, entre Orient et Occident, entre Alger et Lyon, Constantine et Marseille, Oran et Paris, Ténès, Lille, Clermont-Ferrand et Rochefort. Des histoires minuscules dans la violence de l'Histoire, toujours présente chez Leïla Sebbar. Faisant écho à la fameuse Histoire de chambres de la préfacière, l'historienne Michelle Perrot, elles disent autrement la vie, l'amour, la mort dans la chambre, et témoignent d'un grand talent de nouvelliste.

  • PARIS, 13e, 19 JUIN 2010. Brocante boulevard Blanqui.
    Le couple a abandonné sa place aux brocanteurs. 11 HEURES. Elle me demande une cigarette près de la BNP Paribas. Je ne fume pas. Elle se dirige vers le passant suivant. 17 HEURES. Ils dorment tête-bêche contre la bâche de la brocante. Elle, la jambe gauche repliée couverte d'un bas résille, l'autre non. Lui, couché sur le côté droit, la main gauche glissée dans son jean à elle, au creux des fesses.
    21 JUIN 2011, 11 HEURES. C'est l'été. L'un est assis en tailleur. L'autre, allongée en odalisque, sa position favorite. Il roule une cigarette, longuement. Elle s'impatiente. Il l'allume, la lui donne.
    10 SEPTEMBRE 2011. Seul sous le viaduc, agenouillé devant une canette STRONG, comme en prière, il ne bouge pas. Où est-elle ?

  • Connaît-on bien Louise Michel ? La célèbre communarde, la fameuse anarchiste, la Grande Citoyenne (1830-1905), oui. Mais l'écrivain et l'"artiste en révolution" ? L'inventrice du "clavier d'outre-rêve", d'un méga-orgue, d'une harpe aux nerfs vivants, de concerts cosmogoniques, l'amie du symbole et du frisson ? Mais l'Insurgée immergée dans l'art total, qui veut recréer le monde et la beauté, synonyme pour elle de révolution, antithèse du politique ? Puisant à des sources méconnues, s'appuyant sur des textes et images inédits, Claude Rétat, au rebours des clichés réducteurs, nous ouvre un point de vue neuf sur Louise Michel chez qui le rêve et l'action, l'artiste et la révolutionnaire ne font qu'un : l'histoire et l'imaginaire entrent en résonance.

  • Baya retrouve par hasard des photographies anciennes. L'Algéroise se remémore sa jeunesse et les épisodes marquants de sa vie, dans les années 1940, 1950 et 1960. Un monologue qui évoque Alger, l'indépendance, l'amour, la famille et la violence.

  • De 1870 à 1872, à la faveur d'escales sur les côtes américaines, le jeune officier de Marine Julien Viaud découvre « les débris de la race indienne » en Nouvelle-Écosse, les Basques d'Uruguay, des tribus perdues de la T erre-de-Feu, les belles Carmencita de Valparaiso, la fête à San Francisco... Curieux, ardent, il dessine gens et paysages, prend des notes, publie ses premiers articles qui annoncent le grand Loti.
    Bien plus tard, en 1912, la première mondiale de La Fille du ciel, sa pièce «chinoise» coécrite avec Judith Gautier attire l'auteur d'Aziyadé pour six semaines à New York, cette « Babel effrénée » dont il se plaît à rapporter la vision pleine d'ironie d'un « Oriental très vieux jeu ».
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  • Après avoir sillonné l'Europe de l'Orient- Express, Valery Larbaud (1881-1957) revient au pays de son enfance et donne Allen (1927), « voyage par la route, de Paris au centre de la France », « dialogue sur la vie des provinces françaises », « éloge du Bourbonnais » et hymne prémonitoire à l'Europe des villes et des petits « États », de l'art et de la liberté.
    Un petit livre ô combien moderne et « larbaldien », qui, comme le Bourbonnais, ne se dévoile pas de prime abord et s'avère un grand texte littéraire où se perdre.
    En témoigne cette réédition richement commentée et illustrée, guide à plusieurs voix de ce précieux récit de voyage et de sa suite inédite, Espérance, qu'éclairent aussi des gravures de Paul Devaux. Elle donne le goût d'une prose phare du XXe siècle.

  • Au début, quelques notes éparses, juste pour ne pas oublier. Puis, au fil des heures passées à son chevet ou au téléphone, la trame d'un récit qui ne peut être écrit qu'à la première personne. Rien de plus commun, rien de plus singulier.
    Ernest aimait les arbres comme les paysans aiment leurs bêtes, il les connaissait, il savait en désigner de loin l'espèce, en évaluer la taille, le cubage, jusqu'au prix. Il avait un côté bateleur. « Un drôle », disaient certains de ceux qui le côtoyaient dans son Limousin natal.
    Un père lointain désormais. Comme quand j'étais petit, quand il se levait tôt et rentrait très tard, bruyant et affairé. Il n'est plus là pour ralentir la progression des nuages, pour disputer à la météo le privilège d'annoncer le retour du beau temps.

  • Zagros, enfant kurde, voit sa ville assaillie par les forces du mal et se trouve jeté sur les chemins de l'exil avec sa famille de tisserands de kilims. Les voici bientôt ballotés par les mers où les enfants perdent le sillage des parents.
    Zagros grandira trop vite au fil du périple qui, du Golfe persique, le conduit à La Rochelle. Il croise les noirs desseins du capitaine Achab de Moby Dick. Le Prince Dakkar cher à Jules Verne le mène sur l'île d'Elysion où échouent les petits naufragés d'aujourd'hui et dont le gardien, Chronos, l'enserre dans sa tenaille.
    Le tragique de l'exil est de tous les temps, nous dit ce roman fantastique et moderne, mythologique et littéraire, où apparaissent encore les yeux profonds comme les mers d'étonnants voyageurs et le paon sacré des Yézidis...

  • « Je n'étais pas né pour m'éparpiller sur toute la terre, m'asseoir au foyer de tous les peuples, me prosterner dans les mosquées de l'Islam, mais pour rester, plus ignorant encore que je ne suis, dans ma province natale, dans mon île d'Oleron (...) », écrit Pierre Loti au seuil de sa vie.
    Né en 1850 à Rochefort, c'est à Oléron, dans la «Maison des Aïeules», qu'il sera inhumé en 1923 suivant son voeu. Dernière escale du grand voyageur au pays de sa mère d'où il a rapporté les belles pages, peu connues ou inédites, réunies ici.
    Vie austère des femmes huguenotes, marais salants, scènes d'enfance heureuse, marins en bordée... Des tableaux, éclairés de documents et commentaires originaux, qui font découvrir un autre Loti, celui de l'enracinement.

  • Inédite est la rencontre, autour de la guerre d'Algérie, d'un aussi grand nombre d'auteurs issus des différentes populations de l'Algérie française et coloniale.
    Écrivains et autres gens du livre de langue française, ils sont plus de quarante, nés en Algérie dans les années 1940-1950, à raconter ici leur enfance pendant « les événements », cette guerre cruelle qui longtemps n'a pas dit son nom et mit fin à cent trente années de vie commune, cent trente années uniques dans l'Empire français.
    Outre qu'ils témoignent d'une géographie physique et humaine très diverse, ces récits forment un document historique et littéraire précieux sur ce passé singulier. Et ils permettent de mieux déchiffrer, dans toute sa complexité, le monde bouleversé d'aujourd'hui.

  • Après son premier roman « troublant et plein d'éclats » (Le Monde), Les nuits froides de l'enfance, voici l'autre oeuvre majeure de l'écrivaine turque Tezer Özlü (1942-1986), composée peu avant sa mort en allemand, la langue de l'exil. Dans La Vie hors du temps, elle a les mêmes mots, simples, le même style, déstructuré, pour dire le chaos qui l'habite quand elle part à travers l'Europe sur les traces de Kafka, Svevo et Pavese, ses « frères d'âme » disparus. S'ensuit, cru, poignant, parfois joyeux, un road movie au bout de la littérature, qui l'affranchit, de la liberté, qu'elle recouvre, de la vie, qu'elle retrouve, de l'amour, qu'elle fait, même en passant, et qui la transporte.

  • Pour Alberto Manguel, voici " un merveilleux petit livre qui pourrait prêter son titre à une possible autobiographie ", celle d'un amoureux des livres, son " alter ego ", l'écrivain turc Enis Batur.

    De Ptolémée à Borges et à Manguel, d'une bibliothèque à l'autre, celle qu'il a perdue, celle qu'il recrée, celles de Londres, de Parme, de Sarajevo et d'ailleurs, celles aussi d'un petit hôtel ou d'une maison d'emprunt, Enis Batur nous entraîne à sa suite dans un dédale de réflexions : " la maison des livres ", c'est toute une histoire.

  • Un café-refuge, sous une tonnelle, dont le narrateur essaie de percer le mystère ; un vieillard aux airs de barde qui fait le tour des îles pour carder matelas, duvets et oreillers et qui rend l'âme sur l'embarcadère ; deux marchands de journaux de père en fi ls qui racontent comment ils en sont arrivés là ; le borgne du village qui transforme un lopin rocailleux de l'île en potager fl orissant.
    Dans les vingt-deux nouvelles abruptes, mélancoliques et drôles à la fois qui composent ce recueil paru quatre ans avant sa mort, l'un de ses plus aboutis, Sait Faik confère au petit monde des oubliés de la vie qu'il côtoie entre Istanbul et son île de pêcheurs une étonnante grandeur littéraire.

  • Voyage en Algéries autour de ma chambre Après Mes Algéries en France et Journal de mes Algéries en France, le dernier volet d'une trilogie d'ouvrages richement illustrés.
    Un abécédaire intime et politique : ABEILLE AFLOU AMBOISE BORDEL COLON CONQUÊTE HEIDI INSTITUTEUR LIBRAIRIE MARABOUT PEUGEOT PORT-SAY SHÉRAZADE SINGER TATI TÉNÈS. Une perception singulière de la colonisation et du couple Algérie-France. Un abécédaire autobiographique et collectif, avec les textes manuscrits des compagnes et compagnons de Leïla Sebbar sur ses routes algériennes (Jeanne Benameur, Nancy Huston, Didier Daeninckx, Anne-Marie Métailié, Benjamin Stora.). Un abécédaire érudit, léger, ironique et grave, pointilliste, excentrique. La fabrique, par le texte et l'image, d'une tribu mythologique d'Orient en Occident.

  • Comment vivre séparée de la langue de son père, l'arabe ? Leïla Sebbar témoigne de son obstination d'écrivain face à cette question pour elle lancinante, depuis l'Algérie coloniale, où elle est née d'un père algérien et d'une mère française, jusqu'à Paris, où elle écrit son père dans la langue de sa mère.

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