Attila

  • Voici l'histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa soeur qui tomba amoureuse d'un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, d'une paysanne qui rêvait d'un loup-garou, d'un vieil homme qui chassait les vents, d'une salamandre qui volait dans les airs, d'australopithèques qui élevaient des poux géants, d'un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons épouvantés par tout ce qui précède... Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d'un souffle inspiré des sagas scandinaves , un roman à l'humour et à l'imagination délirants.

  • Entre les jambes Nouv.

    Entre les jambes

    Huriya

    Marrakech, années 70. Un petit garçon intersexué est abandonné par sa mère et confié à ses grands-parents. Sa grand-mère, musulmane, et son grand-père, officier français à la retraite, se détestent et s'opposent sur tous les plans : principes, éducation, religion, sexualité... C'est la lutte du Coran contre "Les Fleurs du mal".
    "Entre les jambes" est le récit de cette enfance écartelée entre fausses pudeurs et non-dits, mosquée et hammam, ivresses et amants, enfants des rues et prostitution forcée.
    Dans un style de feu, qui rend hommage aux rues du Maghreb, Huriya montre comment les pièges et hypocrisies de la religion se referment sur les femmes, au point de transformer certaines victimes... en bourreaux.

  • Camarade papa

    Gauz

    Amsterdam, de nos jours. Un enfant immigré est élevé par des parents communistes, tendance Kim-il-Sung. Sa vision du monde en porte la marque. Son vocabulaire, aussi. Et comme Momo, le héros de La Vie devant soi, il ne mâche pas ses mots.

    Un jour, ses parents l'envoient en Afrique retrouver sa grand-mère maternelle et ses racines. Il est en quelque sorte « en mission » : observer le monde post-colonial tout en restant fidèle, au milieu des torsions idéologiques, à l'enseignement révolutionnaire reçu dans son enfance.

    Sur place, il croise les traces - et les archives - d'un de ses ancêtres. Jeune homme de 17 ans, Dabilly a fuit en 1880 la France et une carrière toute tracée à l'usine pour tenter l'aventure coloniale. Dans une « côte de l'Ivoire » désertée par l'armée française, il fait la connaissance d'hommes atypiques, dirigeants de maisons de commerce, qui négocient avec les tribus africaines, contre les Anglais, pour établir de nouveaux comptoirs et faire fructifier les échanges.

    Au fur et à mesure qu'ils progressent à l'intérieur des terres, ces hommes découvrent un pays preque inexploré, avec ses légendes, ses pactes, ses rituels, ses codes amoureux... Au milieu de ces mystères, la lutte entre les aventuriers et les administrateurs coloniaux, contribue à façonner l'histoire.

    Le regard humain et décalé de Gauz fait vivre des personnages tout en contrastes, habités par une lumière solaire, qui ne se soucièrent jamais d'occuper le devant de la scène. Une chronique ethnologique pétrie de tendresse et d'humour.

    Après avoir été diplômé en biochimie et (un temps) sans-papiers, Gauz réalise des photos, des documentaires, des émissions littéraires et des articles économiques satiriques en Côte-d'Ivoire. Depuis que le succès de son premier roman, Debout Payé (50 000 exemplaires en grand format), vedette de la rentrée 2014, l'a propulsé sur le devant de la scène, il part la moitié de l'année se recueillir à Grand-Bassam, première capitale coloniale de la Côte d'Ivoire, où démarre le présent roman.

  • Adelphe

    Isabelle Flaten

    À la sortie de la guerre, les hommes sont rares, ou en mauvais état... C'est le temps des révolutions, de l'Europe, mais aussi des femmes... des femmes conscientes de leur pouvoir, qui s'émancipent de leurs foyers, tirent les ficelles, et se réapproprient leur destin.

    Le jour où Gabrielle Thomas, dans sa paisible bourgade, tend à Adelphe le pasteur un exemplaire de Nêne, prix Goncourt de l'année, que chacun lit et annote à son tour, la vie des personnages bascule, les lois divines et terrestres sont menacées. Gabrielle d'abord, la trop honnête paroissienne ;

    Blanche, la bonne qui mène son maître par le bout du nez ; puis Adelphe, pasteur débonnaire que ce tourbillon de femmes revendicatrices empêche de dormir : puis ses femmes, puis son fils, puis....
    Chacun fait revivre à sa manière la partition du livre, en tentant d'en changer la fin.

  • Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne.
    Six ans plus tard, sa mère et elle rejoignent le père en exil à Paris.

    A travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l'abandon du pays, l'éloignement de sa famille, la perte de ses jouets - donnés aux enfants pauvres de Téhéran sous l'injonction de ses parents communistes -, l'effacement progressif du persan sans cesse en opposition avec le français, qu'elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.

    Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, comme rempart, comme moyen de socialisation, et même comme arme de séduction massive. 

  • Une épopée picaresque, traitant lHolocauste avec la verve, lironie et lhumour noir de Fuck America...

    Max Schultz a les cheveux noirs, des yeux de grenouille, le nez crochu, les lèvres épaisses et les dents gâtées. Tout le monde le prend pour un Juif. Enfant bâtard, mais « aryen pur souche », battu, violé et humilié durant son enfance, il grandit avec Itzig Finkelstein, le fils du coiffeur juif Chaim Finkelstein ; ils sont les meilleurs amis du monde.

    En 1932, max assiste à un discours de Hitler, en compagnie de tous ceux qui, un jour ou lautre, ont pris un coup sur la tête, « que ce soit de Dieu ou des hommes ». Il senrôle alors dans les SA, puis dans les SS, où il connaît une promotion foudroyante. Durant la guerre, il est responsable dun camp de concentration en Pologne... où disparaissent son ami et toute la famille Finkelstein.

    Recherché, après la guerre, comme criminel de guerre, il tente de se faire passer pour juif... et y parvient. Endossant lidentité de son ami Itzig, il devient un sioniste prosélyte, traversant lEurope à pied pour rejoindre la Palestine, où il commence à enseigner les textes sacrés.

    Max Schulz nest pas un cliché, ni un archétype du nazi : il sinscrit chez les nazis par mimétisme et opportunisme ; cest un homme qui devient à un moment de lHistoire « un monstre ordinaire » et qui, après la guerre, est capable de reprendre une vie en apparence normale et « honorable »

    LAUTEUR
    Hilsenrath est né en Allemagne en 1926. Survivant de la Shoah, ayant vécu en Palestine et en France, il arrive à New York au début des années 50. Il amorce alors une ½uvre fondée sur la mémoire et loralité, conjurant par la satire son souvenir du ghetto, de la guerre et de lexil. Les éditeurs allemands craignant son approche acerbe de la Shoah, il est dabord publié aux Etats-Unis. Le Barbier et le Nazi, écrit en allemand, est une commande de léditeur américain Doubleday qui sera traduite, dans le monde entier depuis langlais (en France, chez Fayard, dans une traduction tronquée et trahissant le style, en 1974).
    LAllemagne, qui le redécouvre en 1976, lui confère alors une gloire soudaine et une reconnaissance institutionnelle majeure


  • Querelle

    Kevin Lambert

    Une grève éclate dans une scierie du Lac St Jean, dans le nord canadien. Derrière une apparente solidarité ouvrière, l'ennui et la dureté de la lutte, que seules rompent les nuits dans les bowlings et karaokés, révèlent les intérêts plus personnels de chacun.

    Parmi ces ouvriers, il y a Querelle, magnifique colosse venu de la capitale, et Jézabel, issue d'une lignée rebelle de mère en fille. Doux et charnels, ces héros incarnent la liberté, la jouissance et la joie sauvages, hors des lois du marché et de l'aliénation familiale ou sexuelle.

    Au gré des sabotages, des duels et des ivresses, la colère s'empare des grévistes et les événements se conjuguent dans un conflit généralisé aux allures de vengeance sociale.

  • Black manoo

    Gauz

    L'arrivée d'un Ivoirien dans le Belleville africain des années 90, entre drogues, musique, amours et amitiés.

  • 1952 : dans une cafétéria juive de Broadway, Jakob Bronsky, tout juste débarqué aux Etats-Unis, écrit son roman sur son expérience du ghetto pendant la guerre : Le Branleur ! Au milieu des clodos, des putes, des maquereaux et d'autres paumés, il survit comme il peut, accumulant les jobs miteux, fantasmant sur le cul de la secrétaire de son futur éditeur, M Doublecrum. Dans la lignée de Fante, Roth et Bukowski, Fuck America est un témoignage étourdissant sur l'écrivain immigré crève-la-faim.

  • Debout-payé

    Gauz

    Le livre que Franz Fanon n'a pas écrit sur la société de consommation.

    Debout-Payé est l'histoire d'Ossiri, étudiant sans-papiers devenu vigile à Sephora et à Camaïeu. C'est l'histoire d'un immigré, de l'enfer qu'il vit pour se loger et pour travailler, et du regard qu'il pose sur notre pays.
    C'est aussi un chant en l'honneur d'une famille dont les hommes, à chaque génération, partent devenir vigiles à Paris, et plus globalement de la communauté africaine, avec ses travers et sa générosité.
    C'est enfin le recueil des observations, choses vues et pense´es d'un vigile ayant successivement travaille´ au Camai¨eu femmes de Bastille et au Sephora des Champs-Élyse´es.

  • Un homme sonde les réserves de pétrole des fonds sous-marins et meurt sous les balles de pirates au large du Nigeria. La femme qui l'a aimé poursuit sa trace en empruntant des chemins de traverse.

    Elle trouve un écho de sa voix dans les sagas islandaises du Moyen Âge, dont il était un lecteur compulsif ; elle le suit en Afrique où, guidée par le guérisseur qu'il fréquentait, elle l'aperçoit dans des visions nocturnes.

    Elle entraîne le lecteur dans ce voyage initiatique peuplé de souvenirs et de mythes, où les lieux et les époques se répondent. Un récit d'aventures et d'amour servi par une langue-monde intense et fluide comme... du pétrole.

  • Et si tout souvenir de famille n'e?tait que fiction ? Une femme de?couvre une fois devenue adulte qu'elle est ne?e de pe`re inconnu. Une double enque^te commence, a` la fois sur l'identite? de son pe`re mais aussi sur les raisons du mensonge de sa me`re. Chaque parcelle de la vie de cette mère excessive et trouble, professeure de collège libertaire, cache une ombre lourde de sens. Un re?cit pudique et sobre, ou` la force des souvenirs d'enfance emporte le lecteur dans un rire noir omnipre?sent.

  • Nuit

    Edgar Hilsenrath

    Resté occulté en Allemagne près de 20 ans, Nuit est aujourd'hui considéré comme le chef d'oeuvre d'Edgar Hilsenrath.
    C'est la nuit permanente sur le ghetto de Prokov. Au fil des jours, dans un décor apocalyptique, Ranek lutte pour sa survie. Réduits à des ombres, comme s'ils n'avaient plus ni âme ni corps, les personnages baignent dans le brouillard. Pourtant surnagent encore des éléments de vie : les scènes d'amour hâtives, de solidarité ou de naissances au milieu du ghetto montrent que, même à la frontière de l'humanité, l'humanité demeure.
    Les scènes de la vie quotidienne, décrites comme à travers une loupe, sont tellement précises qu'elles confinent à l'absurde. Cauchemars et fantasmes naissent d'un regard microscopique sur les choses, traduit dans un style mécanique, concis, halluciné, presque cinématographique.
    Hilsenrath s'est inspiré pour Nuit de sa propre histoire, et du ghetto ukrainien où il a passé quatre ans entre 1941 et 1945. C'est d'ailleurs la genèse de ce livre, qu'il a réécrit vingt fois entre 1947 et 1958, qui est racontée dans Fuck America. Aujourd'hui, Nacht s'est vendu à plus de 500 000 exemplaires dans le monde et est considéré comme le chef d'oeuvre de son auteur.

  • Le roman s'inspire des boîtes marines datant du 19ème siècle. Ces boîtes, que l'on trouvait sur les bateaux, servaient à conserver pistolets, objets précieux, boussoles et journal de bord. L'auteur qui à la fin du XXe siècle en achète une à un "garçon de café" de Buda au sourire énigmatique, utilise cette boîte comme un petit coffre pour y déposer ses histoires. Dans chaque tiroir se trouve un chapitre.

  • Ascension

    Ludwig Hohl

    Deux hommes partent à l'assaut d'un glacier ; les conditions sont mauvaises. Le malaise de l'un s'intensifie devant la dureté des éléments, à tel point qu'il abandonne, et que l'autre entreprend une ascension solitaire folle, mais consciemment assumée. Lente ascension, ou lente agonie ?
    On suit pied à pied les héros dans leurs trajectoires opposées, les accidents qui se multiplient, et les songes dont ils peuplent la montagne... Dans cet univers à la fois transparent et ténébreux, où la réalité tend à se dissoudre, peuvent surgir des événements décisifs et tragiques. L'écriture à ellipses de Ludwig Hohl fascine par sa minutie et sa sobriété. L'auteur tente de percer la personnalité de la montagne à travers ses couleurs, ses méandres, ses formes, son climat... Ascension s'inscrit dans la lignée du Vieil homme et la mer ou de Moby Dick.

  • Guerre froide, 1970. La fille du patron de la mafia new yorkaise connaît son premier orgasme lors d'un voyage de presse à Moscou. Le responsable ? Un fils de rabbin et dissident fauché doté d'une étonnante propension à susciter des orgasmes. La mafia met tout en oeuvre pour le faire venir aux États-Unis mais le passeur qu'elle a recruté est un dangereux dépeceur sexuel. Les obstacles, et pas seulement diplomatiques, s'accumulent...

    Après le succès américain du Nazi et le barbier, Otto Preminger commande un synopsis à Hilsenrath, qui écrit en six jours Orgasme à Moscou. Dans cette réécriture déjantée d'OSS 117, Hilsenrath abandonne toute limite et se livre à une mémorable surenchère burlesque. À côté de toute une mafia de pacotille, le livre met aussi en scène Brejnev, Nixon, Moshe Dayan et le président du conseil italien, obsédé sexuel (déjà !).

  • Chienne

    Marie-Pier Lafontaine

    Viol suspendu, inceste latent.

    Un homme soumet ses deux filles aux pires violences durant leur enfance et leur adolescence. Les frapper, les insulter, les humilier, les traiter comme des animaux, sous le regard muet de leur mère, persuadée que ce ne sont pas des viols.

    Un style lapidaire pour dire l'innommable et la monotonie de l'horreur.

    Immense claque poétique et psychologique, "Chienne" est, racontée par elle-même, l'histoire d'une jeune fille en morceaux qui prend confiance en elle et s'appuie sur les pouvoirs de la littérature, pour retrouver un corps et une parole. Et ça fait mal.

  • En 1995, un vagabond, Litsoï, est retrouvé mort sur la terrasse d'un bunker de Constanta construit par les Nazis, dans le delta du Danube. Dix ans plus tard, trois ouvriers disparaissent en explorant ce bâtiment. L'enquête mène sur la voie d'une famille de maquereaux ensorceleurs, d'un mystérieux village de Lipovènes perdu dans les bras du delta, et d'une malédiction qui rend les hommes impuissants.
    Dans un univers de mélodies, ressurgissent les figures mythiques et le merveilleux de l'enfance.

  • «Ne fais pas l'imbécile, grogna Stankovsky, on ne va pas perdre du temps à prendre des mesures. On risque de rater le déjeuner, ça devient sérieux. Allez, ça se voit au premier coup d'oeil, non, qui a le plus gros nez ?
    - Tiens, s'exclama Becvár, celui-là avec le béret, il a un de ces tarins. Qu'est-ce que t'en dis, Pepík ? Je lui mets la corde au cou ?«.

    Le livre : Un témoignage sur le ghetto de Prague, où le sarcasme côtoie la tragédie.

    Prague, octobre 1941. Reinhard Heydrich, protecteur de Bohême mélomane, s'évertue à déboulonner de l'Opéra la statue de Mendesshon. En vain, car personne n'arrive à identifier Mendelssohn : il n'y a pas de plaque sous les statues... en cherchant celle qui a le plus groz nez, ils tombent sur la statue de Wagner !

    Ainsi commencent le récit et les malheurs des petits fonctionnaires tchèques chargés de la purification du Prague... Sauf que Heydrich a vraiment existé, il était même chargé de penser la « solution finale ». Son assassinat par un commando de résistants tchèques a déclenché une répression atroce. Jiri Weil fait partie des quelques milliers de juifs qui ont survécu : il a conçu ce livre en 1946, pour conjurer son histoire et ses années de clandestinité. Une histoire cruelle et lucide, comique et douloureuse des juifs et des nazis où, comme chez Bruno Schulz ou Edgar Hilsenrath, le sarcasme et la bouffonnerie côtoient la tragédie.

  • Face aux coups et violences leur père, Ernst et Sarah répondent par une relation fusionnelle et un amour inconditionnel. Sarah fugue en pleine forêt ; Ernst lui apporte des vivres en cachette ; leur mère cherche réconfort auprès des hommes de la mine.
    Chassé-croisé familial autour du rêve lumineux d'Ernest, apprendre à voler comme un oiseau, ce texte est l'histoire tragique de l'enfance abandonnée à sa frêle boussole.

  • "Je suis le plus grand écrivain du monde en 140 signes" déclarait Donald Trump le 21 Juillet 2014. Vous en doutiez ?
    C'est en s'emparant de Twitter et de ses contraintes formelles que Trump fait éclore son art.
    En virtuose du clavier, il nous offre ses pensées les plus profondes, tantôt méditatives : une poésie immédiate, authentique et sans filtre. Face à des attaques virulentes, et un monde qui ne saurait pas répondre à ses aspirations, les mots sont le dernier refuge d'une âme sensible.
    Rob Sears a su déceler le potentiel poétique du président américain et en a compilé les meilleurs morceaux dans un recueil inédit.

  • « Rien de plus affligeant qu'un livre qui se lit fatalement de la première à la dernière page », écrivait Paris Match à la sortie de ce livre en 1988 : un livre dont il existe trois versions (arabe, juive et chrétienne), des exemplaires « masculins » et « féminins », qui n'a ni début ni fin, et fourmille de légendes, au carrefour de l'Orient et de l'Occident. Le Dictionnaire khazar relate, sous forme de dictionnaire et du point de vue successif d'un rabbin, d'un derviche et d'un prêtre, l'histoire et la dispersion du peuple khazar, peuple nomade et guerrier fixé au VIIe siècle entre la mer Noir et la mer Caspienne, fameux pour ses chasseurs de rêves. Ce roman est aussi une encyclopédie, un recueil de légendes apocryphes, un ouvrage de mystique, un traité de philologie, une somme de biographies puisant aux sources hermétiques, cabbalistiques, cathares et bogomiles. L'esprit de Borges qui aurait infusé Tolkien dans une suite aux Mille et une nuits. P

  • Deux récits de la guerre civile espagnole. Deux paraboles étincelantes sur la justice et la culpabilité.
    1936. Un vieux prêtre s'apprête à célébrer un requiem pour un jeune républicain qu'il a vu naître et grandir, et qui a été exécuté par les phalangistes. après l'avoir lui-même dénoncé ! Sommé de dévoiler la cache de son protégé, il a fini par le livrer, par maladresse, sottise, inconscience et horreur du mensonge. Le récit, très bref, est organisé selon les souvenirs du prêtre, qui déroule la vie du jeune homme et à travers lui d'un village aragonais typique aux débuts de la République espagnole.
    Requiem est suivi d'un texte posthume, totalement inédit en français, plus bref et plus frappant s'il se peut : Le Gué. Une jeune fille, Lucie, est persuadée d'avoir dénoncé aux autorités son beau-frère par dépit amoureux, et jalousie. Ce souvenir et ce secret la hantent quotidiennement, à tel point que le lecteur ne sait plus si cette trahison, elle l'a commise, ou si elle l'a rêvée.
    A part dans l'oeuvre de Sender, Requiem et Le Gué en sont la face la plus pure. Tout le drame de l'Espagne résumé en quelques dizaines de pages, peut-être les plus belles du XXe siècle espagnol.

empty