Aden Belgique

  • L'utopie

    Thomas More

    Pour le 500ème anniversaire de la première édition (1516) de ce grand classique, Aden publie dans une version commentée par Serge Deruette, une traduction moderne de Marie Delcourt.
    Le thème de cet essai philosophique est de présenter une île d'Utopie ou serait appliqué une constitution politique aux services des grandes idées humanistes de la renaissance. Prenant l'alibi d'un voyage vers cette île, Thomas More fait l'éloge du bonheur, de la sagesse et surtout de la justice sociale. Ce livre est le premier grand essai de critique radicale de la société et fait de son auteur un des précursseurs du communisme moderne...

  • Le parcours tant intellectuel que politique d'Angela Davis est traversé par une seule et même question : qu'est-ce que la liberté ? De sa propre triple expérience en tant que femme, noire et communiste, Angela Davis n'a eu de cesse d'être confrontée aux différentes formes d'oppressions qui façonnent nos sociétés. Ce parcours l'a dès lors naturellement portée à réfléchir à ces questions, au sens d'une valeur qui est pourtant souvent associée au libéralisme.
    Nous avons donc décidé de rassembler dans un petit volume des textes encore inédits ou difficilement trouvables en français. Le premier concerne le premier cours qu'elle donnera à l'Université de Californie sur le thème de la libération dans les autobiographies d'esclaves.
    Frederick Douglass, esclave autodidacte sera l'objet principal de ce cours. Au travers de son autobiographie, Angela Davis interroge la découverte par Douglass de sa liberté, de ce qu'elle signifie et de la manière dont elle transforme sa vision du monde. L'éducation, l'apprentissage de la lecture, l'enseignement de la rhétorique ou la lutte furent pour lui des événements déterminants dans le processus de sa libération.
    Enfin, de par sa trajectoire particulière, Angela Davis, va également interroger la notion de liberté au regard de questions plus spécifiques comme le rôle de la prison dans nos sociétés, le racisme, les oppressions sexuelles ou, plus généralement, son rapport ambigu à l'idéologie néolibérale qui exalte la liberté tout en renforçant l'oppression d'une majorité. Angela Davis nous aide a constamment élargir notre conception de la liberté et par ce biais, a constamment étendre le domaine de la lutte sociale.

  • Printemps 2016 ? ÉDITORIAL ? FAIRE FACE (portrait d'un « anonyme », par Damien Roudeau) ? PLAIN-PIED : reportage - Din Records, collectif de rap citoyen (Médine, Tiers-Monde, Brav, etc.), au Havre ? AGORA : débat : Le salaire à vie / Revenu de base > Van Parijs / Christine Jackse ? RENCONTRE : avec Edgar Morin (grand entretien) ? INTERNATIONAL : Venezuela : le post-chavisme (entretiens et articles - menés par Luis Dapelo et Alexis Gales) ? LILITH : féminisme > La précarisation des femmes - par Julie Paquette et Emilie Dionne ? CARTE BLANCHE : Illustrations (Popcube) ? LEVIERS : Derrida et les animaux, par Aurélien Barrau ? PORTRAIT :
    Alexandra David-Néel ? MANUSCRIT : « Zone libre » ? CARNET : Résistances en Syrie, par Sarah Kilani ? ATOLL : Poésie > Traits d'Espagne, par Marc Sastre ? ZÉPHIR : Lieu-dit

  • Le texte de Pourquoi Benerdji s'est-il suicidé oe, écrit entre 1930 et 1932, fut publié à cette dernière date à Istanbul. Il est l'oeuvre d'un jeune poète de trente ans qui a déjà publié plusieurs recueils de poèmes depuis 1929, dont La Joconde et Si-Ya-Ou. Mais il est surtout la conclusion, certes provisoire, d'un homme qui, tout au long des années vingt, a pris une part active à la vie politique de son pays.

    C'est quand il sort de prison qu'il entame la rédaction de Benerdji. Comment ne pas voir là l'influence plus que probable de l'expérience personnelle de Nazim Hikmet, vécue à l'intérieur du Parti Communiste Turc ? Mais l'année 1930 est importante pour l'auteur à plus d'un titre. Avec celui de Vladimir Maïakovski, le 14 mars 1930, le suicide acquiert une signification plus que symbolique, en dépassant le cadre d'un acte individuel.
    Quand on connaît les raisons de celui qui écrivit :
    " ...la mort est terrible
    II est terrible de ne plus oser, terrible de ne plus aimer. Je hais tout ce qui est mort. J'aime tout ce qui vit "

    Pourquoi Benerdji s'est-il suicidé ? est le résultat d'une double réflexion de Nazim Hikmet : sur l'importance de l'engagement dans un contexte général et sur le comportement de l'individu face à cet engagement. C'était une question capitale en 1930; elle reste essentielle aujourd'hui.

  • Ce recueil de nouvelles africaines est le résultat de la rencontre improbable, par-delà les époques, entre un professeur de français sicilien et un économiste breton sur le continent noir.
    Leurs héros s'apparentent à l'homme qui voulut être roi de Rudyard Kipling ou à l'inquiétant Kurtz qui, au début du XXe siècle, sévissait justement au coeur des ténèbres de Joseph Conrad. Ils en sont du moins les héritiers.

  • Quand lui arrivent les informations sur les journées de février 1934 en Autriche, Anna Seghers habite la banlieue parisienne.
    Elle a quitté l'Allemagne au lendemain de l'incendie du Reichstag. L'émigration ne signifie pas pour elle le refuge dans une tour d'ivoire mais une possibilité de continuer, par la littérature, à combattre. Ce livre donne l'impression d'une caméra qui se déplace sur les lieux mêmes des événements. Anna Seghers rapporte, sans presque jamais les habiller de commentaires, les propos ou conversations des individus rencontrés.
    Ici, aucune mise en scène des faits, de ce qui les précède et peut les expliquer. La plongée est immédiate. Influencée par le cinéma, cette technique narrative, bien qu'utilisée déjà par Alfred Döblin ainsi que par John Dos Passos, ne manque pas d'originalité pour un type de récit que son auteur veut politique. Anna Seghers a retracé avec une imagination, une ardeur et une rapidité stupéfiantes la dernière des phases à la fois glorieuses et désespérantes des luttes du mouvement ouvrier dans l'Europe du XXe siècle.
    Pilonné par la police de Daladier dans le cadre des opérations de police visant à détruire les organisations du PCF, ce livre est longtemps resté introuvable. Le voilà à nouveau édité, enrichi d'une préface de Lionel Richard et d'un hommage à la traductrice du roman, Jeanne Stem, par Pierre Radvanyi.

  • Thésard inquiet, Yves n'aurait jamais dû sortir des couloirs de sa faculté. Mais le charismatique Professeur, dans sa quête du plagiat dans l'oeuvre de Malcolm Lowry, va lui faire prendre un maillot rouge pour une lanterne et passer l'épreuve du feu.
    Dans ce troisième roman s'affirment les caractéristiques du style de l'auteur : un récit alerte, plein d'humour et d'ironie, qui ne cesse de surprendre le lecteur, une nette tendance à faire vaciller ses personnages dans le délire, et une réflexion plus profonde sur la littérature.

  • Critiquer Foucault

    Collectif

    Lorsque Michel Foucault meurt le 25 juin 1984, Paul Veyne publia un texte dans Le Monde ou il y déclarait que l'oeuvre de l'intellectuel constituait « l'événement de pensée le plus important de notre siècle ». 30 ans après sa mort, force est de constater qu'il est bel et bien devenu un des intellectuels les plus influents de notre époque. Son oeuvre à été largement diffusée, traduite et enseignée de par le monde. Ses idées, sont utilisées dans de nombreux champs d'analyse tant historiques, philosophiques ou sociologiques. Son travail à ainsi largement inspiré de nombreux intellectuels contemporains importants au sein des gender studies, des études post-coloniales ou de ce qu'on nomme, plus généralement, le post-modernisme. Son influence sur la vie intellectuelle est donc considérable et à largement façonné les termes du débat intellectuel des 30 dernières annés. Foucault est donc bel et bien devenu une référence intellectuelle du notre siècle.
    Pourtant malgré cette omniprésence dans le champ intellectuel, force est de constater qu'il est trop rarement discuté de manière critique. Il est parfois l'objet d'une admiration peu rigoureuse et d'un regard sans grande distance. Les commentaires critiques qui on ainsi pu être portés sur son oeuvre, qu'ils soient le fruit d'auteurs aussi fameux que Chomsky, Habermas ou Jacques Bouvresse n'ont au final eu que peu d'échos sur la réception internationale de Foucault. Il est d'ailleurs pour le moins étonnant que l' « adoption » de son corpus théorique aie été intégrée sans grande difficulté au sein de la gauche intellectuelle. Ici, les déplacement qu'a opéré Foucault sont particulièrement importants à l'égard de la tradition des lumières et du rationnalisme qui avait pu nourrir la pensée marxiste avant lui. Que ce soit sur la politique, la science, le savoir, la vérité ou le pouvoir, Foucault est clairement en rupture avec une partie des intellectuels critiques de son époque. Pourtant, trop peu de place à encore été donnée a ces oppositions, critiques et discussions. L'objet du présent ouvrage n'est donc pas d'être « pour » ou « contre » Foucault, mais de rassembler des auteurs d'horizons et de disciplines différentes ayant pour point commun un regard critique sur l'intellectuel français.
    Que ce soit sur ses convictions politiques ou ses travaux théoriques, Foucault mérite mieux que des exégèses ou des apologies. Il mérite qu'on le discute, qu'on le confronte et surtout, qu'on le critique pour mieux comprendre l'ampleur et les chantiers qu'il a ouverts dans le champ intellectuel de son époque et de la nôtre.

  • Et si le culte voué à Zola dans la plupart des milieux de gauche était basé sur une imposture ? Imposture fabriquée et entretenue par tous ceux qui, tel Henri Mitterand, encore récemment, taisent ou falsifient, sciemment ou non, ses écrits journalistiques à propos de la Commune de Paris. Or, il y fait preuve d'une haine viscérale pour la lutte du prolétariat et cette première tentative de révolution ouvrière marquera à jamais sa conception du monde.
    Introuvables en volume, ces articles apportent une autre lumière sur celui que l'on nous présente comme le défenseur acharné de la classe ouvrière.
    Se basant sur une analyse approfondie de ces textes, largement reproduits ici pour la première fois, l'auteur nous permet une nouvelle approche de l'oeuvre zolienne. Mieux que l'étude d'une réalité dramatisée pour la fiction, l'analyse de ces reportages vécus donne des véritables clés pour qui veut réellement connaître ce " socialiste malgré lui ".

  • La séduction, les rencontres, des petites annonces (Libé,.) à nos jours via les sites de rencontres : « U ne vie à séduire » propose une quarantaine de récits sensuels, tendres ou cruels sur la séduction, telle qu'elle se pratiquait il y a une trentaine d'années (première partie du livre) ou durant ces dix dernières années (deuxième partie du livre).
    L'auteur s'explique : « (.) Ce n'est ni un roman, ni des fantasmes. C'est un travail d'archiviste et de journaliste. J'y décris ce qui s'est réellement passé, méticuleusement. Avec les mots tels qu'ils ont été prononcés ou écrits. J'y compare ce qui se vivait il y a quelques années, quand il n'y avait ni internet, ni téléphone portable, et qu'on publiait dans la presse écrite des petites annonces pour se trouver un mec.
    Le facteur déposait dans votre boîte aux lettres les premières réponses, deux ou trois semaines plus tard. Cela prenait parfois trois mois d'échange avant de fixer un rendez-vous avec le prétendant.
    On se téléphonait à la maison. On s'envoyait par la poste des cassettes où on enregistrait une programmation musicale pour tenter de séduire son partenaire. On s'écrivait à la main, avec nombre d'approximations et ratures, des lettres de plusieurs pages, seul attablé dans un café, en rêvant et en impatience ».
    La seconde partie du livre propose des récits actuels qui détaillent les rencontres vécues par l'auteur grâce à des échanges de mots sur les réseaux sociaux et sur les sites de rencontres, par l'envoi de sms, etc.

  • Les proverbes d'Elsa

    Elsa Triolet

    Il ne s'agit pas de la vitrine d'un joaillier et ce livre révèle bien autre chose qu'un assemblage de formules. Pas d'effets agréablement ciselés, pas de verbiage du reste. L'auteur ne cherchait pas à faire joli. Pensez plutôt à un vaste espace, formé d'une quantité d'éléments en mouvement, une grève de galets, certains portant encore l'empreinte d'un coquillage ou l'enroulement d'une algue comme un souvenir des profondeurs originelles, pensez à la plainte des galets roulés au gré des flots qui les modèlent jusqu'à les rendre beaux, pensez à cette plainte et à sa beauté particulière. Quant à l'expliquer, quant à dire ce qui, en elle, provoque l'émotion, dire la beauté de cette part d'imprévisible, qui oserait ? Voici donc les Proverbes, et, en eux, tout le cristal de la pensée d'Elsa.

  • Le voyage, le vrai, est toujours une histoire de chemins, où nous perdons forcément pieds.
    Mais que faire pour s'y retrouver, tâcher de comprendre l'Autre, toujours inaccessible ? Pays renaissant, le Vietnam est en pleine mutation, saisi entre des traditions millénaires et une modernité échevelée. Passer au Sud résulte d'un postulat original, audacieux : un pays est à l'image de sa circulation. A partir de ce fil conducteur sérieux et léger se dessine peu à peu le tableau inédit d'un pays séduisant, loin des clichés du tourisme.
    Plus proche de l'essai littéraire que des grands récits de voyage, Passer au Sud reste un inclassable. C'est le regard d'un homme qui tantôt observe et tantôt contemple il s'adresse aussi bien aux curieux qu'aux voyageurs ou, simplement, aux amateurs de littérature. C'est que nous sommes précisément au coeur du voyage, et comme le Vietnam lui-même, à la croisée des chemins.

  • Nicolas florence met à nu toute la complexité et les contradictions du liban contemporain.
    Ses personnages, assia, nathan, ralph, david, sont les témoins, pour nous, de cette guerre de l'été 2006 dont on parla si peu. une guerre que l'on pouvait confondre, à travers l'écran de nos télévisions, à une dernière production hollywoodienne. dénoncer les agissements "d'enfant gâté" d'israël ne doit pas nous empêcher de rester lucide sur la réalité libanaise. si malheureusement ce pays est à ce point fragile à ses frontières, il faut peut-être tenter de comprendre comment, dans son histoire, le liban s'est à ce point laissé circonvenir.
    E les personnages de nicolas florence nous livrent des pistes de réflexion mais cet ouvrage est avant tout un roman. une histoire oú prévalent les sentiments et qui offre une place aux hommes et aux femmes qui, au coeur de conflits auxquels ils sont liés bien malgré eux, ne tendent qu'à vivre libres et heureux. la prose de nicolas florence offre une distance qui est nécessaire lorsqu'on s'attelle à un sujet tel que celui-là.
    S'il y a une leçon à retenir après la lecture de ce récit, c'est qu'il n'y a pas de peuple bon et de peuple méchant. d'hommes et de femmes victimes ou bourreaux par nature. simplement, notre monde est composé, depuis la nuit des temps, d'individus qui lorsqu'ils sont assis sur le siège du pouvoir, laissent aux pieds du trône un peu de leur humanité.

  • À partir de la photographie d'un meurtre, Virginie Thirion s'interroge sur ce que la photographie peut nous faire comprendre de la violence du monde. Elle interroge notre conscience («Sommes-nous voyeurs ou témoins», «Sommes-nous passifs ou prêts à exploser face à l'horreur ?»). Ce texte littéraire fait penser à la puissance de Susan Sontag qui se demandait que faire face à la souffrance du monde.

    Lisons-la :
    «Si j'avais assisté à cet événement en direct, ce n'est certainement pas ce petit espace entre l'épaule et le sol que mon oeil aurait gardé de la scène. La photographie permet de voir, de s'appesantir sur quelque chose que l'on n'aurait pas eu le temps de voir en direct. Et tout en sachant que cela est impossible, je ne peux m'empêcher d'attendre la fin de la chute. La fixité de ce déséquilibre manifeste a quelque chose d'insupportable. Suspension contre nature. Fascination morbide. Suspension dans l'espace, suspension entre la vie et la mort. Étrange prodige photographique : cet homme est à la fois vivant et mort. Je ne peux me défaire du désir de voir ce corps toucher enfin le sol, du désir de voir cet intervalle diminuer peu à peu, de voir ces quinze centimètres n'en être plus que 10, que 9, que 4, et que la fin du supplicié soit la fin du supplice».

  • En 1792, à 22 ans, Saint-Just, le plus jeune député de la Convention, se fait connaître par son discours lors du procès du roi, affirmant: "On ne peut point régner innocemment". Dès lors, sa vie se confond avec les aléas de la Révolution. Moins de deux ans plus tard, le 9 thermidor, il est condamné par cette même Convention, qu'il affronte, des heures durant, silencieux et bras croisés. Le lendemain, il est guillotiné. Rimbaud a écrit ses poèmes en l'espace de quelques années, de 16 à 21 ans, dans les éclats de la fin de l'Empire, de la guerre franco-prussienne, du soulèvement de la Commune de Paris puis de son écrasement, et du retour à l'ordre. Après, il tourne le dos à la littérature, voyage et disparaît aux confins de la corne d'Afrique, avant de revenir, malade, se faire amputer et mourir à Marseille. Parcours fulgurants, destins exceptionnels. Par-delà leur jeunesse, le silence dédaigneux de la fin, ils se rejoignent dans le projet, au croisement de la politique et de la poésie, de régénérer les êtres et le monde. Ce livre voudrait proposer une lecture croisée de l'oeuvre et de la vie de Rimbaud et de Saint-Just, autour de quelques moments-charnières et de thèmes communs -la fraternité, l'harmonie, le bouleversement de la société- en les réinterrogeant à partir du silence final. L'ambition est de mettre à jour les correspondances entre les deux hommes et de donner envie de les lire et de les relire, en montrant la radicalité et la force de leur action à la lumière d'aujourd'hui.

  • «Comme n'importe qui, je suis des centaines de gens. Je suis baroque. Baroque, ça veut dire : les volutes, les spirales, les ornements qui dérangent la ligne de base. Dire quelque chose en peu de mots, ça ne m'impressionne pas. Je sais bien comme il est facile de dire quelque chose en peu de mots. L'amour du "dépouillé" est une maladie. "Clarté", voilà encore un vilain mot. La clarté, ce n'est qu'un petit jeu pour les êtres de second plan. La clarté est honnête, donc elle est suspecte. Dans un livre il doit y avoir des passages obscurs. Un roman n'est pas un café soluble.»

  • Une fois que j'aurai disparu, qui peut attester que ceux-là sur la photo sont mes parents ? Personne. Personne qui le sache de première main. Qui regardera cette photo pourra dire ce qu'il voit et pas davantage : une femme, un homme, deux personnes autour de la quarantaine, des inconnus dans un jardin à qui on peut prêter le destin qu'on veut. Deux êtres vous fixent. Qui sont-ils ? On ne sait pas. Et dans le silence de la photo vous laissez filer votre désir. Ils étaient ceci et cela. Ils vivaient comme ceci et comme cela. Une fois que je ne serai plus là pour attester leur existence, ceux-là basculeront dans l'univers des fictions possibles. Par exemple : l'homme est né à Saint-Pétersbourg, la femme à la frontière de la Pologne. Ils sont soviétiques, astrophysiciens l'un et l'autre. La conception du Spoutnik les a réunis. Ils se sont aimés. L'Union soviétique pesait sur eux, ils ont profité de leur présence à l'expo de Bruxelles pour passer à l'Ouest. C'est pour cette raison que j'écris en français. Voilà un schéma possible, que je pourrais déployer, m'inventant par la même occasion une autre biographie où ma petite enfance s'écoulerait entre Baïkonour et la datcha de la mer noire. Pourquoi pas ? Le récit que j'ai entrepris ne vient-il pas de transformer deux êtres de chair et de sang en personnages de roman ? Et si les vies que je leur ai faites n'étaient en définitive que pure invention ? Et si tout était inventé, qu'est-ce que ça changerait ?

  • Voici, détaillés dans ces pages, les fréquentations douteuses, les financements honteux, les hargnes sélectives, les indulgences infondées, les tentatives de dissimulations, les manipulations des chiffres, les mensonges réitérés de reporters sans frontières, le tout au service d'une cause sans rapport avec les objectifs affichés.
    Observons son ardeur au travail contre les pays pauvres que l'occident veut soumettre et son silence face aux concentrations économiques dans les médias des pays riches. notons sa mansuétude envers les "bavures" de l'us army, ses "oublis" dans la comptabilisation de journalistes qui en sont victimes. ce livre dévoile les paravents de la cia qui alimentent rsf en dollars : le center for a free cuba et la national endowment for democracy (ned) via l'united states agency for international development (usaid).
    Et il n'y a pas qu'eux: l'open society institute du milliardaire et magnat international de la presse george soros, ami personnel de bush, qui s'agite partout oú peut être mis en place un gouvernement pro-états-unien, fait partie aussi des généreux financiers de rsf. alors, rsf ??? association humanitaire ou bras médiatique européen de la cia et des faucons du pentagone ?.

  • Ce livre entend donner à voir la charge politiquement subversive de la poésie de Rimbaud sous le vernis scolaire ou académique, les idées reçues et les quelques scandales avantageusement rangés. La lecture proposée ici est celle du surréalisme, entendu comme lecture politique de la poésie, réinventant par-là même la politique, la poésie, et leurs liens.
    Dire que les poèmes de Rimbaud ont une dimension politique, ce n'est pas les réduire, mais au contraire mettre en évidence la conjonction particulière dans laquelle ils s'inscrivent.
    Cette conjonction, nous aimerions l'explorer dans une triple direction. La première est celle d'une critique, empruntant à la caricature et au démontage, non seulement de l'Empire et de l'Église, mais aussi plus largement de l'Ordre bourgeois.
    La deuxième dimension est étroitement liée à la Commune de Paris. Il convient de rappeler que pratiquement tous les artistes et intellectuels prirent fait et cause contre les communards, et que se dessina alors une ligne de fracture tant politique que culturelle. Les espoirs et la défaite, la condamnation haineuse et l'exil sont comme systématisés et retournés dans nombre de poèmes de Rimbaud. Ceux-ci offrent une manière de contre-culture et de contre-politique où se mêlentn l'utopie et le quotidien, la fête et la révolution, le lyrisme et le désenchantement.
    Enfin, la troisième direction politique constitue à la fois une synthèse et une radicalisation des deux autres. Aux confins de la poésie et de la politique, Rimbaud en appelle à une révolution qui soit un bouleversement de tout et de tous, un dérèglement de la machine capitaliste. La vie à changer, l'amour à réinventer, le temps à libérer sont alors autant de mots d'ordre poétiques que politiques.

  • La maison Artamonov est un des grands romans de Maxime Gorki, qui peut être lu comme la chronique annoncée de la Révolution d'octobre. Il relate l'aventure de ces familles qui ont bâti des entreprises devenues rapidement très grandes et qui de ce fait leur échappent. Du premier des Artamonov, libéré du servage en 1861 et fondateur de la filature qui porte son nom, à son petit-fils qui doit en hériter, deux générations se sont écoulées, et bien des changements sont intervenus dans les mentalités et les rapports sociaux. L'argent l'emporte sur l'honnêteté, la combine sur la parole donnée. Gorki excelle à montrer le carcan de l'argent dans lesquels les Artamonov sont pris sans retour, et les tourments des personnages en quête du sens de leur existence.

  • L'auteur utilise un savant mélange de dessins et de textes au service du pacifisme : pourquoi à notre époque dite civilisée, la guerre semble encore l'arme ultime du pays le plus " développé " de la planète, à savoir les USA oe
    Accroc à la guerre se penche sur la dépendance chronique de ce pays à semer la violence à travers le monde.et au coeur même de sa société.
    Le but de l'auteur est de présenter sous la forme d'une bande dessinée des informations introuvables dans les grands médias sur la formidable prédisposition de l'Amérique à la guerre. Ce livre fait le bilan de deux siècles de guerre américaine. Des guerres indiennes à l'invasion de l'Irak. Les raisons de la dépendance de l'Amérique à la guerre y sont largement expliquées. Tout comme les conséquences pour la population américaine et mondiale de cette politique.
    Le livre montre que l'agressivité de l'US Army n'a pas commencé avec Bush et qu'elle lui survivra si rien n'est fait pour changer radicalement les structures économiques américaines.
    En ce sens, ce livre est aussi pensé pour servir de guide pour l'action aux différents militants à travers le monde.
    Découvrez des extraits du livre sur le site de l'auteur : http://www.addictedtowar.com/

  • Au début du roman, un couple de jeunes Hollandais débarque au Rwanda pour y réaliser "son rêve de bonheur". Cette quête prendra un sens différent pour chacun d'eux. L'engagement professionnel pour elle qui prend la direction d'un dispensaire, le désoeuvrement pour lui les amènent à explorer séparément une réalité insoupçonnée. Très vite, l'Afrique s'impose comme troisième personnage de leur histoire. Séduction, sagesse des anciens et esprits des eaux seront les agents de la métamorphose des personnages tout au long du récit.

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