Littérature traduite

  • 1984, le chef-d'oeuvre de George Orwell, fait partie des plus grands textes du xxème siècle. Les lecteurs de tous âges connaissent Big Brother et Winston Smith, car plus qu'un roman politique et dystopique, 1984 a nourri notre imaginaire sans jamais perdre de son actualité. L'atmosphère envoûtante et le dessin aux teintes fantastiques de l'illustrateur brésilien Fido Nesti, alliés à la modernité de la traduction de Josée Kamoun, nous offrent aujourd'hui une somptueuse édition de 1984, la première version graphique du texte mythique d'Orwell.
    Il s'agit d'un des événements éditoriaux les plus attendus de l'année à travers le monde.
    Traduit l'anglais par Josée Kamoun

  • Parce qu'une lettre d'un homme qu'elle aima autrefois, Yacine, est postée du village où elle est née, Sultana revient en Algérie. Médecin à Montpellier, Sultana avait cru conjurer par l'exil l'enfermement où sont tenues les femmes là-bas. Elle avait tout quitté, même Yacine, pour être libre, et voici que Yacine vient de mourir et que l'amour torturant qu'elle porte à son pays l'incite à y rester. Yacine était également médecin ; Sultana décide de le remplacer quelque temps au dispensaire qu'il tenait. Dans ce même village, Vincent est venu lui aussi à la recherche d'une mémoire incertaine. On lui a greffé un rein et le seul indice qu'il possède du donneur est qu'il s'agit d'une jeune femme algérienne. Vincent et Sultana vont commencer une histoire d'amour mais au pays des intégristes une femme libre mérite la mort. Soutenue par les uns, attaquée par les autres, traquée, Sultana devra céder la place...

  • « Je suis restée vingt-quatre ans sans voir mon père. Il refusait de me recevoir avec mon époux français. Un mécréant. La transe des insoumis se referme sur nos retrouvailles. Mon père ignore tout de ma vie intime depuis l'adolescence. Il ne connaît même pas les prénoms des hommes que j'ai aimés. Il ne veut surtout pas savoir. Jamais. Car tous les mots qui s'appliquent à ma vie de femme libre relèvent de la honte, du péché, de la luxure.
    C'est ce silence exorbitant sur ma vie qui est à l'origine de ce texte. J'ai quitté mon père pour apprendre à aimer les hommes. Ce continent encore hostile car inconnu. Et je lui dois aussi de savoir me séparer d'eux. Même quand je les ai dans la peau.
    J'ai grandi au milieu des garçons. J'ai été seule fille de ma classe de la cinquième à la terminale au lycée. J'ai été la seule pionne dans l'internat parmi des hommes... Je me suis faite avec eux et contre eux dans toutes les acceptions des termes. Ils incarnent tout ce qu'il m'a fallu conquérir, apprendre par coeur pour accéder à la liberté.
    Je n'ai pas cherché mon père en d'autres hommes. Je les ai aimés, admirés, différents pour le garder dans l'absence. Et je tiens à le coucher de son vivant, parmi eux, dans un livre. Car ma vie est ma première oeuvre. Et l'écriture son souffle sans cesse délivré. »

    M.M

  • Le roman s'ouvre sur une disparition. Celle de Léo, dont le bateau vide a été retrouvé à la dérive au milieu de la Méditerranée.
    Sa compagne, Shamsa, ne veut pas croire à un accident. Elle part, donc, à bord de Vent de sable, sur les traces de Léo. C'est la première fois qu'elle prend la mer seule.
    De ville en ville, sur mer et sur terre, Shamsa se lance à corps perdu dans cette enquête au long cours. Elle qui fut abandonnée dans le désert à sa naissance, elle qui a fui une Algérie devenue sanguinaire, la voici hantée par son passé de malheurs.
    Mais pour affronter ce nouveau coup du sort, elle est portée par l'énergie du désespoir. Et surtout, par le courage que donne un amour absolu.
    « J'irai retourner la mer », se promet-elle...

  • Jean est ébeniste. Appelé en Algérie, il est chargé de fabriquer les cercueils pour les soldats tombés pour la France. Jean se réfugiera dans les beautés de son artisanat pour échapper à l'horreur quotidienne.
    Après sa mort, quelques années plus tard, sa fille, Jeanne, curieuse d'en savoir plus sur ce père secret et blessé, part sur ses traces, à Alger et Constantine. Elle recontrera un jeune Algérien, Rac, qui lui servira de guide.
    Roman polyphonique, Hôtel Saint-Georges est un texte de bruit et de fureur, de tendresse et de compassion. Rachid Boudjedra continue d'explorer les mystères, les souffrances, parfois aussi les éclats de splendeur, d'un passé qui ne passe pas.

  • « La main de la mère qui saisit un oreiller blanc et l'applique sur le visage du nourrisson... » Cette scène d'une violence absolue obsède la narratrice, le docteur Selma Moufid, sans qu'elle comprenne si c'est un fantasme ou si cela a eu lieu. Cette image occultée depuis l'enfance va entraîner Selma dans son désert natal et lui faire revivre des moments qu'elle voulait oublier. C'est avant tout la relation à sa mère que ce roman met en question. Il s'agit de combattre de vieux fantômes et de comprendre pourquoi la culpabilité a inhibé le souvenir pendant tant d'années. Selma raconte les voyages qu'elle a entrepris pour enfin parler avec sa mère, pour tenter de briser le silence. Cette confrontation la renvoie à une réalité cruelle : si sa génitrice n'est qu'une pâle figure de Médée, d'autres femmes l'ont précédée dans ce rôle qu'elles s'évertuent à perpétrer pour ne pas enfreindre les tabous qui les ligotent... Un roman très fort de Malika Mokeddem où, pour la première fois, elle analyse la relation avec sa mère dont elle fait un ressort romanesque extrêmement émouvant.

  • "A l'intérieur, les lumières s'étaient toutes éteintes. Seules quelques réverbérations permettaient d'apercevoir les marches qui descendaient dans le gouffre infernal. Ils allumaient des briquets pour atteindre le fin fond de la station, à l'endroit exact où s'était arrêtée la rame."1995. Une bombe explose à Saint-Michel. Bilan : huit morts et plus d'une centaine de blessés. A la Une de tous les journaux, un visage apparaît : celui de Khaled Kelkal, 24 ans, terroriste. Le jeune homme est désigné ennemi public numéro 1. Comment ce bon élève souriant et discret est-il devenu un assassin ? Revenu d'entre les morts, Khaled Kelkal prend la parole et accuse la société, la banlieue qui l'a vu grandir, la France et l'Algérie. Il s'accuse aussi de ce destin tragique et de la fatalité qui l'a conduit à commettre l'irréparable.

  • « Il y a quelques années, j'ai lu Les mots pour le dire de Marie Cardinal. Plus que l'enthousiasme de la personne qui m'a conseillé ce livre, c'est son titre qui m'a persuadée : cinq mots pris à Boileau qui décrivent clairement tout le programme et l'ambition d'un romancier. Pourtant Cardinal n'avait pas projeté une fiction :; il s'agissait de documenter sa folie, sa thérapie et le processus complexe de sa guérison dans une langue aussi exacte et évocatrice que possible, afin de rendre accessible à autrui son expérience et ce qu'elle en avait elle-même compris. Un genre de récit où la vie semble venir se mouler de façon saisissante dans certaines sortes de psychanalyse. Et Cardinal a réussi de manière idéale à restituer l'"histoire profonde" de sa vie. »Toni Morrison

  • Deux hommes se retrouvent côte à côte dans le vol Alger-Constantine. A dix mille mètres d'altitude, en un peu moins de d'une heure, c'est leur destin - et celui de tout un pays à travers le leur -, qui va se jouer au fil de la conversation et des réminiscences. Ils sont unis par les liens du sang, par l'expérience traumatisante de la guerre d'Algérie, mais aussi par le souvenir d'un été torride de leur adolescence, épisode dont jamais ils n'ont reparlé mais qui symbolise la jeunesse perdue de leur patrie. Rachid, le narrateur, a toujours voué une admiration mêlée d'envie et de ressentiment pour son cousin Omar ; celui-ci, devenu un célèbre architecte, parcourt le monde pour mieux fuir ses démons. Et ce sont ces fantômes que Rachid va le forcer à exorciser : son grand-père Si Mostafa, propriétaire terrien, l'homme aux « figuiers de Barbarie », symbole d'une Algérie prospère et paisible ; son père Kamel, commissaire soupçonné d'avoir collaboré avec les autorités françaises pendant la guerre ; son frère Salim enfin, engagé dans « l'Organisation », mort dans des circonstances mystérieuses. Autour de l'évocation de ce « père collabo » et de ce « frère OAS », c'est toute l'histoire de l'Algérie déchirée, depuis la conquête française jusqu'à l'indépendance, de l'enfance dorée et sensuelle aux horreurs de la torture et du terrorisme, qui défile dans les souvenirs du narrateur.

  • Derrière la dune, au-delà du Grand Erg occidental, c'est le désert, sa lumière aveuglante, sa chaleur et ses vents de sable, son ciel immense qu'ont oublié les citadins. Mais aussi ceux qui ne marchent plus. Zohra, hier nomade, a dû arrêter cette marche éternelle qui était sa raison de vivre, le contraire d'une errance. Avec une partie de son clan, elle s'est installée là, au pied de la dune, à la frontière des deux mondes, où elle est devenue l'inoubliable conteuse des temps anciens, le pilier de la sagesse et des traditions bédouines. De nombreux enfants l'entourent, l'écoutent, fascinés, entretenir la magie de la route du sel et des longues caravanes qui sillonnent le Sahara - tandis que l'Algérie bascule dans la guerre. Sa petite fille Leïla, l'une des premières jeunes femmes de la tribu à maîtriser l'écriture, est aussi la plus rebelle à la condition de recluse qu'on veut lui réserver. Elle puisera dans ses racines nomades la force de s'opposer à son destin, au poids des coutumes d'un autre âge...

  • Dans un ksar du désert algérien - un hameau de pisé qui domine la grande plaine -, Nour fait l'apprentissage de la liberté. Une liberté de femme conquise à force d'entêtement à vivre, de refus de toute humiliation. Son prénom signifie lumière.
    Nour a décidé de rester dans ce ksar que les autres habitants ont déserté parce qu'il tombe en ruine, et parce que la source s'est tarie. Un homme aveugle est éperdument amoureux d'elle. Mais Nour ne veut pas voir en ses sentiments autre chose qu'une profonde amitié. L'amitié d'un homme est pour elle une conquête inespérée dans ce pays guetté par la violence... Le temps d'un marché où elle va vendre les légumes qu'elle cultive, elle prête l'oreille aux rumeurs de mort, à la dérision avec laquelle les villageois combattent l'épouvante. Puis elle tourne le dos au chaos du monde, regagne les lézardes de son ksar, et elle attend.
    Nour scrute l'immensité du désert, d'où reviendra peut-être, comme la douceur d'un monde, l'être cher : l'homme aimé.
    Malika Nokeddem, née dans le désert algérien, vit à Montpellier. Elle a déjà publié le Siècle des sauterelles (Ramsay, 1992), l'Interdite (Grasset, 1993), Des rêves et des assassins (Grasset, 1995), les Hommes qui marchent (Grasset, 1997).

  • Alger, 26 mai 1995. Finale de la Coupe d'Algérie. Le CR Belcourt, le club de foot algérois, impose une victoire écrasante à l'Olympique Médéa dans une atmosphère de folie. La foule en délire réveille la ville pour l'associer à sa liesse. A la tête des supporters, un nain en guenilles multicolores, Yamaha, la mascotte des footballeurs algérois, tiendra le haut du pavé jusque tard dans la nuit... Belcourt champion d'Algérie, c'est un événement. Pour la première fois, la population algéroise a bravé le couvre-feu. Et prise de court, l'autorité entérinera la fin dudit couvre-feu. Depuis son balcon, Rac, ancien joueur de haut niveau, ne perd pas une miette du spectacle. Pour des raisons de sécurité, il est condamné à se cacher. Intellectuel engagé, Rac a épousé Flo, une française médecin. Mais la terreur religieuse tombée sur Alger a séparé les amants, comme elle va assassiner Yamaha, coupable de gaieté, ultime rempart contre la barbarie et le déshonneur. Du haut de son balcon, Rac revit sa propre existence, revisite les lieux magiques de son adolescence, revoit les personnages comiques ou cruels de ce passé proche : au fil des pages, c'est l'histoire cruelle d'une nation qui nous est donnée à lire.

  • En Chine, le saule pleureur symbolise la mort et la renaissance. Faut-il croire qu'une branche de saule puisse devenir une femme condamnée à poursuivre l'amour de siècle en siècle ?
    En quatre périodes qui sont autant de Chine différentes, Shan Sa conte l'épopée de ces âmes errantes. D'un Pékin bruissant dans les songes et la poussière aux silences de la Cité interdite, de l'ère des courtisanes vêtues de soie à la Révolution culturelle, des steppes où galopent les Tartares aux rizières qu'arrose le sang des gardes rouges, Shan Sa met en scène la passion : deux êtres qui se cherchent et se perdent. Tout les sépare. Toutes les tragédies d'un peuple ancien. Dans ce tumulte, il faudrait un miracle pour les réunir...
    Roman d'amour ? Oui. Mais ce roman lyrique est aussi une traversée de la Chine éternelle. On y croise fantômes et guerriers. Femmes aux pieds bandés. Hommes qui chassent le faucon à l'épaule. Procès politiques et banderoles qui brûlent. Pagodes oubliées dans une forêt de gratte-ciel.
    C'est une fable qui a parfois le goût du thé amer.

  • Femme couleur tango incarne un des rêves de Julio Cortázar : la Mireya chantée dans les tangos argentins et la Mireille peinte par Toulouse-Lautrec ne font qu'une.
    Celle-ci est différente des autres filles de Madame. Elle vient d'Albi et en a le parler rocailleux, elle ne se corsète pas, elle est naturelle et, vraie rousse, elle rayonne. Quand monsieur Henri, lui aussi originaire d'Albi, fait sa connaissance, il tombe amoureux et la prend pour modèle.
    Cette belle amitié prendra fin lorsque Mireille suivra un bel Argentin ténébreux qui lui promet la fortune. Elle ne sait pas qu'elle emprunte le tristement célèbre " chemin de Buenos Aires ", celui de la traite des Blanches.
    Là-bas, elle découvre ce que l'Argentine a créé de plus authentique : le tango. Elle en devient une danseuse légendaire pour laquelle s'entretuent des hommes ambigus à chapeau noir et regard sombre. Elle initie aux secrets de l'amour un petit Toulousain qui deviendra un chanteur célèbre : Carlos Gardel. En 1935, l'année tragique où Gardel meurt dans un accident d'avion, le gouvernement argentin ferme les bordels de Buenos Aires. Mireille rentre à Albi, sa ville natale, celle aussi du peintre qu'elle a un jour aimé. Au musée Toulouse-Lautrec de cette petite ville du Sud-Ouest français, elle se retrouve elle-même avec sa robe verte, régnant dans son tableau vieux de cinquante ans.

    Alicia Dujovne Ortiz est née en Argentine. Elle a déjà publié plusieurs romans et une biographie d'Eva Peron elle qui a connu un succès international.

  • Rome, 1989. Relevant le défi lancé dans les années 70 par Pasolini, un romancier (Paul Saulino) s'attaque à l'écriture d'un film sur la vie de saint Paul. Il a été engagé pour ce travail par un producteur (Hugo Lhomme) qui est aussi son ami et son mentor.
    Au cours d'une visite sur le lieu du martyre de l'apôtre, Paul croise Eden Pym, une jeune actrice aux yeux d'ange, au corps de top model, mais à l'esprit névrosé et tourmenté par les problèmes de foi.
    Au-delà de l'aventure sexuelle, Paul entrevoit la possibilité d'être heureux avec Eden. Cependant il est contraint de présenter sa nouvelle maîtresse à Hugo qui, aussitôt, voit en elle la star du futur film.
    A qui Eden se donnera-t-elle ? A Paul comme amante ? A Hugo comme actrice ? Ou choisira-t-elle son chemin de Damas et la foi ?
    Serge Filippini, né en 1950, romancier, est l'auteur, entre autres, de L'Homme incendié (1990), et du Roi de Sicile (1997).

  • 1995 : Sarah vient d'entrer dans la brigade anti-terroriste d'Alger, où elle fait la connaissance de Salim, qui appartient à la brigade scientifique. Ils vont s'aimer tout en luttant au quotidien contre la violence barbare qui est l'apanage des terroristes.
    Devant la morgue, un corps se contorsionne, une masse de chair et d'os, ensanglantée, qui a la volonté de survivre. Ali vient d'échapper à un carnage. Il sera le « miraculé ».
    Une fillette de onze ans, brillante, orpheline de père qui poursuivait ses études au collège malgré les menaces de mort, est arrachée de son bureau, dans sa classe, par ce même groupe. Battue, violée, énucléee et égorgée en plein jour, elle ne pourra pas être enterrée. Personne n'a le droit de faire sa toilette, de recoudre son cou, de retrouver son oeil et de participer à ses funérailles... C'est risquer la « mort Fliqua », et ces sanguinaires ont décidé qu'il en serait ainsi pour toutes personnes dont ils jugent les actes non conformes à leur projet funeste.
    Puis il y a ce gamin abattu dans le préau de son école alors qu'il lavait l'éponge du tableau noir... A ses funérailles assisteront Fliqua et ses hommes. Fliqua ira embrasser les pieds du petit garçon qui a été purifié par la mort. Il dînera le soir même à la droite de Mohamed. Sarah fera des posters de ces victimes, les affichera au mur de son bureau, conservera le cartable du petit garçon, l'oeil de la petite fille que Filqua portait autour du cou lorsqu'il a été tué, lui et les siens par la police anti-terroriste.
    Sarah conservera aussi un petit sachet bleu qui contient des miettes de la cervelle d'un juge pour enfants... C'est la femme du juge qui les lui a remises. En échange, Sarah lui donnera une arme et un permis, elle est sûre qu'en la faisant suivre, elle sera sur la piste des assassins. Lorsqu'elle arrête Saïd-Fitus, il vocifère : ils ont osé réveiller ses deux nourrissons, des jumeaux...

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