Sciences humaines & sociales

  • Dans ce magnifique dialogue entre deux monstres de l'architecture française, Paul Chemetov, l'ainé, et Rudy Ricciotti, le fougueux, évoquent avec humour et autodérision des thèmes cruciaux pour la profession comme la modernité et l'archaïsme ou la commande publique. Un échange affuté à mettre dans les mains de tout architecte ou aspirant architecte !

  • Un truculent plaidoyer de Rudy Ricciotti en faveur du béton. Imaginé par le célèbre architecte alors qu'il était mis en examen, ce manifeste architectural en forme de pièce de théâtre est du pur Ricciotti : très joyeusement provocateur, jouant outrageusement avec la langue, définitivement pamphlétaire. Le véritable accusé à l'honneur dans cette comédie, c'est le béton!

  • Si nous voulons une France juste et inclusive, il faut nous débarrasser du mythe national qui alimente le racisme et l'homophobie. Louis-Georges Tin revisite ici l'histoire de la France sous le jour de la violence imposée aux minorités ethniques, sexuelles, régionales ou encore religieuses. Pour lui, l'universalisme est une imposture car c'est en réalité un "uniformalisme". Loin d'être un pamphlet, ce livre lumineux démontre l'intérêt pour tous de prendre en compte  les exigences d'inclusion et de diversité.

  • Le droit peut-il réduire la violence ? Monique Chemillier-Gendreau nous transmet ici de précieux outils intellectuels pour résister aux formes actuelles de la violence, celle des administrations étatiques, celle du capitalisme militarisé comme celle des contre-pouvoirs fanatiques qui se développent à l'échelle mondiale. Une analyse et un appel qui sonnent terriblement juste à l'heure où les états européens se rejettent l'accueil du bateau humanitaire l'Aquarius.  

  • Miguel Benasayag sonne ici l'alerte face au danger que représente le pouvoir croissant des algorithmes sur nos démocraties. Car c'est au quotidien que la vie collective est insidieusement "prise en charge" par l'Intelligence Artificielle. Refusant la polarisation entre technophobes et technophiles, il livre un plaidoyer pour repenser la conflictualité en démocratie.

  • Une réflexion sur l'actualité du fascisme et la pertinence de ce terme pour analyser les mouvements extrémistes contemporains.

  • C'est en sociologue que Michel Wieviorka aborde la question du mal et formule une proposition aussi dérangeante que convaincante. Dans cette argumentation moins confortable que le lénifiant "ronron" habituel, il provoque et vise juste. Oui le conflit peut être un remède efficace à la haine et la violence.

  • Qu'est devenue la vérité ? À l'heure de la mise en oeuvre de la première loi supposée limiter les « fake news », Arnaud Esquerre, spécialiste des phénomènes de croyance, analyse la logique propre à ces faits alternatifs et les raisons de leur succès dans la sphère publique.

  • Pourquoi les intellectuels engagés ont-ils disparu et laissé la place à des personnages médiatiques omniprésents ou à des experts proches du pouvoir en place, de Bernard-Henri Lévy à Bernard Kouchner ou Alain Minc ? La figure de l'intellectuel critique, incarnée de façon exemplaire par Jean-Paul Sartre, celle d'un personnage indépendant financièrement, s'affirmant contre le pouvoir établi et défendant les opprimés, a traversé le XXe siècle, de l'affaire Dreyfus jusqu'à la mort de Sartre en 1980. Ce siècle, qui se clôt avec la chute du mur de Berlin et de l'URSS, débouche-t-il sur la fin des intellectuels ?

    Enzo Traverso préfère parler d'une éclipse des intellectuels. Agamben, Rancière, Badiou ou Zizek sont bien des figures majeures de la pensée critique actuelle, véritables " stars des campus ". Mais ils restent largement ignorés du grand public. Pourquoi ? Selon Enzo Traverso, l'absence de débat critique dans la sphère publique s'explique entre autres par la structure des médias dominants, soumis aux lois du marché et proches des lieux de pouvoir. Il y voit aussi la conséquence d'une logique, partagée à droite comme à gauche, qui postule l'équivalence entre nazisme et communisme. Résultat : aux utopies révolutionnaires auraient succédé des idéologies molles, comme la mémoire historique sacralisée, l'humanitarisme et l'écologisme dépolitisés, ou encore la compassion pour les victimes. Les nouveaux mouvements sociaux, comme les " indignés ", Occupy Wall Street ou les révolutions arabes, seraient donc caractérisés par leur apolitisme.

  • C'est une contribution essentielle et radicalement neuve qu'apporte ici Patrick Tort aux violents débats sur l'identité qui secouent nos sociétés, de la question de l'enseignement du genre ou des différences supposées innées de comportement entre hommes et femmes, à celle de l'existence des races. Renvoyant dos à dos les tenants de l'inné et de l'acquis, le philosophe et épistémologue nous amène brillamment à dépasser un débat aujourd'hui caricatural.
    Relisant de façon originale Darwin et Lévi-Strauss, il montre que la polémique sur le sexe et la race cache une incompréhension, chez bon nombre de biologistes comme de sociologues. Pour Patrick Tort, la question n'est pas de savoir si "les races existent", mais plutôt d'être capable de faire la distinction entre des réalités biologiques et des constructions historiques et idéologiques complètement différentes.
    Et concernant la notion de sexe, on aurait affaire à une situation parallèle: il faut faire la part entre une réalité biologique et les différences culturelles de la représentation et du traitement des différences sexuelles.
    Pour Patrick Tort, l'être humain n'est pas hors de la biologie, mais il n'est pas non plus déterminé aveuglement par elle. Sa liberté réside dans l'autonomisation progressive de la culture par rapport aux lois naturelles: un éloge de la civilisation.

  • À l'heure où le sombre désir de guerre retentit jusqu'en Europe, Rony Brauman, penseur exigeant et intransigeant, nous aide à débusquer faux prétextes et pièges dangereux tendus par des dirigeants belliqueux. Affirmant qu'il n'existe pas de « guerres humanitaires », il nous appelle à la méfiance face aux prétentions occidentales à imposer les valeurs démocratiques par la force. Son livre chez Textuel «Humanitaire, le dilemme, »a inauguré la collection "Conversations pour demain" et a été le plus « long-seller » de la collection.

  • Voici un livre qui entend inventorier et mettre en valeur les apports intellectuels des extrêmes gauches. Car alors qu'elles semblaient marginales il y a quelques années, voilà qu'elles reparaissent en pleine forme, susceptibles d'anticiper et de formuler des débats qui intéressent la société toute entière.
    Il y a des idées neuves à l'extrême gauche. Celle-ci a laissé derrière elle le culte du parti et du Grand Soir pour adopter les révolutions minuscules, le goût du réseau, la revitalisation de la démocratie directe... En France et en Europe, les extrêmes gauches initient des débats, pointent des dysfonctionnements, proposent des pistes.
    Christophe Bourseiller, en analyste qui a épousé son temps avec appétit mais aussi avec une lucidité très en avance sur ses contemporains, explore le gai savoir des extrêmes gauches. En amoureux des marges de la société, il sait que bien souvent, c'est d'elles que sort la nouveauté.

  • L'anthropologie a été durablement marquée par la figure tutélaire de Claude Lévi-Strauss.
    Mais sa puissance intellectuelle et son autorité académique ont occulté une autre anthropologie, davantage appliquée à comprendre la réalité des comportements humains, leurs stratégies, leurs fragilités, leur ténacité, leur rage aussi. Contre le primat donné aux approches culturalistes et identitaires, il est temps de revenir à une anthropologie à taille humaine, soucieuse de comprendre l'autre et non de l'étiqueter.
    Soucieuse des individus plutôt que des constructions abstraites et englobantes, qui leur dénient lucidité et liberté.

  • Face aux rêveries planétaristes et à la mondialisation de l'économie, face à la tentation du repli communautaire et à la démagogie du Front national, P.-A.
    Taguieff désigne la menace qui pèse sur le modèle universaliste français. Il défend ici une conception " héroïque " de la politique. Ni vertueuse, ni utopique, mais lucide. Contre la fatalité économique. Contre la complaisance vis-à-vis des mouvements identitaires. Pour sauver l'universel.

  • Comment tel homme, telle femme a été fabriqué, façonné, induit ? " Il n'y a pas de savoir sur le sexe qui puisse faire l'économie d'un savoir sur la filiation.
    " Face aux nouvelles donnes familiales, voici le coup de gueule d'un psychanalyste de terrain pour civiliser l'amour et construire une scène amoureuse où chacun des sexes aurait sa place. Pierre Babin dénonce l'injonction à la performance sexuelle, à la pérennisation d'un " prêt-à-sexuer " où chacun devrait ressembler à tous. Un fascisme ordinaire. Cette conversation témoigne d'une psychanalyse avant tout art du litige, du cas singulier, loin des mots d'ordre.

  • Cet entretien n'est pas un livre de plus sur l'exclusion.
    Paul Bouchet, président d'ATD Quart-Monde, va surprendre ici par sa radicalité : la seule façon de lutter contre la misère, c'est de refuser un droit pour les pauvres... qui revient à un pauvre droit ! Pour l'auteur, ce qui tue la morale, c'est le moralisme. Ce qui tue le droit, c'est le juridisme. Car la bataille est culturelle autant que civique. Pour que le droit soit véritablement un droit pour tous, pour que les droits fondamentaux soient enfin reconnus à tous, il faut instituer un droit commun à tous les hommes fondé sur une égale dignité.
    Le contraire d'un droit pour les pauvres qui se dissout dans les mesures sociales et entérine la pauvreté.

  • Peut-on restaurer la confiance nationale comme on restaure le narcissisme d'un patient déprimé ? Julia Kristeva en prend le parti, forte de son expérience de praticienne et de sa réflexion sur la culture et la révolte.
    Elle propose un discours contre la " dépression nationale " et le masochisme ambiant. Mai 1968 a bouleversé le rapport social au plaisir, à la famille et à la nation, sans pour autant produire la liberté escomptée. Témoin actif et lucide de ces changements, Julia Kristeva montre l'urgence d'une révolte adaptée à notre temps, pour une liberté toujours à conquérir.

  • L'environnementalisme n'est pas à la hauteur des véritables défis qui menacent notre société. Philosophe des techniques, Dominique Bourg nous invite à reformuler notre rapport à la nature à l'échelle de la planète. Contre les rêveries romantiques et les fantasmes futuristes, il propose une véritable politique de la biosphère en accord avec l'écologie industrielle et le développement durable. Il aborde des thèmes aussi concrets que la pollution de l'air, les plantes transgéniques ou la nécessité d'évaluer les choix technologiques. Un vrai dialogue d'éducation écologique qui va à l'essentiel.

  • Guillaume Duval, rédacteur en chef du magazine Alternatives économiques, dénonce les méfaits de l'Europe libérale avec son cortège d'inégalités et de chômage. Il refuse cependant le repli nationaliste et démontre combien les conséquences d'une sortie de l'euro seraient catastrophiques pour notre pays.
    Pour Duval, l'urgence est de sortir de la logique de l'Europe marché. En privilégiant la concurrence de tous contre tous, elle affaiblit l'économie européenne et mine notre modèle social en favorisant la course au moins disant social. L'auteur dénonce les politiques de rigueur et le dumping fiscal : « subventionner le banquier voyou et punir le citoyen innocent n'est pas moral et justifie la montée de l'euroscepticisme ».
    Si la crise actuelle peut certes être fatale à l'Europe, elle offre aussi une opportunité. L'Europe, zone la plus anciennement industrialisée au monde, a l'écosystème le plus surexploité : la transition énergétique n'est pas un supplément d'âme pour les générations futures mais la condition sine qua non pour sortir de la crise actuelle.

  • Faire de l'histoire du temps présent, c'est faire face à des sujets vivants. Voilà une des difficultés majeures. Cette dimension subjective de l'histoire contredit donc le travail objectif et scientifique de l'historien. Comment dès lors reconstruire le passé en tenant compte de l'irruption de la subjectivité ?

  • Ce libre entretien avec François Dagognet percute les idées reçues.
    Philosophe avant de devenir médecin, il est un penseur concret. Il plaide pour une vision humaniste de la maladie, tout en restant un fervent défenseur des nouvelles technologies médicales. Le rôle du médecin est d'aider le malade à comprendre ce qui lui arrive, tant du point du vue médical que social. François Dagognet ouvre la réflexion sur la santé vers une réflexion politique. Pour que vivent la médecine généraliste et la santé publique.

  • À 90 ans, le Général Gallois, gaulliste de la première heure, donne l'alerte sur le fatal consentement auquel l'Europe semble se résoudre sans l'avouer Comment a-t-on pu " vendre " à l'opinion une politique certifiée " authentiquement européenne " alors qu'elle est complètement dépendante des États-Unis ? La porte qui s'ouvre à nous est étroite. Ou bien les nations européennes se réduisent à une communauté dirigée par une commission de techniciens... c'est-à-dire à un vaste marché. Ou bien elles disparaissent pour devenir des provinces d'une Allemagne au rêve d'empire. Reste une troisième voie : le réveil des peuples.

  • Professeur à Sciences-Po, membre de la direction nationale du courant " Nouveau Monde " au parti socialiste, Jacques Généreux analyse la dérive libérale des socialistes et sociaux-démocrates européens qui, presque partait les a conduits à l'échec.
    A l'opposé des chantres de la troisième voie - qui prétendent moderniser la gauche en adaptant ses valeurs aux exigences de la libéralisation croissante des marchés - il entreprend une refondation des valeurs socialistes et dessine une autre modernité où ce sont les marchés qui devront s'adapter aux exigences du bien public et de la démocratie.

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