Michel Brule

  • Cet ouvrage n'en est pas un de conseils techniques sur « comment partir », c'est une célébration du « pourquoi partir » ! Ayant exploré le Maroc avec leur fils de deux ans en 2008, les auteurs ont mis sur papier les questions et les inquiétudes qui les ont animés avant d'entreprendre cette aventure afin d'éclairer les familles qui caressent ce genre de projet.

    Des montagnes du Rif à l'océan Atlantique, traversant montagnes et cascades à dos de mules ou à pied, ce livre témoigne de l'expérience de ce voyage familial. Il explore un à un les thèmes universels du voyage, les émerveillements qui constituent cette heureuse pédagogie de l'ailleurs : dormir sous les étoiles, rencontrer l'insolite, goûter la différence. Il fait l'apologie d'une éduction ouverte sur le monde, du voyage comme source privilégiée d'enseignement.

    Ce livre est fait pour les amoureux de cet ailleurs auquel la vie nous invite, pour toutes les familles qui souhaitent offrir très tôt à leurs enfants des horizons à perte de vue, pour tous les partisans d'une pédagogie de la promesse.

  • Dans ce livre, Michel Brûlé, animé de l'ambition sincère d'améliorer le Québec, propose soixante-cinq mesures, voire davantage, puisque certaines idées ne sont encore qu'esquissées et s'inscrivent dans une réflexion toujours en mouvement. Certains qualifieront ces mesures de radicales, mais devant l'urgence de la situation, l'auteur juge qu'elles sont tout simplement nécessaires. Son credo : mettre fin au gaspillage et à la corruption pour rétablir un lien de confiance entre la population et ses dirigeants. Éducation, santé, construction, environnement, transport. Le candidat à la mairie de Montréal ne se contente pas de pourfendre, il suggère des solutions concrètes.

    Michel Brûlé est polyglotte et globe-trotter. Il veut s'inspirer de tout ce qu'il a observé dans le monde pour remettre le Québec sur les rails. Le Brésil et l'Allemagne, surtout, sont présentés comme des modèles. Pour l'auteur, la gestion de la métropole doit se faire dans une perspective d'ensemble, en fonction des besoins du Québec. Il souhaite mettre fin à la dérive éthique et linguistique de Montréal, cette dérive qui la distingue des autres régions de la province dont il caresse d'ailleurs le rêve de devenir premier ministre. Grâce à ce livre, il espère avant tout redonner à une population désabusée l'envie de se mobiliser.

  • La folitude

    Roger Tabra

    « On s'est parlé de tout, Kerouac, Céline, Bukowski, Bohringer, les autres aussi, puis la fille m'a demandé : qui es-tu ? Je suis retourné à la maison pour le lui écrire. La lettre est devenue blues, roman, nouvelle, appelle ça comme tu voudras. C'est moi, un peu de ma vie dans ce Montréal des années nocturnes. Je n'ai aucune imagination alors forcément, il y a du vrai là-dedans. La preuve : j'existe. » Le célèbre parolier Roger Tabra résume ainsi ce livre qui n'est pas un roman, mais plutôt le récit d'un moment précis de sa vie. Il couche sur le papier quelques souvenirs de cette époque sombre pendant laquelle il a cru devenir fou d'amour et de chagrin, cette époque où la mère de son fils l'a quitté pour l'un de ses amis.

    Alcool, drogue, amours sans lendemain. C'est toute sa désespérance que nous livre ici Tabra. Mais aussi les lueurs d'espoir et les éclats de tendresse qu'il a partagés avec les autres, ses « miroirs humains ».

  • La chanson de Roland

    Jean Marcel

    Saragosse, dernier bastion païen en terre d'Espagne, résiste toujours à Charlemagne, l'empereur de la très catholique France. C'est à Roland, son indomptable neveu, que se voit échue la noble mission de soumettre le roi de Saragosse et d'en convertir les sujets. Le merveilleux, l'inattendu dans cette première oeuvre littéraire composée dans notre langue, c'est que La chanson de Roland en fut du même coup le premier chef-d'oeuvre. Composée vraisemblablement au XIe siècle par un certain Turold - ou, au contraire, en est-il le simple récitant? l'énigme reste entière -, la voici à nouveau accessible à un très large public, grâce à la version moderne en prose de Jean Marcel. Faite à partir du texte original conservé par le célèbre manuscrit découvert au siècle dernier dans la bibliothèque de l'Université d'Oxford, cette version sauvegarde de l'original le rythme, la carrure et la lumière épiques. Ce que l'on sait, c'est que La chanson de Roland circulait déjà vers l'an 1070, dans cette aire géographique qui confondait encore, vers ce temps-là, les contours et les profils culturels de l'Angleterre et de la Normandie. Et que cette oeuvre, confectionnée à même quelques légendes remontant sans doute aux événements historiques qui l'ont fait naître - la défaite de l'armée de Charlemagne dans les Pyrénées en 778 -, connut, dans les cinq siècles littéraires qui forment ce qu'il est convenu d'appeler le Moyen Âge, une célébrité qui a laissé à travers toute l'Europe des traces ineffaçables dans de multiples activités artistiques.

  • Extrait
    Chapitre 1
    Elle avait rêvé d'Haïti, une fois encore. Images violentes, hachurées, comme celles prises par une caméra amateur, vues fragmentées d'un immeuble aux pierres claires, ses murs anéantis se découpant avec une netteté irréelle contre l'obscurité.
    Des bribes de sons aussi, diffuses, de cris, de halètements dont elle ne savait s'ils émanaient de son corps endormi ou du songe. Et puis les vibrations, les sursauts irréguliers comme ceux d'un coeur mourant, écrasant des bruits sourds, ceux des pleurs d'enfants surtout.
    Dans son sommeil en pointillé, Elsa croyait sentir la poussière de l'asphalte atomisé. Elle se retourna plusieurs fois, cherchant l'air, comme un nageur immergé dans une eau empoisonnée, mais le sommeil la gardait prisonnière. Ce n'est que lorsque la touffe de cheveux dorés lui apparut qu'elle eut un sursaut assez fort pour s'arracher aux limbes. La mèche, et puis la main, à peine perceptible dans les décombres. Petite paume, plus blanche encore que la pierre meurtrie autour, délicate, un peu ridée. Cette main, toujours elle, qui ne lui laissait pas de repos !
    Un soleil blême qui portait la couleur de janvier avait envahi la chambre de la dormeuse tourmentée. Le coeur battant, Elsa retrouva son souffle, reprit pied, se raccrocha à la rassurante réalité de son logis. Les draps humides témoignaient de la bataille que la jeune femme avait livrée contre les ténèbres.
    - Bof ! Bof ! Arrête ! 
    Brisant l'angoisse de cet éveil brutal, un gros golden retriever au pelage doré et à l'oeil alerte avait sauté sur le lit, et entrepris de laver sa maîtresse des affres de la nuit, à grands coups de langue passés sur le fin visage, dans la tignasse brune et ondulée, et jusque dans le cou, pour les chatouilles.
    - Bof ! 
    Bourrue d'abord, la dormeuse finit par rire aux ardeurs de son gros toutou, puis se mit à chahuter avec lui, le roulant sur le lit, grattant son bedon duveteux, le poussant d'une bonne bourrade pour le faire tomber du lit, au plus grand plaisir du chien, qui se mit à japper frénétiquement.
    - Grand nigaud, tais-toi ! gronda la jeune femme. Heureusement que je n'ai pas de voisins ! 
    À 37 ans, Elsa avait la chance rare d'être propriétaire d'une minuscule mais charmante demeure ancestrale située directement face au fleuve, dans le plus vieux secteur de Boucherville. Non pas qu'elle eût pu amasser suffisamment d'économies pour se payer elle-même un tel petit bijou, surtout en ces années où les maisons anciennes étaient l'objet de toutes les convoitises et de toutes les spéculations.
    Elsa avait, en fait, assez de mal à épargner quelques milliers de dollars chaque année pour mettre de côté un peu d'épargne-retraite, elle qui sacrifiait ardemment à l'autel des petits luxes en tous genres. Cette maison de deux chambres mansardées, avec son étroit jardin ombragé à l'arrière et sa situation imprenable, elle en avait plutôt hérité de sa grand-mère paternelle, Anaïs Lessard, morte quinze ans plus tôt. Quinze ans plus tôt, mais aussi trente ans, soit une génération et demie, après son fils, Olivier, le père d'Elsa.
    Les morts semblaient à ses côtés, dans son lit, un sentiment familier. Comme souvent le matin, depuis maintenant deux ans presque jour pour jour, des pensées vagues et tristes la submergeaient en ce 10 janvier, entre les souvenirs du cauchemar, encore vifs, tangibles presque, et l'évocation de sa famille disparue. À chaque réveil, ou peu s'en fallait, Elsa redécouvrait avec brutalité ce que l'activité quotidienne effrénée lui permettait d'occulter, à savoir qu'elle était fondamentalement seule dans l'existence. Père, grand-mère, puis mère avaient disparu, engloutis les uns après les autres. Avec les questions non résolues, les interrogations, et la peine, bien sûr.
    Cette fois-ci, les toutes récentes fêtes de fin d'année avaient été particulièrement pénibles pour elle, malgré la présence de son amie Émilie et celle de Claudine qui, plaquant travail et maison, était venue de Québec, sans doute appelée en renfort par l'autre, pour égayer la vieille demeure de leur amie de quelques rires et de force bonnes bouteilles.
    Mais pour Elsa, le coeur n'y était guère. Elle avait eu beaucoup de mal à donner le change à ses deux vieilles complices. Bien essayé, les filles, mais c'est sans espoir, songea-t-elle avec un sourire amer qui ne tomba que sur les yeux innocents de Bof. Bof, qui était à mille lieues des angoisses de sa maîtresse et espérait qu'Elsa se secouerait et le sortirait très vite pour un jogging le long du fleuve à demi pris dans les glaces.
    - Tu veux prendre l'air, mon grand ? 
    Mais d'abord, un bon café. Broyant les grains odorants, Elsa secoua comme chaque matin la déprime qui pesait sur sa mince silhouette. Chaque matin ? Faux. Parfois, lorsque ni le travail ni une autre obligation ne l'appelait, elle succombait au démon et s'en retournait se cacher sous la couette blanche, chercher vainement l'oubli. L'oubli, elle le trouvait parfois ailleurs, pour un temps trop bref, et qu'elle payait trop cher.
    Mais ce dimanche, on l'attendait. La grosse horloge de chêne clignait de l'oeil, comme pour lui dire : « Allez, la vie est là-bas, dehors ! » Déjà 10 heures ! Elle qui se targuait d'être matinale, c'était réussi !
    - Bof, mon gros, faut bouger vite ! La balade va être courte !
    Avalant au vol son café brûlant, elle enfila un survêtement chaud et un gilet molletonné, et elle saisit la laisse, provoquant une nouvelle explosion d'allégresse chez l'animal, qui se mit à tourner en rond comme une toupie poilue, faisant couiner le vieux plancher de bois.
    - Les nerfs, le chien !
    L'air hivernal qui lui fouetta agréablement le visage charriait les senteurs, atténuées par le froid, du grand fleuve endormi dans son lit de glace. Le chien huma le vent, et Elsa se sentit revivre. Le grand air, subtilement salé, avait toujours cet effet bénéfique sur elle. Comme s'ils avaient été mus par un cerveau unique, femme et chien partirent au petit trot. Étrange, l'attachement qu'elle portait au majestueux fleuve qui l'avait vue grandir, mais qui lui avait aussi tant pris. L'eau, la terre. Elsa courut plus vite, laissant dans son sillage ses pensées. Le chien la dépassait de ses longues enjambées, mais à peine. Elle avait fait du progrès et était fière de son corps svelte, dur comme celui d'un homme. Peut-être en faisait-elle un peu trop, songeait-elle parfois.
    Bien réchauffée à présent, elle longea les rares commerces et la marina déserte. Boucherville dormait encore, ou bien choisissait de rester au chaud. La seule personne qu'elle croisa fut son voisin Gilles, un ingénieur à la retraite, petit homme dans la soixantaine, qui lui rendit son salut avec un grand sourire.
    - On tient la forme ? 
    - On essaie, Gilles ! 
    Un clin d'oeil, un sourire en coin au bonhomme, séduction facile et sans conséquence. La force de l'habitude, ma fille. Tu es incorrigible, se reprocha Elsa sans trop y croire.
    Habituellement, elle s'attardait longuement au rituel matinal de sa course dans ce coin qu'elle aimait tant. Elle avait grandi non loin de là, avec ses parents Évelyne et Olivier, enfant unique choyée par tous, à commencer par sa grand-mère paternelle. Boucherville, la Rive-Sud plus généralement, c'était son domaine, son point d'ancrage, qu'elle n'avait quitté finalement qu'au moment de ses études. Et même pendant son séjour à Paris, elle s'était arrangée pour revenir de temps en temps se plonger dans l'atmosphère apaisante de la petite ville, qui s'était d'ailleurs étalée en une multitude de lotissements modernes plus ou moins luxueux, la qualité de vie qu'elle offrait attirant de nombreuses jeunes familles.
    Mais en ce dimanche, elle intensifia sa course et parcourut près de trois kilomètres, savourant la joie de la vitesse et de la vitalité de son corps pleinement éveillé, avant de mettre de nouveau le cap sur la maison.

  • Raconter l'histoire de l'humanité en vers, c'est le défi qu'a relevé l'auteur François Bellavance !

    Devant initialement être composé d'une dizaine de petits ouvrages, le projet a été entièrement repensé afin de toucher un plus vaste lectorat. Du Big Bang à nos jours, ce livre retrace d'abord chacun des moments charnières de l'histoire en s'appuyant sur la beauté et le rythme de la poésie. Vient ensuite un index détaillé qui permet d'en savoir plus sur les divers personnages qui traversent le texte.

    Une lecture agréable et instructive, mais aussi un outil pédagogique nouveau genre pour quiconque souhaite trouver une façon originale d'intéresser jeunes et moins jeunes à l'histoire !

    « Pourquoi lire La saga du monde ? D'abord, pour entrevoir les limites, les contours de cette culture classique apparemment insaisissable que plusieurs d'entre nous rêvent de maîtriser, bref, de savoir par où commencer pour ce faire. La saga du monde constitue, il est vrai, une simplification de la réalité. Mais comme elle s'appuie sur des textes reconnus, peu contestables, elle pave la voie à une connaissance vaste, éclairée, ennemie de la pensée unique. » - François Bellavance

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