Le Vent Se Leve

  • Octobre 2008 : Guy Pavan, délégué syndical aguerri, est ouvrier à l'usine de Villemur (Tarn et Garonne) de Molex, un gros équipementier automobile américain. Lorsque la production commence à être délocalisée, les salariés décident de montrer qu'ils ne laisseront pas leur site mourir.
    Guy Pavan imagine alors une action qui va forger leur unité : tous ensemble, deux cents salariés « neutralisent » un moule, leur outil de travail, pour empêcher son expédition vers la Slovaquie. Sans rien casser, sans violence, avec ingéniosité, ils résistent. Guy ira jusqu'à Chicago, au siège social de Molex, pour se faire l'écho de la colère des salariés de Villemur.
    4 novembre 2010 : l'entreprise de Villemur est liquidée, alors qu'elle était rentable. Ses 279 salariés, licenciés, poursuivent aujourd'hui leur lutte devant les prud'hommes.
    Modeste, combatif et lucide, Guy Pavan ouvre la voie à tous ceux qui agissent pour le respect du Travail et de ceux qui l'incarnent.

  • Ce livre illustre le combat de ceux qui ont choisi pour nom "les Robins des bois de l'énergie" : ils rétablissent le courant ou le gaz aux familles en grande difficulté à qui EDF ou GDF l'a coupé, en raison de factures impayées. C'est la défense du service public et un sens aigu de la solidarité qui guident ces actions clandestines. Dominique Liot est l'un de ces Robins des Bois et il le revendique : engagé dans la lutte des agents d'EDF-GDF en Midi-Pyrénées contre la privatisation de leur entreprise, l'externalisation de nombreux métiers, il a choisi, avec ses camarades cégétistes, des actions fortes pour le maintien d'une énergie distribuée à tous avec équité. Sa personnalité combative, ses valeurs humanistes, son histoire personnelle, qui transparaissent au travers de cette conversation avec Lydie Soria, psychologue du travail, lui ont permis de devenir un résistant à sa façon, ainsi que le porte-parole légitime d'un collectif solidaire. Cette conversation fait ressortir la personnalité vive, attachante et l'engagement constant de Dominique Liot pour de justes causes. Elle est complétée par un historique succinct du collectif « Les Robins des bois ». Des photos inédites des salariés en lutte, une illustration de « l'acte de résistance » réalisée par un artiste peintre gersois, un beau papier font de ce petit livre au format original un bel ouvrage agréable à lire. Il prend place dans une collection qui promet de mettre en lumière les paroles et les actes de résistants d'aujourd'hui.

  • Dans cette conversation menée sur un ton enjoué mais empreinte de gravité, on découvre comment Angèle Bettini del Rio, jeune Toulousaine de 18 ans, voit sa vie basculer dans l'enfer des camps de concentration français pour avoir participé au lancer de tracts sur le cortège du maréchal Pétain le 5 novembre 1940. La ville rose, après les années du Front populaire de 1936, est alors une cité turbulente, galvanisée par une forte culture ouvrière, solidaire avec les Républicains espagnols. Lorsque le maréchal félon pactise avec Hitler, Angèle veut crier son indignation, avec son groupe de camarades opposants. C'est ce qui lui vaudra d'être internée pendant quatre ans dans les camps vichystes du Sud Ouest : le Recebedou, Brens, Rieucros et Gurs. Elle y fait preuve d'un esprit frondeur et d'un vrai courage. Et elle fraternise avec ces femmes que Pétain faisait enfermer en qualité d'« indésirables » : opposantes politiques, réfugiées espagnoles, tsiganes, juives. Angelita, « la petite pasionaria » vibre toujours dans le regard clair et les paroles vives de cette rebelle de 90 ans. Tout comme Stéphane Hessel, elle nous appelle à nous engager à notre tour pour faire cesser ce qui nous révolte, car, à ne vouloir qu'observer le monde, on finit parfois par accepter l'intolérable. Elle a été décorée de la légion d'honneur pour avoir participé au premier acte de résistance à Toulouse et est la mémoire vive de la ville rose où elle est née de parents espagnols immigrés, mais aussi de ces camps de concentration du régime de Pétain, si peu connus.

  • George Goulet a été fait prisonnier de guerre le 18 juin 1940, à l'âge 33 ans. C'est le jour où le Général de Gaulle lance son appel aux Français à combattre pour une France libre. C'est aussi le premier jour d'une longue et dure captivité pour George. Pendant 18 mois, il décrit dans son journal, avec humour et pudeur, son quotidien de détenu, d'abord quelques semaines à Dijon puis de longs mois à Gerresheim en Allemagne : les privations, l'ennui, l'inquiétude, les humiliations, le travail forcé, la faim, la nostalgie des jours heureux mais aussi l'amitié et l'entraide des hommes enfermés dans les camps nazis. Pendant la même période, sa mère, Henriette Goulet, lui écrit chaque jour une lettre qu'elle n'envoie pas, faute d'adresse. En Bretagne, puis à Reims, elle se ronge d'amour et d'anxiété pour son fils jusqu'à ce que la maladie l'emporte, le 9 mai 1941. Elle ne reverra pas son fils, libéré pour cause de maladie le 3 novembre 1941. Henriette et George, chacun à sa façon, avec son caractère et avec ses mots, résistent à la captivité : l'une en couchant sur le papier son amour maternel, qui la renforce ; l'autre, en dominant ses angoisses pour écrire jour après jour son calvaire et celui de ses camarades. Tous les deux nous envoient un message universel de résistance à l'oppression en temps de guerre.

  • Gabriela vit sur un campement Rom des faubourgs de Toulouse. Dans une caravane de fortune, avec sa famille, elle vit ou survit, selon les jours. Mais elle résiste avec force et dignité à la précarité de cette vie en marge, et rêve tout haut d'intégration. Elle résiste aussi à sa condition d'ancienne pensionnaire d'orphelinat, abandonnée comme des millions d'autres sous Ceaucescu, par une mère soumise à la dureté du régime et des conditions de vie des femmes. Elle résiste à sa propre douleur d'épouse et de mère dans son pays d'origine et sa communauté, où sévit la violence des hommes, où les mariés sont encore souvent des enfants, et où la famille reste un ciment, refuge autant que prison. Elle résiste enfin, en France, au déracinement et à la nostalgie d'un pays dont elle a fui la misère, mais aussi à l'isolement social et au racisme ordinaire que subissent les siens. Gabriela résiste, pour elle, ses enfants et ses petits-enfants. Et avec ses mots simples et ses valeurs universelles, elle force notre respect et nous offre un regard neuf sur les Roms de France. Préface de Jean-François Corty, Directeur des missions France de Médecins du monde.

  • « Le Code du travail est l'ennemi n°1 des patrons » s'écrie Pierre Gattaz. Et voilà Hollande, Valls et Macron qui engagent la refonte du Code du travail alors que l'encre de la précédente ré-écriture est à peine sèche. Ils proposent « d'adapter le droit du travail aux besoins des entreprises », alors que depuis cent ans de luttes sociales nous faisions l'inverse, nous adaptions les entreprises au droit du travail. Ils s'attaquent à l'existence même du salariat, pour « avancer » vers une société « sans statut », « ubérisée », pour en finir avec les emplois stables et la protection sociale. C'est en fait un retour deux siècles en arrière, au temps des tâcherons, sans salaire, ni horaire, ni droit, ni loi. Ce livre analyse les suites de l'ANI (Accords Nationaux Interprofessionnels) du 11 janvier 2013, des lois Sapin, Macron et Rebsamen, le projet de loi El Khomri, les rapports Combrexelle, Mettling, Badinter. Il est un antidote contre la propagande de ceux qui veulent diminuer le « coût du travail » et qui oeuvrent non pas pour réduire le chômage mais pour accroître les dividendes.

  • Malgré l'acharnement du temps et des éléments qui s'exercent contre elle, Venise ne meurt pas encore. Cette force, elle la doit à son âme sereine, fruit d'une longue histoire construite par un peuple hors du commun : les Vénitiens. La Sérénissime nous livre ainsi des leçons passionnantes : leçon de démocratie à travers les différentes formes de pouvoir qu'elle a expérimentées, leçon d'économie car Venise a eu une place spécifique durant le miracle italien, leçon de géographie et d'urbanisme, avec l'originalité des campi, ces placettes qui animent la ville, et surtout leçon sur l'art et la manière de vivre ensemble, dans la concorde et la coopération. Cette histoire inédite de Venise ne pouvait être contée que par quelqu'un qui y a vécu et a été fasciné par la fragilité de son élégance. Jacques Prades a mené des recherches en anthropologie économique dans le nord de l'Italie et passé de longues périodes à Venise pendant quatre ans. Loin des poncifs touristiques sur Venise, l'auteur rend ici hommage à ses habitants dont il célèbre la capacité d'adaptation à un environnement souvent hostile, le mode de vie original et la joie de vivre. Illustré par des photos originales de Venise, ce petit livre est une invitation au voyage intelligent dans l'une des plus belles villes du monde, qui n'en finit pas de s'enfoncer dans la lagune, mais qui résiste fièrement aux assauts du temps.

  • Le fil rouge des douze nouvelles rassemblées ici est un « lien de parenté », celui qui donne au sang sa douceur - ou sa cruauté.
    Ces liens du sang, Jean-Claude Tardif les éclaire au fil des pages, dévoilant les silences et les souffrances enfouies. Il révèle les excès que génère parfois la parenté, présente au fond de chacun de nous, qu'elle soit affichée - entre un père, une mère et leur fils - ou secrète, entre des êtres qu'unit une filiation connue d'eux seuls.
    L'auteur nous raconte des histoires fortes, dans une langue qui coule avec fluidité et au travers d'une mise en scène qui tient le lecteur en haleine : ce fils de boucher, que poursuit toute sa vie l'odeur du sang, ce fils d'assassin marqué au fer rouge par l'image paternelle, ce couple mère-fils que hante l'abandon du père ; mais aussi ce vieil homme qui s'éteint dans une maison de retraite où chaque soir il attend son fils, mort depuis longtemps.
    Partant de ce qui nous est proche, les tranches de vies que nous livre Jean-Claude Tardif parlent à chacun de nous. C'est de l'Homme qu'elles nous entretiennent, tantôt avec tendresse et humour, noir quelquefois, tantôt avec dureté et ironie.

  • L'auteur, dont c'est le premier roman publié, lui-même petit fils d'immigrés de la faim, reconstruit leurs ombres, franchit les barbelés du passé, dénoue les fils entremêlés de mémoires enfouies. Ce roman, écrit avec une rage intense, tisse des destinées minuscules, soudées à la misère et enfoncées dans le malheur, comme le sont toujours tant de vies dans ce vieux monde qui aurait bien besoin d'un grand chambardement.

  • Pourquoi les entreprises ne seraient-elles pas toutes des coopératives ? La crise qui secoue l'Europe, et tout particulièrement la France, donne toute son acuité à cette question. En coopérative, les licenciements sont théoriquement impossibles puisque salariés et actionnaires ne font qu'un ; les délocalisations sont difficiles du fait d'une propriété collective ; le capital est protégé puisque les parts ne sont pas cessibles à des tiers. Une coopérative, c'est donc de « la confiance organisée ». Tous en coopératives ? Jacques Prades est convaincu que ce n'est pas une utopie. Il émaille son plaidoyer de références aux personnages historiques qui ont contribué à construire le concept de coopérative. Il explique comment fonctionnent et réussissent les groupements de coopératives de Mondragon au pays basque espagnol et de Trente en Italie. Tout en restant vigilant et critique par rapport à ces expériences, Jacques Prades ouvre une voie pour passer du rêve à la réalité.

  • RESF : Le Réseau Education Sans Frontières a pour objectif l'information et la mobilisation contre les risques d'expulsion encourus par des jeunes scolarisés. Au sein de ce réseau, les éditions Le vent se lève ! ont rencontré cinq personnes, cinq lanceurs d'alerte, qui ont décidé de « cacher » un enfant sans papiers pendant une semaine afin d'éviter qu'il soit reconduit à la frontière. Elles ont décidé de raconter ici leur histoire. L'entretien est découpé en trois parties : L'acte de résistance, la vie « avant » et la vie « après ». Ce livre veut partir de l'histoire de vie pour raconter et décrire la situation des sans papiers en France et en Europe, décrire la législation autour des mineurs, connaître les risques encourus par les familles qui cachent ces personnes et enfin éclairer sur les perspectives pour les migrants avec les nouvelles lois promulguées et les prochaines élections présidentielles.

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