Le Monte En L'air

  • Faisant suite au deux précédents ouvrages What The Fuck ! et What The Mega Fuck ! aux éditions le Monte-en-l'air en 2020, ce 3e opus de la collection WTF réunit des photographies en provenance du monde entier, collectées au fil de pérégrinations sur la Toile. Sur les réseaux sociaux et les sites Internet dont sont issues ces photographies, l'acronyme "WTF" précède souvent un contenu pour signifier l'effarement qu'il provoque.
    Cette interjection exprime autant l'incompréhension que le malaise du "voyeur" face à ces images. Leur accumulation souligne la course folle au partage de contenus "extra-ordinaires" pour un public anesthésié et pose la question de la dilution du sens de la photographie à l'aube du XXI ème siècle. Ces images incongrues sont vues par des millions d'internautes à un instant T, mais disparaissent définitivement au bout de quelques semaines.
    En éditant ces images dématérialisées et en les réunissant dans des ouvrages imprimés, la maison d'éditions Innocences s'approprie ces clichés et pose un acte de résistance face à la course à l'infini du Web. Innocences, à travers la publication de ces livres à tirage unique et numéroté, propose un véritable travail d'archiviste afin d'y consigner une certaine image de l'homme contemporain.

  • Cathédrale Cardon

    Cardon

    Un homme nu marche seul, muni d'un modeste baluchon. Le long d'un chemin imaginaire, il a comme unique compagne la pierre taillée de l'édifice, abritant, au détour des coursives de l'immensité minérale, son cénacle personnel, composé tantôt de fantômes du passé, tantôt d'artéfacts mémorables. Introduit par une éclairante préface qui porte sur l'enfance de Cardon sous l'occupation allemande, Cathédrale décortique sur plus de cent-vingt dessins au style précis, fouillé et d'une fascinante intensité, sa vie d'artiste engagé. Ces dessins, commencés dans les années 1980, relatent les moments marquants de la jeunesse avec ses incompréhensions, ses plaisirs et ses peurs, et se muent vers l'âge adulte dans un ensemble composé d'influences artistiques, d'échappées nécessaires et d'un dégoût de la religion, des politiques et leurs fiascos successifs. Mais surgissent parfois également les espoirs. Cathédrale est un projet hors norme qui relève de la geste testamentaire. Synthèse graphique et symbolique du fameux style Cardon du Canard Enchaîné, ce livre crée un pont entre son travail d'auteur de bandes dessinées que les lecteurs ont pu découvrir dans les pages de L'Humanité Dimanche dans les années 1970 et ses dessins grands formats publiés au compte-goutte dans les différentes revues de Frédéric Pajak. À l'image de Notre-Dame de Paris, qui fut le premier choc esthétique de Cardon, Cathédrale est un monument : l'oeuvre d'une vie d'un dessinateur exceptionnel.

  • C'est avec un plaisir non dissimulé que les éditions Le Monte-en-l'air voient le second opus de WTF ! intégrer leur catalogue. WTF 2 - WHAT THE MEGA FUCK ! réunit des photographies en provenance du monde entier, collectées au fil de pérégrinations sur la Toile. Sur les réseaux sociaux et les sites Internet dont sont issues ces photographies, l'acronyme WTF ! précède souvent un contenu pour signifier l'effarement qu'il provoque.
    Cette interjection exprime autant l'incompréhension que le malaise du "voyeur" face à ces images. Leur accumulation souligne la course folle au partage de contenus extraordinaires pour un public anesthésié et pose la question de la dilution du sens...

  • Cet ouvrage réunit des photographies en provenance du monde entier, collectées au fil de pérégrinations sur la Toile. Entre cabinet de curiosité personnel et corpus documentaire, cet ouvrage propose une vision contemporaine de la photographie amateure et interroge autant sur la place, la fonction et le partage de la photographie vernaculaire d'aujourd'hui que sur les nouveaux rapports sociaux qu'elle illustre.
    Sur les réseaux sociaux et les sites internet dont sont issues ces photographies, l'acronyme WTF précède souvent un contenu pour signifier l'effarement qu'il provoque. Cette interjection exprime autant l'incompréhension que le malaise du "voyeur" face à ces images. Leur accumulation souligne la course folle au partage de contenus "extra-ordinaires" pour un public anesthésié et pose la question de la dilution du sens.

  • D'Algérie

    Morvandiau

    « Quel rapport entre mon père et Jean, le frère missionnaire de ma mère ? » Le premier est né en Algérie en 1937, le second y est mort en 1994. Dans D'Algérie, l'autobiographie et l'histoire familiale croisent l'Histoire avec un grand H, celle de la colonisation, de la guerre d'indépendance et des rapports contemporains toujours singuliers entre la France et l'Algérie. Morvandiau délaisse ici le registre humoristique pour se lancer dans une (en)quête personnelle en bande dessinée, questionnant ses origines mais aussi les conditions d'élaboration du récit lui-même.
    Cette nouvelle édition chez le Monte-en-l'air, dont la maquette est conçue par Sébastien Lumineau, comporte une préface inédite en bande dessinée de Morvandiau. Il y revient sur les évènements qui, depuis 12 ans, ont résonné avec sa vie professionnelle et familiale et ponctué la vie des deux côtés de la Méditerranée : attentat de Charlie Hebdo et durcissement sécuritaire en France depuis 2015, béatification des religieux catholiques assassinés lors de la décennie noire - parmi lesquels son oncle Jean - à Oran en 2018 et manifestations sociales et politiques toujours actuellement en cours en Algérie.

  • Prenez une locution usuelle dans la langue. Choisissez-la contenant un verbe, ou une forme assimilable à une déclinaison verbale. Par exemple : Flux tendu. Passez cette locution à l'infinitif : Flux tendre, et déroulez la conjugaison complète de ce nouveau verbe : Je flux tends, Tu flux tends, etc. Vous obtenez ainsi une nouvelle table de conjugaison, qui fera apparaître de nouveaux sens, de nouvelles sonorités, de nouvelles poésies : Ça flux tendrait, Que nous flux tendissions, Flux tendant, Flux tendons !, etc. Conjuguez à tirelarigot, puis classez les verbes ainsi créés par thématiques. Commencez par exemple par Le Travail. Y apparaissent, entre autres, les verbes Ressourcer humaines, Préavivre de grève, Masser salariale, Pouvoir d'achat, etc. Réitérez le jeu en envisageant vos verbes selon diverses thématiques, joyeusement hétéroclites : La Chanson populaire , Le Temps , L'Animal , La Migration , Le Sexe , L'Argent, La Gastronomie, etc. Ici, le neuvième opus : Le Corps humain.
    Selon les tables, l'effet constaté va de l'efficacité anatomique la plus clinique à l'invitation au voyage, en passant par le rire bête de l'adolescent ou le dégoût face à la maladie et la mort : Périnaître, Cor au peoir, Anouvoir artificiel, Acner juvénile, Mavoir de Vénus, Ongle incarner, Infarctaire du myocarde, etc. Ceci dit, bien du plaisir !

  • Mademoiselle Latarte est amoureuse. Chaque matin, elle se réveille aux côtés de son nouveau compagnon, un éléphant au charisme envoûtant. D'abord présenté comme un homme brillant au caractère bien trempé, ce dernier se révèle, au fil du récit, non seulement écrasant, mais allant jusqu'à devenir véritablement inquiétant. En proie à une grande confusion, c'est non sans peine que Mademoiselle Latarte, aidée des sept jokers, rassemble toutes ses forces pour se débarrasser de lui.
    Dans cette histoire aux allures de fable, Caroline Sury navigue entre intime et universel. Si l'autrice de Bébé 2000 et de Cou tordu ne se prive généralement pas de parler d'elle, elle parvient à injecter dans Un matin avec Mademoiselle Latarte la pointe d'humour nécessaire pour déjouer le pathos. D'autant que son dessin, toujours percutant et vibrant, suffit à lui seul à nous entraîner dans des territoires d'angoisse réellement perceptibles.
    Et c'est en cela que réside toute la force de ce récit. A l'heure où les langues des femmes se délient, Caroline Sury dénonce en dessin, à sa manière et à son tour les violences faites aux femmes. #BalanceTonElephant

  • Dans ce recueil de textes et de dessins, Aurélie William Levaux livre ses réflexions sur le travail. Partant de son statut d'artiste femme, elle laisse libre court à ses pensées en questionnant son quotidien et ses pratiques. Dans un monde où l'on doit travailler, pour un salaire, pour s'occuper, pour exister, pour manger, y trouve-t-elle son compte ? "Le travail, c'est la santé, disait Papy." Quelques décennies plus tard, sa petite fille en doute. Revenant sur ses expériences professionnelles de jeunesse douloureuses, reprenant des phrases entendues ici ou là, elle se confronte à un concept qui la laisse perplexe, surtout en pleine crise des gilets jaunes. Dans ses textes, toujours drôles, Aurélie William Levaux ne mâche pas ses mots. Pour ses dessins, utilisant le même modus operandi que pour La Poutre de mon oeil, elle opte pour un rendu lâché, au plus proche de ses émotions. Aurélie William Levaux aurait voulu publier ce livre seule, mais c'était trop de travail...

  • Prenez une locution usuelle dans la langue française. Choisissez-la contenant un verbe ou une forme assimilable à une déclinaison verbale. Par exemple : Flux tendu. Passez cette locution à l'infinitif : Flux tendre, et déroulez la conjugaison complète de ce nouveau verbe : Je flux tends, Tu flux tends, etc. Vous obtenez ainsi une nouvelle table de conjugaisons qui fera apparaître de nouveaux sens, de nouvelles sonorités, de nouvelles poésies : Ça flux tendrait, Que nous flux tendissions, Flux tendant, Flux tendons !, etc. Conjuguez à tire-larigot, puis classez les verbes ainsi créés par thématiques. Commencez par exemple par Le Travail. Y apparaissent, entre autres, les verbes Ressourcer humaines, Préavivre de grève, Masser salariale, Pouvoir d'achat, etc. Réitérez le jeu en envisageant vos verbes selon diverses thématiques, joyeusement hétéroclites : La Chanson populaire, Le Temps, L'Animal, La Migration, Le Sexe, La Gastronomie, La Vacance, Le Nom propre, Le Végétal, etc. Ici, le septième opus : L'Argent. Selon les tables, l'effet constaté va du mal au ventre à l'appel à l'action, en passant par la fin de mois et la caisse commune : À découvrir, En liquider, Tout cramer, Aller chercher dans les..., Revenir minimum, Haut les maindre, Tirer du blé, etc

  • A partir de locutions courantes liées à la gastronomie, les auteurs proposent les tables de conjugaison de verbes inédits aussi saugrenus que poétiques : dinde au marrer, merguer-frites, croître au beurre, rire de veau, etc.

  • Les trois auteurs du truculent Il Pleut des Vaches qui pissent sont de retour pour une nouvelle roublardise.
    Forts du succès de leur premier opus, les revoilà avec une sélection impitoyable d'expressions de la langue française (mal)heureusement malmenées par leurs proches. On Prend les Mêmes et on recommande compile la crème de la crème du glissement langagier. Débarrassées de leur sens initial, rehaussées d'une peau toute neuve, les expressions autrefois familières ont basculé dans l'absurde, un endroit où le nonsens dominerait le monde pour notre plus grand plaisir. Ce réjouissant recueil est agrémenté d'illustrations de Vincent Bergier, Camille Burger, Chris Fus, Ksenia Khashkovskaya, Colombe Nicolas, Aurélie Pollet et Laurent Ribet.

  • Prenez une locution usuelle dans la langue. Choisissez-la conte-nant un verbe, ou une forme assimilable à une déclinaison verbale. Par exemple : Flux tendu. Passez cette locution à l'infi-nitif : Flux tendre, et déroulez la conjugaison complète de ce nouveau verbe : Je flux tends, tu flux tends, etc. Vous obtenez ainsi une nouvelle table de conjugaison, qui fera apparaître de nouveaux sens, de nouvelles sonorités, de nouvelles poésies : ça flux tendrait, que nous flux tendissions, flux tendant, flux tendons ! etc. Renoncez ensuite à la nomenclature habituelle des premiers, deuxième et troisième groupes, et inventez les Pertinents, les Impertinents et les Insolents, avec leurs sous-groupes. Ecrivez avec tout ça un Précis de conjugaisons ordi-naires.
    Privilégiez la notion de thématique ; par exemple : L'Animal ! Y apparaissent, entre autres, les noms d'animaux : Poisson rouge (Poisser rouge : je poisse rouge, vous poissâtes rouge, Poissons rouges ! etc.), Grizzli (Grizzlir : Je grizzlissais, tu avais grizzli, vous grizzlîtes etc.).

  • Combien y a-t-il de manières de dire « bonjour » ? Une infinité, probablement. Et sans doute autant de manières de l'écrire.
    En MAJUSCULES, et avec un point d'exclamation ! Ou un point d'interrogation ? En tout petit, un mot en noir au milieu d'une page blanche; peut-être avec une simple forme ou une image. Commencer à s'intéresser au design graphique, c'est commencer à observer et comprendre le monde qui nous entoure. Et prendre conscience de la multitude de signes qui façonnent notre quotidien et le chargent de sens : que ce soit un panneau stop, un emballage de corn-flakes, le titrage aguicheur d'une couverture de magazine, la typographie plus discrète d'une page de roman, ou encore le générique d'un film de sciencefiction.
    C'est en pensant à ce fourmillement que nous avons imaginé ce Livret d'initiation au graphisme comme une collection de balises, de points de repère ; des outils à découvrir et à s'approprier en jouant, de manière simple et intuitive, seul ou à plusieurs, que l'on soit petit ou grand. Les quatre séquences de ce livret - typographie, affiche, signes, identités -, sont autant d'invitations à la promenade et à l'exploration : laissez votre oeil et votre main tracer le chemin à tour de rôle !

  • David Poullard et Guillaume Rannou élaborent ensemble des dispositifs destinés à interroger l'ordinaire, et plus précisément celui de la langue, française en l'occurrence. Leur démarche consiste à repérer dans nos manières de parler des locutions les plus banales possible, à les en extraire, à les observer avec attention, à les tordre, les bousculer, les écouter, jusqu'à en faire apparaître des sens potentiels inattendus. Diverses Tentatives d'étirement du français figé ont ainsi pris forme, sous différents formats (du confetti à l'inscription monumentale en passant par l'affiche et le livre) et dans différents contextes (expositions, interventions dans l'espace public, conférences, workshops).
    Une série de numéros est ainsi appelée à sortir tous les 3 à 4 mois en proposant au lecteur une trentaine de tables de conjugaisons ordinaires joyeusement hétéroclites. Un Très Précis de conjugaisons ordinaires sur le thème du travail, et un autre sur le thème de la chanson populaire sont sur le point de paraître (octobre 2013) aux éditions Le Monte en l'Air.

  • Prenez une locution usuelle dans la langue. Choisissez-la contenant un verbe, ou une forme assimilable à une déclinaison verbale. Par exemple : Vague à l'âme. Passez cette locution à l'infinitif : Vaguer à l'âme, et déroulez la conjugaison complète de ce nouveau verbe : Je vague à l'âme, Tu vagues à l'âme, etc. Vous obtenez ainsi une nouvelle table de conjugaison, qui fera apparaître de nouveaux sens, de nouvelles sonorités, de nouvelles poésies : Ça vaguerait à l'âme, Que nous vaguions à l'âme, Vaguant à l'âme, Vaguons à l'âme !, etc. Renoncez en-suite à la nomenclature habituelle des premiers, deuxièmes et troisième groupes, et inventez les Pertinents, les Impertinents et les Insolents, avec leurs sous-groupes. Écrivez avec tout ça un Précis de conjugaisons ordinaires.
    Fabriquez maintenant un Très Précis de conjugaisons ordinaires qui se défait de cette classification studieuse pour privilégier cette fois-ci la notion de thématique : par exemple La Migration. Y apparaissent les verbes : Lampeduser, Mer Méditerraner, Titrer de séjour, Viser long séjour, etc. Réitérez le jeu en envisageant vos verbes selon diverses thématiques, joyeu-sement hétéroclites : La Chanson populaire, Le Temps, La Gastronomie, Le Sexe, La Faune, La Flore, etc.

  • Pendant plus d'un an, Emmanuel Blervaque, Stéphane Ellias et Laurent Ribet se sont « retroussé les coudes » pour piller la page internet de leur groupe dédié aux accidents d'expressions et autres dérapages de langage.
    Les meilleurs sont réunis au sein de ce premier volume :
    Il pleut des vaches qui pissent dans lequel une poignée d'illustrateurs chevronnés ayant « de la fuite dans les idées » s'en donnent à coeur joie pour rehausser, avec humour, poésie et férocité parfois, la saveur de ces détournements langagiers.

  • Dans ce volumineux recueil de dessins, Aurélie William Levaux expose page après page des fragments de son intimité, partagée entre spleen et rage sourde. Mots raturés, écriture malhabile, encre dégoulinante, on retrouve les modalités chères à l'auteure. Mais contrairement au reste de son oeuvre, elles se passent ici des habituelles compositions complexes aux motifs raffinés, si caractéristiques de son travail. La Poutre de mon oeil prend le contre-pied de la ligne habituelle et assume le dépouillement à vif porté par le feutre aux couleurs criardes. Cette technique à la trajectoire sans ambages renforce le sentiment que pénétrer l'oeuvre d'Aurélie William Levaux, c'est accepter de se confronter à une sorte de brutalité gracieuse et que ses formes sont multiples. La vie de tous les jours est un matériau précieux (et si vaste !) pour qui sait y injecter la dose d'humour nécessaire à lui tordre le cou. Une bonne claque suivie d'un grand éclat de rire, voilà l'effet procuré par la lecture de La Poutre de mon oeil. Plus que revigorante, elle est absolument nécessaire.

  • Dans les aéroports, dans les gares, sur Internet ou en traversant la rue, à la boulangerie, au boulot, à l'école, en vacances, au supermarché, au café, à la radio, à la télé., on prend soin de nous, on nous informe, on nous (dé)conseille, on nous empêche, on nous canalise, on nous prend par la main, on nous scanne, on nous de-mande de rester de l'autre côté de la ligne, on nous dévisage, on nous touche, on nous regarde dans le sac, on ne peut pas annuler la commande, on nous demande l'autre carte, on nous réclame un justificatif, on exige un doigt puis l'autre, on nous prie de retirer le casque, on nous laisse attendre dans le sas, on nous regarde en coin, on nous demande de ne pas sourire, et on nous explique que tout ça, c'est « pour raisons de sécurité ». Et si cet air du temps sécuritaire allait contaminer jusqu'aux grands classiques de la littérature ? Ce livre propose une série d'incipits de romans célèbres (signés Proust, Queneau, Camus, Perec, Nizan, Austen, Nabokov, Kafka, etc.), légèrement adaptés « pour raisons de sécurité ». À lire dans le désordre ou pas. Par l'effet du simple collage de ces quelques mots (« pour raisons de sécurité »), et celui de l'accumulation, une ambiance vaguement angoissante se crée. Le décalage de ce repère, souvent familier qu'est la première phrase d'un roman, provoque même une forme de suspense.
    Ce livre court est aussi un jeu, un « blind test » littéraire, dont la solution est donnée en fin d'ouvrage, avec la liste des titres et des auteurs qui ont servi de références.

  • Qu'ils soient typographes, publicitaires, directeurs artistiques, affichistes, membres d'un collectif d'artistes ou créateurs de mode, les grands noms évoqués dans les pages de ce livre ont tous contribué à imposer leurs créations graphiques majeures dans notre inconscient collectif. De Bodoni et sa fameuse police de caractère, on apprend la rigueur. De Baskerville, la précision. De Cassandre, l'audace et de Brody, le modernisme. Tout à la fois instructive et réjouissante, cette approche est une véritable gageure.
    Comment faire tenir toutes ces références dans des strips de 4 cases maximum ? En allant à l'essentiel, tout simplement.
    Car on comprend bien en les lisant que ce que Toma Bletner et Yassine nomment anecdotes sont en réalité des moments-clés de l'histoire du graphisme et que cette approche en est un concentré revigorant. La lecture de ce livre vous fera l'effet d'avoir avalé un tube de vitamines. Reboosté, votre esprit sera plus attentif aux images qui l'entourent. Et il saura que celles qui traverseront les époques et voyageront autour du monde sont l'oeuvre de géniaux visionnaires.

  • L'Usuel de locutions ordinaires présente une sélection de 96 locutions choisies avec soin. Elles appartiennent toutes à l'usage le plus courant, le plus banal de la langue, française en l'occurrence. Ce livre propose au lecteur de se réapproprier le plus concrètement du monde ces locutions en les détachant pour les recoller sur de nouveaux supports (murs, enveloppes, distributeurs de billets, frigidaires, vitrines, vitres, chiens, chats, etc.), afin de leur offrir de nouveaux sens liés à ces nouveaux contextes.
    L'idée est venue comme ça. En écoutant. En répétant des mots à l'envi. En réécrivant, mot à mot. En questionnant l'évident. En découvrant que « du reste » peut être lu comme une re-vendication, « dites donc » comme une injonction, en lisant « toujours est-il » comme une vraie question.
    Chaque page de l'ouvrage est pré-découpée : le lecteur est invité à détacher l'une des locu-tions ordinaires présente dans la page, et ainsi la faire vivre, à sa guise, en dehors du livre.
    Une série d'index vient présenter, en fin d'ouvrage, l'ensemble des locutions collectées par les auteurs. Un tableau de classification, plié / jeté en fin d'ouvrage, propose au lecteur le croise-ment de l'intégralité des locutions ordinaires traitées.
    Ce livre est un hommage au courant, au banal, au simple. Un changement d'échelle. Un zoom sur le bout de la langue. Une pause sur le fil de la parole, commune.

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