Lacurne

  • Dernier enfant du roi Georges Ier de Grèce et de la grande-duchesse Olga de Russie, le prince Christophe (1888-1940) grandit entre le royaume hellène, le Danemark - dont son grand-père est roi - et la Russie impériale. Cousin de la plupart des souverains d'Europe, il séjourne également chez sa tante, la reine Alix, épouse d'Edouard VII d'Angleterre.
    Quand son frère, le roi Constantin Ier, est détrôné en 1917, la famille de Grèce est contrainte à l'exil, de l'Amérique de la prohibition à la Rome de Mussolini. Veuf d'une Américaine, le prince Christophe de Grèce se remarie en 1929 avec la princesse Françoise d'Orléans, soeur du comte de Paris.

    Bon observateur et excellent critique, lucide, charmant et d'un naturel joyeux, il traverse les soubresauts des monarchies européennes et en donne un témoignage émouvant, vivant et très personnel.

    Introduction du prince Michel de Grèce, fils de l'auteur.
    Photos en noir et blanc, provenant de la famille royale de Grèce.
    Index de près de 500 noms.
    Collection dirigée par David Gaillardon.

  • Richissime beauté américaine qui éblouit la société européenne au tournant du siècle, Gladys Deacon (1881-1977), après une enfance traumatisante, reçoit une solide éducation en Europe et aux États-Unis. À l'âge de 14 ans, fascinée par les fiançailles de Consuelo Vanderbilt avec le duc de Marlborough­, elle se promet de l'épouser un jour. Après ses études, elle partage sa vie entre Paris, Florence et Londres où elle s'entoure d'artistes renommés et sert de modèle aux plus grands peintres et sculpteurs, notamment Boldini, Sargent et Epstein.

    À Florence, Bernard Berenson envisage de lui demander d'être son épouse, à Blenheim, le prince héritier de Prusse lui jure un amour éternel en lui offrant une bague. À Versailles, le duc de Norfolk la demande en mariage et à Rome, Roffredo Caetani, prince de Bassiano, succombe à son charme.

    À Paris, elle séduit Anatole France ou le marquis de Charette... et à Nice le duc de Connaught, troisième fils de la reine Victoria. Elle fascine Proust, Rodin, Monet, Henry James... et épouse, comme elle l'avait décidé dans son enfance, le 9e duc de Marlborough, propriétaire du domaine de Blenheim, avant de disparaître totalement du monde pendant plus de quarante ans.

    Illustré de 130 photos. Important index de plus de 600 noms.

    Traduit de l'anglais par Laure Gruet.

  • À la suite de la défaite de l'empire austro-hongrois la république est proclamée en Hongrie dès novembre 1918, avec à sa tête le premier ministre Mihàly Kàrolyi, qui sera élu président en janvier 1919. Cependant la situation reste confuse car les Alliés imposent un démembrement d'une grande partie du territoire au profit des pays voisins.

    Fidèle à la couronne millénaire héritée de saint Etienne, le comte Jôzsef Kàrolyi (1884- 1934) s'oppose à son demi-frère Mihàly. À Budapest, il demeure au service de la famille royale pour tenter, avec les partisans du roi Charles, de restaurer la monarchie.

    Peine perdue. Exilé en Suisse dès mars 1919, le roi Charles est arrêté lors de son ultime retour en Hongrie en 1921. Il est alors contraint par les Alliés de s'exiler à Madère avec sa famille. Kàrolyi les rejoint pour les dernières semaines de la vie du roi Charles, qui s'éteint à 34 ans le 1er avril 1922. Kàrolyi reste proche de l'impératrice Zita, installée en Espagne, qui le charge de l'éducation hongroise de son fils Otto de Habsbourg, l'héritier du trône d'Autriche-Hongrie.

    Ces mémoires, traduits pour la première fois du hongrois, sont complétés par une biographie de Jôzsef Kàrolyi et par la présentation de sa pensée politique et sociale, à travers ses discours et des témoignages, dont celui de l'archiduc Otto de Habsbourg.

    Introduction de Georges Kàrolyi, ambassadeur de Hongrie à Paris, petit-fils de l'auteur, qui rappelle le contexte historique.

    Photos en noir et blanc, provenant en partie de la famille de l'auteur. Index de plus de 200 noms.

    Collection dirigée par David Gaillardon.

  • Aristocrate russo-polonais portant l'un des plus grands noms de Pologne, Alex-Ceslas Rzewuski (1893-1983) est à Saint-Pétersbourg un témoin privilégié des fastes des derniers Romanov.
    Ruiné par la révolution bolchevique, il arrive à Paris avec seulement quelques billets de mille francs en poche. En moins de huit ans et grâce à son seul talent, il refait fortune, devenant un illustrateur recherché par les plus grands magazines de son temps (The Tatler, Femina, l'Illustration), puisant son inspiration dans la vogue des Ballets russes alors à son apogée. Il est aussi un portraitiste qui passe pour être l'artiste le plus cher au monde.
    Les plus belles femmes, à Paris, à Londres ou aux Etats-Unis, lui commandent leur portrait, cependant que ce géant promène son monocle et sa silhouette de dandy dans le Paris des années folles, du Boeuf sur le toit aux boîtes russes à la mode.
    Autour de lui se pressent Misia Sert, Liane de Pougy, Dolly Radziwill, Coco Chanel, Boni de Castellane, Félix Youssoupoff et les grands-ducs exilés dans un Paris cosmopolite où tout est prétexte à faire la fête.
    Américains de passage et riches Anglaises encen'sent Rzewuski : de Douglas Fairbanks aux Midvani, de Pola Negri à Ida Rubinstein, en passant par lady Cunard ou Diana Mitford, et la jeune création artistique, de Diaghilev à Tchelitchew, de Nabokov à Bérard, de Cocteau à Jean Hugo.
    Pourtant, tout prend fin en quelques mois après une rencontre avec Jacques Maritain. C'est un autre choix de vie, radical, qui commence alors pour Alex-Ceslas Rzewuski...

  • Les villages et les jardins du sud de l'Angleterre vont exercer un charme durable sur le jeune Ghislain de Diesbach lorsqu'il débarque à Brighton dans les années 1950. Venu apprendre la langue, l'étudiant provincial est conquis par les paysages et par l'esprit suranné des Anglais qu'il rencontre. Cinquante ans plus tard, écrivain accompli et historien reconnu, Ghislain de Diesbach revisite son passé et parcourt en esprit ces routes de campagne qui cachent toujours une demeure de charme. Les portes des maisons et des salons s'ouvrent et, d'une plume amusée et bienveillante, Diesbach livre une galerie de portraits des Anglais qu'il a connus : artistes, écrivains, propriétaires terriens ou membres de la gentry. De Nancy Mitford à Violet Trefusis, des oeuvres du poète Denton Welch aux figures de la communauté anglaise de Paris, l'auteur garde la nostalgie de ses voyages et de ses rencontres avec l'âme et la culture d'une certaine Angleterre qui a définitivement vécue. Né en 1931, Ghislain de Diesbach est l'auteur d'une oeuvre importante : nouvelles, romans et biographies.

  • À la fois historienne et mémorialiste, la comtesse Marion Dönhoff (1909-2002) livre son témoignage et le fruit de ses recherches sur la vie dans une grande propriété foncière agricole de Prusse-Orientale pendant la première moitié du XXe siècle. Son regard sur l'univers qui fut le sien parvient à garder une certaine fraîcheur non dénuée de précision.

    Elle brosse, par petites touches, le récit d'une jeunesse marquée par son aspect enchanté et privilégié, quelle passe entre les domaines de Friedrichstein, Steinort, Preyl et Trakehnen. Dernière de sept enfants, elle est plus proche de ses cousins avec lesquels elle partage les joies des promenades à cheval, de la chasse en forêt et de la vie auprès des plus hauts dignitaires de l'empire. Appartenant à l'aristocratie prussienne, elle en questionne le fonctionnement et le mode de vie, se faisant ainsi le témoin de la vie dans une "province perdue", partagée, après la Seconde guerre mondiale, entre la Russie et la Pologne. En 1945, c'est la fin de cette longue enfance : l'avancée des Soviétiques, l'incendie de la propriété et la mort de nombreux membres de sa famille entraînent la fuite et l'exil de Marion, qui recommencera sa vie à Hambourg.

    Marion Dönhoff a aussi publié Ces noms que plus personne ne prononce. Elle fut rédactrice en chef puis directrice de l'hebdomadaire Die Zeit et l'une des grandes figures du journalisme allemand d'après-guerre.

    Index inédit de plus de 200 noms.

    Traduit de l'allemand par Colette Kowalski. Collection dirigée par David Gaillardon.

  • Emprisonnée avec sa mère sous la Terreur à 16 ans, Hélène de Chabert (1777-1862) tombe amoureuse d'un jeune homme de son milieu qui sera guillotiné. Ruinée par la Révolution, sa famille peine ensuite à reprendre son rang malgré sa parenté avec l'impératrice Joséphine. Grandie par les épreuves, mariée à un homme qu'elle ne connaît pas et s'appuyant sur un solide réseau amical et familial, Hélène de Chabert lutte pour trouver des subsides et porter secours à son époux Henry Rolland de Villarceaux qui est en campagne ou prisonnier en Russie. Femme de caractère, elle finit par conquérir son indépendance en prenant, sous la Restauration, la direction d'une maison d'éducation.

    Personnalité attachante, fidèle à l'esprit volontaire de ses parents, Hélène de Chabert sut traverser les régimes et résister à des changements considérables avec douceur et ténacité. Ces mémoires, récemment découverts, sont un précieux témoignage de l'importance de l'action des femmes de la haute société dans des temps troublés où elles ont dû, souvent seules, faire face à de grands périls.

    Photos en noir et blanc.
    Illustré de portraits et documents inédits pour la plupart. Index de plus de 700 noms, notices biographiques, bibliographie et tableau généalogique.
    Édition, introduction, notes et annexes de Béatrice de Kergorlay. Préface de Ségolène de Dainville-Barbiche.

  • Grand seigneur polonais et européen, élevé à Vienne et à Oxford, le comte Alfred Potocki (1886-1958) porte un regard clairvoyant sur une Europe disparue, des fastes de l'empire austro-hongrois aux champs de ruines de 1945.

    Parent ou familier des plus grandes familles d'Europe, reçu auprès des chefs d'Etat et dans toutes les cours, le comte Potocki est aussi le maître de Lancut, en Galicie, l'un des plus importants et des plus beaux domaines de Pologne, hérité de son père en 1915. Il emploie alors son immense fortune à développer l'économie polonaise pour accélérer la prospérité de sa patrie rétablie. Il participe également à la vie de la haute société mondaine et diplomatique en Angleterre, aux Etats-Unis et en France où il possède l'un des plus fastueux hôtels parisiens, avenue de Friedland (l'actuelle Chambre de commerce et d'industrie de Paris).
    Durement marqué par la Première guerre mondiale, où amis et cousins servent sous des uniformes alliés ou ennemis, russes, allemands, autrichiens, français ou anglais, le comte Potocki défend auprès de ses interlocuteurs occidentaux l'indépendance et la viabilité de la Pologne dans l'entre-deux-guerres. Mais il assiste ensuite, impuissant, au grand jeu d'abord diplomatique puis militaire entre l'Allemagne nazie, l'Union soviétique et les Alliés, qui va sceller le sort de la Pologne. Contraint de fuir sa terre ancestrale en 1944, il s'installe au Liechtenstein puis en Savoie.
    La douceur de vivre au château de Lancut ou dans les capitales européennes, les vicissitudes des deux guerres mondiales, la tragédie de l'indépendance nationale retrouvée puis perdue, le désastre et l'exil en 1944, sont ici magnifiquement racontés par un grand Européen, l'un des derniers gentilshommes cosmopolites.
    Important index de près de 1 000 noms de la société mondaine, politique et diplomatique internationale.

  • Ensorcelante, douée d'un magnétisme indéfinissable "pleine de contrastes, de richesses et de beauté" aux dires de Proust, Emmanuela Potocka (1852-1930) a fasciné le Tout-Paris des années 1880. Pas un jour sans que son nom ne soit cité dans la presse. Extravagante, dépensière à l'excès, redoutée pour ses mots acerbes, grande musicienne, cette princesse italienne mariée au richissime comte Nicolas Potocki tint un salon réputé dans son palais de l'avenue de Friedland. Cet hôtel particulier, un des plus beaux et des plus vastes de la capitale, fut le rendez-vous de l'aristocratie européenne, des hommes politiques et des artistes de la fin du XIXe siècle. Une fois par semaine, la comtesse Potocka réunissait autour d'elle les membres de son club, les Macchabées. Pour faire partie de cet étrange cénacle, il fallait se mourir d'amour pour elle et jurer de garder le secret sur le déroulement de ces soirées.

    Prise entre l'extrême liberté que procure la fortune, un déterminisme familial implacable et l'oppression exercée par les conventions sociales de la Troisième République, Emmanuela Potocka la scandaleuse, la romanesque, a déchaîné les passions et enflammé l'imagination des créateurs de son temps.

    Maupassant a donné ses traits aux héroïnes de Mont-Oriol et Notre coeur. Elle est la duchesse Bleue de Paul Bourget, la séductrice perverse du roman de Jean Lorrain Très russe, la fascinante comtesse Peglioso peinte par J.-E. Blanche dans Aymeris, son roman largement autobiographique.

    Cet ouvrage nous entraîne à Naples où Emmanuela vit le jour, dans les châteaux des magnats polonais où vécurent les parents de Nicolas, puis nous plonge au coeur d'un Paris marqué par la défaite de 1870, l'affaire Dreyfus et la Grande guerre, mais illuminé par l'éclat des soirées féeriques où l'argent et le champagne coulent à flots.

    De l'Italie à la Pologne, de la Russie à la France, ce sont des siècles d'une histoire tragique et grandiose qui pèsent sur le comte et la comtesse Potocki.

  • Portant un nom allemand, appartenant à une famille installée en Courlande mais polonaise de coeur et d'alliances, le comte Alexandre de Plater-Syberg (1899-1981) est le témoin direct de la disparition des barons germano-baltes chers à Eduard von Keyserling, de la Révolution russe puis de la guerre soviéto-polonaise de 1919-1921. Pris dans la tourmente de la Deuxième guerre mondiale où il assiste depuis Varsovie à l'invasion de son pays, il s'indigne du sort réservé aux Juifs enfermés dans le ghetto et tente d'être médiateur lors de l'insurrection de la ville en 1944.
    Plusieurs fois arrêté par la Gestapo, transféré en Silésie, Alexandre de Plater-Syberg parvient à se réfugier, avec sa famille, dans la Bavière que les troupes américaines libèrent bientôt. Comprenant très tôt que l'Union soviétique compte mettre son pays en coupe réglée, il s'établit en France. Enseignant dans différents collèges religieux, celui qui est devenu le chanoine de Plater-Syberg finit sa vie dans sa thébaïde nivernaise, à Verneuil.
    Qu'ils décrivent la vie des cadets du tsar, le chaos dans Petrograd insurgé ou le terrible quotidien dans Varsovie occupée, les souvenirs du comte Alexandre de Plater Syberg sont une contribution lucide et émouvante à l'histoire de l'Europe contemporaine. Index, généalogie et cartes.

  • Appartenant à l'une des plus prestigieuses, des plus anciennes et des plus riches familles hongroises, le comte Paul Palffy de Erdöd naît en 1890.
    Jeune officier de cavalerie, il vit les derniers fastes de la monarchie austro-hongroise avant la Première guerre mondiale. Il est plongé ensuite dans les soubresauts politiques du nouvel État tchécoslovaque et de la Mitteleuropa de l'entre-deux-guerres. Très vite, il devient surtout une figure emblématique de la société du Ritz et de l'Orient-Express, côtoyant tous les grands noms de l'aristocratie et de la diplomatie d'Europe centrale et la high society internationale.
    Grand amateur de femmes, il en épousera huit, parmi lesquelles Louise de Vilmorin qui lui donne son premier vrai foyer - pendant la Seconde guerre mondiale - dans son cher château de Pudmerice. À l'arrivé des Soviétiques en 1945, Palffy fuit vers l'ouest, abandonnant tous ses biens. Il finit ses jours très modestement à Munich en 1968, entouré de ses seuls souvenirs.

  • Maria Czapska (1894-1981), issue d'une illustre famille polonaise, possède aussi une intéressante et prestigieuse ascendance autrichienne, balte et russe. En exploitant la correspondance et les mémoires de ses grands-parents, elle trace un panorama de l'aristocratie de la Mitteleuropa de la fin du XVlIIè siècle à l'aube du XXè siècle.
    Elle livre ensuite ses propres souvenirs d'enfance et d'adolescence, passées dans le domaine familial de Przyluki, près de Minsk, aux confins de l'ancienne Pologne, devenue Biélorussie. À travers la vie de sa famille, de ses parents, de ses sept frères et soeurs, de sa chère gouvernante, de ses institutrices et de tout leur entourage, c'est une société appelée à disparaître avec la Première guerre mondiale et la Révolution russe qui est brossée avec charme et délicatesse.
    Maria Czapska, qui a également publié en français À travers la tourmente (1980), vivra en France après la Seconde guerre mondiale, avec son frère Joseph, et contribuera à la défense et à la promotion de la culture polonaise muselée par les communistes.
    Illustré de nouvelles photos provenant des archives familiales.
    Important index inédit de 450 noms.
    Preface (1971) de Philippe Ariès.

  • Avec esprit et nostalgie, Pringué (1885-1965) décrit, en chroniqueur habile et passionné, ces salons où les femmes, dans des chatoiements de soie et de bijoux, s'entourent de souverains en exil, de princes et de ducs, d'aristocrates, de diplomates, de gens de lettres, d'élégants en habit... enfin, de ce qu'on appelle alors le "gratin". Des salons parisiens aux châteaux, des chasses à courre aux cercles les plus chics, l'auteur nous fait vivre dans l'intimité et l'exubérance publique des noms qui claquent encore dans l'imaginaire collectif : Youssoupoff, Boni de Castellane, la Païva, La Rochefoucauld, Rohan, Deux-Siciles, La Tour d'Auvergne, Broglie, Tour et Taxis, Wagram, Bibesco, Orléans-Bragance, Bourbon-Parme, les grands ducs russes, le sultan du Maroc, le maharadjah de Kapurthala et tant d'autres - dont on trouvera fort opportunément l'index en fin d'ouvrage - qui forment les personnages d'exception de cette pièce à huis clos. Un témoignage de "ce temps où, du moins pour quelques-uns, il était bien agréable de vivre".

    Important index, entièrement revu, de plus de 1 000 noms de la société mondaine, littéraire et artistique.

  • "Aucune autobiographie n'est aussi étrange, ni, à certains égards, aussi intéressante que l'Histoire de ma vie de Marie, reine de Roumanie" écrit Virginia Woolf en 1934 dans un hebdomadaire anglais.
    Fille du duc d'Édimbourg et de la princesse Maria Alexandrovna de Russie, petite-fille de la reine Victoria et du tsar Alexandre II, Marie épouse en 1893 le prince héritier de Roumanie. Elle devient reine de Roumanie en 1914 et s'engage aussitôt comme infirmière de la Croix-Rouge.
    Dans Histoire de ma vie, la reine Marie raconte son enfance et sa jeunesse à la cour d'Angleterre et à la cour de Russie, son projet de fiançailles avec le futur George V d'Angleterre et son mariage avec l'héritier du trône de Roumanie. Vie de famille, vie mondaine et vie politique se mêlent alors dans un tourbillon assourdissant que la première guerre mondiale vient balayer.
    En 1919, elle représente la Roumanie lors de la signature du traité de Versailles.
    Veuve en 1927, Marie se consacre alors à l'écriture et à la rédaction de ses mémoires. Elle meurt en 1938.
    Préface de S.A.R. la princesse Marie de Roumanie, arrière-petite-fille de l'auteur et dernière fille du roi Michel.
    Introduction, notes et index de Gabriel Badea-Päun, historien de l'art français d'origine roumaine.

  • Longtemps considerée comme une fille naturelle de Napoléon, Emilie Pellapra (1806-1871) connut un destin singulier. Fille d'un riche financier, elle épouse à 18 ans le comte de Brigode, ancien maire de Lille et pair de France, de trente ans son aîné, qui avait été chargé par la famille de lui trouver un mari. En 1827, elle accouche de jumeaux. Un mois plus tard son mari meurt. Elle a 21 ans.

    Elle rachète au duc de Bellune l'immense château de Ménars (Loir-et-Cher), ancien domaine de la marquise de Pompadour. Dans les salons de son hôtel parisien et en Val de Loire, de nombreux prétendants courtisent la riche veuve qui porte son choix sur Joseph de Caraman, prince de Chimay, fils de la célèbre madame Tallien, égérie de la Révolution française. De ce mariage d'amour naissent quatre enfants.

    Emilie accompagne son mari lors de séjours diplomatiques à la cour d'Angleterre ou à celle de Napoléon III. Les lettres écrites lors de ces déplacements à Fontainebleau et à Windsor, ainsi que le journal quelle tient en 1859, complètent les souvenirs d'Emilie Pellapara, comtesse de Brigode, princesse de Chimay, qui s'arrêtent en 1836, peu après la naissance de son fils Joseph.

    Décédée en 1871, elle est la grand-mère de la comtesse Greffulhe, modèle de la duchesse de Guermantes, et du mari de la célèbre princesse Bibesco, qui exhuma ces documents dans l'entre-deux-guerres.

  • Fille du général de Ségur, historien de l'Empire et membre de l'Académie française, Célestine de Ségur naît en 1830.
    Elle est élevée dans l'hôtel familial parisien de la rue La Boétie, au faubourg du Roule, où ses parents reçoivent de nombreuses personnalités politiques et intellectuelles. Elle raconte avec talent son enfance de petite fille modèle et les premiers bals d'une jeune fille de la haute société. Puis vient le temps des fiançailles avec M d'Armaillé qu'elle épouse en 1851. Se poursuit alors une existence où se côtoient vie mondaine, vie politique (son père fut créé pair de France par Louis-Philippe, son frère est député orléaniste, son cousin germain est nommé sénateur par Napoléon III ; son mari, sa mère et elle restant légitimistes) et vie intellectuelle (Célestine d'Armaillé publiera d'ailleurs plusieurs ouvrages d'histoire).
    Elle évoque aussi ses séjours dans la propriété des bords de Seine, près de Fontainebleau, et ses voyages en Anjou et en Mayenne, sur les terres de son mari, en Normandie et en Bordelais, dans la propriété de sa soeur Galard. Si ses souvenirs s'arrêtent l'année de ses trente ans, la comtesse d'Armaillé vécut jusqu'en 1918. Elle fut la grand-mère de Maurice, duc de Broglie, de l'Académie française et de l'Académie des sciences, de Louis-Victor, duc de Broglie, prix Nobel de physique, et de la comtesse de Pange qui laissa des souvenirs célèbres.

  • Naître riche dans l'une des plus anciennes et des plus célèbres familles françaises, les Rochechouart de Mortemart, ducs et pairs depuis 1650, et épouser à vingt ans le duc d'Uzès, premier duc et pair de France, aurait suffi à beaucoup de jeunes filles du XIXe siècle. Mais la personnalité d'Anne de Rochechouart de Mortemart, duchesse d'Uzès (1847-1933) est hors du commun. Et sa vie, à cheval sur deux siècles, est une aventure étonnante.

    Née sous Louis-Philippe, la duchesse d'Uzès a traversé son siècle aux premières loges de la vie mondaine et politique de la France. Elle fut à la fois maître d'équipage du rallye Bonnelles (en forêt de Rambouillet) à la mort de son mari en 1878, première femme titulaire du permis de conduire en 1897 puis première à recevoir une contravention pour excès de vitesse l'année suivante (15 km/h dans le bois de Boulogne au lieu des 12 km/h autorisés), soutien des plus célèbres du général Boulanger, première femme lieutenant de louveterie en 1923 et sculpteur reconnu !
    Veuve à 31 ans, cette femme d'action savait aussi recevoir avec faste dans les nombreuses propriétés où elle aimait séjourner avec sa famille.
    Ses souvenirs font revivre l'histoire de France à travers le regard unique d'une grande dame de la vénerie.
    Nouvelle édition, augmentée de photos de vénerie, de Mes histoires de chasse, d'un tableau généalogique et d'un important index de plus de 550 noms.

  • Au coeur du Quartier latin, l'église Saint-Séverin est l'une des plus anciennes de Paris. Édifiée aux XIIIe et XVe siècles, c'est un chef-d'oeuvre d'harmonie et d'équilibre et l'un des joyaux de l'architecture gothique parisienne dont elle résume parfaitement l'évolution, du crépuscule de l'art roman à l'épanouissement de la Renaissance. Sa vitrerie exceptionnelle offre un panorama presque complet de l'art du vitrail, du Moyen Âge à l'abstraction. Paroisse emblématique de la rive gauche, Saint-Séverin joue depuis quinze siècles un rôle important et prend part à tous les grands débats de la pensée catholique?: la Ligue, le jansénisme, l'évolution de la liturgie, la participation des fidèles, le schisme lefebvriste, le rôle culturel de l'Église, etc. Nourri de toutes les publications antérieures, mais faisant bonne justice des idées reçues grâce à un retour aux sources de première main, cet ouvrage érudit et limpide apporte un regard nouveau et souvent inédit sur l'histoire de cette paroisse, de ses bâtiments et de son très riche environnement. L'orgue et la musique liturgique, qui ont beaucoup contribué au renom de Saint-Séverin, font également l'objet d'une étude complète. Le texte est enrichi d'encadrés apportant un éclairage sur des sujets ou des personnages particuliers, de Dante à J.-K. Huysmans. Il est suivi d'une dizaine d'annexes telles que la biographie de tous les curés de Saint-Séverin et de celle des artistes intervenus dans l'église. Fresque synthétique, l'ouvrage montre l'importance et l'influence de Saint-Séverin, église et paroisse, dans l'histoire religieuse, politique, culturelle et sociologique de Paris. Il comprend plus de 120 références bibliographique et un remarquable index de 18 pages. Spécialiste de l'histoire de Paris, Laure Beaumont-Maillet est directeur honoraire du département des estampes et de la photographie à la Bibliothèque nationale de France. Marie-Laure Deschamps-Bourgeon, conservateur en chef du patrimoine, lui a apporté sa collaboration.

  • Les Roms effraient autant qu'ils fascinent.
    On les dit danseurs, musiciens, voleurs ou mendiants ; on suppose les connaître pour ne pas avoir à les rencontrer. On s'excuse d'être impuissant face à leur insertion en prétextant que le peuple rom est par essence méfiant et replié sur lui-même. Le Rom semble un homme à part ; étrange autant qu'étranger. Trop semblable pour laisser indifférent et trop différent pour être notre semblable. Après avoir travaillé trois ans à leurs côtés pour les aider au quotidien, Evangeline Masson-Diez partage ses rencontres à travers des portraits livrés sans faux-semblant ni naïveté.
    Loin des clichés et des fantasmes, Micha, Elena et les autres. Vies et visages de Roms en France raconte le quotidien de quelques familles au-delà du rapport fugace que nous avons parfois avec elles, au coin d'une rue, devant un magasin ou à travers un article de presse. Véritable invitation à la rencontre de migrants relégués aux marges de nos cités, ce livre donne un visage à ces étrangers afin de nous inciter, tous, à oser la rencontre et à changer nos regards.
    "Je ne connais pas les Roms, je connais seulement des familles roms. Des familles souvent pauvres, exclues et marginalisées, qui ont tenté une migration de survie, habitées d'une adaptabilité étonnante, d'une volonté infatigable de se battre et d'offrir un meilleur avenir à leurs enfants".

  • 1965. Une jeune diplomate est nommée pour son premier poste à l'ambassade de France à Pékin ouverte l'année précédente lors de la reprise des relations entre les deux pays. La Chine est alors un monde extrêmement fermé où les étrangers, peu nombreux, vivent à part.

    C'est le journal de son séjour que l'auteur livre ici, scènes quotidiennes qui dessinent une ville, restituent une atmosphère, évoquent un univers qui échappe et enferme à la fois.

    Ce récit se déroule en deux temps. Une première année, période lisse en apparence, où se préparaient des événements imprévisibles. Et, en 1966, l'explosion de la Révolution culturelle dont l'animation bruyante et la violence accentuent encore l'isolement des étrangers.

    Un témoignage de l'époque tout à fait exceptionnel par une des rares occidentales à habiter alors Pékin. Une promenade en liberté dans une ville alors encore extrêmement fermée et très peu développée.

  • "Tandis que le capitaine M*** "causait" avec un paquebot passant au large, je montrais à Sidïa les immenses étincelles dont les détonations se mêlaient au ronflement régulier du moteur.
    - Tu vois, lui disais-je, les Maures sont fous de vouloir résister à des gens aussi riches et aussi puissants que les Français.
    Sidïa reste un moment silencieux, puis il me dit cette phrase inouïe :
    - Oui, vous autres, Français, vous avez le royaume de la terre, mais nous, les Maures, nous avons le royaume du ciel!
    Il me semble que de telles phrases projettent une vive lumière sur toute une façon de sentir, de voir la vie. J'ai rencontré dans les cailloux du Tagant d'admirables ascètes qui m'évoquaient exactement le moine Paphnuce. Mais jamais le fond de rêverie mystique de la race ne m'est apparu de façon plus claire qu'aujourd'hui. "

  • La vie extraordinaire d'Alexandre, prince de Dohna-Schlobitten, (1899-1997) filleul de l'empereur Guillaume II.
    Après une enfance dans une Prusse-Orientale encore féodale, le prince de Dohna reprend la gestion des immenses territoires agricoles et forestiers familiaux. Il assiste à la montée du nazisme puis participe à la seconde guerre mondiale en tant qu'officier de la Wehrmacht, en Pologne, dans les Balkans et en Ukraine. Il est l'un des derniers à pouvoir quitter la poche de Stalingrad. Puis, fuyant le rouleau compresseur russe du début de 1945 qui devait détruire son château de famille et ruiner ses propriétés, il organise le convoi d'exode de tous ses "gens" (le trek, composé de plusieurs centaines de personnes) et gagne la région de Brême après avoir cheminé pendant deux mois, de janvier à mars 1945, sur les routes de Prusse, de Poméranie, du Brandebourg, du Mecklembourg et de Basse-Saxe, faisant étape dans des propriétés de familles apparentées, amies, ou tout simplement, chez des particuliers hospitaliers et solidaires.
    C'est ensuite en Allemagne du sud puis à Bâle qu'il redémarre une nouvelle vie, plus modeste, en exploitant jusqu'à sa retraite une petite entreprise de nettoyage à sec. A la fin de la guerre, la propriété familiale est morcelée, le château détruit et les archives et les oeuvres d'art dispersées dans les musées d'Allemagne de l'Est et de Pologne. Ayant renoncé à reprendre possession de ses terres, même après la chute du mur de Berlin, le prince de Dohna tentera néanmoins de récupérer quelques vestiges de ce monde en ruines.

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