Rene De Ceccatty

  • « Ceux qui comme moi ont eu le destin de ne pas aimer selon la norme finissent par surestimer la question de l'amour. Quelqu'un de normal peut se résigner - quel mot terrible - à la chasteté, aux occasions manquées : mais chez moi la difficulté d'aimer a rendu obsessionnel le besoin d'aimer : la fonction a hypertrophié l'organe, alors que, dans mon adolescence, l'amour me semblait être une chimère inaccessible. » La vie de Pier Paolo Pasolini (1922-1975), cinéaste, romancier, théoricien de l'art et de la littérature, se déroula à la fois comme un destin tragique et comme le symbole de la plus noble des libertés. Ce courage, il le paya très cher : scandales, procès, assassinat mystérieux enfin dont il fut la victime, sur une plage d'Ostie, une nuit de novembre.

  • La vie et la carrière de Maria Callas : sa jeunesse, ses débuts, son triomphe mondial, son accession au statut de diva mais aussi la perte brutale de sa voix, son génie dramatique et sa spectaculaire transformation physique.

  • Dès mon arrivée à Tôkyô, j'avais été frappé par la beauté exceptionnelle de sa lumière. La nuit tombant, des marchands de patates douces cuites à la braise avançaient leurs carrioles, éclairées de lanternes en papier, en chantonnant des mélopées lugubres comme des thrènes qui invitaient la clientèle. Dans la journée, d'autres voiturettes, elles modernes, collectaient les vieux journaux, elles aussi en faisant retentir des ritournelles, mais moins tristes.

    René de Ceccatty relate ici ses années passées au Japon à partir de 1977. Dans cette évocation, il nous livre un autoportrait sans complaisance, puisant dans ses souvenirs comme dans certaines lettres envoyées et conservées par sa mère... Le Japon et la découverte d'une nouvelle forme de pensée et de rapport au monde l'auront marqué à jamais, comme une deuxième naissance, influençant son parcours artistique et sentimental. Avec beaucoup de détermination et d'énergie, René de Ceccatty réussit à s'arracher au temps présent en écrivant, et à ranimer non le passé comme passé, mais « le présent du passé ».

  • René de Ceccatty est un des plus grands spécialistes de l'oeuvre littéraire et cinématographique de Pasolini. Il a réuni une anthologie de textes majeurs du cinéaste et poète sur la figure du Christ. Tous les textes reproduits le sont dans une nouvelle traduction. C'est une occasion unique de découvrir le rapport complexe et fasciné de Pasolini avec la figure de Jésus et la religion catholique, son message évangélique.
    On peut parler « d'identification au Christ », à sa révolte, à son sacrifice et au scandale que reconnaît être Jésus dans les évangiles.
    L'anthologie propose de nombreux textes, parfois inédits en français, poèmes, lettres, récits... Et notamment les textes les plus importants de Pasolini sur son film « L'évangile selon saint Matthieu ».

  • «Pendant que j'écrivais sur mes premières années, maman vivait, à Montpellier, ses quatre dernières. Sa mémoire immédiate l'abandonnait, mais demeuraient intacts la force de sa personnalité et ses souvenirs lointains, du temps de mon enfance, précisément. En me souvenant, je luttais contre son amnésie.
    Sans doute, sa présence auprès de moi a-t-elle été décisive pour la construction de ce récit qui évoque notre vie en Tunisie, puis de ce côté-ci de la Méditerranée, et la conscience de n'avoir ni repères ni frontières. Mais c'est surtout aux sensations d'un paysage intérieur que je me suis attaché, m'arrêtant à l'orée de l'adolescence : quand tout était tracé de ce que j'allais être et que je n'ai pu m'empêcher d'anticiper ici. La mort de maman a arrêté cette remémoration écrite. Je ne pouvais pas aller plus loin. Le dernier chapitre avait été écrit.» René de Ceccatty


  • "j'ai choisi le masque d'un personnage qui a fait une découverte culturelle assez forte pour ébranler ses convictions.
    je fais dire à françois xavier : " je constatai une chose, à savoir qu'en écrivant, je devenais absent du monde, ou j'accentuais cette sorte d'absence qui caractérisait mon séjour au japon. " j'ai tenté de décrire cette absence, à travers la vie d'un homme qui a passé au japon le même temps que moi (quatre siècles et demi plus tôt, entre l'été 1549 et l'automne 1551) et a renoncé à sa mission. face à des adversaires mieux aguerris à la polémique théologique (bouddhiste, bien entendu), il se laissa mourir.
    j'aimais ce renoncement, cette image si contraire à la vision triomphante des colonisateurs. je voulais mettre en scène le doute ou l'impossibilité de réduire idéologiquement une autre culture. ".

  • Isabelle Adjani, décidant d'incarner à son tour Marguerite Gautier, a préféré qu'une nouvelle version théâtrale soit écrite. J'ai adapté non pas la pièce, mais le roman d'Alexandre Dumas fils. Les passions y sont présentes, à nu. L'intimité, l'urgence, la violence s'y expriment avec plus d'immédiateté. Eliminant l'aspect grivois ou moraliste de la pièce, j'ai pensé, ainsi, susciter une émotion à la fois plus vivante et plus réfléchie. Le nombre réduit de personnages, le rythme même de la narration, la construction en vingt tableaux, le choix des moments psychologiques m'ont paru permettre de représenter, de nos jours, cette histoire d'amour donnant lieu, depuis un siècle et demi, à un véritable culte. La mise en scène a été confiée à Alfredo Arias.
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  • Isabelle Adjani, décidant d'incarner à son tour Marguerite Gautier, a préféré qu'une nouvelle version théâtrale soit écrite. J'ai adapté non pas la pièce, mais le roman d'Alexandre Dumas fils. Les passions y sont présentes, à nu. L'intimité, l'urgence, la violence s'y expriment avec plus d'immédiateté. Eliminant l'aspect grivois ou moraliste de la pièce, j'ai pensé, ainsi, susciter une émotion à la fois plus vivante et plus réfléchie. Le nombre réduit de personnages, le rythme même de la narration, la construction en vingt tableaux, le choix des moments psychologiques m'ont paru permettre de représenter, de nos jours, cette histoire d'amour donnant lieu, depuis un siècle et demi, à un véritable culte. La mise en scène a été confiée à Alfredo Arias.
    /> R. de C.

  • Le mot amour a, dans le langage, un statut très singulier : c'est un mot qu'il est facile de prononcer, mais qu'il est difficile d'entendre, l'eût-on longtemps attendu. Il a le pouvoir de donner vie et mort, les deux parfois se confondant.
    Les quatre dialogues réunis ici mettent en scène quatre couples que hante une amitié amoureuse : Artemisia Gentileschi et Galilée, Julie Talma et Benjamin Constant, Eleonora Duse et Gabriele D'Annunzio, Maria Callas et Pier Paolo Pasolini.
    Les quatre femmes sont des artistes qui vécurent la passion sur scène ou sur la toile. Toutes les quatre en ont retiré des plaisirs incertains. Artemisia fut tentée d'abandonner les sujets sanglants de ses tableaux. Julie renonça très vite à sa carrière de comédienne pour assurer celle de son mari. La Duse, enfant de la balle, aurait souhaité pouvoir se passer du public et du théâtre, mais, à l'exception de quelques mois de silence, ne se permit aucune pause et mourut en tournée. La Callas perdit sa voix et crut, l'espace de quelques années, préférer la vie à la scène, avant de comprendre qu'elle n'avait d'existence que par son art qui l'avait abandonnée. Toutes les quatre ont été, par ailleurs, sinon de grandes amoureuses, du moins des femmes obsédées par la représentation narcissique de l'amour, dans sa violence tragique. Aucune ne fut fidèle, aucune n'inspira de fidélité amoureuse.
    Les quatre hommes qui furent leurs amis respectifs multiplièrent liaisons ou aventures. Aucun ne connut d'amour heureux.

  • Un père est une nouvelle, étape dans le travail de confession autobiographique de René de Ceccatty.
    Le narrateur raconte ici sa rencontre, puis sa relativement brève relation avec un

  • « Vingt ans après la mort de Violette Leduc (1907-1972), j'écrivais, pour la collection que dirigeaient J-M-G. Le Clézio et sa femme Jemia, et qu'animait Philippe Rey, un hommage à cet écrivain dont la découverte a été déterminante pour moi. Le principe de cette collection éphémère était de proposer un texte qui soit à la fois un portrait et une confidence intime. Il ne s'agit donc pas d'une biographie, mais du récit très personnel de mon rapport avec l'oeuvre de Violette Leduc. J'y raconte l'influence qu'elle exerça sur ma vie personnelle et ma vie de lecteur et d'écrivain. J'y analyse ses livres, en les comparant à d'autres oeuvres qui ont également compté pour moi (Marguerite Duras, Jean Genet, Tony Duvert, Julien Green, Pasolini entre autres).
    Lorsque Martin Provost préparait son film Séraphine, je fis sa rencontre et lui appris que Violette Leduc était une grande admiratrice de cette artiste autodidacte et mystique. Martin se mit à lire Violette Leduc et, complètement conquis par son talent et sa personnalité, il décida de lui consacrer un film, en me demandant mon aide pour l'écriture du scénario, avec son ami Marc Abdelnour.
    Ce film que j'ai co-écrit évoque donc la vie de Violette entre 1942 et 1958, c'est-à-dire entre le moment où elle écrit son premier livre et celui où elle commence la rédaction de La Bâtarde et va donc connaître le succès. » R. de C.

  • A partir de trois amitiés - celles qui l'ont rapproché d'Hector Bianciotti, d'Alfredo Arias et de Silvia Baron Supervielle-, l'auteur, tout en reparcourant leurs histoires et ses relations avec eux, tente de comprendre ce qui a conduit tant d'Argentins (de Cortázar à Copi, en passant par d'innombrables musiciens, peintres, dramaturges et romanciers) à choisir Paris pour refuge contre le régime péroniste, puis contre la junte militaire. Ou parfois par simple idéal artistique ou encore pour des raisons personnelles.

  • Aimer

    René de Ceccatty

    " Que reste-t-il d'un amour, en dehors du temps qui passe au moment où il passe, une fois que l'on a esquivé l'affrontement des amants, une fois que s'est dissipé le trouble de la présence, la terreur de perdre l'autre ? Maintenant que je sais que j'ai perdu Hervé, maintenant que je vois écrite la rupture et que rien ne peut renverser l'ordre du temps, je ne crains plus qu'un mot dangereux ne l'éloigne de moi.
    Je n'ai plus peur. Cela me donne une grande force ? Je peux écrire au présent ? J'ai perdu toute nostalgie parce que l'avenir m'a définitivement échappé. "

  • La sentinelle du reve

    René de Ceccatty

    • Points
    • 14 Octobre 1997

    L'une, Marie, est hantée par la figure de Véra Carolus, écrivain, disparue il y a plus de dix ans et qui, au travers de ses livres et par son existence même, fit l'expérience d'une liberté singulière.
    L'autre, Antonia, professeur de philosophie, part à notre époque rejoindre Descartes au bord du Danube. Deux soeurs pour lesquelles le rêve est, peut-être, ce qui permet de vivre. C'est un moment de leur existence qui nous est raconté ici : de leur visite à un savant absorbé par l'étude des rêves, jusqu'à l'expédition qu'elles entreprennent en forêt vierge, à l'intérieur d'un pays pauvre, anciennement colonisé.

  • Aimer

    René de Ceccatty

    «Que reste-t-il d'un amour, en dehors du temps qui passe au moment où il passe, une fois que l'on a esquivé l'affrontement des amants, une fois que s'est dissipé le trouble de la présence, la terreur de perdre l'autre ? Maintenant que je sais que j'ai perdu Hervé, maintenant que je vois écrite la rupture et que rien ne peut renverser l'ordre du temps, je ne crains plus qu'un mot dangereux ne l'éloigne de moi. Je n'ai plus peur. Cela me donne une grande force. Je peux écrire au présent. J'ai perdu toute nostalgie parce que l'avenir m'a définitivement échappé.»

  • L'eloignement

    René de Ceccatty

    Il restait encore des documents à découvrir sur la romancière morte Harriet Norman.
    Un film, qui n'avait pas encore été monté, la montrait sur une terrasse à Rome, au début des années soixante-dix. Cette terrasse où je devais, moi-même, par hasard, me retrouver trente ans plus tard et vivre une fois encore mon amour pour Hervé que je croyais avoir perdu. A l'occasion d'un voyage en Amérique du Sud, dans une capitale hantée par des poètes français, j'ai retrouvé la trace d'Harriet et j'ai essayé de réfléchir au temps, à la persistance du sentiment amoureux, à la solitude, à la nécessité de la littérature.
    J'ai ranimé des figures réelles et imaginaires dans ce livre qui prolonge, de l'autre côté du monde, la passion que j'ai décrite dans " Aimer " et dans " Consolation provisoire ". Il n'y a pas de dernier mot. R. de C.

  • Objet d'amour

    René de Ceccatty

    Xavier Signalon est envoyé à Rome pour réaliser une copie du Jugement dernier de Michel-Ange, là même où quelques années plus tôt Stendhal avait entrepris d'écrire une nouvelle sur la passion amoureuse de Michel-Ange pour Tommaso Cavalieri. Le roman est complété par des textes littéraires (sonnets et lettres de Michel-Ange, textes de Stendhal, Balzac, etc.) qui font revivre ces trois créateurs

  • Le narrateur a eu une relation tourmentée avec Raphaël dont il s'est séparé. Il est tenté de maintenir une amitié intense, abstraite. Il retrouve une amie perdue de vue depuis longtemps. Au cours d'une nuit blanche, elle lui raconte sa vie. Elle a aimé, elle aussi, un Raphaël qui l'a abandonnée. En écoutant ces confidences, l'auteur revoit son propre passé. Hanté par son enfance ? d'où se détache le souvenir d'un pont de bois, symbole japonais de la fragilité de tout amour et du danger de le raconter ?, il précise sa défiance à l'égard de la fiction, tout en affirmant son goût de l'imaginaire quand il est ancré dans l'expérience.

    Portrait de René de Ceccatty par Philippe Matsas © Flammarion

  • « Dans la rue on la reconnaît et la poursuit. En la voyant filer à grandes enjambées martiales, dans ses capes qui font claquer leurs ailes à chaque pas qui fuit, on dit de cette grande ombre au visage enseveli sous une pluie de cheveux, camouflé sous la visière d'un chapeau mou, derrière d'énormes lunettes noires, que sa beauté rayonne encore, que son style éclate. » En septembre 1949, Greta Garbo s'apprête à jouer dans La Duchesse de Langeais sous la direction de Max Ophuls. Le tournage est brutalement annulé. René de Ceccatty revient sur cet échec, symbole d'un renoncement qui aura marqué la vie et la carrière fabuleuse de l'actrice suédoise à la beauté miraculeuse. En se retirant de l'écran, Garbo a orchestré l'effacement auquel elle a toujours aspiré, au coeur de sa gloire et pendant un demi-siècle, jusqu'à sa mort en 1990. Avec finesse et élégance, ce récit éclaire le mythe de l'inoubliable Reine Christine à la lumière d'archives retrouvées.

    Couverture : Portrait de René de Ceccatty par Philippe Matsas © Flammarion

  • Noir souci

    René de Ceccatty

    Le grand écrivain italien Giacomo Leopardi a connu une fin de vie mystérieuse, entouré d'un confident, d'un jeune ami inconnu qui a pour nom Antonio Ranieri.
    Dans les années 1830, les deux hommes vont vivre cachés à Naples. L'auteur génial des Canti et du Zibaldone est vieux, malade, bossu, ne voit presque plus ; Antonio est fougueux, solaire, séducteur de femmes, prêt à triompher de toutes les entraves qui seront sur son chemin. Comment deux êtres aussi opposés ont-ils pu vivre une passion, une amitié aussi forte intellectuellement ? Non charnelle, faut-il le préciser.
    René de Ceccatty restitue les lettres que les deux hommes s'échangent, décrit les conflits qui les opposent à leurs familles, notamment le père de Leopardi (Monaldo) et les deux soeurs Paolina, évoque la difficulté de vivre malgré la grandeur de la poésie, le tout sous l'oeil de Naples, ville traversée par la grâce et le soufre.

  • Alberto Moravia

    René de Ceccatty

    Entre 1929, année de parution de son premier roman Les Indifférents, et 1990 où il meurt, Alberto Moravia observe l'Italie, voyage à travers le monde dont il analyse l'évolution catastrophique et participe à l'élaboration du roman moderne. Ecrivain précoce - il a dix-sept ans lorsque, atteint de tuberculose osseuse et immobilisé en sanatorium, il commence à rédiger ce qui est considéré comme un chef-d'oeuvre classique -, il bénéficie d'une notoriété immédiate. Antifasciste, courageux dans ses positions intellectuelles, Moravia est persécuté par les lois raciales avant et pendant la guerre, mais parvient à publier. Ses succès romanesques (Agostino, Le Conformiste, Le Mépris, L'Ennui) donnent lieu à des adaptations cinématographiques qui consolident sa gloire. Grand reporter, il veut comprendre les événements majeurs du xxe siècle: aux Etats-Unis, en Inde, en Chine, au Japon, en URSS, en Afrique. Il distingue la démarche artistique, qui est une fin en soi, absolue, et l'engagement politique, qui exige un autre type d'action et de parole. Le parcours de sa vie, l'étude de son oeuvre révèlent une personnalité affranchie de ses origines bourgeoises et ' normales'. 'L'anormal, c'était moi', écrit-il. Sa vie affective le lie à trois femmes de tempérament (Elsa Morante, Dacia Maraini, Carmen Llera) et à des créateurs auxquels il est profondément attaché : parmi eux, Pier Paolo Pasolini. Une vie de Moravia ne peut être que l'histoire d'un destin assumé dans sa liberté, mais aussi le reflet du XXe siècle, en Italie et dans le monde. Et c'est ici sa première biographie intellectuelle.

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