Olivier Schefer

  • François et Jean, deux amis, se retrouvent des années plus tard dans un paysage sublime de montagnes pyrénéennes où gronde la Garonne. Ils sont liés par un secret : Geneviève. L'un est le frère de Geneviève, l'autre son premier amoureux.
    Un saut dans la nuit est le roman solaire et tragique de la naissance de nos premières émotions, du premier amour, les rêves et les désespoirs de l'adolescence, et la force de la nature. C'est le premier roman d'Olivier Schefer.

  • Si la vie des peintres nous intéresse autant que leur peinture, ce n'est pas que la première explique la seconde. L'art n'explique rien, laissons cela aux philosophes et aux théologiens ! La création est souvent à l'antipode de la vie d'un artiste. Celui-ci extirpe la substance de ce qu'il vit, il s'en éloigne même strictement ; il ne suffit pas de raconter quelque chose. Certains écrivains vont au bord de la mer planter le décor d'une histoire et d'autres imaginent la forêt vierge amazonienne depuis une chambre d'hôtel en Normandie. Nous n'avons que les mots pour aller au-delà des mots, les peintres ont leurs images pour crever l'illusion.

    Les conversations silencieuses sont celles d'abord d'un enfant avec son père ; une relation faite de silences, de secrets et de rêveries. Puis ce furent celles de l'amitié qui se nourrit de tout ce qui reste toujours à dire, du seul fait d'aimer. Enfin ce sont celles que le narrateur entretient avec l'art. Si la peinture est entrée dans la vie d'Olivier Schefer par effraction - il ne l'a ni comprise ni tout de suite aimée - elle est désormais indissociable de son métier, de ses émotions et de ses passions.
    C'est ce goût de la vie au travers de l'art, notre destin commun face aux choses et aux vies silencieuses, qu'il nous fait partager.

  • Ce livre prolonge et clôt une trilogie noire, débutée avec les Variations nocturnes, en 2008, et poursuivie avec Des revenants. Corps, lieux, images, en 2009. Il ressaisit et déplace le lien qui parcourait sourdement ces deux textes, celui de l'errance, de l'exil et des mouvements labyrinthiques des figures de la nuit. Avec, pour repères, Nerval et Freddy Krueger (Les Griffes de la nuit), Jacques Tourneur, Joe Dante, Carnival of Souls, Pedro Costa, Kafka. Olivier Schefer raconte aussi l'histoire des liens réversibles et complémentaires entre la théorie, l'analyse des images et l'écriture. Les objets sur lesquels on travaille, une vie durant, avec obstination, inquiétude et émotion, sont en même temps ceux qui nous hantent et nous transforment en être de fiction.
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  • écrivain, savant et philosophe, novalis (1772-1801) n'est pas seulement le poète de la " fleur bleue " qu'a retenu la tradition.
    Il nous laisse une importante oeuvre théorique fragmentaire, qui trouve sa place aux côtés des pensées de pascal et des fragments posthumes de nietzsche. la présente édition restitue une part essentielle de ses derniers textes philosophiques, rédigés entre 1799 et 1800. reprenant à son compte la tradition séculaire de la magie et de l'harmonie universelle, novalis invente également quelques-unes des formes et des questions de la modernité en court-circuitant la pensée dialectique : écriture du fragment, médecine philosophique, physiologie de l'art.
    Poète et penseur à la croisée des chemins, il reste la figure la plus éminente de l'utopie romantique d'une transmutation artistique du réel.

  • Que se passe-t-il quand nous n'arrivons plus à dormir et que nous sommes rejetés dans les marges de la nuitoe Ce livre de l'insomnie est une libre réflexion sur l'être au monde des mauvais dormeurs, qui hantent la littérature romantique et le cinéma contemporain (somnambules, revenants, zombies). On ne lira pas une thèse sur les phénomènes du sommeil, mais un essai fragmentaire sur les liens entre l'imaginaire et le corps des êtres nocturnes; corps hantés des somnambules hyperesthésiques et corps du scripteur qui recherche ici sa mémoire.

  • Résonances du romantisme On a souvent souligné la dimension absolue du romantisme, à l'origine du culte moderne de l'art et de son autonomie.
    C'est oublier que cette esthétique ne perd jamais de vue la réalité physique, les rapports humains, les accidents et la pluralité des formes, si bien que l'acte créateur reste solidaire d'une expérience fondamentale du monde et de l'altérité. " Période " singulière, s'il en est, dé l'histoire de l'art et de la philosophie, puisqu'il travaille continuellement à son propre dépassement, le romantisme nous aide à mieux comprendre l'art d'aujourd'hui, et donc, tout aussi bien, à imaginer celui de demain.
    Ces essais examinent plusieurs moments topiques des esthétiques modernes et contemporaines à la lumière du romantisme allemand, parmi lesquels : la création collective, le paysage, le chaos et le fragment, l'humour ou encore la poétique du rêve.

  • La photographie est un médium que Bernar Venet a pratiqué par intermittence pour des séries très spécifiques. À dix-neuf ans, se promenant en bord de mer près de Marseille, il observe sur les pans d'une falaise une coulure de goudron solidifié... qu'il photographie pour mémoriser cet évènement aléatoire et les effets de la matière figée, pour fixer le « noir » et les jeux de la lumière jusqu'à leur disparition, comme dans l'un de ses premiers portraits, celui de son frère photographié la nuit...
    Tout au long de sa carrière, de 1963 à aujourd'hui, Bernar Venet aura réalisé de nombreux portraits. Au commencement, ceux de ses proches - frère, amis -, mais aussi, et presque systématiquement, des portraits des artistes qu'il croise, fréquente et rencontre : Man Ray, Andy Warhol, Ralph Gibson, Richard Serra...
    Parallèlement, il se livre à une pratique photographique d'inspiration scientifique : une série de photographies est réalisée sur les fusions du métal, matière familière pour le sculpteur qu'il est. En 2005, il expose une série d'autoportraits tomodensitométriques, photographies créées au moyen d'un scanner scientifique, explorant par coupe sa propre anatomie...
    Ce livre regroupe l'ensemble des portraits d'artistes.

  • L'ouvrage propose une lecture transversale de l'image aquatique au cinéma, qui multiplie les scènes de terreur aquatique en revisitant les mythes anciens. Sont abordés notamment les zombies sous l'eau de Shock Waves, une Venise morbide dans Ne vous retournez pas, ou encore un cadavre flottant à la surface d'une piscine au début de Boulevard du crépuscule.

  • Stéphane Thidet

    Olivier Schefer

    • Lienart
    • 20 Avril 2017

    À la fois sombre et émerveillé, le monde de Stéphane Thidet (né en 1974) offre des visions distordues de la réalité. Ses oeuvres mettent en scène sa vision de la réalité imprégnée de fi ction et de poésie. Il aime à se situer dans cet entre-deux et jouer avec les limites de ces espaces fi ctionnels et réels. S'appuyant sur des situations de la vie courante, il y introduit la notion d'instabi- lité face à l'érosion du temps et de l'action qui mène à leur disparition. Son travail tient à la fois de la sculpture et de l'installation.
    Depuis le milieu des années 1990, le lien avec les éléments naturels traverse tout le travail de Stéphane Thidet.
    Pour son exposition Désert à l'abbaye de Maubuisson, ancienne abbaye royale cistercienne, l'artiste a pensé trois oeuvres contextuelles. Ses nouvelles productions ont pour point commun leur rapport au sol, au paysage, au géologique et à une idée de l'épure en écho à cet ancien monastère cistercien. En investissant ces espaces, Stéphane Thidet s'est intéressé à ce qui constitue l'essence même de ces lieux, à savoir la retraite, la prière et l'introspection. L'image du désert en est le miroir, comme espace mental, de paix, d'isolement, de méditation, de silence, d'éternité et de contemplation. L'ouvrage revient également sur ses réalisations antérieures et notamment celles qui furent présentées au Collège des Bernardins à Paris, au printemps 2016

  • Lumineuse comme le cristal et mobile comme le pollen, l'oeuvre protéiforme de Novalis (1772-1801) ne cesse de bousculer les dogmes, de transgresser les cloisonnements, de repousser les limites. Il aura suffi de quelques brèves années à ce jeune poète philosophe pour repenser et rêver l'unité entre les contraires, à travers des manuscrits tels que Le Brouillon général, le poème mystique des Hymnes à la Nuit ou son roman poétique, Henri d'Ofterdingen. Par-delà les clichés sur la sentimentalité romantique et son prétendu catholicisme, cette biographie intellectuelle voudrait rendre justice à l'ambition synthétique et réformatrice de cette oeuvre audacieuse qui se donne pour tâche de romantiser le monde. Cet ouvrage se propose donc d'examiner la part lyrique, théorique, romanesque, religieuse et politique de l'oeuvre de Novalis. Mais avant d'être un rêve philosophique ou littéraire, la romantisation est l'affaire de la biographie. La pensée et l'écriture de Novalis dialoguent avec sa propre vie, qu'elles dépassent ou dont elles réinventent la forme. Le désir d'absolu se brise en mille fragments sur les accidents du monde et se rejoue sur les contingences propres à toute existence. Chez Novalis, celles-ci ont pour nom : amitié, amour, deuil et maladie. Que vaudraient une pensée et un poème qui n'auraient pas traversé l'épaisseur d'un corps ?

  • « Rien n'est plus poétique que tous les passages et les mélanges hétérogènes », écrivait Novalis.

    Le mouvement romantique, qui prône l'indiscipline et les hybridations, accorde au mélange des genres et des formes une valeur à part entière. Comique et sublime, haut et bas, art et nature, rêve et réalité, nombreuses en cette période sont les combinaisons qui malmènent la hiérarchie des sujets et les frontières disciplinaires. Après les Résonances du romantisme (Lettre volée, 2005), consacrées aux contradictions esthétiques, ces Mélanges romantiques examinent, sous trois angles différents - religion, fragment et rêve -, la thèse spéculative selon laquelle l'art manifeste de façon privilégiée la vérité absolue. Loin d'instaurer le culte unique du beau et du vrai, le romantisme met en crise la vérité en art et jusqu'à l'idée de représentation.
    Plus qu'une thèse sur le romantisme, ce livre est un essai mené avec le romantisme, fait de coups de sonde, d'hypothèses, de rêveries et de quelques variations théoriques. Mais pourquoi revenir sur notre passé romantique ? Par nostalgie, réaction, insatisfaction à l'égard de notre monde ? Rien de cela ne prend en compte l'essentiel. Reprendre la question romantique, c'est instaurer un dialogue avec un passé qui se tient à la lisière du présent, et, en retour, faire émerger les potentialités de ce mouvement à la lumière de ses effets contemporains ; critique du système, déconstruction de l'oeuvre, montages aléatoires.
    Il n'est jamais indifférent d'être moderne.

  • Rien n'est simple dans une rencontre amoureuse, encore moins lorsqu'elle a lieu dans les Balkans dont, comme le narrateur, nous ignorons tout ou presque. Pour des recherches iconographiques, un historien de l'art parcourt la Bulgarie, la Serbie et la Macédoine, et nous fait découvrir la géographie de l'Orient, les splendeurs byzantines, les strates historiques si complexes de ces pays malmenés par les guerres, les réminiscences (et les clichés !) littéraires de Théophile Gautier à Lamartine, la modernité d'Orhan Pamuk, les nuits d'orage sur le Mont Athos.
    Il suffit de savoir regarder, de déchiffrer les images pour que, dans le mystère des rencontres, surgisse l'éblouissement.
    Un seul souvenir est le premier roman d'Olivier Schefer.

  • Une tache d'encre raconte une fêlure d'enfance. En retrouvant, après la mort de sa mère, un encrier, le narrateur retrouve son passé.
    Mais le passé n'est pas une image immobile, c'est un film dont les protagonistes changent en permanence de place. Aussi les suivons-nous dans les trains de nuit, à Venise en hiver, dans les Pyrénées ou les cinémas parisiens. En revenant sur ses pas, le narrateur redécouvre la relation si complexe et si mystérieuse à son frère qui est le motif secret et le fil rouge de ce roman.

  • Cet ouvrage interroge la persistance des ruines dans la création actuelle en sollicitant plusieurs disciplines, dont l'esthétique, les arts plastiques, la littérature, les jeux vidéo ou encore internet. Cette approche pluridisciplinaire tend à saisir dans sa complexité ce phénomène qui n'en fi nit pas de susciter attrait et répulsion, fascination et malaise.

    Avec le soutien de l'UMR de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

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