Martine Lacas

  • Entre 1780 et 1830, les artistes femmes accèdent en France à une visibilité inédite. Transformé par la Révolution française, l'espace de production artistique s'ouvre de manière inédite aux femmes. Sont ici présentées les oeuvres d'Élisabeth Vigée Le Brun, Adélaïde Labille-Guiard, Marguerite Gérard, Marie-Guillemine Benoist ou Constance Mayer, aux côtés de nombreuses autres plasticiennes célébrées en leur temps : Angélique Mongez, Henriette Lorimier, Pauline Auzou, Hortense Haudebourt-Lescot Adèle Romany, Joséphine Sarazin de Belmont etc. Les conditions de la pratique artistique pour les peintres femmes à cette époque, leur accès à la formation, leur insertion dans le milieu professionnel grâce aux réseaux de sociabilité, la réception critique et publique de leur présence aux Salons méritent d'être redécouverts pour que soit enfin réévalué le rôle, actif et déterminant qu'en tant qu'artistes elles ont tenu dans l'histoire de l'art de la Révolution à la Restauration. N'est-il pas temps de les voir en peintres puisque tel fut leur choix ?

  • Depuis le texte fondateur de Vasari, l'histoire de l'art avait tenu dans l'ombre le travail des femmes peintres. À partir des années 1960, les Feminist Studies et les Gender Studies ont permis de mettre à mal cette tendance et de redécouvrir des artistes majeures dont le travail avait été injustement occulté au profit de celui de leurs homologues masculins.
    Du fait de leur isolement et de leur faible nombre tout autant que des interdits et des obstacles qui furent opposés à leur formation comme à leur carrière, l'étude des femmes peintres a engagé Martine Lacas à se poser certaines problématiques qui leur sont propres : dans quelles familles sont-elles nées ? comment se sont-elles formées ? quelles stratégies ont-elles développées pour légitimer leur statut d'artiste et leur production ? Mais aussi qu'est-ce que le fait d'être femme a changé quant au choix des sujets et de leurs interprétations, quant à l'affirmation de soi par l'oeuvre et dans l'ouvre ?
    Pour répondre à ces questions, Martine Lacas s'appuie sur l'étude des ouvres de ces femmes peintres du XVe à l'aube du XIXe siècle, parmi lesquelles on compte Elisabeth Vigée Le Brun, Artemisia Gentileschi, Sofonisba Anguissola ou Adélaïde Labille-Guiard, dont le genre a déterminé et détermine encore la réception, la fortune critique et l'appréciation esthétique.

  • Désir et peinture

    Martine Lacas

    • Seuil
    • 22 Septembre 2011

    - Parcourant un corpus d'oeuvres picturales et de textes tant théoriques que littéraires compris entre le XVe et le XIXe siècle, cet ouvrage se propose d'observer comment la question du désir se déplace et se reformule parallèlement à l'affirmation progressive de l'art comme valeur.À partir de la Renaissance, les oeuvres picturales, profanes ou religieuses, qui mettent en scène un objet du désir majoritairement emprunté aux sources mythologiques et bibliques se multiplient. Partant de ce premier constat, se pose la question de savoir : " où et quand ", " comment " le désir devient-il un sujet en peinture ? C'est à la condition de poser ces questions premières, c'est en observant de près des oeuvres dont le sujet met en scène des héros réputés aux prises avec le désir qu'on pourra espérer savoir pourquoi. Pourquoi la peinture, à partir du moment où elle s'émancipe progressivement du monde du culte pour intégrer celui de la culture, à partir du moment où le peintre devient un artiste, où l'activité imaginaire est valorisée, parfois même théorisée, pourquoi la peinture entretient-elle un lien si étroit avec le désir ? Au gré de cette enquête inédite qui puise à des sources multiples, c'est une histoire critique de l'art pictural qui va se tracer. Mais aussi une histoire de sa réception, de son pouvoir, de ses effets, de sa définition. Une histoire de ses formes, de ses configurations. Une histoire de l'imagination, une histoire du spectateur, une histoire de l'artiste.

    - Née en 1964, docteur en histoire de l'art, Martine Lacas enseigne à l'université et écrit régulièrement pour la presse. Elle a publié aux éditions de La Martinière Artistes de la Renaissance et aux éditions du Seuil Au fond de la peinture.


  • de la fin du xive siècle au xvie siècle, la renaissance a révolutionné les arts: nouvelles manières de représenter les hommes, les animaux et les objets, redécouverte de l'antiquité, de ses monuments, ses sculptures et ses peintures.
    dans cette période de changements, les jeunes apprentis s'initient à leur métier auprès de maîtres qui les forment tant à la peinture qu'au dessin et à la sculpture. comment vivent-ils dans l'atelier ? quelles techniques leur apprend-on ? comment deviennent-ils maîtres à leur tour ? martine lacas nous ouvre les portes des ateliers de florence, rome et venise pour nous faire découvrir le quotidien de ces apprentis, des plus célèbres, comme léonard de vinci ou raphaël, aux plus anonymes.


  • Au fond de la peinture

    Martine Lacas

    • Seuil
    • 15 Octobre 2008

    La contemplation (et la compréhension) d'un tableau ne saurait se limiter à sa figure centrale, et c'est pourtant bien souvent là que notre regard s'arrête. A travers l'étude d'une soixantaine de tableaux et de la relation qui s'y engage entre premier et arrière-plan, Au fond de la peinture nous livre une manière inédite d'appréhender la peinture occidentale du XIV au XIXe siècle. Martine Lacas nous mène aux confins du tableau, dans ses lointains et sa profondeur. Elle renouvelle ainsi notre vision et interroge notre désir de voir la peinture, nous proposant de découvrir "au fond" quelque chose du mystère de l'invention picturale.

  • Sabine Meier est partie à New York avec l'idée de faire le portrait de Rodion Romanovitch Raskolnikov, le célèbre personnage de l'écrivain russe Dostoïevski. Avec ses seuls souvenirs de lecture du roman lu plusieurs années auparavant, elle déambule dans les rues new-yorkaises.
    C'est au cours de ses pérégrinations, qu'elle reconnaît dans le visage d'un passant celui qui deviendrait son Raskolnikov. Comment réussit-elle à convaincre cet inconnu à incarner l'image de ce personnage de fiction ? Une longue collaboration commença entre eux et « Portrait of a Man» était en construction.
    Ce livre se structure comme une fiction, comme une vue « photographique » de l'esprit dont la visée est de dresser un portrait mental du héros de Crime et Châtiment. Si l'on doit parler d'adaptation photographique, celle-ci n'est ni la restitution fidèle de la narration romanesque ni son illustration contemporaine : le roman est un matériau où Sabine Meier a puisé, en toute liberté, le substrat de ses photographies.
    Crime et Châtiment est en effet le récit d'une trajectoire, au sens propre comme au figuré, puisque le personnage central ne cesse de s'y déplacer, de changer de point de vue, d'objet et de distance de focalisation, tant psychiquement que physiquement. Et nous avec lui.
    C'est l'histoire d'un parcours mental, en partie incarné par un déplacement dans l'espace urbain dont les diverses distorsions métaphorisent celles de son esprit. Le roman de Dostoïevski procède par conjonctions et disjonctions, continuité et rupture, dilatation et contraction, accélération et ralentissement. Il est construit sur une alternance de scènes d'intérieur et d'extérieur, construction que Sabine Meier a suivi dans son approche photographique.
    L'écriture du texte de Martine Lacas se met en place à partir des

empty