Laurence Benaïm

  • La sidération

    Laurence Benaïm

    « Tu m'écoutes maman ? Je te parle et je sais que tu n'as plus aucun prétexte pour me fuir. Tu es là justement parce que tu n'es plus. Écrire, c'est tordre le cou du temps, pour t'avoir enfin en face de moi, entièrement à moi. ».

    Lorsque Laurence Benaïm décide d'écrire à sa mère, celle-ci n'est plus. Pourtant elle n'a jamais été aussi proche. Cardiologue parisienne très occupée, petite fille juive cachée pendant la Seconde Guerre mondiale, Nicole, la mère de la narratrice, n'a pas vraiment su parler à sa fille. Alors qu'elle s'éteint petit à petit dans en unité de soins intensifs puis palliatifs, l'auteure tente avec tendresse et honnêteté de combler les pointillés d'une vie peu racontée.
     Du Paris occupé, en passant par la Bourgogne ombrageuse, jusqu'à Oran, la narratrice cherche, inspecte et déplie ses souvenirs avec ses parents. Pourquoi sa mère était aussi dévouée avec ses patients alors qu'elle, sa fille, n'avait même pas la bonne tenue en cours de danse ? Pourquoi est-ce si dur de se laisser soigner lorsqu'on a été soignante toute sa vie ? Pourquoi la grand-mère maternelle ashkénaze avait du mal à comprendre la douleur de son gendre, sépharade exclu du lycée parce que juif ? Tant de souffrances, celle des familles juives déportées et décimées, celle des Algériens massacrés, celle d'une fille accompagnant sa mère à l'hôpital, mais pourquoi si peu de mots et de dialogues, au nom de ce qu'il a fallu taire pour se reconstruire ?

    Avec émotion, subtilité et force, Laurence Benaïm décide de conjurer le sort, de les faire parler tous, pour lutter contre le silence.

  • Le 7 janvier 2002, alors qu'il fête les quarante ans de sa maison, Yves Saint Laurent fait ses adieux à la haute couture. La nouvelle choque le monde entier et révèle la force et la fragilité de l'homme que Mishima appelait « l'enfant aux nerfs d'acier ». Ce livre la première biographie du couturier raconte l'ascension du jeune garçon qui, né en 1936 à Oran, rêvait de faire des robes pour un monde qui n'existait plus et s'écriait à l'âge de treize ans : « Un jour, j'aurai mon nom gravé en lettres de feu sur les Champs-Elysées. » C'est l'itinéraire d'un peintre de la vie moderne, oeil à vif, traversant les époques pour en habiller l'ambiguïté dans un parfum de luxe, de vertiges et de décadence. Yves Saint Laurent meurt le 1er juin 2008. Plus que le roman de la mode de 1958 à nos jours, il s'agit ici d'un hommage au métier où brillent les derniers feux d'un certain art de vivre.

  • Jean-Michel Frank ? L'auteur de la « huitième merveille du monde ». C'est ainsi qu'Yves Saint Laurent qualifie sa décoration du fumoir de l'hôtel de Charles et Marie Laure de Noailles, que Frank avait imaginée au milieu des années 1920.  Avec quelques passionnés, le plus grand couturier du monde a ainsi contribué à faire redécouvrir dans les années 1970 celui dont on avait oublié l'importance primordiale dans l'histoire du goût. Fils de Juifs allemands installés en France avant la Première Guerre mondiale,  Jean-Michel Frank fait partie de la bourgeoisie « assimilée » de la IIIe République. Elève à Janson-de-Sailly, il s'y lie d'amitié avec René Crevel, qui lui présente Drieu la Rochelle. A côté de ces jeunes écrivains en devenir, Frank choisit la décoration. Très vite, il invente son style. Un style apuré, épuré, dépouillé, renversant la lourde esthétique qui triomphait jusque-là. Minimaliste avant l'heure, il traite la marqueterie de paille comme le parchemin ou le gypse d'une manière inédite; avec Jean-Michel Frank, c'est une révolution de l'art décoratif qui se joue. Des personnalités aussi diverses que Cole Porter, François Mauriac -qui l'appelle le "Dr Frank"-, Elsa Schiaparelli, ou Nelson Rockefeller font appel à son talent. Ses complices ont pour nom, Francis Poulenc, Christian Bérard, Alberto Giacometti.
    La vie de Frank est à l'image de ses créations : effacé, fantomatique, il cherche le silence comme il cherche la pureté: "il aimait l'invisible de la véritable élégance" écrira Jean Cocteau. Homosexuel dans une société où cela n'est admis que par certaines personnes, juif à une époque de montée du fascisme et de l'antisémitisme, Frank cherche un refuge dans la drogue. Paris occupé, il s'exile à New York en 1941 et s'y suicide. 

  • La mode de Versailles a toujours été source d'inspiration pour les créateurs de mode, comme en témoigne notamment le style néo-Trianon, mis à l'honneur dans les années 1950. Textes et images illustrent l'influence de l'esprit de Versailles sur la haute couture.

  • La mode de Versailles a toujours été source d'inspiration pour les créateurs de mode, comme en témoigne notamment le style néo-Trianon, mis à l'honneur dans les années 1950. Textes et images illustrent l'influence de l'esprit de Versailles sur la haute couture.

  • L'histoire de la maison de Christian Dior située au coeur de la Provence. Avec un carnet touristique qui propose une sélection d'adresses et de lieux à visiter.

  • « Couturier body liner, Azzedine Alaïa redéfinit la silhouette au fil d'une histoire affranchie de toutes les saisons. De son travail émane quelque chose de singulièrement extrême, austèrement érotique. Pas d'effet, ni de fioriture. Il sculpte des mouvements. Des voix. Toutes les voix des femmes, celle d'Arletty en tête, « ce mélange de la rue et d'une élégance de reine ». L'empreinte d'un rythme. « La secousse », comme il dit.

    Pour Azzedine Alaïa, l'art obéit au frémissement intérieur. L'important est d'abord et avant tout « que ça tourne autour du corps, de profil et de dos ». De la nuque à la naissance d'une jambe, il recompose une leçon magistrale sur le corps dont il a fait sa page blanche, son tableau noir. »

  • Laurence Benaïm a 38 ans. Journaliste, elle dirige les pages consacrées à la mode au journal Le Monde. Elle est l'auteur chez Grasset d'une biographie d'Yves Saint Laurent (1993).

    Son prénom est plus célèbre que son nom pourtant illustre : Marie-Laure. Née en 1902 dans une famille au croisement de l'aristocratie (les Chevigné) et du judaïsme ( les Bishoffsheim), elle est à sa mort en 1970 la dernière représentante d'un monde auquel elle n'a jamais appartenu. Enfant, elle a déchiré les lettres de Proust à sa grand-mère, Laure de Chevigné, modèle d'Oriane de Guermantes. Elle a grandi dans une maison que fréquentèrent Anatole France, Mistral, Bakst, ou Francis de Croisset, " Bel-ami " qui devient son beau-père. Adolescente, cette jeune femme qui fut élevée en solitaire connaît le tourbillon du monde, " Lolita de Cocteau ", elle s'étourdit dans les années folles. Mariée à Charles de Noailles, le couple concilie l'argent et le goût, mécène de l'âge d'or du surréalisme, demandant à Mallet-Stevens de leur construire à Hyères une maison cubiste, à Jean-Michel Frank de " démeubler " leur salon de la place des Etats-Unis, offrant à Bunuel de tourner L'Age d'or, dont la projection entraîne l'un des plus vifs scandales esthétiques des années trente. Une provocatrice ? Une anticonformiste ? En 1936, elle soutient les républicains espagnols et en 1968 elle se rend sur les barricades en Rolls-Royce.
    Son plus grand talent ? Sentir l'époque. Il y a un ton Marie-Laure. Il y a un goût Marie-Laure : placer sur une cheminée à la fois des ivoires esquimaux, des vases étrusques et un réveil Fabergé. " Tortionnaire adorée ", intelligence " feu follet ", choquant le Faubourg Saint-Germain, cette éternelle étrangère se métamorphose, à la fin de sa vie, en Mère Ubu enjuponnée de gros tweed. La décadence de l'aristocratie, la scène avant-gardiste, l'ascension de la " café-society ", le gratin cosmopolite.
    Avec une virtuosité d'écriture, brassant tout le paysage littéraire et artistique, de Cocteau à Crevel, de Poulenc à Dali, Laurence Benaïm a écrit le destin d'une iconoclaste, fâchée avec sa naissance.

  • Pour les 15 ans de la maison Iro, fondée par Laurent et Arik Bitton en 2005.

  • Légende du tennis français. Fondateur de la marque du même nom. Formidable inventeur. Monsieur René Lacoste est avant tout un joueur élégant au fairplay reconnu, un créateur exigeant à l'origine de la révolution de nos vestiaires, un ingénieur passionné.

    Sa vie, René Lacoste la dédie tout entière à l'action et la passe à innover et à créer. Des terrains de tennis au golf de Chantaco, entouré de sa famille ou nourri de ses rencontres, celui que l'on surnommait « The Alligator » n'a jamais failli à cette réputation. Tenace, visionnaire, soucieux de la précision et du détail, René Lacoste est encore et toujours une figure iconique, intemporelle et tellement actuelle.

    A l'occasion des 85 ans de la marque. Lacoste revient sur la vie de son fondateur René Lacoste (1904-1996) dans un ouvrage inédit, résolument moderne. Un texte de Laurence Benaïm, un livre largement illustré de photos d'archives, inédites pour certaines, et d'images d'aujourd'hui et dont chaque chapitre s'ouvre sur un dessin original de Floc'h.

  • En 2016, la maison Lancel fête ses 140 ans et nous propose un livre et une exposition itinérante qui célèbrent, sous le soleil de la création, les valeurs d'une maison enracinée dans la tradition française du luxe et de l'excellence.
    C'est en 1876 que Lancel, originellement fabrique d'articles pour fumeurs, naît à Paris et célèbre la Belle Epoque à travers de multiples innovations techniques qui coïncident avec l'avènement de l'électricité (Bambino, le plus petit poste radio du monde), le développement du tourisme (nécessaires de toilette, articles de voyage), l'automatisation accompagnant la révolution industrielle (briquets automatiques, comme le Lancel Excelsior...). Depuis lors, Lancel, dont les créations sont faites pour simplifier la vie en la sublimant, est devenu le synonyme d'un véritable art de vivre, alliant la sophistication d'un savoir-faire à un fonctionnalisme sans faille.
    Évitant les pièges de la rétrospective, ce livre met en valeur de manière ludique et didactique toutes les facettes de la maison, entre patrimoine et collections contemporaines, avec des cartes blanches données à des artistes et à des écrivains.

  • « Depuis sa disparition le 1er juin 2008, Yves Saint Laurent n'a jamais été aussi vivant. La dispersion de la collection de tableaux et d'oeuvres d'art qui faisaient partie de la collection Yves Saint Laurent/Pierre Bergé, est devenue la « vente du siècle ». L'exposition que lui consacre le Petit Palais en mars 2010, n'en finit pas de consacrer le couturier, autant que le génie de la couleur irréductible à l'histoire de la mode dont il a provoqué toutes les ruptures. Pourtant, sous les honneurs, la mémoire n'est-elle pas nue ? Premier couturier à être célébré de son vivant (Metropolitan Museum, New York, 1983), premier à créer sa propre fondation, riche de milliers de modèles et d'accessoires, il est aussi le premier à interroger la mémoire d'un monde qui s'enfuit. Celui des chocs et des liaisons dangereuses, celui des provocations sublimées par la volupté dont ses robes étaient les maîtresses. Au-delà des lots, des cartels, des records, que restera-t-il de l'homme dont les derniers témoins sont comme les figurants d'une histoire qui se prolonge dans le coeur de ceux qui ne l'ont pas connu ? Ce livre, en forme de témoignage, est aussi une collection de portraits-souvenirs, entre Paris et Marrakech, le Palace et le 5 avenue Marceau, fragments tour à tour rouges et rose, venus redonner à cette présence-absence, un souffle, une respiration recouverte pourtant, telle Orphée, d'un voile noir. » Laurence Benaïm

  • Madame Grès

    Laurence Benaïm

    Des modèles représentatifs de l'art d'une légende de la haute couture : madame Grès.

  • Depuis quelques mois, les octogénaires monopolisent les médias. Tel Stephane Hessel, ils s'indignent ! Electrons libres, ces super-seniors échappent à la course contre le temps dans laquelle se consument leurs cadets quadragénaires happés par les gourous du bien-être et de l'anti-âge. Loin des monstres sacrés d'hier et des héros de la longévité asiatique, ils semblent inclassables, aussi solitaires qu'entourés, francs-tireurs d'une époque malade de son jeunisme, condamnée à se distraire dans les parcs d'attractions culturels pour fuir ses démons.
    Ce livre est écrit sous la forme d'un récit personnel, autobiographique, enrichi par les témoignages inédits de personnalités issues du monde de la culture. Les démons d'Irina Ionesco y frôlent les souvenirs d'Hubert de Givenchy, les rêves de René de Obaldia rencontrent les cauchemars de Marceline Loridan, les tailleurs d'Edmonde Charles-Roux dansent avec l'étoile Claude Bessy. Mais l'autre face de la vieillesse existe aussi : la vie silencieuse du service de gériatrie accompagne la défaite quotidienne des proches à l'hôpital. Dans la bataille contre le temps qui passe, contre la mort, les seniors sans inhibition n'ont plus rien à perdre et tout à transmettre. Comment vivent-ils ? Quels sont leurs rythmes ? Qu'ont-ils appris ? Quel rapport entretiennent-ils avec leur corps ? Comment pensent-ils la mort ? Soumis à leur passion, ils défient le temps du déclin obligatoire.

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