Jean Desy

  • Mais pourquoi ai-je tant besoin que l' amour, que mon amour " père-fille " soit si parfait ? Ce voyage a trouvé au fond de moi sa justification - rationnellement, c'était une espèce de folie de partir -, justification dans la mesure où le but ultime, c'était de démontrer mon amour à ma fille, mon affection la plus désintéressée.
    Je sais bien que je voulais aussi en quelque sorte la " voler " à son monde, à sa société, à sa famille, à sa mère, à ses frères et à sa soeur. Moi tout seul, je voulais l'aimer. Je voulais montrer à ma fille, au moins une fois dans sa vie, à quel point j'étais capable de l'aimer bien, alors qu'elle participerait entièrement à l'une de mes aventures, à l'une de mes rêveries, alors qu'elle profiterait du meilleur de moi-même.
    Je m'essaie à ces quelques explications, même gauches, à cause de mon hypersensibilité à ce qui ne va pas, à ce qui pourrait ne pas aller. Tout ce voyage, la découverte du monde maori comme l'escalade des volcans les plus éblouissants, pourrait n'avoir absolument, et j'insiste, " absolument " aucun sens s'il fallait qu'en ce moment je sois à couteaux tirés avec ma fille. Partir, pour un nomade, ce n'est jamais fuir.
    C'est plutôt rester en quête.

  • Vivre, ce n'est pas obir ce qu'on nous enseigne, nous dit Jean Dsy dans son essai. C'est plutt travailler prserver le lien sacr qui nous unit la rivire, la montagne, la cabane au fond du bois. Rien de plus vrai que le chant d'un oiseau, que le frmissement d'une truite dans l'eau glace, que le vent qui balaie la toundra.

  • Chorbacks

    Jean Desy

    Je ne voyage pas pour me dépenser. Je voyage pour garder contact avec les chants. De mon Afrique et de mon Europe. De mon Amérique et de l'Océanie. Et de cette Asie qui bouillonne. Dans mon sang indien. Transe poétique, traversée initiatique, le souffle, tantôt sauvage, tantôt doux, Chorbacks" dit la nordicité. Jean Désy pointe dans ce recueil lumineux l'immensité de la route et des glaciels. Le monde est devenu si grand, et les rêves d'espace font corps au poème."

  • Le chant explose, navigue les territoires et les corps. Le poème hurle l'amour, casse les digues, roule d'écho en écho. «Je n'ai pas grand conseil à donner. J'aime aimer, de toutes mes forces. » Extrait : Ô ma belle ma rapaillée Ma forte au bois givré Ma cascadeuse ma rieuse Je pense à toi dans ma cabane Je pense à toi dans ma nuit Je t'écris des mots d'amoune Parce que t'écrire c'est t'embrasser Et quand je te reverrai Le plus doux des soirs J'aurai des iris dans la voix Et un pieu dans le coeur

  • Ce n'est pas que Descartes avait tort, en énonçant son «Je pense donc je suis.» Le problème se situe plutôt... dans un abus de raison. Et si, à force de nous remettre à la logique rationnelle pour bâtir nos sociétés - leur approche pédagogique, leur système médical, leur rapport à la science, au mystère -, nous nous étions imposé des oeillères par peur du vertige, perdant de vue une part essentielle, irrationnelle? Dans ce plaidoyer pour un monde ménageant une place à la poésie et à l'intuition, Jean Désy en appelle à ses maîtres à penser issus des sciences aussi bien que des humanités et des arts, citant Carl Jung comme Clarice Lispector, Antoine de Saint-Exupéry autant que Simone Weil, en passant par Max Planck et Lao Tseu. Nous voici invités à leur table pour oser imaginer un nouveau rapport au réel.

  • Tuktu

    Jean Desy

    Joanassie, un jeune Inuit qui vit à Montréal, retourne un jour au Nunavik, où il est né, avec François, un ami de sa mère adoptive. Ils vont chasser le tuktu, le caribou. Ils se rendent dans la toundra en VTT, trouvent un sentier de migration des caribous et se cachent derrière un rocher. Quand un caribou s'avance vers eux, Joanassie se prépare à tirer. Mais rien ne se passe comme prévu...

  • Ce n'est pas que Descartes avait tort, en énonçant son «Je pense donc je suis.» Le problème se situe plutôt... dans un abus de raison. Et si, à force de nous remettre à la logique rationnelle pour bâtir nos sociétés - leur approche pédagogique, leur système médical, leur rapport à la science, au mystère -, nous nous étions imposé des oeillères par peur du vertige, perdant de vue une part essentielle, irrationnelle?

    Dans ce plaidoyer pour un monde ménageant une place à la poésie et à l'intuition, Jean Désy en appelle à ses maîtres à penser issus des sciences aussi bien que des humanités et des arts, citant Carl Jung comme Clarice Lispector, Antoine de Saint-Exupéry autant que Simone Weil, en passant par Max Planck et Lao Tseu.

    Nous voici invités à leur table pour oser imaginer un nouveau rapport au réel.

  • Une méditation sur la mort, la vie et l'amour.

    Résumé
    Mourir. Malgré la vie. Malgré la joie. Mourir. Peut-être renaître un jour. Conte-poème au pays des Inuits et des coureurs de froid. Accueilli et soigné au Nunavik, l'aventurier blessé médite sur la mort, la vie et l'amour. C'est dans la toundra que le rescapé retrouvera la force de vivre.

    Extrait
    Je vous connais gens du Nord
    Bien-aimés nomades depuis des lustres
    Qui parcourez cette terre
    De loups-marins et d'eaux
    Je vous connais mes courageux
    Et même si je ne vous connaissais pas
    Vous me recueilleriez en disant
    Bienvenue à toi le pauvret
    Celui dont la jambe traîne comme une peau
    Entre qu'on te serve un thé brûlant
    /> Viens dans la chaleur de notre abri

    L'auteur
    Poète, médecin, nomade, voyageur et vagabond, Jean Désy vit autour de Québec, il est toujours en partance entre les îles, les toundras et les taïgas. Il est l'auteur d'une oeuvre profondément humaine. Il a publié chez Mémoire d'encrier Uashtessiu / Lumière d'automne (en collaboration avec Rita Mestokosho, 2010), Chez les ours (2012), Isuma, anthologie de poésie nordique (2013), Bras-du-Nord (en collaboration avec Normand Génois, 2015), Amériquoisie (2016), Chorbacks (2017) et Hymne à l'amoune (2019).

  • Amériquoisie

    Jean Desy

    "Amériquoisie" rassemble des essais portant sur l'autochtonie, le nomadisme, le paysage et la nordicité. Témoin, auteur, promeneur et acteur, Jean Désy court le territoire et nous parle de cette aventure dite métisserie. "Amériquoisie" est une réflexion sur le fait métis. Jean Désy, poète amoureux du Nord québécois, connu pour ses récits inspirés de rencontres en tant que médecin, interroge ici la qualité de la relation nord-sud. S'inscrivant dans la filiation de Louis-Edmond Hamelin, Jean Désy pose la question de l'identité collective, dépeint le territoire québécois à travers l'Amérique pour dire que, nalement, l'espoir dépend du métissage, « le métissage physique, bien sûr, mais surtout la métisserie culturelle. »

  • Nepalium tremens

    Jean Desy

    • Xyz
    • 1 Septembre 2011

    Ça devait être une vertigineuse montée. Celle de l'Everest. C'est plutôt une effroyable descente dans l'enfer de la dysenterie, car le narrateur - au moment où il amorce sa montée - est terrassé par un virus.
    Des hauteurs célestes, il chute dans la merde au sens le plus vrai du terme. La faiblesse est telle qu'il sombre à plusieurs reprises dans l'épilepsie. Et c'est là que les choses changent : cette perte de conscience provoque des visions érotiques comme jamais, le narrateur n'en a eues. Il faut dire qu'il est soigné par des infirmières d'une beauté à couper le souffle et que cela influence sans doute son imaginaire déglingué.
    Le voyage auquel nous convie Jean Désy est l'envers du sublime. On patauge plutôt dans le grotesque, dans la burlesque, mais il y a, malgré que le protagoniste frôle la mort à chaque page, une bonne humeur et une drôlerie qui nous déride constamment. Absam, le moine-bouffon, y est pour beaucoup dans cette propension à l'hilarité.
    C'est aussi l'occasion pour le narrateur de s'interroger sur les grands thèmes de l'existence : la mort, l'amour, le bonheur, la compassion, la pauvreté et la richesse, mais aussi la paternité, car le narrateur se sent coupable devant ses fils. Pourtant, ces derniers quitteront tout pour venir le secourir.
    Nepalium tremens, un roman intense et immense.

  • Toundra = tundra

    Jean Desy

    • Xyz
    • 27 Octobre 2009

    Il est difficile d'expliquer ce qu'est la révélation. Quelque chose comme une illumination qui fait vibrer la racine de vos cheveux et qui vous indique que quelque chose vient de changer en vous. Vous êtes saisi, surpris et terrorisé. Vous ne vous appartenez plus. Après, plus rien n'est pareil. Il a sans doute suffi d'un seul voyage dans le Grand Nord pour que le Dr Jean Désy comprenne que le temps et l'espace se déclinaient autrement que dans le Sud et que les aurores boréales charriaient, dans leur intense et fabuleuse lumière, des parcelles du Divin. Et alors, le poète a compris que l'espace humain est sans limite et qu'il est vain de vouloir le circonscrire. Posséder la terre, c'est s'enchaîner à elle.

  • L'idée de la mort habite en permanence le nomade. Il voudrait mourir en expédition, sur un haut sommet ou dans une baie cachée de la taïga ou entre deux rochers noirs de la toundra. Ce que souhaite le vagabond-nomade, c'est une croix de bois gris [...] pour que d'autres nomades puissent admirer le même paysage que lui. Ce recueil de textes est plein de détours et de surprises. Il est parfois poétique, parfois lexicologique, parfois philosophique, parfois festif, parfois mystique. Organisé autour de grands thèmes qui soutiennent l'ensemble, ce tour d'horizon sur la nordicité dit des choses graves et belles. Il dit que Dieu a quitté les villes et que c'est dans le silence sidéral et incommensurable de la toundra qu'Il se manifeste, et que percevoir sa présence, c'est comme sentir le souffle de l'esprit divin s'infiltrer dans nos narines. Il dit la beauté et l'espoir du monde. Il dit l'amour du Nord et des Autochtones. Jean Désy vogue entre le Sud et le Nord, entre la haute montagne et la toundra, entre l'autochtonie et la grande ville, entre l'écriture et l'enseignement, entre la médecine et la poésie, entre ses enfants et ses amours, tous éparpillés au gré de leur propre nomadisme. Parmi ses dernières parutions, un recueil de nouvelles intitulé Entre le chaos et l'insignifiance et un recueil de poésie, Toundra.

  • Vivre ne suffit pas

    Jean Desy

    • Xyz
    • 14 Avril 2011

    Une chose me frappe: que ce soit en médecine ou en littérature, toujours, il y a nécessité de prendre contact avec l'Autre. De la même façon qu'un étudiant en médecine se doit d'apprendre à entrer en contact avec les maux d'un patient, ses souffrances et

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