Fabrice Bouthillon

  • Il est inacceptable de rapprocher Napoléon des grands dictateurs totalitaires du XXème siècle, et en particulier de Hitler : telle est la conviction quasi unanime de l'historiographie, tout spécialement à la française. Autant le dire d'emblée, Bonaparte comme Précurseur a été écrit pour perturber ce consensus. Car on a beau s'acharner à ne pas vouloir le voir, il reste qu'à l'époque contemporaine, c'est Napoléon qui a inventé le centrisme par addition des extrêmes, que les totalitarismes ont retrouvé après lui ; qu'il a été le premier à revendiquer la référence impériale romaine, qu'ils ont ensuite tous plus ou moins reprise ; que des éléments décisifs de sa politrique religieuse la rapprochent de celles de Musssolini et de Hitler ; que bien des aspects du second empire méritent aussi d'être pensés sous cet angle ; qu'à ces différents dossiers, il faut encore ajouter tout ce que peut toujours avoir à nous dire sur ce thème l'oeuvre de Karl Marx, une fois décrassée de sa vieille boue léniniste.
    Bref : cette question méritait qu'on la reprenne.

  • Ce n'est en rien diminuer le mérite de lanceurs d'alertes, que de mettre en lumière que leur démarche s'inscrit dans une tradition qui leur préexiste. C'est dans cet esprit que Fabrice Bouthillon s'attache ici à montrer comment ceux qui, en notre temps, protestent contre les abus sexuels du clergé, peuvent se réclamer du précédent illustre de Jules Vallès. Une version abrégée de ce texte a fait l'objet d'une première publication au printemps 2020 dans le numéro 169 de Commentaire.

  • En séparant la Gauche de la Droite, la Révolution française a créé dans toute l'Europe politique une brèche qui n'était, à la veille de 1914, pas plus surmontée en Allemagne qu'en France. La défaite de 1918, niée, a porté à vif la déchirure allemande.
    Le nazisme, prétendant réconcilier une valeur de Droite, le nationalisme, avec une valeur de Gauche, le socialisme, s'est offert aux Allemands comme la solution centriste, en faisant confluer ces deux valeurs sur la personne d'un meneur charismatique.

  • Cent trente ans après la France de 1789, la Russie expérimente en 1917 le même phénomène révolutionnaire. La déchirure qu'il opère entre une Gauche et une Droite aboutira à une tentative totalitaire pour les réconcilier, le stalinisme reprenant la formule, tirée du bonapartisme, de centrisme par addition des extrêmes avec son slogan de « socialisme en un seul pays ».

  • On ne saurait comprendre l'épanouissement du phénomène totalitaire européen au XXe siècle si on admet, comme on le fait pour ainsi dire sans y songer en France, qu'au siècle précédent la Révolution ait abouti chez nous à fonder la République. Elle a, bien au contraire, débouché sur une interminable guerre civile entre la Gauche et la Droite qui, ouverte ou larvée, s'est très vite étendue à tout le continent. C'est à cette guerre qu'après le premier conflit mondial, les totalitarismes ont prétendu apporter leur solution, qui était de type centriste, mais par addition des extrêmes. L'originalité de la France est d'avoir échappé à cette issue, alors que c'était pourtant sa révolution qui l'avait rendue possible, parce que, grâce à sa victoire de 1918, elle est parvenue à pérenniser la réconciliation des deux partis qui était intervenue en 1914, chez elle comme chez tous les belligérants, dans l'Union sacrée. C'est donc grâce à celle-ci, et nullement grâce à la Révolution, que le régime républicain est alors devenu légitime : sur un mode, en somme, pratiquement inverse de celui qu'avaient voulu les Constituants.

  • Fabrice Bouthillon, professeur et agrégé d'histoire, fait une critique incisive de l'Université française. Cette institution lui semble dépassée : il est temps qu'elle fasse peau neuve. Sans langue de bois, en trois points, il fait des propositions pour améliorer l'enseignement à la faculté. Il supprime les concours très réputés de l'agrégation ; le Conseil National des Universités qui valide les thèses des futurs enseignants ; les très prestigieuses classes préparatoires aux grandes Ecoles.

  • Le schemes qu'on abat

    Fabrice Bouthillon

    • Fallois
    • 2 Novembre 1995

    En examinant les actes, les écrits et discours de Charles de Gaulle, en soulignant la fréquence avec laquelle il recourt aux termes et concepts de la théologie catholique, Fabrice Bouthillon montre que la vision politique du général est de nature mystique.

  • Il faut partir de la révolution française pour comprendre l´épanouissement du nazisme en Allemagne et, hélas, son invraisemblable postérité. Cette thèse, iconoclaste, Fabrice Bouthillon la démontre, grâce à une érudition époustouflante et une plume allègre, dans un livre qui fera date. C´est en effet la Révolution qui a séparé la Gauche de la Droite, créant ainsi dans toute l´Europe une déchirure politique qui, malgré l´oeuvre unitaire de Bismarck, n´était en fait à la veille de 1914 pas plus surmontée en Allemagne qu´en France. La défaite de 1918, refusée et même niée par beaucoup, a porté à vif la déchirure allemande. Parce qu´il prétendait réconcilier une valeur de Droite, le nationalisme, avec une valeur de Gauche, le socialisme, le nazisme s´est offert aux Allemands comme la solution, paradoxalement centriste, à ce problème lancinant de la réfection de l´unité nationale, en faisant confluer ces deux héritages sur la personne d´un meneur charismatique. Plus fort encore, Hitler, jusqu´au moment de rédiger son testament politique, est resté dans la ligne de ce centrisme, comme s'il entendait ménager l'avenir.

  • Présentation des deux testaments d'Adolf Hitler, dictés la veille de son suicide. L'auteur commente ces documents, et remettant en question l'image d'un homme oscillant entre poussées de folie homicides et vagues de renoncement et y voit une manoeuvre politique.
    Le plus souvent, historiens, cinéastes et témoins présentent le dernier Adolf Hitler coupé du réel au fond de son bunker, oscillant entre des poussées de folie homicide et des vagues de renoncement.
    La lecture attentive du testament politique qu'il a dicté la veille de son suicide oblige à remettre cette image en question, tant ce texte frappe par l'intelligence diabollique de cette dernière manoeuvre diplomatique. Il confirme ce que le général de Gaulle avait compris : Hitler est resté un acteur politique maître de ses moyens jusqu'à sa dernière seconde. Présenté pour la première fois au public francophone, le texte des deux testaments d' Adolf Hitler précède le bref essai historique de Fabrice Bouthillon.

  • Comment est-on passé de la protestation éclatante du dernier Pie XI au silence de Pie XII ?

    Le 21 mars 1937, pour le dimanche des Rameaux, le pape Pie XI fait lire, du haut des chaires de toutes les églises catholiques d'Allemagne, une encyclique introduite clandestinement dans le Reich depuis quelques jours au moyen de la valise diplomatique de la nonciature de Berlin.

    Non contente de dénoncer la violation du concordat de 1933 par le régime hitlérien, elle oppose point par point la dogmatique chrétienne aux principaux articles de la foi nazie, et sa divulgation fut l'une des rares défaites d'ampleur nationale qu'ait jamais subies le système de contrôle de l'opinion mis sur pied par le nazisme.

    /> Comment cette encyclique a-t-elle été conçue ? Quelle est exactement sa doctrine ? Comment fut-elle reçue, en Allemagne et ailleurs, par les amis et par les ennemis, par les fidèles et par les diplomates ? Quelle fut sa postérité ? Quelles furent ses limites ? Autant de questions cruciales pour la compréhension du rapport du catholicisme tant avec le nazisme qu'avec le judaïsme, voire avec notre actualité, questions que ce volume, qui réunit les actes d'un congrès tenu à Brest en juin 2015 sur ce sujet, affronte en mettant à profit le renouvellement de la connaissance historique permis à cet égard par l'ouverture récente des Archives secrètes vaticanes pour le pontificat de Pie XI.

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