Adolfo Bioy Casares

  • Le narrateur de la nouvelle-titre, souffrant de maux de dos, se rend aux thermes d'Aix-les-Bains. Là, il croise une connaissance qui lui confie comment, par quel ricochet amoureux, il est devenu propriétaire de l'hôtel où loge notre narrateur. « Sous l'eau » explore les limites de l'amour : son narrateur refuse de subir des transformations radicales afin de suivre son aimée sous l'eau, où elle a choisi de vivre...
    Dans ces neuf nouvelles, Adolfo Bioy Casares, que son chef-d'oeuvre L'Invention de Morel a hissé parmi les plus grands auteurs de la littérature sud-américaine, joue avec le fantastique, pratiquant un mélange des genres surprenant qui ne manque jamais de charmer son lecteur.

  • Un homme en fuite trouve refuge sur une île déserte. Un lieu étrange, dominé par une villa immense et somptueuse dont les sous-sols recèlent une machinerie aux fonctions incompréhensibles. L'île, pourtant, n'est pas si déserte qu'elle l'a semblé de prime abord. Des estivants, réunis sur place par un certain Morel, s'engagent dans une fête languide dont le rituel paraît se reproduire à l'infini.

  • Dernier ouvrage d'Adolfo Bioy Casares, publié peu de temps avant sa mort en mars 1999, Des choses merveilleuses regroupe des essais très personnels où l'auteur argentin aborde sur le ton de la confidence quelques-uns de ses sujets de prédilection : l'amour et les femmes, les voyages et les livres, la correspondance, sa passion pour la littérature italienne, l'humour.
    Dans un style fluide et très plaisant, Bioy Casares livre réflexions et souvenirs intimes à propos de thèmes connus ou d'expériences vécues par la plupart d'entre nous, nourrissant son propos d'exemples qui apparaissent autant de sujets de nouvelles ou de romans encore à écrire. Cet opus qui pétille d'intelligence et de saine ironie offre au lecteur l'occasion d'entrer dans une sorte de commerce littéraire avec l'auteur de L'Invention de Morel. À la fois gais et anecdotiques, ces délectables et menus récits nous offrent quelques belles « fantaisies », au sens musical du terme, d'un des plus grands auteurs argentins du XXe siècle. Si paradoxal que cela puisse paraître, ce dernier texte de Bioy Casares, encore inédit en français, pourrait constituer pour de nombreux lecteurs une formidable porte d'entrée dans l'oeuvre de l'auteur.

  • Ex-employé de banque, Lucien Bordenave est devenu horloger depuis qu'il a été licencié. Il mène une existence paisible dans un quartier populaire de Buenos Aires. Soudain, pour des raisons inconnues, on enferme sa femme Diana dans une clinique psychiatrique. Dès lors, son quotidien, fait de conventions, va être bouleversé par une série de péripéties bizarres et inquiétantes, entre autres l'intrusion de sa belle-soeur, sa rencontre avec le fascinant directeur de l'hôpital Reger Samaniego ou l'apparition d'une chienne qui, curieusement, répond elle aussi au nom de Diana. Enfin, le comportement de la « vraie » Diana, à sa sortie de la clinique, lui fait prendre conscience, petit à petit, qu'autour de lui se produisent d'étranges transferts et mutations d'âmes et de corps...
    Dormir au soleil s'inscrit dans le cadre de cet imaginaire pour ainsi dire « frontalier », à cheval entre le rêve et la réalité, dont Bioy Casares a fait un royaume très singulier et qui lui a valu d'être, avec Borges et Cortázar, l'un des écrivains les plus marquants de la littérature argentine du XXe siècle.

  • Memoria sur la pampa et les gauchos a été écrit en 1970 au retour d'un séjour en France. Cesares y entreprend une enquête fondée sur son vécu, notamment lorsqu'il se rendait à Rincón viejo, la propriété familiale sise à Pardo, dans la province de Buenos Aires. Adolfo Bioy Casares a en effet été fortement imprégné des scènes de la vie des gauchos argentins durant son enfance dans l'estancia familiale.
    Avec ce livre, fidèle à son souci d'érudition et à sa manière propre d'user de l'interprétation, l'auteur de L'invention de Morel se met à rêver à la vie du gaucho que ni lui ni Jorge Luis Borges, n'auront réellement vécue. Bioy Casares réfléchit ici à la figure du Martín Fierro (nous avons publié l'essai de Jorge Luis Borges en 2012) et ce qu'elle représente dans la littérature mais aussi dans la société argentine du XXe siècle.
    La construction du récit est parfaite. Le gaucho y acquiert un statut mythique :
    Sorte de chevalier moderne, archétype de Don Quichotte. Chansons d'une autre époque, personnages de films, photographies, poèmes de l'une des traditions littéraires nationales ; l'ensemble devient une petite une somme de documents, de sources et de pièces à conviction qui contribuent à la légende argentine de la pampa. L'érudit et faiseur d'histoires Casares joue avec élégance sur l'imagerie, entre mémoire et imaginaire. Des photographies en noir et blanc, petites pépites classées par ordre chronologique, jalonnent le texte. Les histoires et chansons de payador qui s'y succèdent sont brèves, enchantées. C'est en réalité une vision moderne des chanteurs illettrés du Moyen Âge qui s'en dégage de manière spontanée et improvisée.

  • « Pourquoi ceux qui écrivent des livres ont-ils honte de l'amour ? Vous au moins prenez l'amour au sérieux. » Ainsi Adolfo Bioy Casares se juge-t-il lui-même, pour peu qu'on l'identifie à son narrateur. Et l'on découvre en effet avec plaisir, au long de ce recueil de quatorze nouvelles, tout l'intérêt que celui que l'on considère comme l'un des maîtres de la littérature latino-américaine depuis son chef-d'oeuvre L'Invention de Morel, porte à l'amour : insaisissable, on doit parfois se résoudre à l'accepter tel qu'il est pour le conserver. Si on le dénigre, s'imaginant qu'il est éternel, il peut nous filer entre les doigts. Plus fort que tout, il peut se révéler dangereux pour ceux qui gravitent autour de lui. Surtout lorsqu'il naît à l'ombre d'une dictature. Mais, dans son extraordinaire pureté, il se suffit de peu. Publié en 1971, inédit en poche, ce recueil au ton délicieusement ironique ramène le lecteur au quotidien amoureux, et l'élève également aux histoires les plus sublimes. Car l'auteur observe l'amour tel qu'il est : parfois décevant, il peut aussi être grandiose.

  • Dans le sillage de son chef-d'oeuvre L'Invention de Morel, Adolfo Bioy Casares nous offre ici un recueil d'onze nouvelles ayant toutes comme trait commun l'élément fantastique. Que ce soit dans un domaine perdu au fin fond de l'Argentine, dans un club sportif de Buenos Aires, sur un bateau de croisière, dans un hôtel suisse ou un bistrot africain, sous les éclairages les plus divers - romanesque, angoissant, tragi-comique ou baroque -, on retrouve dans chacune d'elles « Monsieur Tout-le-Monde » aux prises avec des événements insolites. Si Adolfo Bioy Casares nous mène à la lisière imprécise et mouvante qui sépare le connu de l'inconnu, son imagination part toujours d'une réalité vivante et quotidienne. L'ironie et la satire sont présentes à chaque page - sans jamais exclure la chaleur ni la tendresse humaines. C'est cette balance délicate qui marque toute l'oeuvre de Bioy Casares, et que son ami, le grand écrivain Jorge Luis Borges, a caractérisé en disant que « si son invention est fantastique, elle n'a rien d'impossible ». 

  • À travers le regard terrifié du « vieux » Vidal, on pénètre une ville imaginaire, très semblable à Buenos Aires, livrée à la folie sanguinaire de bandes de jeunes, soutenues par un gouvernement qui cherche à se débarrasser de ses « vieux ». Pour son amour pour la belle - et jeune - Nelida, Vidal, protégé par son fils, tente de survivre.
    Dans ce livre plein de bruit et de fureur, Adolfo Bioy Casares, visionnaire, annonce les traques et les persécutions qui assombriront quelques années plus tard le destin de son pays, l'Argentine.

  • Huit livres ont été rassemblés ici, dont le premier, L'Invention de Morel, en 1940, fut salué comme un authentique chef-d'oeuvre par Borges et dont le dernier, Un autre monde (1998), était resté inédit en français jusqu'à son entrée dans la collection « Bouquins ». Ce qui caractérise les romans de Bioy Casares, c'est le subtil mélange du fantastique et de l'amoureux : d'un côté, la machine cruelle, les phénomènes inexplicables, les estivants fantomatiques ; de l'autre, le désir du narrateur, ses essais de séduction, sa résolution héroïque. La célébrité de Bioy Casares date de L'Invention de Morel, ouvrage traduit dans plusieurs langues et dont Robbe-Grillet s'est inspiré dans L'Année dernière à Marienbad. Combinant réalisme et irréalisme, glissant sans crier gare d'un monde à l'autre, Bioy Casares nous console de l'impossibilité qui est la nôtre de passer derrière le miroir.
    Ce volume contient la totalité des romans de Bioy Casares : L'Invention de Morel - Plan d'évasion - Le Songe des héros - Journal de la guerre au cochon - Dormir au soleil - Un photographe à La Plata - Un champion fragile - Un autre monde. Les traductions sont dues à : Georgette Camille, André Gabastou, Eduardo Jiménez, María Inés Pavesi, Armand Pierhal, Françoise-Marie Rosset. L'édition a été établie par Michel Lafon qui fut professeur à l'université Stendhal de Grenoble, membre de l'Institut universitaire de France et spécialiste réputé des littératures latino-américaines.

  • En juillet 1960, Adolfo Bioy Casares est invité pour une semaine à un congrès d'écrivains au Brésil, sous les auspices du PEN Club. C'est à cette occasion que naît ce journal de voyage où cohabitent les présences littéraires (Alberto Moravia, Elsa Morante, Roger Caillois, Graham Greene...), les fantômes amoureux, les minuties du quotidien et la visite d'une Brasilia en construction.

  • Aussitôt arrivé à la plata oú il doit honorer son premier contrat, le jeune photographe nicolas almanza est assailli par une étrange famille.
    Le père lombardo et ses deux filles. pièges divers, coups de coeur et surprises bousculent le séjour du néophyte venu de " l'intérieur des terres ". ce divertissement d'adolfo bioy casares guette une argentine oubliée, provinciale et bavarde qu'il découpe, comme le kaléidoscope offert au héros à son départ, en une multitude d'instantanés. tout en se jouant avec brio de ses propres ressorts narratifs (fantastiques ou policiers entre autres), le roman rend un hommage souriant et nostalgique à une sorte d'innocence enfuie.

  • Quel est cet étrange docteur qui parcourt le delta du Parana et invite les covoyageurs à franchir les limites de l'espace et du temps ? Eladio a-t-il inventé la machine à transmettre la pensée par-delà la mort ? Le jeune Luisito a-t-il échappé à son assassin parce qu'une fée l'a fait dormir trois jours et trois nuits ? Est-ce vraiment un tigre qui a enlevé la belle Laura en la tenant par la taille ?
    Les personnages des contes d'Adolfo Bioy Casares vivent dans des univers fantastiques, à mi-chemin du rêve et de la réalité, où ils se trouvent confrontés à une menace, parfois précise, parfois diffuse, parfois confinant à l'absurde. Cette ambiance insolite débouche souvent sur l'humour : ainsi lorsque des contrebandiers se servent de la quatrième dimension ou lorsqu'un homme désireux d'échapper à une femme ne se soumet à l'hibernation que pour mieux retrouver, un siècle plus tard, celle qui a fait son malheur.
    Dans ces onze nouvelles au style épuré, Bioy Casares manie avec adresse un mélange savant d'imagination et d'ironie au service d'anecdotes presque transparentes dans leur déroulement, mais aux implications troublantes et parfois dévastatrices.

  • Un écrivain jaloux hanté par le souvenir d'un amour perdu, une enquête sur un mystérieux manuscrit hongrois, l'amnésie soudaine d'un certain capitaine Morris, les curieux pouvoirs d'une statuette sur les hommes.
    Le lecteur retrouvera dans les nouvelles de ce recueil les thèmes et les personnages chers à Bioy Casares, des individus pris au piège d'une réalité banale mais vaguement inquiétante qui bascule lentement, comme si de rien n'était, vers le fantastique. En fin orfèvre, Bioy Casares ne livre jamais entièrement la clé de l'énigme : au lecteur de déchiffrer, à ses risques et périls, la trame cachée du réel.

  • Les dix nouvelles qui composent ce recueil écrit en 1986 réalisent un parfait équilibre entre les divers éléments présents au long de l'oeuvre d'adolfo bioy casares.
    Le fantastique et le naturel, la transparence et la pureté de style rendent compte du tragique de la condition humaine. ici, la vieillesse, les amours désenchantées et finissantes, l'homme en bute à un monde nouveau qui le dépasse, sont les thèmes graves et essentiels que la magie de l'écriture parvient à rendre légers, enchanteurs, délicieux.

  • Isidro Parodi est un ex-coiffeur qui moisit depuis vingt ans dans une prison de Buenos Aires. Sa solitude et son enfermement, qui ont bizarrement renforcé sa clairvoyance, lui permettent d'élucider les affaires les plus ténébreuses. Six visiteurs viennent l'un après l'autre lui exposer, dans des récits sans queue ni tête, le mystère qui les tracasse et, chaque fois, Parodi formule un éblouissant diagnostic et indique la juste solution. Clin d'oeil de deux gentlemen sud-américains aux chefs-d'oeuvre de la littérature policière britannique, satire virulente de l'Argentine des années 1940, ce livre est une désopilante apologie du raisonnement par l'absurde.

  • Une fantaisie à quatre mains. Mais quelle fantaisie ! Et quels partenaires pour l'exécuter ! Amis, compères et complices, les Argentins Borges et Bioy Casares ont joué une bien jolie comédie à leurs lecteurs en inventant Bustos Domecq et en lui prêtant leurs écritures croisées pour mettre en abyme, à travers des scènes carnavalesques et de funambulesques portraits de funambulesques personnages, les phénomènes littéraires et artistiques de leur pays. Sous l'absurde, les excès et l'humour déchaîné, la satire vraie n'est pas loin...
    Parce qu'ils se sont dissimulés derrière un pseudonyme, l'oeuvre commune de Borges et Bioy Casares n'a pas toujours été prise au sérieux. Pourtant, ils démontrent ici que l'ironie et la parodie comptent parmi les formes les plus cruelles de la critique.

  • En dépit de son célèbre prénom (celui du boxeur argentin Firpo), Luis Ángel Morales est plutôt timide et réservé, une espèce d'antihéros. Chauffeur de taxi, il parcourt les rues de Buenos Aires en quête d'un amour de jeunesse évanoui ; quant à ses clients, respectable médecin, souteneur ou fille de joie, ils l'entraînent malgré lui dans des aventures à l'issue incertaine, ou il lui faut presque toujours jouer des poings avec une soudaine force herculéenne. Un jour, enfin, il retrouve la trace de la femme aimée, sa chère Valentina...
    Dans un style volontairement épuré, et avec un humour un brin amer, Adolfo Bioy Casares se plaît à lancer le lecteur sur de fausses pistes ; le récit oscille entre le fantastique et la peinture d'un univers urbain impitoyable sous la banalité du quotidien, un monde ou l'individu mesure son impuissance devant la solitude, la vaine poursuite des rêves brisés et la fuite inéluctable du temps.

  • Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares ont déjà écrit ensemble et publié les Chroniques de Bustos Domecq. Ils récidivent, dix ans plus tard, avec ces contes. L'auteur fictif Bustos Domecq, leur création commune, continue d'y jeter sur le monde le même regard faussement innocent.
    Des hommes, des femmes, de tout âge et de toute condition, constituent les personnages de ce théâtre. Chacun parle son langage, tel qu'on le parle en effet à Buenos Aires - du milieu de la mafia, à celui de la politique, de la société juive au monde de la diplomatie - et chacun, par son langage, se révèle. Les contes utilisent souvent l'effet de surprise, l'inattendu. Ainsi, une histoire d'amour devient une négociation mercantile et se termine en suicide ; une faute de frappe fait d'un écrivain, pourtant antisémite, le porte-parole des Juifs argentins, un aristocrate français tue par plaisir un diplomate argentin. La mystification s'approche de la satire, car à travers la voix de Bustos Domecq, ce sont tous les travers de la société argentine des années 1920 à 1970 qui sont dévoilés.
    Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares : une conjonction exceptionnelle.

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